LA MEMOIRE DES MUSES 2


LA MEMOIRE DES MUSES 2

Bordé de quat’saisons mon caniveau déverse ses denrées charnelles. L’amour c’est périssable quand c’est juste un arrangement avec la saison. Faut le nourrir, ne pas le laisser sans la becquée. Une chambre de bonne ça commence par devoir grimper cinq étages, faut des forces la vie quand elle commence on peut savoir quand c’est qu’elle finira.
J’ai des doigts de terre à planter. Une âme dans la vue pour l’organe de l’esprit. La couleur de mon coeur est Bleu-Vers-le-Bonheur. Des jambes de vieil enfant ne traçant qu’à la craie à marelles.
Muse est ma Femme. Un tableau où la mer lèche chaque fleur du lin qui la tend. Quelque écume sertie à l’anneau qui relit le ruban à la haute sphère qui l’élève. Je ne bois qu’à ses seins la métaphysique du prisme. L’instant qui fera de rien un tout pour jusqu’au bout. Sans le moindre trait de différence, l’amour ne peut qu’être l’égal partage de l’ensemble.
La peinture d’écrire se taille au couteau. A vif. Ecorchée. Pas de béatitude lénifiante. C’est la mienne celle de dire à mots-peints ce feu d’Elle qui brûle n moi . Je me fous de l’académie, de sa grammaire, de ses canons, de sa règle d’or. J’la peins comme j’lui fait l’amour, à poil, sans sortir couvert de tout un tas d’ustensiles de bonne conduite (hypocrite) de recettes de savoir-vivre (goujat) de minauderies de sacristain (sainte-nitouche) A la Botero, un vrai cul, deux gros nichons et un con bien poilu au bon endroit (pas dans le caractère) pour le silence des mots crus de notre humilité vraie.
Dur la peinture
rien de
Place du Tertre
ni
faire-valoir à touriste
un cri de chair
un hurlement de pleurs
pas un rôt de repu
Vie, vie, vie !
Aujourd’hui du bruit des orgues, la mer ex-voto affiche les noces. La Muse se marie. L’amour elle vient d’en franchir la porte, des fleurs sur la poitrine en promesse d’enfants.
Lui, à sa droite, s’est fondu en elle, invisible . Saura-t-il garder l’Autre ?
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LA MEMOIRE DES MUSES 2
2016
NIALA
Acrylique s/toile 73×60
 
Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com
 
18 Mai 2016

CE MATIN BLEU


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CE MATIN BLEU

C’est un matin qui chante, fredonne en se brossant joyeusement les dedans.C’est bien moi, personne n’a pris ma place dans l’encadrement de ce nouveau jour. Mais, bien à leur place, les fonctions génèrent l’allure d’autres sensations. La vie s’est mise en priorité. Les petits agacements de mouche sont allés se chercher un autre fromage. Je vois propre.

Phénomène printanier propre au comportement de la nature. Les temps à rebours doivent s’être mouchés dans leurs doigts, l’odeur n’a pas du tout le reniflement morveux de ces moments où la savate  traîne au parquet. Absence de goût d’acre dans le talon.La radio tire un peu la tronche et alors l’avait qu’à chanter au lieu de, sous prétexte d’informer, balancer son désastre journalier.

Le m’aime trajet peut prendre plus longtemps selon l’entrain qui le déplace.

Il faut dire qu’il y a des périodes marchandises où les triages faire au vers stagnent. Les voies traversent un marais-cage qui enlise les aiguillages. L’attente Jeanne peut dessiner des moutons tant qu’elle veut, la voie est enrouée quelque part, on ne sait plus où prier.

Des  yeux restés à quai dans cette petite gare-maritime d’un été particulier la fumée a cessé de siffler trois fois. Les marées je me souviens, le vent je me rappelle, l’écume oh oui quelle fraîcheur d’embruns ! Pas un seul caillou a quitté sa place. Le gros arbre où j’appuyais mon vélo pour libérer mes mains aux boutons de ta robe, j’en ai..

C’est ça oui tout à coup, j’en ai les doigts qui tremblent !

Du sel qui revient à sa place la mer adoucit sa caresse. Les carreaux des paludiers ont de la couleur rouille de tomettes comme le feu sait mettre à la fleur de celle qui va à nouveau croissant. L’olivier prestidigitateur a changé le pigeon en colombe, du chapeau du terrier sortent les petits lapins.

