LA MEMOIRE DES MUSES 2



C’est un matin qui chante, fredonne en se brossant joyeusement les dedans.C’est bien moi, personne n’a pris ma place dans l’encadrement de ce nouveau jour. Mais, bien à leur place, les fonctions génèrent l’allure d’autres sensations. La vie s’est mise en priorité. Les petits agacements de mouche sont allés se chercher un autre fromage. Je vois propre.
Phénomène printanier propre au comportement de la nature. Les temps à rebours doivent s’être mouchés dans leurs doigts, l’odeur n’a pas du tout le reniflement morveux de ces moments où la savate traîne au parquet. Absence de goût d’acre dans le talon.La radio tire un peu la tronche et alors l’avait qu’à chanter au lieu de, sous prétexte d’informer, balancer son désastre journalier.
Le m’aime trajet peut prendre plus longtemps selon l’entrain qui le déplace.
Il faut dire qu’il y a des périodes marchandises où les triages faire au vers stagnent. Les voies traversent un marais-cage qui enlise les aiguillages. L’attente Jeanne peut dessiner des moutons tant qu’elle veut, la voie est enrouée quelque part, on ne sait plus où prier.
Des yeux restés à quai dans cette petite gare-maritime d’un été particulier la fumée a cessé de siffler trois fois. Les marées je me souviens, le vent je me rappelle, l’écume oh oui quelle fraîcheur d’embruns ! Pas un seul caillou a quitté sa place. Le gros arbre où j’appuyais mon vélo pour libérer mes mains aux boutons de ta robe, j’en ai..
C’est ça oui tout à coup, j’en ai les doigts qui tremblent !
Du sel qui revient à sa place la mer adoucit sa caresse. Les carreaux des paludiers ont de la couleur rouille de tomettes comme le feu sait mettre à la fleur de celle qui va à nouveau croissant. L’olivier prestidigitateur a changé le pigeon en colombe, du chapeau du terrier sortent les petits lapins.
Ce matin bleu…
Niaka-Loisobleu – 15/05/16

Entre braise et fumée reste l’ocre clair de la pierre à feu
où mon vélo appuyé
ne se sent pas de changer de braquet
Pourquoi du minéral couloir de sève
prendrai-je un tissage de fibres synthétiques ?
La serinette de la coiffeuse ne démêle rien des musiques en boîte
tout comme la carotte du tabac n’indique pas le chemin du sana
Ne rien faire à l’encontre de ce qui doit garder son naturel allant
L’écluse qui a son chemin de peupliers de chaque côté du canal
a commencé par lui apprendre à nager
avant de construire les premières marches des échelles à poissons
Contre toute logique
nôtre paire qui est aux cieux
divise les images de communion
A quoi bon prier pour faire qu’attendre
Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leur corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.
Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose aussi
pèse sur le plateau vide de la balance.
Roberto Juarroz
Au matin d’un rêve poursuivi, la corde à linge n’a pas pris la robe blanche au collet.
Elle flotte bien devant l’haveneau qui ratisse la première vague. Le plancton de service, les deux bras tendus à Jonas, ne baleine pas la poitrine de l’air vide. L’erre de la musique dense chaque pli de l’accordéon et nourrit les doigts au bout de chaque téton durci.
L’enfant-Lumière au sommet de son grand arbre, sent venir l’amour sans longue vue, sans notice de montage, hors d’emploi du temps, en toute absence de tant de cuisson. Sa force vient du vide tiré de la mémoire du silence. Où les marteaux forgent le Centre du Cercle.
Aujourd’hui je ne ferai rien d’autre qu’arroser nos racines
Niala-Loisobleu – 14/05/16

