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EN ATTENDANT PLUS RIEN


Katherine Blackwell

EN ATTENDANT PLUS RIEN

Roulées comme des moutons sous les meubles, les poussières tissent de la toile en troupeau. Stop, il y a des parasites sur la ligne. Laisse hâler ce n’est qu’une valse qu’a mis l’temps. Reprends l’air, sors, déhale et fous ton cap sur le chemin du bleu, que le temps grisaille ou non. Il en reste toujours un peu dans un coin. L’Iroise vue de mon hublot, c’est du jaune de rose sur l’ô. A quoi qui savent si j’suis s’rein ou maussade, ces camelots du mot au rabais, pauvres bonimenteurs d’articles que ça balance à vomir de mal d’amer, du galon volé sur la Manche et la casquette, juste bon à faire neuneu dans la complète ignorance du noeud marin.Mon Capitaine, reste la coque sur le banc de sable et dore entre les rochers. C’est comme le Gardien qui veille à l’entrée des villages des peuples les plus reculés. Le civilisé le voit pas. Pourtant il lui voile le kodak du premier au dernier clic-clac. Préservant le secret de la vérité.
Le champ funèbre peut sortir de la voie qu’on a ouverte. En fait, il y a toujours un empêcheur de fête dans celui que t’as voulu rendre gai. Le triste c’est chronique. On peut avoir des colatéraux plus requins que des grands fauves cannibales, charognards et sadiques que même les inquisiteurs en ont froid dans l’dos. Le gène a ses exceptions comme le grade hué de la règle.
Ton bateau P’tit-Frère tourne autour de mon encre. Tu l’as planté à L’Espérance, probablement pour qu’il ait chaud en nid vert, que t’as choisi ce mouillage.La navigation c’est loin d’être ce qu’il y a d’écrit dans les cartes. Ceux qui font Cap sur Irma sont des utopistes-naufrageurs. Ils t’entraînent par le fond en te faisant passer pour vrai ce qu’ils sont incapables d’être et de réalise. Je veux garder la blancheur du sel au poivre de l’audace.J’ai fermé les sabords. Faisant de l’atelier à plein régime, comme quand d’avoir reçu du mal je peins pour m’en guérir. C’est drôle, le plus difficile pour être heureux, c’est de pas laisser la porte trop ouverte, c’est fou le culot que ça peu avoir un sinistre de la vision du jour. Faut pas que j’me dégante de la peau des mains à donner pour rien que du malheur…

Niala-Loisobleu
22 Avril 2015

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LA MACHINE A DETRUIRE


©ROBY DWI ANTONO - Painting

LA MACHINE A DETRUIRE

Une petite lapine un jour pareil aux autres (en apparence) allait au pré jouer avant que la pile soit usée

– Aujourd’hui c’est cornemuse, lui dit le professeur de musique,

Tu vas voir comme c’est rigolo de tailler des plumes à la chaîne,

pour apprendre à écrire il n’y a rien de plus facile, après quand tu seras grande tu feras des bébêtes-sellers

dans des maisons d’abattage pour des livres sterling.

Le prof, un vieux loup, au poil noir dents plus acérées que des scieurs de long, nourri à la planche à billets, totalement imperméable à l’émotion, au total illettré d’humanisme le plus primaire, mais pas modeste pour un brin,

cannibale avoué, enfin véritable produit moche de chez plus moche

Soulages qui s’appelait.

Rien que le nom aurait du éclaircir ces noirs desseins

hélas la désinformation a conquis une fois pour toutes les parents.

Notre petite lapine partit au tas entre les oreés de Boulogne et Vincennes

apprendre à adoucir les moeurs par la musique.

Le mac à dames ça bitume plus le poumon que le tabac

pourtant si on met du mou rose crabe

en image sur les paquets de clopes

aux sexes-chops du panier des enfants de marris

on ne ne montre que les pines.