Ce matin bleu…

Niaka-Loisobleu – 15/05/16

CE MATIN RENOUVELE


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CE MATIN RENOUVELE

Entre braise et fumée reste l’ocre clair de la pierre à feu

où mon vélo appuyé

ne se sent pas de changer de braquet

Pourquoi du minéral couloir de sève

prendrai-je un tissage de fibres synthétiques ?

La serinette de la coiffeuse ne démêle rien des musiques en boîte

tout comme la carotte du tabac n’indique pas le chemin du sana

Ne rien faire à l’encontre  de ce qui doit garder son naturel allant

L’écluse qui a son chemin de peupliers de chaque côté du canal

a commencé par lui apprendre à nager

avant de construire les premières marches des échelles à poissons

Contre toute logique

nôtre paire qui est aux cieux

divise les images de communion

A quoi bon prier pour faire qu’attendre

Aujourd’hui je n’ai rien fait.

Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas

ont trouvé leur nid.

Des ombres qui peut-être existent

ont rencontré leur corps.

Des paroles qui existent

ont recouvré leur silence.

Ne rien faire

sauve parfois l’équilibre du monde,

en obtenant que quelque chose aussi

pèse sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz

Au matin d’un rêve poursuivi, la corde à linge n’a pas pris la robe blanche au collet.

Elle flotte bien devant l’haveneau qui ratisse la première vague. Le plancton de service, les deux bras tendus à Jonas, ne baleine pas la poitrine de l’air vide. L’erre de la musique dense chaque pli de l’accordéon et nourrit les doigts au bout de chaque téton durci.

L’enfant-Lumière au sommet de son grand arbre, sent venir l’amour sans longue vue, sans notice de montage, hors d’emploi du temps, en toute absence de tant de cuisson. Sa force vient du vide tiré de la mémoire du silence. Où les marteaux forgent le Centre du Cercle.

Aujourd’hui je ne ferai rien d’autre qu’arroser nos racines

Niala-Loisobleu – 14/05/16

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La Mémoire des Muses 1


La Mémoire des Muses 1

Mon Coeur par tes yeux proches je peux voir aux mains tenant plus loin derrière. Les bouts à bouts laissés ne sont que Bleu-Bleu comme un autre matin, qu’il ait fait mal injuste, bonheur simple, une allure, un arrêt ou un immense silence dans le vacarme d’un monde qui marche sur la tête. Nous sommes sortis d’une cabane-poubelle plus dignement vrai que le plus prétentieux des palais d’oenologue. Maison posée à m’aime ton ventre, au centre de tes cuisses là où tes seins battent.
Jurons mord aux cons en crachant pour, crois de boit crois de faire, gardez au-dehors d’eux notre Absolu.Ce Seul de Nous qu’aucun n’aura pu aliéner.

Poème à crier dans les ruines

Tous deux crachons tous deux

Sur ce que nous avons aimé
Sur ce que nous avons aimé tous deux
Si tu veux car ceci tous deux
Est bien un air de valse et j’imagine
Ce qui passe entre nous de sombre et d’inégalable
Comme un dialogue de miroirs abandonnés
A la consigne quelque part Foligno peut-être
Ou l’Auvergne la Bourboule
Certains noms sont chargés d’un tonnerre lointain
Veux-tu crachons tous deux sur ces pays immenses
Où se promènent de petites automobiles de louage
Veux-tu car il faut que quelque chose encore
Quelque chose
Nous réunisse veux-tu crachons
Tous deux c’est une valse
Une espèce de sanglot commode
Crachons crachons de petites automobiles
Crachons c’est la consigne
Une valse de miroirs
Un dialogue nulle part
Écoute ces pays immenses où le vent
Pleure sur ce que nous avons aimé
L’un d’eux est un cheval qui s’accoude à la terre
L’autre un mort agitant un linge l’autre
La trace de tes pas Je me souviens d’un village désert
A l’épaule d’une montagne brûlée
Je me souviens de ton épaule
Je me souviens de ton coude
Je me souviens de ton linge
Je me souviens de tes pas
Je me souviens d’une ville où il n’y a pas de cheval
Je me souviens de ton regard qui a brûlé
Mon cœur désert un mort Mazeppa qu’un cheval
Emporte devant moi comme ce jour dans la montagne
L’ivresse précipitait ma course à travers les chênes martyrs
Qui saignaient prophétiquement tandis
Que le jour faiblissait sur des camions bleus
Je me souviens de tant de choses
De tant de soirs
De tant de chambres
De tant de marches
De tant de colères
De tant de haltes dans des lieux nuls
Où s’éveillait pourtant l’esprit du mystère pareil
Au cri d’un enfant aveugle dans une gare-frontière
Je me souviens

