SEREINE CASCADE


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SEREINE CASCADE

 

Résurgence, des cailloux qui roulent en lapidaire dans la gorge

au-dessus de l’herbe d’une étendue rocheuse, où paissent des moutons amarrés haut

la voix guette sa sortie du tunnel.

Au-dessus des seins haletants, le soufflet retient la touche qui gonfle le son

murmure revient ouvre le jour d’un mot d’amour

le vent attisera la petite braise du royaume de cendre dans lequel les amants se lèvent

pour broyer le pigment à peindre la sérénité aqua r’ailes

 

Illustration: Peinture de Pierre Bonnard

 

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2018

A LLORONA ( la pleureuse) Chavela Vargas


A LLORONA ( la pleureuse)

Tous me disent  que c’ est noir, Llorona

Noir mais affectueux.

Tous me disent  que c’ est noir, Llorona

Noir mais affectueux.

Je suis comme le Chili vert, Llorona

Piquant mais savoureux.

Je suis comme le Chili vert, Llorona

Piquant mais savoureux.

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

emmène moi à la rivière

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

emmène moi à la rivière

couvre-moi avec ton poncho, Llorona

Parce que je me meurs de froid

couvre-moi avec ton poncho, Llorona

Parce que je me meurs de  froid

Je ne sais pas ce qu’ont les fleurs, Llorona

les fleurs du cimetière.

Je ne sais pas ce qu’ont les fleurs, Llorona

les fleurs du cimetière

quand elles sont déplacées par le vent,Llorona

il paraît qu’elles pleurent.

quand elles sont déplacées par le vent,Llorona

il paraît qu’elles pleurent.

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

emmène moi à la rivière

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

emmène moi à la rivière

couvre-moi avec ton poncho, Llorona

Parce que je me meurs de froid

couvre-moi avec ton poncho,  Llorona

Parce que je me meurs de  froid

La lune est une femme, Llorona

ET c’est pourquoi le soleil d’Espagne

La lune est une femme, Llorona

ET c’est pourquoi le soleil d’Espagne

marche et boit dans les montagnes,Llorona

Parce que la lune ne trompe pas

marche et boit dans les montagnes,Llorona

Parce que la lune ne trompe pas

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

De la campagne

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

De la campagne

Celui qui ne connait pas l’amour, Llorona

il ne sait pas ce qu’est le martyre

Celui qui ne connait pas l’amour, Llorona

 il ne sait pas ce qu’est le martyre

je te rêvais endormie, Llorona

endormie tu étais calme

je te rêvais endormie, Llorona

endormie tu étais calme

mais quand arriva l’oubli, Llorona

j’ai rêvé que tu étais éveillée

mais quand arriva l’oubli, Llorona

j’ai rêvé que tu étais éveillée

Si parce que je te veux, tu me veux,Llorona

tu Veux plus que je te veux  

Si parce que je te veux, tu me veux,Llorona

tu Veux plus que je te veux 

Si je t’ai déjà donné la vie, Llorona

Que veux tu de plus

Si je t’ai déjà donné la vie, Llorona

Que veux tu de plus…..

 

DOUBLE JE


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DOUBLE JE

Voici Double Je, le tableau et son poème indissociable. Fruit de ma huitième collaboration avec le peintre Niala-Loisobleu.

Double Je – 2018 – Niala – Acryliques/contrecollé, encadré s/verre 60×80

Tu m’écris d’un temps sans âge

à faire fuir l’effroi des journées,

à forger des couleurs inventées

à l’orange de nos visages .

Tu m’écris pour arracher à la fatigue de parler

le mot nu qui manque au langage

et qui reste à la palette inconsolé.

Tu m’écris contre les poussières éprises de peu

qui s’agrègent comme des sentences

au poumon en feu.

Et moi je peins

et crie à la porte fermée des hommes

et à la fleur de coton pendue à la fenêtre

qui avorte de son jour.

Je peins et crie à tromper la nuit économe

pour lui faire croire au matin,

pour mordre les douleurs sur les lits du passé

et faire renaître l’enfant lointain.