Faut-y qui soit con le monde pour en être arrivé là

son mimétisme à la machine est d’une renversante perfection

c’est vrai que depuis qu’on chavire des embarcations de viande humaine

ya plus de petit commerce malhonnête

La barbaque c’est le must des coupeurs de têtes

Faire du scoop  avec l’horreur ça paye

Charlie

n’est-il-pas le meilleur exemple des dernières messes noires

Avant que le train ne resiffle une foi

on nous aura poivré la société en toute cirrhose

à dos d’éléphants

dans les ténèbres

elle aura eu accès au délire y’homme…

Niala-Loisobleu

21 Avril 2015

Moth

MOUCHARABIEH


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MOUCHARABIEH

Le souffle de ton existence

passe constamment

au travers des trous de cette dentelle de pierre

Ton empreinte est aux marques de ma pensée

Amollissant la dureté du marbre à la veine de ton pouls

nimbée d’une éternelle blancheur bleutée

Tu passes couleur papillon

tendue entre le temps enfui et le jour né

sans que le bois des branches craque sous les pas du vent

et que la tige sépare la fleur

du mouvement du lotus

Furtive

évanescente

résonnante

vibrante

d’un  certain silence

que les oiseaux gardent

en remuant les ailes

du mouvement de leurs plumes trempées à l’encre de tes lèvres

inscrivant ta voix aux oreilles de mon coeur

Chant d’amour

tu ceins de ton fleuve

un paysage crevant les nuages

pour une pluie de fleurs sauvages

De l’Arbre de Judée

où tes seins pendent

gonflés d’espoir

de la pulpe des jardins

La corde de boyaux lime le bois du cithare

musique de gémissements

que les ongles-médiator changent en râles de plaisir

montant ton odeur

en volutes d’encens

du brûlot de ton ventre

Comme le silence est ondulant dans ses échos acoustiques

venu du tréfonds des chairs

au moment où l’éclat de tes yeux

arraché aux cornes du Minotaure

ricoche au sortir du dédale

Libre comme un phénix levant le jour de ses cendres

dans le cérémonial du rite solaire qui toujours t’accompagne

Aux soies des lourdes pesanteurs de l’absence

tu passes et repasses

éclose

sur le balcon du moucharabieh

Niala-Loisobleu

17 Avril 2015

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A QUOI BON


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A QUOI BON

A l’extinction des réverbères

les quais  se noient l’image du ciel dans le grand bain du malheur

Un amour qui marche tout seul ça n’existe pas

C’est comme un piano qui aurait coupé ses bretelles

pour plus reconnaître les boutons  de la nacre de ses doigts

T’as plus l’choix du matin avec son bon jour

tu te dis j’ai raté l’heur

il fait noir au zénith sans que la lune y soit

c’est l’éclipse en boucle

Mes mots se taisent

besoin d’être seuls à seuls avec ma pudeur

il faut débarbouiller ce mauvais silence de sa présence fictive

on peut pas toujours supporter les autres dans leurs erreurs

le meilleur service à leur rendre

est de les laisser les assumer tous seuls

Ta vie c’est de l’amour à l’état pur

à donner

naturlich

avant de penser recevoir

Tu peux pas te coltiner ce que l’autre se refuse à vouloir  être

en répétant sans cesse qu’il est la victime d’une incompréhension

Au bout ya plus que l’à quoi bon

qui fait le suicidaire qui a si peur de mourir qu’il tue tout ce qui vit autour

Entre deux maux il n’y a que la santé

Faut pas peindre le mensonge

Bon jour la vie

viens je t’emmène avant que la mort vienne noircir le tableau

avec sa ronde d’échecs à répétition

A quoi bon c’est pas mon rayon…

Niala-Loisobleu

14 Avril 2015

ihavenoidea

CONDITIONNELLE ATTITUDE


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CONDITIONNELLE  ATTITUDE

On marche dans les pièces cousues en couverture de son histoire

sautant des pages essentielles

par agrafe au raccourci

Les lignes salinent

ah

Bouffi

t’as loupé les mots qui se taisent

par humilité

pas la tienne

la leur

celle du  buvard au bord des tâches

qui font les effacés du gros titre

pas causeux

mais seuls à contenir

Restent plus que les fioritures de la mauvaise langue

Je suis bien d’aujourd’hui à cause d’hier

mais hier j’étais mal sans

en dehors de l’à venir

sans doute par inadvertance d’un chapitre

ou tout simplement d’une lecture égoïste

le choix des mots

comme on f’rait avec un horoscope pas à son goût

C’est plus facile de ne sentir qu’à travers ses si

L’apporte sonne

sa photo

est entrée

……………………………………………………………..

Silence

………………………………………………………………..