Je parle donc au passé Que l’on rie
Si le cœur vous en dit du son de mes paroles
Aima Fut Vint Caressa
Attendit Épia les escaliers qui craquèrent
0 violences violences je suis un homme hanté
Attendit attendit puits profonds
J’ai cru mourir d’attendre
Le silence taillait des crayons dans la rue
Ce taxi qui toussait s’en va crever ailleurs
Attendit attendit les voix étouffées
Devant la porte le langage des portes
Hoquet des maisons attendit
Les objets familiers prenaient à tour de rôle
Attendit l’aspect fantomatique Attendit
Des forçats évadés Attendit
Attendit Nom de Dieu
D’un bagne de lueurs et soudain
Non Stupide Non
Idiot
La chaussure a foulé la laine du tapis
Je rentre à peine
Aima aima aima mais tu ne peux pas savoir combien
Aima c’est au passé
Aima aima aima aima aima
0 violences

Ils en ont de bonnes ceux
Qui parlent de l’amour comme d’une histoire de cousine
Ah merde pour tout ce faux-semblant
Sais-tu quand cela devient vraiment une histoire
L’amour
Sais-tu
Quand toute respiration tourne à la tragédie
Quand les couleurs du jour sont ce que les fait un rire
Un air une ombre d’ombre un nom jeté
Que tout brûle et qu’on sait au fond
Que tout brûle
Et qu’on dit Que tout brûle
Et le ciel a le goût du sable dispersé
L’amour salauds l’amour pour vous
C’est d’arriver à coucher ensemble
D’arriver
Et après Ha ha tout l’amour est dans ce
Et après
Nous arrivons à parler de ce que c’est que de
Coucher ensemble pendant des années
Entendez-vous
Pendant des années
Pareilles à des voiles marines qui tombent
Sur le pont d’un navire chargé de pestiférés
Dans un film que j’ai vu récemment
Une à une
La rose blanche meurt comme la rose rouge
Qu’est-ce donc qui m’émeut à un pareil point
Dans ces derniers mots
Le mot dernier peut-être mot en qui
Tout est atroce atrocement irréparable
Et déchirant Mot panthère Mot électrique
Chaise
Le dernier mot d’amour imaginez-vous ça
Et le dernier baiser et la dernière
Nonchalance
Et le dernier sommeil Tiens c’est drôle
Je pensais simplement à la dernière nuit
Ah tout prend ce sens abominable
Je voulais dire les derniers instants
Les derniers adieux le dernier soupir
Le dernier regard
L’horreur l’horreur l’horreur
Pendant des années l’horreur
Crachons veux-tu bien
Sur ce que nous avons aimé ensemble
Crachons sur l’amour
Sur nos lits défaits
Sur notre silence et sur les mots balbutiés
Sur les étoiles fussent-elles
Tes yeux
Sur le soleil fût-il
Tes dents
Sur l’éternité fût-elle
Ta bouche
Et sur notre amour
Fût-il
Ton amour
Crachons veux-tu bien

Louis Aragon
Extrait de La grande gaieté (1929)
Les petites maisons accrochées aux rubans des accordéons, champêtres vont à la mer puiser le sel. Que d’oiseaux et de chevaux courent l’espace sans intentions lucratives et profits d’un détournement d’impôts en paradis fiscaux. Une seule politique, la m’aime durant toute la traversée, faire de l’Homme une créature libre de croire ou de ne pas croire, non assujetti au dogme politico-religieux. Enfant de tous pays de la m’aime couleur que l’autre.
Niala- 24/04/16

