EPURE POUR UN SEOIR


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EPURE POUR UN SEOIR

Des pierres remontent les sentes que les pieds-nus chaussent

en bout à bout de cailloux transparents où l’image d’une table de ferme attend au pied du lit que le peint cuise aux remous des marches d’escaliers de ce cours d’ô

Ne gardant que selles du rêve roulant d’un bord à l’autre de la croupe chevaline

Le tilleul tourne sa cuillère dans la cour des miracles d’une histoire avancée

mais la menthe monte fraîche et forte dans l’arborescence du schéma que ne feront pas les rideaux aux fenêtres des fleurs roses

Percées grimpantes que l’herbe aux gueux accroche au treillage de notre rêve luttant contre la médiocrité du laid tourné.

Niala-Loisobleu – 31/07/18

3, 4 et 5 Août 2018 a ECHALLAT 16170 – 12° FESTIVAL D’ART EN VILLAGE – Expositon chez l’Habitant


3, 4 et 5 Août 2018

a

ECHALLAT 16170

12° FESTIVAL D’ART EN VILLAGE

Expositon chez l’Habitant

 

NIALA – ECHALL‘ARTS 2018

10 Oeuvres exposées numérotées de 1 à 10

AUTAN OCCITAN

2018

Acrylique s/toile 46×38

Prix unitaire : 500,00€

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LE JARDIN DE NIALA

9, Rue de la Chaume 16i00 BOUTIERS-SAINT-TROJAN

Portable : 06 8419 18 49

Visites sur rendez-vous

Président du Cercle des Beaux-Arts Poitou-Charentes

Président-Fondateur du Salon des Vendanges de Cognac

Président-Fondateur de l’Atelier du Duodénaire

Membre : Maison des Artistes, A.D.A.G.P., C.T.I., S.N.A.P., S.A.D.A.P.P

http://www.niala-galeries.com

https://lireditelle.wordpress.com/

https://alainnialablog.wordpress.com/

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AUTAN OCCITAN 4


AUTAN OCCITAN 4

Autan-Occitan est une série de 10 tableaux de Niala à partir desquels Barbara Auzou a écrit 10 poèmes. Il s’agit donc d’une oeuvre commune de deux auteurs indissociables

Notre pays de cocagne

Était à portée de main

Et à la paume de ces terres grasses

Mollement ondulées où s’entassent

Des maisons coiffées de tuiles

Que nous couronnions de châteaux ou de moulins.

Ni le hoquet ombrageux de la montagne noire qui menace

Ni d’un curé littéraire les obscurs sermons

Au-dessus des trois anciennes aires de battage

N’eurent un seul jour raison

Du grenier à blé de nos corps

Et du calcaire de nos os qui laissait glisser l’orage.

Au pigment de nos saisons attendries,

Nous rendions les moulins au vent, le nom à la toile d’or

Et les débris de pastels clairs au canal du midi.

Barbara Auzou

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Autan Occitan 4 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38

AUTAN OCCITAN 3


AUTAN OCCITAN 3

Autan-Occitan est une série de 10 tableaux de Niala à partir desquels Barbara Auzou a écrit 10 poèmes. Il s’agit donc d’une oeuvre commune de deux auteurs indissociables

 

Au ciste buissonnant

Et à son étamine jaune

S’offrant au vent d’Autan

J’ai cherché ta présence

Dans la transhumance

Des étés atones

Mesurant le pas et le degré

Dans des sous bois

De chênes verts que rien n’étonne

Et dans d’immenses registres de reliefs

Qui laissaient le pied sec de ton absence

Sur la pinède heurtée.

Martelant la pierre

De la circulade amère à Gruissan

J’ai pansé la blessure dans les  bras du courant

Et l’ai jetée dans l’Ayrolle et le Campignol

Comme une enfance de cailloux se réécrivant

Pour renaître cri dans l’étang de Grazel

Pour renaître femme à la poussière ocre

D’un fief que tout affole.