Cette profondeur dans tes yeux

cette grâce dans tes traits

comme un déroulé de perspective sous les arcades

Je tremble dans un bouillon lacrymal

lavant

à neuf l’état des lieux

Te voici écrite en histoire vraie

ma Vie

mon Bel Amour

horizon à la verticale

là main tenant

je nage de bonne heur…

Niala-Loisobleu

8 Avril 2015

01

BORD D’AILES DE MER


032Catherine-Alexandre

BORD D’AILES DE MER

Alors qu’aux voiles du sommeil, retenues par les tentacules de la pieuvre, elle n’émergeait plus qu’entre deux vagues, dans de courts instants de prise d’air vite repris par la machine du casse, j’aperçus entre deux mers un mouvement au faîte du château des cartes. Annonce d’un virement de bord. Salutaire signe qu’aux plantes des semelles la racine veille à ce que le grain ne meurt.

Une odeur apparue en premier, venue du plus loin des aisselles, reste de brousse tartinée de lionne en gestes fauves. Le point d’eau en corps bien humide et défait dedans du crocodile près dateur.

Dans les boucles des longues mèches, l’huile aux essences de pores tirait la flamme à ailes. Marque d’un rite mystique qui n’avait point besoin d’incantations barbares, mais du peigne à girafes pour retendre le coup hors de portée du Kid nappeur de narco tics.

Quand la première écume blanchit de mousse le bord de ses cils, on vit s’ouvrir les premiers embruns de partout. Ô taire fertile, combien de renaissances doit-on à tes silences au beau milieu des fausses-couches de ces bavardages creux, empreints de mesquineries proches de la calomnie que la haine fourbie de son venin.

Avant même que le premier coq chante au fond de la casserole, le fumet de l’aurore dorait la première tartine. L’orient repoussant la couverture montrait la pointe du sein du jour, ma foi plus crédible qu’un dieu bouffi n’ouvrant que sur un jour à mite.

Tressaillants depuis son ventre en rouleaux, nous fûmes portés par la perception d’une intime conviction soudaine. Un terme auto-collant se posant in situ sur la bouche dégoût du bellâtre poulpe, qui se trouva invité à rejoindre d’autres lieues sous l’amer.

Sortant de la conque, la nacre rose de peau retournée fit chanter le coquillage du fond de la mémoire. Un chant sauvage autour duquel les mains claquèrent au tempo du râle des guitares que l’accordéon roulait des hanches du poumon des clarinettes, haut-bois en érection…

Niala-Loisobleu

6 Avril 2015

ken

CHERCHEUR D’HORS


Wanting More by Conlaodh

CHERCHEUR D’HORS

Au fur et à mesure que l’on marche, les paysages que l’on traverse nous entraînent dans des lointains qui nous rapprochent de nous. Nous nous éloignons pour mieux nous rassembler dans un retour au noyau qui ne pouvait que nous échapper malgré son intime proximité. Besoin inné d’apprendre, naturel à nous découvrir lavé de tout ce qui détourne. Ainsi nous appartenons à une éternité qui se renouvelle pour nous offrir le choix de magnifier notre temporel, cet épiderme constant de notre vérité.

Que de détours il faut emprunter, avant que nous parvenions au seuil de la conscience de ce que nous n’avions pas regardé, pas cherché à rencontrer, de cette errance en divers lieux, personnes, actes, pourtant à aucuns moments décousus de nous. Notre âme a son chemin, pareil à un tracé de cathédrale . Nantie de l’Art de Construire, elle nous place devant la porte basse où le voyage nous offre de nous vaincre ou de nous mourir. Sans autre alternative. La seule curiosité qui doit exister st bien celle d’aller au-devant de nous. Elle n’entrera jamais au rang des défauts. Elle ne peut pas ignorer nos tares, donc elle est un filtre, pas un accommodement pernicieux d’autruche.

Entends-tu cette musique ?

C’est la voix du premier matin. Instant où la Lumière n’a rien épargné. Elle a extrait chaque particule de nous, sans condamner à un destin tout tracé, mais  totalement à construire dans le libre choix.