Je peins

et crie contre l’injure du banal

à en découdre sans fin

au miroir du double je.

S’il y a un vide

c’est qu’il est ardent

écris-tu.

Et c’est au pinceau d’un ciel qui s’était perdu

que nous accrochons des printemps

comme autant de ventres lavés de larmes.

Barbara Auzou

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CARTES SUR TABLE


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CARTES SUR TABLE

 

Et toi,

Dans l’herbe tendre de ton regard

Rompu à la cadence

Savais-tu que les femmes dansent

Non pour les loups mais pour elles-mêmes

Ravivant le souffle de leurs sœurs

A la harpe de leurs corps tendus de silence ?

Quand le blé est frappé par la rouille

Elles réparent la faute de la fée enfuie

Un lendemain d’amour piqué à la quenouille

D’un nouveau jardin qui l’attendait sous la pluie.

Elles empruntent alors des rues traversières

Qui te demeurent à jamais inconnues

Et dans l’humus de leur histoire,

Il fait parfois tellement noir

Que les instincts endommagés

Aux grandes nuits et à la ronde

Se sont tus.

Toutes les femmes savent cela :

L’impérieux besoin de rentrer chez elles

Et de se baigner dans leurs eaux ;

Et de l’ombre et de la lumière l’âpre combat,

Et la permanence du sang sur la clef perdue

Au fond d’un champ.

Il fallait jouer cartes sur table et en valse lente

Pour que l’énigme reste l’énigme

Qui déçoit son horizon d’attente.

Et l’orange maintenant peut devenir bleue

Rien ne ment au bourgeon d’un deux

Qui fleurit à l’épaule d’une tierce présence.

Alors elles tournent et célèbrent leur formidable entente

Aux roseaux des doigts que rien ne semble plier

Sinon à la fin de la danse

Cet orgueil démesuré

A demeurer aux yeux du peintre :

L’ineffacée.

Barbara Auzou

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CARTES SUR TABLE

2018 – NIALA

Acrylique s/contrecollé, encadré s/verre 60×80

De Terre Bleue


norman

De Terre Bleue

Est-elle plus aux poils d’un de mes pinceaux, qu’à la pointe d’un roller qui lui écrit des mots-peints ? Elle est partout de pore en pore.

  • Allons au bord de ce qui ne fut pas tracé faute de voie praticable, lui-dis-je dans l’ouverture de son chemisier.
  • Elle me répond d’un bruit de remous, la rivière est au bas de moi, naviguons.

Alors les accessoiristes convoqués chez un faiseur de fausses prédictions nous libérèrent des phrases stériles.

  • Fais-moi enfant-fou comme toi dit son crayon qui jouait à saute-mouton. Prenant les couleurs à son bord la mer appareillera tous voiles au-dehors. Nous n’écrirons plus que peint et ne peindrons désormais  qu’écrit, bâtons de craie, feutres imbibés, arc-en-ciel sur contrefort, arc-boutant en flèches, des mots cathédrales tirés des pierres d’une m’aime carrière. Un espoir semblable tiré de nos blessures mises à l’air

René Char chaque jour lui envoya sa lettre quotidienne durant des décennies, même encre, même papier..

http://jean-leveque.fr/specific/formats/page.jsp?id=604

Niala-Loisobleu – 24/03/18

DELPHYS – La Matrice


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DELPHYS – La Matrice

 YANTRA

 

Empli de la puissance du sens

de la plénitude du rejet, du retrait

le serpent raide traversé de sons

Étendu, vertical

simultanément dehors et dedans aux quatre

points cardinaux retiré

en l’infini pourtant
Universel soi en tous points reconjugué

A propos d’un ensemble de peintures tan triques.