Barbara Auzou

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Autan Occitan 3 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38

AUTAN OCCITAN 2


AUTAN OCCITAN 2

 

C’est seulement maintenant que l’heure sanguine abdique

entraînant sous sa jupe humide l’odeur lourde

des menthes écrasées d’insectes

que le vent sournois balayait encore tout à l’heure

et la terre qui s’était rêvée sable redevient terre

pour le marcheur emprunté rêvant de garrigues

sous les sarcasmes de la pierre froide statue

chimère de son invariable désir de s’ancrer là

C’est dans un fracas de mots perdus

que l’heure sanguine se disloque

étalant un baume de silence inquiétant

sur les morsures du sel et du vent

promesse rauque d’un lendemain de chaleur

où la vipère attend.

 

Barbara Auzou

 

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Autan Occitan 2 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38

QU’A TARD TÔT VIENNE


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QU’A TARD TÔT VIENNE

 

 

L’embrun refuse l’incarcération

les longs couloirs sans crête et sans coques

ce rai du jour d’un cul de base fausse que la feuillée ignore

A croupis

un saumâtre de vapeurs de soufre brûlant la poche de poitrine

pas plus qu’à genoux

voulons aimer bouches râpées

Non-émasculés des ocres sans gains nés des mots et des peints

serment gravé à l’âme qui ricoche de pierre en pierre sans gerçures

au pentu de la maison d’Autan Occitan tenue d’un chêne libre de fugue

 

Niala-Loisobleu – 25 Juillet 2018

 

AUTAN OCCITAN 1


AUTAN OCCITAN 1

La raison du chemin

Est une main de terre

Tendue sans réserve

Sur le théâtre pourpre

D’une maison en territoire choisi.

Elle abrite ce qu’on ne retient pas

Aux draps du quotidien blême

Et la narration de l’autre

Epouse la venteuse géographie

De silencieux et lointains jardins

Où poussent des images de chair

A s’endormir dans le repli de son bras.

Le genou se balance à l’anse de la pierre et de la peine

Et convoque obstinément la mer

Comme une clarté salutaire

Que l’on remue en se parlant tout bas.

Barbara Auzou

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Autan Occitan 1 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38

ENVOLEE


ENVOLEE

Ainsi griffée

à l’écorce encore verte

de ma chevelure

et à l’écusson de ma peau de tempête,

j’abandonne la branche-mère devenue trop dure

pour la branche-soeur offerte

à la greffe de l’œil poussant

qui cultive l’espoir dans un vaste champ

où le sang sombre est laissé au fer.

C’est l’instant nu

et le doux séjour dérobé,

la nidification secrète

et c’est à peine si l’on devine

que les oiseaux déjà habitent la racine

 s’exerçant en secret au grand saut et à l’envolée

vers de tendres bras de rameaux doubles.

Nos enfants auront l’instinct florifère que rien ne trouble

et à la flamme des fruits mûrs dansant sous le soleil

ils regarderont au bourgeon gonflé de leur bouche vermeille

se multiplier le fol amandier et la fière glycine.

Barbara Auzou

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Envolée – 2018 – Niala – Acrylique s/carton toilé 46×33

LA BOÎTE A L’ÊTRE 41 – LE JARDINIER


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 41 – LE JARDINIER

 

Les saisons passent entre les sillons creusés par les pinceaux. Palette, vaste domaine, culture proportionnée au jardin de taille humaine.Loin des mécanisations araires, qui coupent plus qu’elles ne font pousser.

Le chevalet est curieusement complice des mutations végétales qui suivent sans dessein, l’évolution de l’Oeuvre de l’artiste. L’Oeuvre étant l’ensemble de ses différentes époques.Farouchement indépendant, ce peintre là, s’est toujours tenu à l’écart des modes et de leurs dommages sur la personnalité intrinsèque.

