TRAIN DE PLAISIR


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TRAIN DE PLAISIR

Autour de Pâques quand j’étais gamin on nous purgeait. J’en garde un autre souvenir que le lavage des pieds, faut dire que je sors pas d’une tradition de faux-culs. Ceci m’amène à voir en observant le paysage de cette journée, que le printemps c’est devenu qu’un grand magasin. Le bonheur des dames ?  Voilà une question bien libidineuse où autant de pissenlits que de roses se baladent dans un sacré démêloir. Dupin parle de l’herbe des rails. Métaphore puissante qui me traverse au riant express. Dans le compartiment d’une voiture de 1ère, un prince d’Apollinaire,  gamahuche une donzelle à la babasse foraine plus poilue que la femme dite à barbe, pendant qu’un homme d’armes lui transperce le fondement de sa lance. Comme quoi d’une purge à l’autre l’espace se déplace dans le même type de véhicule. Seulement dans tout ce qui est censé s’améliorer par l’assainissement, force m’est donné de constater que plus on avance plus on recule. J’en veux pour exemple: les trains de Guillaume face à la SNCF. Ils avaient un charme qui slavait autrement. Mais ça comme dirait Afflelou, c’était avant, que le Président d’une République basée depuis la loi de 1905 sur la laïcité, fasse du gringue à l’église catholique en lui disant qu’on est injuste à son égard et qu’on va voir à modifier ça.

Niala-Loisobleu – 10 Avril 2018

 

Où que je vive


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Où que je vive

 

Où que je vive, je te vois
Toi, ton toit de tuiles et ta voix
Je vois des flocons, des Afriques
Le surplace de la République

Le cadran de la gare du Nord
Des mâts de bateaux, plein le port
Beaux comme des jeux de Mikado
Et un poisson rouge dans ton dos

Je vois l’oreiller de tes bras
Où que je vive, je te vois
Il était un jour plein de foi
Où que je vive, je te vois

Où que je vive, je te vois
La maison bleue qui nous tutoie
Et Venise et la tour de Pise
Le sourire de la banlieue grise

J’ vous vois Vancouver et Dakar
La musique des autocars
Sur la route de Casamance
Et des ponts d’Avignon qui dansent

Je vois l’Ardèche et Courbevoie
Où que je vive, je te vois
Il était un jour, une fois
Où que je vive, je te vois

Où que je vive, je te vois
Des pas, des rails, des convois
Des saisons, le Nil et la Seine
Le sang transparent des baleines

Je vois des caresses qui chôment
Dans le ciel fatigué des paumes
Un canal, un champ de tulipes
Et les pommes bleues de Magritte

Je vous vois, le bout de tes doigts
Où que j’habite, je te vois
Il était un jour, tant de fois
Où que je vive, je te vois

Allain Leprest