Allié au souterrain, au sombre

là où la force d’ombre fonce avec fureur

bouche à bouche le noble et l’ignoble

Imperturbé

impénétré

au centre de l’espace axial

à l’écart des tourmenteuses

Descente dans l’aire réservée

Éliminé l’actuel, l’accidentel

la poussière de l’existentiel

éliminé l’attachement

aveugle à l’alténté

investi de grandeur

de silence

investi d’immatériel

du louche indéfini des puissances obscures

Force sans face

Matrice des formes et rempart contre les

formes
Dans l’espace un œil sans visage contemple d’un regard inaltérable sans fléchir, sans paupière

sans fatigue

Rappel à l’ordre
Appel au retour
Appel à abolir

Insignifiants, mille fois signifiants

des triangles

sans émotion, sans accent

que rien ne distingue

de minces triangles, sommet en bas

traversent de pareils triangles, sommet en haut

révélant à l’initié leur murmurant secret.

Des taches, des traits, ici, là

des figures impénétrables

Parlent de commencements, d’engagements,

au plus lointain stellaire peut-être.

Soutien du méditant

au centre un point

seulement un point

répondant au besoin des besoins

au besoin de l’essence

de l’essence des essences

au centre un point

rappelle, sans trahir.

Moyeu des arrivées
Rose des vents de l’Esprit
Cercles de l’omniprésente conjonction mâle-femelle
Labyrinthes où s’insinuent et serpentent les impératives hampes de l’alphabet de la langue des dieux

Principe sans discours,

Principe de tout principe

Retour au
Principe

renvoyant à un niveau au-delà

toujours sur la vibration de l’Unique

à tout accordé en profondeur

en intime conjonction

embrassant,

en efforts pour plus largement encore embrasser

Le nuage d’être se condense

se replie

Cosmos-Univers

cosmos de l’univers du « soi »

Grasse, pesante, paysanne, la matérialité

mais un fil la relie

un fil par l’étrange à l’illimité la relie

fil de rappel

où le vide même est rattaché où la totalité est rattachée où le temps et l’espace indivis sont rattachés et l’Œuf originel flottant sur les vagues
de l’Informe est rattaché

où la création et la dissolution

et l’intériorité est rattachée

et le diamant de sa propre méditation

Savoir.
Savoir participant

Immensifiante illumination où tout avec tout

entre en résonance contemplé.
Réuni

Géométrie au-delà des géométries,

Lignes, comme des radiations ralenties,

insistantes, clairvoyantes

chargées d’occulte

Dessin pour retour en absolu

Dessin-destin

 

Henri Michaux

 

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Delphys- La Matrice

2018 – Niala

Acrylique s/Canson, encadré s/verre 40×50

 

ENTITE


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ENTITE

 

Voici L’EPOQUE,

les numéros t’âges ont disparus, chaque oeuvre n’est que POESIE de la Muse.

Vie qui se balance au cerf-volant du soleil

mille et un rubans en rayons

Verger des paisibles récoltes,

un arbre foudroyé demeure debout.

Le dos du jardin fait le gros coteau. Le ventre qui palpite a poussé ses fruits à travers la caresse de l’herbe. La toison exhale son en sang,  en volutes parfumées.

Niala-Loisobleu – 18 Mars 2018

 

 

GESTE(S) DU JOUR — (EXTRAIT)

Matrice de la nuit, les yeux clos te regardent,
l’univers est un vol de poussières
expectorées du temps, là-bas sur les frontières
se brisent les vagues
des Hommes sans voix, ce sont
les pipistrelles
qui mangent les ombres
suintant des miroirs, et me voilà
envie,
désir d’accompagner les femmes
les enfants
vers d’autres
balançoires – que la vie tangue,
ventre de houle. Le chagrin
se fera cuir, crachin
sur l’écorce
des vaisseaux.
Nuit, que viens-tu dévoiler
qui ne soit
volatile,
quelle fleur
en ton soleil ?
Me voilà
dissous dans le café
que l’aube sucre déjà.
Des miettes de pain
sur le visage.
Le jour se fend
d’une insolente
clarté.

Il n’y a plus de nuages. Plus d’éclairs plus de ciel.
Ce que nous lègue l’aurore, c’est, en chaque lieu,
la présence de la vie
verticale.
Mon corps est cet arbre
sur lequel
s’ancrent les mousses
les lichens et les vents –
tout un passé qui croît en sa demeure,
Les jardins sont des pages,
des écritures sarclées ;
je préfère le désordre
en jachère –
l’espoir y est plus grand.