Tu souviens-tu Alain quand tu as accouché de Niala ? Je suis père et mère, androgyne, si tu savais comme c’est puissant ce sentiment de se remplir d’une autre dimension, de la sentir se développer dans son ventre, et d’en entendre les premiers cris…tu ne me demanderais pas si je m’en souviens encore..Tu n’y comprendras sans doute rien, mais mon père après avoir conçu Alain Denèfle, sans le savoir à inséminé Niala. Jamais cette conception ne fut artificielle.Il m’en parle souvent dans nos conversations journalières. Fier d’avoir eu deux garçons avec le même. De penser que son autre fils est son frère, ça fait silence…non seulement c’est intime et incompréhensible pour les non-membres de la famille, mais surtout, c’est l’accomplissement d’un amour sans fin.

Louis me résonne de tous les bruits qu’il a semé dans mon jardin d’enfant.Debout avant le jour, et couché bien après lui, j’ai de curieuses musiques au coeur. Sa voix haute et prenante, il chantait du matin au soir, d’une voix de stentor, pas un de ces filets mignons de nos stars de la chanson actuelle. Et sans micro, en direct. Le répertoire en désordre, selon le rayon de soleil où la pluie de l’instant, selon le rebondi des fesses du modèle qui parfumait l’atelier de ses remontées dermiques, notre seul moyen de chauffage, ou de rafraîchissement, selon aussi la lutte ouvrière, les troubles de la société, la guerre en trame, la guerre, en uniforme, la guerre en deuils, la guerre en tortures, la guerre en atrocités, la guerre en hémorragie du coeur. La lutte permanente. Comme il me disait, même quand il fait beau il y toujours une grêle en embuscade. D’où ces chansons de corps de garde….on est jamais assez vigilants, m’a-t-il appris.

C’est l’arrosoir de mes sécheresses, il tombe toujours à pluie quand l’à-pic a brutalement fait un cratère dans ma rue. Louis c’est mon chaudronnier, il repousse le métal, le fait chanter en extrayant de sa froideur la chaleur de sa forge intérieure. Ses marteaux rebondissent avec joie sur mes enclumes. Comme ses mains m’ont assoupli les doigts. Le travail les a fait à sa mesure, il les a endurci de l’apparence, sans les dépouiller de leur extrême sensibilité interne. La main plante, la main transplante, la main fait lever, la main fait s’ouvrir, la main projette, elle est le signe permanent du vouloir, le seul outil que l’on doit apprendre à fabriquer soi-même, pour en connaître l’usage. On achète pas une main on la donne.

Mes mains ont traversé tant de paysages. Tant de robes de campagnes, boisées, herbues, tant de chemises et de pantalons de rues, de places et de quais de gare, de mers ou de fleuves, tant de bretelles de chemins, de boulevards, de tunnels, d’aérogares, tant de chapeaux de plages, de rivières, de lacs, qui les ont plongé nues dans leurs pavés, leurs ornières, leurs clairières, leurs bals du 14 Juillet, leurs échancrures de corsages comme de cols montagneux, que les vertiges de l’altitude, ont grisé parfois, sans faire tourner la tête à l’envers. Une tête qui tourne du bon côté c’est une vue qui s’ouvre, n’est-ce pas chère automne ?

Mon jardin est le reflet de mon âme, il y a plus de mauvaises herbes que de fleurs à vase. C’est ma seule concession à ce dieu qui serait paraît-il à son origine, j’aime pas les curés mais j’adore leurs jardins.Tout est pousse dans l’humain, je n’ai pas dit dans l’homme, là c’est un autre plan, qu’un quennal ou plusieurs n’ont toujours pas assaini. Poètes, mes fleurs, mes nourritures, où seriez-vous le mieux sinon dans mon jardin ?

