SI LE SOLEIL TARDE


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SI LE SOLEIL TARDE

 

Les jours fainéantent, grosse paresse du matin, le froid pousse à rester enfoncé sous la couette. Et puis cette prolongation ramène au vif du sujet. L’instant favorable pour un choix qui nous appartient. Un coin de campagne en pleine ville, le quai d’un départ attendu, pourquoi pas, ce qu’il faut c’est le vivre pas le laisser pour compte au panier à linge sale.

Dans ton visage d’enfant le réveil de tes yeux sur des couleurs n’appartenant qu’à toi c’est une vacance, un coin de cabane juché dans le gros arbre qui ferme le pré aux vaches, un bruit de gamelle d’un jeu à la mariée, ton minois si pur, les mèches de cheveux longs qui s’échappent du rideau que tu fais tenir sur ton crane avec une branche d’églantine, comme tu es belle , le cheval frémit de grelots d’attelage de fête, te voilà vivante dans le rêve de ta .

Le jour se lève comme un spectacle de parade. mené par l’arrière-grand-mère, qu’un jeu de lumière sort de l’ombre des pierres debout du cimetière. où se penche le clocher de cette vieille église où l’on vient pas se mettre à genoux. Si le soleil tarde c’est pas une raison d’arrêter de faire le ménage de son ciel….

Niala-Loisobleu – 24 Octobre 2018

HARMONIE


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HARMONIE

Sans le moindre bruit ce matin

j’ai senti un chaud odorant  me dire bonjour

Harmonie

voilà ce qui peut seul le définir en tous points

Il a cette lumière qui se pose comme une découverte

montre le sens

dessine comme un balancement

au sein du pouls

Un passage pileux de fragrances

secret de l’herbe humide de rosée

où des étoiles viennent se recharger

pour tirer le soleil en haut du mât

J’y ai vu la vibration qui se répercute de pore en pore

pour aller au silence qui comble l’enfilade de l’à venir qui s’ouvre…

Niala-Loisobleu – 14/10/18

Tu es là, raison de plus pour que tu viennes


 

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Tu es là, raison de plus

pour que tu viennes

T’as les pieds dans tes godasses,

regardes quand même si le sens des chaussures est bien à l’endroit.

La signification de l’ensemble a le même fondement, ce qui varie sans doute, c’est sa façon de faire. Tu sais c’est l’application du rêve où tu cours sans avancer. Tout est en place et il manque le principal. Peut-être faut-il monter dans la cabine de pilotage et te mettre à la chek-list ? Rappelles-toi le principe du palais. Tu places l’aliment dans ta bouche et laisse monter son goût, tu sens la saveur des arômes envelopper ta langue, la saveur va descendre dans ta gorge….si rien de ceci ne se passe, tu peux dire que tu as seulement bouffé sans avoir rien goûter.

Voilà c’est exactement ça, t’as trouvé, je suis à table mais pas dans l’assiette, ni dans le vert, je cherche à croquer. Rien. Je veux laisser ma langue fermer les yeux pour glisser à l’entrée du pore. Qu’elle aille reconnaître le relief. S’insinue dans les creux. Se glisse sous les fourrés. Descende les crevasses. Plonge dans le flot d’un battement sanguin. Sous-marine dans le vaste aquarium de la volupté des grands-fonds.

Oui, se laisser retourner la peau des lèvres à l’émail des écailles qui tournoient de haut en bas et de bas en ô. C’est l’onctuosité et le râpeux tout à tour, le sucré-salé, cette rencontre qui ne peut se décrire que tu cherches à retrouver.

Niala-Loisobleu – 10 Novembre 2017

 

CONJUGAISON


CONJUGAISON

 

Au bord de perdre ses feuilles

l’arbre asséché

s’extrait du ventre une goulée de vers

Comme dit Martin

l’été peut en corps Être

le Verbe usité.