La foule dans le métro est une entité secrète ;
derrière chaque visage s’obscurcissent des paroles
que le jour tente de percer.
Les quais ont une odeur de lente réalité
où se heurte l’empressement du désordre.
Il faut choisir entre les lignes,
savoir prendre la bonne trame,
que le transport se fasse
par le hasard de la nécessité. À ce sujet
je n’ai qu’un seul regret : les saccades
et autres secousses – de plus en plus rares –
comme si
la vie devait rouler se dérouler
dans un mouvement
sans valse…
Et que faire
de tout
ce qui déraille ?

Toutes les rues ont une destinée,
ne sont que passage,
traversée
où tenants et aboutissants se rejoignent
dans un même entrelacs. Je
circule
entre le désir et l’errance,
avec dans mes pas la volonté de me perdre
là où les femmes surprennent
ce qui ne se dit pas.
Regardez comme les toits
sont les planchers du ciel,
comme l’asphalte
recouvre
ce qui est tu.
Partez plus loin que la raison –
allez donc voir
tous ces oiseaux
sans ailes…

Le piéton de la ville déplace son regard dans la lenteur du jour.
Chaque pas est une seconde
dans un premier temps,
un mètre déployé
par une pensée en marche ;
chaque pas s’en va
vers la face qui nous crée.
Et je m’en vais tranquille
au plus près des façades,
derrière lesquelles se vautrent
de nouvelles ombres, furtives –
comme est furtif
le mot. Je marche
en une phrase
qui traverse
les saisons.
L’allure est un écho,
au timbre
imperceptible.

Les trottoirs, souvent, s’inscrivent comme des pages
dans un livre de grêle ou de printemps.
Des vendeurs à la sauvette s’y déploient
dans des cris de mouettes ou d’échassiers ;
on y trouve ainsi des montres et des miroirs,
du temps furtif, et de la fantaisie ;
le jour s’échappe à l’approche du gendarme ;
on y trouve des pensées, subitement gaillardes ;
des gestes incongrus qu’il faudrait disséquer ;
de la moelle
dans les mots des passants.
Les trottoirs, parfois, sont les toits où s’abritent
ceux qui n’ont plus de toit, plus de porte à franchir,
sinon celle qui les porte
vers les seuls courants d’air ;
trop souvent les trottoirs nous soufflent
l’arbi-
traire – la vie
qui passe,
dévêtue
livide,
épluchée —
jusqu’au sang.

Alors même que le trafic s’accroît,
que les artères se sclérosent, que les
carrefours tournent en rond : je débarque.
Des pigeons roucoulent
comme des vagues
sur mon regard breton. Il paraîtrait
que les places
ont toujours été prises ; que le vide
s’est occupé
des demandes sans réponses –
l’espace n’a d’infini que ses propres limites.
Parce qu’il faut traverser
au risque
de se faire aplatir,
je baisse les paupières –
jusqu’à la nuit
tombée.
Un klaxon vrombit ;
il est temps…
d’espacer.

Le fleuve traverse la ville sous des clartés latentes ;
ses eaux miroitent l’obscur passé des pierres ;
et ce futur qui nous attend
dans l’embrasure du ciel.
Quelques nuages, lourds de souillures,
annoncent une pluie, âcre,
comme de l’acide.
Il y a des feux qui réchauffent,
d’autres qui consument.
Dans la bouche
une odeur de pétrole
brûle
mes mots.
Des lettres
se pétrifient.
Déjà.

La pente, ce n’est jamais qu’un plan qui tangue,
tantôt vers le haut, tantôt vers le bas.
C’est bien pourquoi – je monte les rues qui descendent,
comme je dévale celles qui grimpent – le sommet n’est qu’illusoire.
Et mes pas m’entraînent où la vie fait le tango ;
ganchos et boleos, colgadas et sauts ; la vie s’improvise
au gré de l’inclinaison du corps
par rapport à l’horizon. L’horizon
qui se décline selon ta vue,
dans les limites
des contours
de ta chorégraphie
pensante –
chaque pas
soulève de la poussière :
c’est ainsi que tangue
le temps.