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BAL MUSETTE


BAL MUSETTE

Par la rue

d’un soir à musique

grimpent les marches d’un souvenir

Néons

la boule au plafond enseigne

Bouffées de rires

entre les nacres

l’accordéon expire ses seins

du décolleté

à la renverse

ça serre à reins que crever

de se retenir

au port de l’amour

sans embarquer

Niala-Loisobleu – 20/04/16

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Parvenu au seuil…Qu’à celà…J’y repense


 

 

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Parvenu au seuil…

Qu’à cela… j’y repense,

A porter mes semelles de vent

visionnaire d’une ouverture avenir

qu’à cela… j’y repense

Quoi que la vitrine du marchand de jouets propose

en promo scion pour écussonner les forêts uniformes des balcons

Comme d’un pétrin on sort la patte

l’autre croissant sent déjà deux mains

dorées au fourre à peint

Qu’à cela…j’y repense

un jardin de fleurs

du lit où tu t’écoules

va bien mieux aux draps bleus qu’un carré de navets roses

On a fait les écoles où l’on choisit pas ses parents,

heureusement que derrière les murs commencent les portes

de nos dessins de bonshommes au nez rouge

à gros ventre sur membres de file de faire.

Qu’à cela..j’y repense

en regardant sous la jupe de ta cheminée

mes sabots se remplir des volutes de ton corps endormi

Les pierres parlent si bien du silence,

que, sur elles, fonder une cabane

traverse assurément plus loin les mornes plaines

que des embarcadère à l’amarre

Et puis il y a toutes les couleurs de ton coquillage,

quand il baille aux marées

son alène à basculer

le pas feutré des grands fauves allant au point d’ô

Voici le Seuil venu

prépare le à ras au cri de la jument

des talons soleil levant.

Qu’à cela..j’y repense

au point de faire le tour des roulotes, ornières après nids-de-poules

détachant les crocs des chiens pour que ricochent les aboiements

tout au long du long des Indes et autres déserts gitans

plantés de cithares et de guitares manouches.

Qu’à cela..j’y repense

Mon cahier neuf grand ouvert sur l’encre levée

des mots d’amour en corps à apprendre.

Qu’à cela..j’y repense
Niala-Loisobleu – 09/04/16

 

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Qu’on me laisse le peindre ce lieu d’absolu je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !


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Qu’on me laisse le peindre ce lieu d’absolu

je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !
D’un Bleu mal imité
refaire
l’entrée du vrai Soleil
Puis le poser sur l’appui de la fenêtre qui va de l’arbre
à la branche du labour en plaine odeur montée de la rosée
Ouvrir l’huis sans rideau
puisque les voisins ne sont que sentes menant à la clairière
trouées animales
fourrés allumés d’aromates
Terre-Femme
Quelques pierres suffiront pour bâtir les cris de Ta flèche
aux seins des cloches battant à la volée
s’aidant des reins pour gravir une à une chaque vertèbre
Qu’on me laisse le peindre
ce lieu d’absolu
je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !
Niala-Loisobleu – 05/04/16
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La Jardinière de l’Île d’Amour / Aux Jardins de Mon Amour 8


La Jardinière de l’Île d’Amour / Aux Jardins de Mon Amour 8

Dans les hauts-fonds mon Capitaine a repeint ses cendresà l’encre d’une anglo-normande, belvédère posé comme une cloche en verre sur le potager.

Ce que l’on voit d’yeux aimants reste vivant bien après qu’un roitelet ait fini son mandat

Il suffit d’approcher un endroit gardé par les cailloux de Guernesey pour percevoir le souffle de Victor en état d’éclabousser de sa vérité les forfaitures à venir d’un prétendant au pouvoir.

Embruns, le ciel estompe sur le fil horizontal les épines des cactées d’un climat continental. Le petit linge de ma Muse sent l’apporté propre. Nous n’aimons pas les verts luisants d’une écologie aux desseins politiques. L’esprit farfadet leur manque au point de ne jamais sortir le seoir quand la plaine-lune met à bas.

Les enfants qui sèment bordent la lande toutes bruyères salées authentique gué rand.