Notre espérance a été définie à cet instant précis…Seulement nous n’avons vu le jour dans aucune pochette surprise, certes nous sommes une légende, nous avons un droit de graal,  oui et aussi une pelle, une pioche, différents outils…pour devenir un vrai chercheur d’hors…

Pour aller vers Toi Amour… hâler et hâler encore…

Niala-Loisobleu

5 Avril 2015

POISON D’AVRIL


Larissa Morais - Tutt'Art@ (45)

POISON D’AVRIL

Dédicace aux pierres qui respirent

Où iraient les voyages sans des lieux étrangers aux valises

Pâles images liées à l’anse d’une crique absente

Au grand dam d’un catalogue r’anse

Sables blancs qui ne peuvent transpercer l’opaque restez aux adieux de fontaine belle

Myopes galets

Varechs exploités

Goémons ramasse-miettes

Nageoires de métal pour leurre d’oisobleu

Eh Coco as-tu vu les cernes des noyers

Quand les-dits gars gars coulent à pique

Maître Coq joue à carreau

Un coeur à quatre feuilles

D’une pollution coiffant le fond clair d’un golf en dérive d’atolls

J’ai du linge de rechange contre la laideur des chemises fanées de fleurs

Ô que la sueur trouvée au travers des cases d’un village dressé sur pilotis

A de parfums de vie propre

Passé la barrière des immondices d’aujourd’hui

Un gosse sale

Tout nu

Aux yeux brillants

D’un rire propre

A des milliers de kilomètres

M’écarte du monde pourri

Primitif

Serait-ce le signe

Que j’existe

Le silence n’est jamais à sa place au soleil de mauvaises énergies

L’ombre des fuites le court-circuite

Ici, là, n’importe où

L’ailleurs où qu’il réside

L’Orient est au zénith du levé d’un ru né de la source

Caché sous la toison végétale de l’humus

Au pied de la montagne

Passionnément j’épile les pétales d’éternels vingt ans

L’oeil entre les oreilles d’une poussée verticale des reins

Un chemin de couleurs romanes frappe au tympan de St-Jacques

Chapiteau dorique

Rite au bâton

Le Maître introduit la Cérémonie

La porte basse perspective un rai

La pierre sonne à la volée

Ailes déployées sors du poisson d’Avril

Prends le prochain voyage comme l’arbre qui sourd au désert

Niala-Loisobleu

1et Avril 2015

Larissa Morais - Tutt'Art@ (29)

LABEL BOIS-DORMANT



LABEL BOIS-DORMANT

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LABEL BOIS-DORMANT

Lombaires en marée montante,

la colonne aux dunes, je revertèbre sa présence

aux mouvements du ressac.

Nage un rayon de lune

une écaille qui maille

zébre les profondeurs

d’une lame tranchante

Crois à l’amour, même s’il est une source de douleur.

Ne ferme pas ton coeur.

Non, mon ami, vos paroles sont obscures, je ne puis les comprendre.

 

Le cœur n’est fait que pour se donner avec une larme et une chanson, mon aimée.

Non, mon ami, vos paroles sont obscures, je ne puis les comprendre.

 

La joie est frêle comme une goutte de rosée, en souriant elle meurt.

Mais le chagrin est fort et tenace. Laisse un douloureux amour s’éveiller dans tes yeux.

Non, mon ami, vos paroles sont obscures, je ne puis les comprendre.

 

Le lotus préfère s’épanouir au soleil et mourir, plutôt que de vivre en bouton un éternel hiver. .

Non, mon ami, vos paroles sont obscures, je ne puis les comprendre.

 

Rabindranath Tagore (Le Jardinier d’amour)

L’ardoise délitée couvre le dessus de ma chambre,

aux craies les vignes s’encalcairent

d’un cru verre bistre de maux croisés

indéfinis par des larmes d’or

Vas et ouvre les rideaux de l’horizon,

là, ici, quelque part,

nous sommes noués,

d’un noeud de bras

aux poitrines des grands espaces

nous finirons par tomber dans l’unique haleine

de ce baiser qui sort du sommeil

Niala-Loisobleu

31 Mars 2015.

Morbidus Delirium III by Olilemulotcarnivo

POSE-LE LA


This Twilight Garden by gallegosart-com

POSE-LE LA

T’as raison

quand le vent ferme les fenêtres c’est plus commode de se glisser au fond du tiroir

il y a toujours un pli à lire dans le tissu de notre matière

qui bleuit de lin l’autre de ses cotons

On demeure soie

retenus par chacune de nos bretelles

sans perdre le moindre bouton qui attend d’ouvrir…

Niala-Loisobleu

28 Mars 2015

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