Mon Coeur par tes yeux proches je peux voir aux mains tenant plus loin derrière. Les bouts à bouts laissés ne sont que Bleu-Bleu comme un autre matin, qu’il ait fait mal injuste, bonheur simple, une allure, un arrêt ou un immense silence dans le vacarme d’un monde qui marche sur la tête. Nous sommes sortis d’une cabane-poubelle plus dignement vrai que le plus prétentieux des palais d’oenologue. Maison posée à m’aime ton ventre, au centre de tes cuisses là où tes seins battent.
Jurons mord aux cons en crachant pour, crois de boit crois de faire, gardez au-dehors d’eux notre Absolu.Ce Seul de Nous qu’aucun n’aura pu aliéner.
Tous deux crachons tous deux
Sur ce que nous avons aimé
Sur ce que nous avons aimé tous deux
Si tu veux car ceci tous deux
Est bien un air de valse et j’imagine
Ce qui passe entre nous de sombre et d’inégalable
Comme un dialogue de miroirs abandonnés
A la consigne quelque part Foligno peut-être
Ou l’Auvergne la Bourboule
Certains noms sont chargés d’un tonnerre lointain
Veux-tu crachons tous deux sur ces pays immenses
Où se promènent de petites automobiles de louage
Veux-tu car il faut que quelque chose encore
Quelque chose
Nous réunisse veux-tu crachons
Tous deux c’est une valse
Une espèce de sanglot commode
Crachons crachons de petites automobiles
Crachons c’est la consigne
Une valse de miroirs
Un dialogue nulle part
Écoute ces pays immenses où le vent
Pleure sur ce que nous avons aimé
L’un d’eux est un cheval qui s’accoude à la terre
L’autre un mort agitant un linge l’autre
La trace de tes pas Je me souviens d’un village désert
A l’épaule d’une montagne brûlée
Je me souviens de ton épaule
Je me souviens de ton coude
Je me souviens de ton linge
Je me souviens de tes pas
Je me souviens d’une ville où il n’y a pas de cheval
Je me souviens de ton regard qui a brûlé
Mon cœur désert un mort Mazeppa qu’un cheval
Emporte devant moi comme ce jour dans la montagne
L’ivresse précipitait ma course à travers les chênes martyrs
Qui saignaient prophétiquement tandis
Que le jour faiblissait sur des camions bleus
Je me souviens de tant de choses
De tant de soirs
De tant de chambres
De tant de marches
De tant de colères
De tant de haltes dans des lieux nuls
Où s’éveillait pourtant l’esprit du mystère pareil
Au cri d’un enfant aveugle dans une gare-frontière
Je me souviens
Je parle donc au passé Que l’on rie
Si le cœur vous en dit du son de mes paroles
Aima Fut Vint Caressa
Attendit Épia les escaliers qui craquèrent
0 violences violences je suis un homme hanté
Attendit attendit puits profonds
J’ai cru mourir d’attendre
Le silence taillait des crayons dans la rue
Ce taxi qui toussait s’en va crever ailleurs
Attendit attendit les voix étouffées
Devant la porte le langage des portes
Hoquet des maisons attendit
Les objets familiers prenaient à tour de rôle
Attendit l’aspect fantomatique Attendit
Des forçats évadés Attendit
Attendit Nom de Dieu
D’un bagne de lueurs et soudain
Non Stupide Non
Idiot
La chaussure a foulé la laine du tapis
Je rentre à peine
Aima aima aima mais tu ne peux pas savoir combien
Aima c’est au passé
Aima aima aima aima aima
0 violences
Ils en ont de bonnes ceux
Qui parlent de l’amour comme d’une histoire de cousine
Ah merde pour tout ce faux-semblant
Sais-tu quand cela devient vraiment une histoire
L’amour
Sais-tu
Quand toute respiration tourne à la tragédie
Quand les couleurs du jour sont ce que les fait un rire
Un air une ombre d’ombre un nom jeté
Que tout brûle et qu’on sait au fond
Que tout brûle
Et qu’on dit Que tout brûle
Et le ciel a le goût du sable dispersé
L’amour salauds l’amour pour vous
C’est d’arriver à coucher ensemble
D’arriver
Et après Ha ha tout l’amour est dans ce
Et après
Nous arrivons à parler de ce que c’est que de
Coucher ensemble pendant des années
Entendez-vous
Pendant des années
Pareilles à des voiles marines qui tombent
Sur le pont d’un navire chargé de pestiférés
Dans un film que j’ai vu récemment
Une à une
La rose blanche meurt comme la rose rouge
Qu’est-ce donc qui m’émeut à un pareil point
Dans ces derniers mots
Le mot dernier peut-être mot en qui
Tout est atroce atrocement irréparable
Et déchirant Mot panthère Mot électrique
Chaise
Le dernier mot d’amour imaginez-vous ça
Et le dernier baiser et la dernière
Nonchalance
Et le dernier sommeil Tiens c’est drôle
Je pensais simplement à la dernière nuit
Ah tout prend ce sens abominable
Je voulais dire les derniers instants
Les derniers adieux le dernier soupir
Le dernier regard
L’horreur l’horreur l’horreur
Pendant des années l’horreur
Crachons veux-tu bien
Sur ce que nous avons aimé ensemble
Crachons sur l’amour
Sur nos lits défaits
Sur notre silence et sur les mots balbutiés
Sur les étoiles fussent-elles
Tes yeux
Sur le soleil fût-il
Tes dents
Sur l’éternité fût-elle
Ta bouche
Et sur notre amour
Fût-il
Ton amour
Crachons veux-tu bien
Louis Aragon
Extrait de La grande gaieté (1929)
Les petites maisons accrochées aux rubans des accordéons, champêtres vont à la mer puiser le sel. Que d’oiseaux et de chevaux courent l’espace sans intentions lucratives et profits d’un détournement d’impôts en paradis fiscaux. Une seule politique, la m’aime durant toute la traversée, faire de l’Homme une créature libre de croire ou de ne pas croire, non assujetti au dogme politico-religieux. Enfant de tous pays de la m’aime couleur que l’autre.
Niala- 24/04/16