Des pierres dressées en alignements balisent la passe du pertuis. Le large décolleté de ma Jardinière bouffe ses seins hors des bretelles. Roulis.Ce qu’il faut de souffle pour forger la première intention de naître. Des seins plats l’estran retiré a cédé la place au long désert du tarissement des aboiements. Il y a eu aux parois rupestres de puissants feulements de Terre-Mère. Aucune ride au sous-sol est venue en altérer la vibration.

En ce jardin surréaliste où j’ai planté ma cabane, l’herbe se fout de la verdeur d’ailleurs vantée par l’imposture. Elle est bleue comme la toison des blés du ventre mon inspiratrice. Energie de ma folie.

Là dans le clapot

j’entends ses hanches me prendre par l’oreille absolue du mouvement de son échine

Non-objet flottant identifié

La couleur de la plume

donne au poisson-volant

la volonté de l’écailleur  de s’ouvrir au fruit de mer

des nageoires haute-couture brodées de nacres de bandonéon

sur habit de peau nue du premier cri d’un tant go

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2016

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AUX JARDINS DE MON AMOUR 8
(La Jardinière de l’Île d’Amour)
2016
NIALA
Acrylique s/toile 65×54

Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com

11 Mars 2016

Art niversaire


Art niversaire

 

ART ABSTRUS

Désagréablement surpris de vivre à peine satisfait de ne pas être mort jamais il n’adresse la parole à la vie

Il y a une nuance entre dire et demander merci

Et la tête entre les mains et les pinceaux tout prêts mais la couleur si loin

debout devant son chevalet de torture picturale il se regarde et s’observe dans le miroir de la toile où la mygale de la mégalomanie tisse et retisse à l’infini la

décalcomanie logogriphique de ses spéculations esthétiques

Abstraire une vache pour en tirer du lait et tirer de ce lait le portrait d’un brin d’herbe que la vache a brouté

Pourtant

des tournesols de fer voltigent en

Provence dans les

jardins de

Calder pourtant sous la pluie contre un poteau télégraphique un vélo de

Braque dit

merci à l’éclaircie pourtant

Claude et

Paloma

Picasso ne prennent pas la

peine de pousser le cadre pour sortir tout vivants

du tableau

pourtant la bohémienne endormie rêve encore au douanier

Rousseau

pourtant des éclats de soleil blessent encore l’oiseau tardif des paysages de

Miro

pourtant à

Florence

cette haleine de fleurs peintes entre les lèvres de la bouche d’un visage de

Botticelli

a toujours le même parfum que le printemps de

Vivaldi

pourtant aujourd’hui

en pleine lumière d’Antibes

dans une galerie d’art à

Parie

l’enfant du sang des songes

frémissant et meurtri

devant une toile de

Nicolas de

Staël

chante sa fraternelle ritournelle

La mort est dans la vie la vie aidant la mort

la vie est dans la mort la mort aidant la vie.

Jacques Prévert

 

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Car né de bord d’aujourd’hui n’est déjà pas n’importe qui dès le départ, serait-ce-t-il de ceux dont on fait les deux vins.

Avec une pointe de blanc de plain-pied dans le rouge la rosée mouille le cul sec de Provence fauché comme les blés.Ventoux et garde rien que la nue-propriété de l’abondance.

On ira où tu voudras en corps à Vesoul m’aime si tu l’aurais pas vu comme il fallait quand il était le bon moment de naviguer sans bagages.

La polaire est bonne conseillère

Quand j’ai vu les moutons à perte de vue

j’ai sorti mon crayon et mon tableau de bord

l’abstrait m’est devenu connu

rien n’était plus clair que les vagues

faisant place au grand A de l’Amour

Le bleu n’avait eu jusqu’alors cet éclat noir sans désir

pointillé qu’il était des poings rouges, jaunes, verts, mauves

de qui Seurat Seurat

L’amour qui se trempait la moitié du soleil

dans la tombée du jour

fit un bond d’ô fin

à faire flipper

les grands classiques du ras d’eau

comme qui dirait médusés

Ce visage nouveau de mon âme

en abstrait

n’avait jamais eu de plus figurative représentation

au point que je dus reconnaître m’avoir reconnu

pour ce que m’étais jamais dit

Se parler effacé de soi

à un bon éclairage que sur Toi mon Autre

Je te reste dans  tes odeurs de garrigue de bonbon anniversaire

 

Niala-Loisobleu 27/03/16