Dans le jardin

Jeanne et Georges sont là. Le noir ciel orageux

Devient rose, et répand l’aurore sur leurs jeux ;

Ô beaux jours ! Le printemps auprès de moi s’empresse ;

Tout verdit ; la forêt est une enchanteresse ;

L’horizon change, ainsi qu’un décor d’opéra ;

Appelez ce doux mois du nom qu’il vous plaira,

C’est mai, c’est floréal ; c’est l’hyménée auguste

De la chose tremblante et de la chose juste,

Du nid et de l’azur, du brin d’herbe et du ciel ;

C’est l’heure où tout se sent vaguement éternel ;

C’est l’éblouissement, c’est l’espoir, c’est l’ivresse ;

La plante est une femme, et mon vers la caresse ;

C’est, grâce aux frais glaïeuls, grâce aux purs liserons,

La vengeance que nous poètes nous tirons

De cet affreux janvier, si laid ; c’est la revanche

Qu’avril contre l’hiver prend avec la pervenche ;

Courage, avril ! Courage, ô mois de mai ! Ciel bleu,

Réchauffe, resplendis, sois beau ! Bravo, bon Dieu !

Ah ! jamais la saison ne nous fait banqueroute.

L’aube passe en semant des roses sur sa route.

Flamme ! ombre ! tout est plein de ténèbres et d’yeux ;

Tout est mystérieux et tout est radieux ;

Qu’est-ce que l’alcyon cherche dans les tempêtes ?

L’amour ; l’antre et le nid ayant les mêmes fêtes,

Je ne vois pas pourquoi l’homme serait honteux

De ce que les lions pensifs ont devant eux,

De l’amour, de l’hymen sacré, de toi, nature !

Tout cachot aboutit à la même ouverture,

La vie ; et toute chaîne, à travers nos douleurs,

Commence par l’airain et finit par les fleurs.

C’est pourquoi nous avons d’abord la haine infâme,

La guerre, les tourments, les fléaux, puis la femme,

La nuit n’ayant pour but que d’amener le jour.

Dieu n’a fait l’univers que pour faire l’amour.

Toujours, comme un poète aime, comme les sages

N’ont pas deux vérités et n’ont pas deux visages,

J’ai laissé la beauté, fier et suprême attrait,

Vaincre, et faire de moi tout ce qu’elle voudrait ;

Je n’ai pas plus caché devant la femme nue

Mes transports, que devant l’étoile sous la nue

Et devant la blancheur du cygne sur les eaux.

Car dans l’azur sans fond les plus profonds oiseaux

Chantent le même chant, et ce chant, c’est la vie.

Sois puissant, je te plains ; sois aimé, je t’envie.

Victor Hugo

Sur la toile, le jour se lève, entre les doigts du jardinier. La composition en L – comme liberté, loge, largesse, lointain -a transporté le présent, hors des ténèbres. La lumière , symbole de verticalité étend son trait horizontalement sur le jardin, semant l’espérance nourricière.

Niala-Loisobleu

5 Décembre 2010

LE JARDINIER - 2010 - NIALA - Acrylique sur toile 46 x 38 003

 

 

A LA BUTEE DES ETOILES


A LA BUTEE DES ETOILES

Dans les hauts jardins de l’imagination,

je te trouverai broyant la couleur

au revers du coquelicot éphémère,

accoudé au temps et à la butée des étoiles,

à fortifier la frêle charpente de la toile

que le couteau déjà entaille de son entière passion.

Je te trouverai absorbé dans l’intervalle

entre le geste et son intention,

entre la beauté et son interrogation,

au coeur d’une lumière différée,

à la torche ressaisie sur la cécité du jour

et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.

Dans les hauts jardins de l’imagination,

tu me trouveras au dernier quartier lunaire,

sur la balançoire obstinée qui balaie le vulgaire,

à la strate du mot et à la nuque d’un bras de mer.

Tu me trouveras au sang bleu d’un théâtre mental,

à la mouette qui se cogne à la butée des étoiles.

Tu me trouveras dans l’étroit du mot,

dans l’écriture du ventre et son cachot,

entre le centre et le contour,

entre le dire et son silence,

au coeur d’une partition langagière,

à la torche ressaisie sur l’éphémère

et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.

Barbara Auzou

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A la butée des étoiles – 2018 – Niala- Acrylique s/toile 100×100