La mémoire des villes
sourd
de la pierre,
comme un jaillissement
reclus
dans son silence.
J’ai pesé sur mon ombre
autant qu’il est possible,
et des esquilles
se sont plantées dans mon miroir.
La ville, par son squelette,
fait un bruit de charpentes
crissant
sur la chaussée,
où beuglent
tous les encom-
brements.
C’est l’intestin qui stase,
les boyaux qui s’embarrassent,
le flux
dans les artères : stoppé !
La nuit même
retient
ce qui circule –
dans nos échos
de pierre.
Le pour, le contre,
j’ai pesé
leur devanture.

Encore combien de portes
nous faudra-t-il pousser
avant de découvrir
la bonne adresse ?
Je cherche à saisir
ce qu’il y a d’imprenable
dans le cœur de la ville ;
et je claudique de bar
en zinc,
tel un crabe
soûlé
des effluves marins.
Les caniveaux
ne charrient plus
les miasmes d’antan :
ils se font balayer,
ainsi que les migrants, les parias, les putains –
que le bourgeois
puisse ballonner
en paix !
Je n’ai d’autre fortune
que des mots rapiécés ;
ce sont eux.
qui frappent
à votre porte.
Sachez !

Les femmes, voilées de leur mystère,
n’ont besoin de parures
que pour dire qu’elles sont nues.
J’aime ce qui se cache
dans l’éclat
de la lumière ;
ce qui se
dévêt
par les paroles obscures ;
l’affrontement des signes,
par les pleins et les déliés.
Le cliquetis
des escarpins
dans la nuit
débottée
de la ville :
petite averse
érotique,
sur le cœur
infini.

La route, il nous faudra la prendre
par un matin sans bruine ;
que nos pas se dispersent,
loin, devant les lueurs de la ville ;
qu’il y ait un autre cheminement
parallèle aux vertiges,
s’écartant des sentiers trop battus
et des terres trop civiles ;
il nous faudra la prendre,
avant que le gel nous saisisse,
que l’ankylose
s’empare de nos rides,
que les racines nous tirent
vers le néant.
Je monte l’escalier
de la Butte Montmartre ;
mon regard, déjà, s’en est allé
par delà
toutes
les
périphéries –
du monde.
Il nous faudra…
l’apprendre.

Le corps des femmes, les corps de femme : j’aime !
Il n’y a pas d’autre écriture possible
que celle
de l’enlacement des formes.
L’ordinateur bourdonne. Par la fenêtre,
captation des murmures de la nuit. J’aime !
Un jour j’écrirai
ce qui retient les mots,
ce qui les tord et les délivre.
La ville
est un orgasme
sans fin.
Peut-être
n’y a-t-il pas d’équilibre ;
juste quelques bras
qui s’ouvrent –
et nous retiennent.

Le chemin, ce qu’il nous montre des perspectives, ne provient-il pas des ombres du regard ? Le réel, si tenté qu’il existe, s’appuie sur le contraste, bien plus que sur le flux. Tous les ondes, les corpuscules achoppent sur la mémoire des formes, sur ce qui nous sculpte, dans l’air du temps. Nous ne percevons que quelques angles des multiples facettes qui s’exposent ; les autres nous sont contés par l’imagination.
Le goût du café
est comme un goût de vivre,
je l’apprécie
même sous les ciels sombres.
Et la ville, par ses bouffées capricieuses,
me renvoie
dans la petite enfance,
là où l’espace
est encore
dans les mains,
et peut-être
dans la gorge.
Je chante :
ainsi je marche.

Daniel Leduc

 

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Entité – 2018 – Niala – Acrylique s/Canson, encadré s/verre 30×40

CAPRICHO ARABE


CAPRICHO ARABE

 

Elle un matin chauffé à la corde des tomettes

halète sous les tressaillements du grenadier pour secouer ses cendres au compotier

 

Taire à rab

l’humus retrouve ses riches heurs au bout du long fleuve tranquille.

 

N-L – 17/03/18