Par la rue
d’un soir à musique
grimpent les marches d’un souvenir
Néons
la boule au plafond enseigne
Bouffées de rires
entre les nacres
l’accordéon expire ses seins
du décolleté
à la renverse
ça serre à reins que crever
de se retenir
au port de l’amour
sans embarquer
Niala-Loisobleu – 20/04/16


visionnaire d’une ouverture avenir
qu’à cela… j’y repense
Quoi que la vitrine du marchand de jouets propose
en promo scion pour écussonner les forêts uniformes des balcons
Comme d’un pétrin on sort la patte
l’autre croissant sent déjà deux mains
dorées au fourre à peint
Qu’à cela…j’y repense
un jardin de fleurs
du lit où tu t’écoules
va bien mieux aux draps bleus qu’un carré de navets roses
On a fait les écoles où l’on choisit pas ses parents,
heureusement que derrière les murs commencent les portes
de nos dessins de bonshommes au nez rouge
à gros ventre sur membres de file de faire.
Qu’à cela..j’y repense
en regardant sous la jupe de ta cheminée
mes sabots se remplir des volutes de ton corps endormi
Les pierres parlent si bien du silence,
que, sur elles, fonder une cabane
traverse assurément plus loin les mornes plaines
que des embarcadère à l’amarre
Et puis il y a toutes les couleurs de ton coquillage,
quand il baille aux marées
son alène à basculer
le pas feutré des grands fauves allant au point d’ô
Voici le Seuil venu
prépare le à ras au cri de la jument
des talons soleil levant.
Qu’à cela..j’y repense
au point de faire le tour des roulotes, ornières après nids-de-poules
détachant les crocs des chiens pour que ricochent les aboiements
tout au long du long des Indes et autres déserts gitans
plantés de cithares et de guitares manouches.
Qu’à cela..j’y repense
Mon cahier neuf grand ouvert sur l’encre levée
des mots d’amour en corps à apprendre.
Qu’à cela..j’y repense
Niala-Loisobleu – 09/04/16



Dans les hauts-fonds mon Capitaine a repeint ses cendresà l’encre d’une anglo-normande, belvédère posé comme une cloche en verre sur le potager.
Ce que l’on voit d’yeux aimants reste vivant bien après qu’un roitelet ait fini son mandat
Il suffit d’approcher un endroit gardé par les cailloux de Guernesey pour percevoir le souffle de Victor en état d’éclabousser de sa vérité les forfaitures à venir d’un prétendant au pouvoir.
Embruns, le ciel estompe sur le fil horizontal les épines des cactées d’un climat continental. Le petit linge de ma Muse sent l’apporté propre. Nous n’aimons pas les verts luisants d’une écologie aux desseins politiques. L’esprit farfadet leur manque au point de ne jamais sortir le seoir quand la plaine-lune met à bas.
Les enfants qui sèment bordent la lande toutes bruyères salées authentique gué rand.
Des pierres dressées en alignements balisent la passe du pertuis. Le large décolleté de ma Jardinière bouffe ses seins hors des bretelles. Roulis.Ce qu’il faut de souffle pour forger la première intention de naître. Des seins plats l’estran retiré a cédé la place au long désert du tarissement des aboiements. Il y a eu aux parois rupestres de puissants feulements de Terre-Mère. Aucune ride au sous-sol est venue en altérer la vibration.
En ce jardin surréaliste où j’ai planté ma cabane, l’herbe se fout de la verdeur d’ailleurs vantée par l’imposture. Elle est bleue comme la toison des blés du ventre mon inspiratrice. Energie de ma folie.
Là dans le clapot
j’entends ses hanches me prendre par l’oreille absolue du mouvement de son échine
Non-objet flottant identifié
La couleur de la plume
donne au poisson-volant
la volonté de l’écailleur de s’ouvrir au fruit de mer
des nageoires haute-couture brodées de nacres de bandonéon
sur habit de peau nue du premier cri d’un tant go
Niala-Loisobleu – 1er Avril 2016