Niala-Loisobleu – 28 Août 2017

 

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Jeté de cailloux


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Jeté de cailloux

Toute la lune pleine va de cette touffe romarinée d’un bouquet d’iris crié aux barreaux qui te retiennent. Qu’est-ce qu’une minute où tu trottes comparée aux heures où l’air se retient de respirer , où les trottoirs s’ouvrent de goûts vides ? Un arbre plus vieux que moi m’a dit ton sillage laissé d’odeurs suaves aux ondes dont tu l’as traversé, je sais écouter, sans lire, sans parler, humant tes traces laissées aux garrigues où tu suintes en chantant amour, sans besoin de lyre, à cœur ouvert. Les baleines remontent les vents-debout, Ultra son qui pleure des abysses à la source tibétaine. Une lionne a marqué la savane d’un appel lointain. Je t’ai battante aux reins. Deux arbres bleus s’accouplent au fond des maisons blotties au bout de mon jardin. Volets grands ouverts sans jalousies . La monotonie d’un clavier triste cherche l’accord d’un glissement de cuisses frottant l’épaule au décolleté d’un tango, poitrine-balançoire, violon-bandonéon sorti des bretelles abandonnées au dossier de la chaise. Provençale une tache rouge saigne la manaderie d’un cri d’arènes, Je t’entends chanter Carmen. Il n’était pas encore cinq heures, du côté de l’ombre le soleil remontait les guitares corde après corde, sans que les troglodytes arrêtent de fumer, sur la place un âne attend le son de l’Angélus. Tu es endormie sur le fauteuil mes bras sous tes coudes, la cheminée n’a pas éteint ses tisons, la table est garnie de nos pensées, comme pour un anniversaire à célébrer dans l’appétit de baisers allumés, Nous sommes jour et nuit accoeurdés, bosquets cousus aux flancs, sillons acheminés aux greniers, chars à bancs mariés aux cortèges du vent. Laisse ton haleine de foins coupés remonter mes yeux en épingle, te garder la lune ouverte aux jours prochains les plus sombres. Les ciels de lit sur la carpette pour faire gémir le plancher avant que les tomettes éjaculent leur feu.
Niala-Loisobleu – 10 Juillet 2017

Lance l’ô


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Lance l’ô

Posée au bord d’un nombre de pensées propres à rien, même pas à sortir de la m’aime idée, allait une grisaille dominicale, quelques bribes d’encens restées collées au fond de la chasuble innocente. L’humidité suffisant à elle-seule à noyer le premier rayon d’espérance, qui aurait pu rencontrer en chemin le chant d’une abeille occupée au butinage ? Personne, bien entendu, pas même un marchand du temple de la campagne électorale en cours ne s’y étant avisé, les affaires s’étaient mises momentanément en congés. Malgré tout le silence général ne laissait guère planer de doute sur un ennui généralisé.

Pour rompre ce silence inopportun, j’ai essayé de rentrer en relation avec mon vélo par les voies médiumniques ordinaires. Sans avoir recours aux systèmes des marcs, boule de cristal, tarots et autres trucs à te faire l’illusion du langage des tables.

Cheval d’Amour, mon vélo m’emporta en croisade, il m’a fait lance l’ô, une Guenièvre omniprésente dans le souffle de la nature.

Pas facile à suivre pour l’hermétique qui pullule. Un vélo-cheval et un oiso chevalier, il va y en avoir plus à me juger maboule, que ceint d’esprit.

J’ai l’habitude de ne pas bloquer au jugement des autres. Je vais jusqu’au bout de mon  sentiment.

Les sorties en bois d’amour dans lesquelles mon cheval-vélo avait été instigateur ne font pas défaut. Les voleurs auraient-ils emportés son histoire avec eux ? A cette pensée je me sentis glacé jusqu’à l’os. Atterré. On ne peut détruire la légende. Non, je crois que l’herbe est restée détentrice des odeurs de ses rencontres baignées d’aveux sans retenues, où la vie banale se livrait aux .découvertes inouïes.

Les essais du vocabulaire ne peuvent avoir été ternis par un abandon grossier de la langue, je retins la panique à grande peine. Déjà amoindri par l’attentat, j’eus un immense effort à fournir pour combler le vide qui tentait de m’avaler.Mon vélo, mon vélo, mon vélo, viens vite, parles, dis, racontes, fais, je meurs de l’absence de ton image chevaleresque… Le symbole du don du cheval est en cours de se manifester à mon endroit. La signification du « don » qui prédomina à cette époque et le regard sur la femme de l’amour courtois, m’habitent. La folie me semble être la seule sortie de secours pour l’Amour.

http://books.openedition.org/pup/3324

Niala-Loisobleu – 27 Février 2017

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