
MOTS DE DERME
Ce n’est que soie
quand ton ventre
chante à mon émoi
de sa voix
cachée sous les draps
Niala-Loisobleu – 14 Mai 2018

Ce n’est que soie
quand ton ventre
chante à mon émoi
de sa voix
cachée sous les draps
Niala-Loisobleu – 14 Mai 2018
GARRIGUE ÊTRE
Mes doigts piqués fourchette
Le sol de sa chair entre les dents
Goutte à goutte
Je la sirote
Aux fronces de sa toison alambic
Me voici parvenu au silence qui emplit les yeux
Serre peau lest plat nannan
Niala-Loisobleu – 23 Mai 2017


LA CHAMBRE D’AMOUR
Pendant que j’avais la bouche ouverte, les couloirs de mon subconscient claquaient les portes de la nuit avec une voix du guet. Oyez, oyez, braves gens. A se croire sur la route dans une chanson de chemine ô. L’herbe peut avoir des pouvoirs inattendus me dis-je en m’essuyant la moquette d’un reniflement de mâle femmé, se rajustant le diable au lot au fond de son Dim en trois couleurs. A ce moment là, je vis sortir une main de la poche du kangourou. Vois un peu c’qui arrive quand la libido se mêle d’appuyer sur le bouton, me rappelai-je avoir pensé dans la vapeur où, assis sur le banc du sauna, je me flagellais à base de branches de bouleau. Sans doute des réminiscences d’un contrat de 35 heures remis à l’ordre du jour.
Le jour où j’ai sorti de ma mère, mon père maçonnait la maison de mes grands-parents. J’ai venu au monde dans un Beau Dimanche de Printemps, du Gabin dans la ligne de ma main gauche, celle que je peins quand j’écris. La Marne remuait les nappes à carreaux à deux pas. Les canotiers faisant des galipettes dans l’herbe, saucisson, camembert et petit vin blanc après s’avoir lavé au bain de Nogent, moultes rires, mots de bonne humeur au programme improvisé avec un naturel que plus tard le bio cherchera à vanter pour rouler d’autres braves gens. J’ai été marqué tout de suite au faire.Depuis je combats sans répit pour la dignité de l’homme qu’à vu l’home où loge l’amour. Je n’hésite pas à remonter les bretelles des paons t’allons z’enfants se trouvant toujours à l’endroit du bon moment qui rapporte sans jamais en avoir fait une secouée. Pas opportuniste, je connais mieux les portes qui te claquent à la gueule que les arcs de triomphe. Bof, et alors, ça empêche pas de rester jeune en vieillissant comme m’ont toujours montré mes battements de coeur.
Une fenêtre ouvrant sur un lit non-clos, alcôve tant d’odeurs que les fleurs tapissent la chambre à en faire le berceau de l’amour, les menottes trouvent les fossettes, les lèvres les mailles des langues, jusqu’aux yeux qui vous descendent plus profond que le larynx, la tripe au creux. On peut pas expliquer ce chavire qui m’attrape, me renverse, quand je me trouve face au Beau. J’suis glacé de dehors, bouillant, brûlant au-dedans. La colonne vertébrale me saisissant à la remontée en glissade sur la rampe des vertèbres. Un panard. Que j’en ai les yeux qui mouillent à serrer mon Amour en hurlant de silence.
Niala-Loisobleu – 4 Janvier 2017


La colère
est en moi
je hume l’existence
je me heurte
aux fils de fer barbelés
de la désespérance
je franchis les ruisseaux
boueux de l’inquiétude
Martissant, Carreour-feuille,
Bizoton, Jérémie, Jacmel,
Pétionville, Port-au-prince,
l‘Ile de la Gonave,
bruissants de misère
L’azur est en folie
Tout se mêle
S’entrecroise
Et se noue
Je sonde l’espace séculaire
Ce brassage de peuples
Qui fil sonner le glas
Du sordide esclavage
Je dis à la jeunesse
Aux yeux-diamants
luisants d’espoir
Aux cohortes affamées
des bidonvilles
aux créateurs
peintres
poètes
écrivains
L‘heure est venue
De dire NON
aux imbroglios
des politiciens véreux
aux corrompus
aux assassins
Le jour se lève
en ma mémoire
Les « CINQ GLORIEUSES » de Janvier 1946
Ont offert au Monde
Un sursaut salutaire
Haiti d’infortune
des tremblements de terre
tes enfants sont là
Kampé ! Debout !
Je crois en tes vertus
En vous
Nouvelle générations
Je crois en ce renouveau cosmique
De Liberté, d’Égalité et de Fraternité
Je dis Merde à l’Espace
Je crie mon mot d’ordre
« Kembe fèm ! pa lagé ! »
Salut à vous
mes racines profondes
mon doux parlé créole
mes cassaves, boborits
rapadou, mes rorolis,
mes pisquettes grillées
mon choux palmiste
Salut à vous Furcy
Kenscoff, le Morne Bourrette
Le Massif de la Selle
Salut à vous
Dessalines, Toussaint Louverture,
Héros de l’Indépendance
Salut à vous Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis,
Gérard Chenet, René Depestre
Et tous les autres
Je m’incruste dans les rues démembrées
Je soude espoir et certitude
pour bannir l’obscurité.
Gérald Bloncourt
29 novembre 2016
.
Gérald Bloncourt

Nous avançons de la main, des marques d’yeux au fond des poches de notre perception.
Ni le bruit racoleur d’une chanson dissimulant son lucre derrière du sirop, pas plus que la sortie de chez le coiffeur de la nouvelle tête du présentateur, ne pourront faire du fond de nôtre âme un étal de foire.
Tu n’as pas changé l’intérieur de tes seins en regardant la vitrine d’un soutif au balconnet provocateur. Il peut sentir la frite, le marchand de moules ne nous a pas formaté. Ta peau est bien dans la mienne pas besoin de me pincer.
Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.
Tu dors au milieu de nôtre chemin quand la nuit se fait jour. J’ai ôté les fers de mes chaussures pour ne pas rendre les étoiles filantes hésitantes. Le ciel contient dans l’armoire de ses gros nuages tant de rêves bleus. Chacun est écrit sur ton do. Musique lancinante que tes reins fredonnent au rythme de la vague des miens. Reste contre moi. Mon ventre gouvernaille au centre de ton chenal. Les arbres morts n’iront pas prétendre redonner poumon à l’Amazonie, nous en plantons de vivants tous les jours de souffrance, sans pépins, contre les mauvais serpents du verger.
J’ai vu saigner ma nudité quand tes lèvres l’embrassant, ont fait couler la couleur en paroles de silence de tes aisselles au bastingage de ton étreinte mon Amour. Ne m’attends pas je suis là mon Poisson-Chat, dore en corps.
Niala-Loisobleu – 20/05/16

ALGUE
la relance ici se fait
par le vent qui d’Afrique vient
par la poussière d’alizé
par la vertu de l’écume
et la force de la terre
nu
l’essentiel est de sentir nu
de penser nu
la poussière d’alizé
la vertu de l’écume
et la force de la terre la relance ici se fait par l’influx plus encore que par l’afflux
la relance
se fait
algue laminaire
Aimé Césaire

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