AUX JARDINS DE MON AMOUR 8
(La Jardinière de l’Île d’Amour)
2016
NIALA
Acrylique s/toile 65×54
Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com
11 Mars 2016
ART ABSTRUS
Désagréablement surpris de vivre à peine satisfait de ne pas être mort jamais il n’adresse la parole à la vie
Il y a une nuance entre dire et demander merci
Et la tête entre les mains et les pinceaux tout prêts mais la couleur si loin
debout devant son chevalet de torture picturale il se regarde et s’observe dans le miroir de la toile où la mygale de la mégalomanie tisse et retisse à l’infini la
décalcomanie logogriphique de ses spéculations esthétiques
Abstraire une vache pour en tirer du lait et tirer de ce lait le portrait d’un brin d’herbe que la vache a brouté
Pourtant
des tournesols de fer voltigent en
Provence dans les
jardins de
Calder pourtant sous la pluie contre un poteau télégraphique un vélo de
Braque dit
merci à l’éclaircie pourtant
Claude et
Paloma
Picasso ne prennent pas la
peine de pousser le cadre pour sortir tout vivants
du tableau
pourtant la bohémienne endormie rêve encore au douanier
Rousseau
pourtant des éclats de soleil blessent encore l’oiseau tardif des paysages de
Miro
pourtant à
Florence
cette haleine de fleurs peintes entre les lèvres de la bouche d’un visage de
Botticelli
a toujours le même parfum que le printemps de
Vivaldi
pourtant aujourd’hui
en pleine lumière d’Antibes
dans une galerie d’art à
Parie
l’enfant du sang des songes
frémissant et meurtri
devant une toile de
Nicolas de
Staël
chante sa fraternelle ritournelle
La mort est dans la vie la vie aidant la mort
la vie est dans la mort la mort aidant la vie.
Jacques Prévert

Car né de bord d’aujourd’hui n’est déjà pas n’importe qui dès le départ, serait-ce-t-il de ceux dont on fait les deux vins.
Avec une pointe de blanc de plain-pied dans le rouge la rosée mouille le cul sec de Provence fauché comme les blés.Ventoux et garde rien que la nue-propriété de l’abondance.
On ira où tu voudras en corps à Vesoul m’aime si tu l’aurais pas vu comme il fallait quand il était le bon moment de naviguer sans bagages.
La polaire est bonne conseillère
Quand j’ai vu les moutons à perte de vue
j’ai sorti mon crayon et mon tableau de bord
l’abstrait m’est devenu connu
rien n’était plus clair que les vagues
faisant place au grand A de l’Amour
Le bleu n’avait eu jusqu’alors cet éclat noir sans désir
pointillé qu’il était des poings rouges, jaunes, verts, mauves
de qui Seurat Seurat
L’amour qui se trempait la moitié du soleil
dans la tombée du jour
fit un bond d’ô fin
à faire flipper
les grands classiques du ras d’eau
comme qui dirait médusés
Ce visage nouveau de mon âme
en abstrait
n’avait jamais eu de plus figurative représentation
au point que je dus reconnaître m’avoir reconnu
pour ce que m’étais jamais dit
Se parler effacé de soi
à un bon éclairage que sur Toi mon Autre
Je te reste dans tes odeurs de garrigue de bonbon anniversaire
Niala-Loisobleu 27/03/16
Laissons au vent
le linge propre
hâler nôtre fil
hors des arts moires de sèche âge…
N-L 19/18/16

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