LE CENTRE DU CERCLE


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LE CENTRE DU CERCLE

 

Je te parle ouvert dans les yeux fermés d’un monde qui nous borde. J’espère que tu te porteras bien à lâcher prise tous ses grappins qui ont soif d’abordage pour piller sans relâche. Au-delà et dedans cette vie se construit. Tu vas trouver le quelque chose qui ait un sens.

Je veux y croire, car ici rien n’a de sens pris à la lettre du quotidien. Le monde n’a pas de sens, les gens n’ont pas de sens – ce qu’ils se font mutuellement, ce qu’ils disent – la manière dont les hommes se traitent entre eux, pas juste à la guerre, mais aussi en temps de paix, car la paix ne semble  être rien d’autre qu’une comédie pour passer le temps entre deux déchaînements de violences.

L’un comme l’autre, placés devant la porte du miroir nous ressentons tout et son contraire en une troublante image où l’invisible du mot prononcé, l’absence de voix, la brièveté de l’info, le lieu non-dit font un sac à malices farci de pièges, façon labyrinthe.La confiance résiste aux assauts au coeur d’un sujet d’inquiétude s’interposant soudain à la sérénité. Le grand-huit, émotions fortes, à couper le souffle.

Non je ne nous invente pas une vie. Je suis là sans que le hasard ait décidé de m’y mettre. Dans la réalisation de ce qui nous a fait l’Autre de l’Un et vice-versa, le mode opératoire a ses fluides qui dispensent l’énergie propre à tout mener à terme. Rien de tout ceci n’est à aligner sur le mode courant du quotidien. Nous nous assumons en secret, dans la foi de nôtre mystère personnel.Le Centre du Cercle.

Niala-Loisobleu – 23/07/16

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ÎLE ETAIT UNE FOI


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ÎLE ETAIT UNE FOI

Je n’ai pas eu à mettre l’air en flacon pour garder le sel
la chanson de marin qui cherche son pore va au gant pas dans ma main
le grand A amarré à l’embarcadère du Sacré ne s’est point tassé.

A l’encre se tend l’orin
les haubans cliquètent
en suivant des yeux
le tourbillon des mouettes

Je manège à rab andalou hors du cadre noir. La mantille par laquelle tu me fais voir le poids de tes seins brise la ségrégation du moucharabieh. Ton corps me parle de toute son en vie que le tant garde hors du temps. Sur les pointes de tes saltos l’arabesque musique monte et descend au rythme du roulis de tes hanches.
.
Sur les pavés que la pluie fait briller
des sépias sont restés sous les casiers
qu’en sortira-t-il
un corps mort où le n°5 de channel ?  Non l’iode qui nous émet

Voilà le coefficient qui monte
jours de grandes marées annoncés
les estrans remonteront ta jupe
jusqu’au haut des cuisses du rivage pour mettre la fente de l’estuaire en chenal J’entends déjà la cloche des balises
sortir l’enfoui en surface
la vraie couleur du fond exècre les formules chimiques
dans l’habillage des mots qui dissimulent l’origine pigmentaire.
Le silence jauge l’exacte profondeur de l’expression orale en n’ôtant rien de l’haleine du cri quand de l’Atlantide nue tu surgis. 
La plage peut alors étendre tout ton corps à la rencontre de l’horizon que nous n’avons pas remis en question.

Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2016

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LA MEMOIRE DES MUSES 6


LA MEMOIRE DES MUSES 6

Jaillissant par la veine ouverte qui exulte sa sève, le Bleu qu’elle porte arrive à terme. Ma Muse tes rondeurs ont limé les angles d’un ponton démantibulé à coups de dents par l’amer d’un quotidien n’ayant d’autre langage que celui d’égrener l’heur au son du glas.

Miserere.

J’entends les mots de Georges Rouault rebattre à mes tempes.

Le vieux Maître béatifie ses putes en les bénissant de larmes de clown. Acrobates, danseuses, chevaux équilibristes, musiciens, de nos mains mettons le doigt à la parade, dans le regard des enfants assis sur les gradins du Grand-Chapiteau.

Un âne au bord de la noria de l’espoir tire le sot de côté. Maisons Sainte-Chapelle où la lune donne l’hostie. Corps célestes, seins phréatiques nappant le désert humain d’une rivière souterraine.

Les blondeurs fauves ombrent le pubis du verger, les fruits d’Amour gorgés de soleil le jonche. Nous avons nos marques au fond de l’iris-mémoire, pour faire parapet aux ténèbres qui ont cette fâcheuse obsession inventée de toute pièce par l’homme en mal de dieu. Vertical bipède-lâche, non guerrier au bon sens initiatique du terme.

Niala- Loisobleu – 30 Juin 2016

 

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LA MEMOIRE DES MUSES 6

2016

NIALA

Acrylique s/toile 80×80

Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com

30 Juin 2016

 

 

La victoire de l’amor sur la mort


24.04.16 - 1

 

La victoire de l’amor sur la mort.

Le bord de ma fenêtre où ton petit-linge sèche, tient dans ses doigts plus de vagabondages qu’un écolier que l’école aspire à buissonner. Nous n’avons rien à picorer dans les batteries de cette cuisine où l’on élève du poulet tétraplégique. T’es d’où, qu’importe, pas à, qu’est-ce que ça peut me foutre. Si présente qu’entièrement absente aux soldes ou aux objets perdus. J’avance, ben oui, d’autant que d’aucuns finissent même par s’y perdre. Tout le monde n’a pas le don d’un. Jusqu’à tes bruits aquatiques que les géraniums, tout comme moi, ne veulent pas changer. Faut dire que lorsque la mer me fait signe d’embarquer j’attends pas qu’elle ait évaporé pour te licher le sel.
DEVANCIER
 

J’ai reconnu dans un rocher la mort fuguée et mensurable, le lit ouvert de ses petits comparses sous la retraite d’un figuier. Nul signe de tailleur : chaque matin de la terre ouvrait ses ailes au bas des marches de la nuit.

Sans redite, allégé de la peur des hommes, je creuse dans l’air ma tombe et mon retour.

René Char
Au moment où j’ai commencé à vivre, ce fut très tôt, on se précipitait dans les trains de plaisir que les congés payés avaient gagné dans une bataille qui laisse pantois au jour d’aujourd’hui comme y disent. Le front populaire n’aura pas survécu à la faiblesse humaine, il n’y a plus de réseau sur la SNCF. C’est dommage, parce que devant le comportement de maintenant j’ai honte pour les manuels. Et j’éviterai d’aborder le syndicat gaucho qui barre en bouillon de moules. Dans le fond on finit par comprendre que sans le lamentable dans lequel la vie se roule, ce serait surhumain de vivre droit, donc impossible à réaliser. Les anglais me servent d’étalon.
J’aime tes doigts qui finissent par prendre les couleurs de ma palette. Entendez par là, une audace de vivre qui renverse.L’éternel vouloir à l’encontre du démissionnaire (la plus ratée du kama-sutra).
La victoire de l’amor sur la mort.
Niala-Loisobleu – 29 Juin 2016
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LE PEINTRE HABITE


Dorina Costras ==

LE PEINTRE HABITE

Saurai-je dire ce tableau, le parler dans tout son silence ?

C’est d’abord inconsciemment, puis avec de plus en plus de netteté, sentir mon esprit s’imprégner d’une réflexion en état de germination . L’intime, le secret de l’être se  retrouvent face à la fenêtre.du présent, regardant passer des bouffées de vie, dans des rues de bien des évènements. La pâte picturale les a massé, désireuse d’atteindre la 3° dimension. Celle qui viendrait conclure par un acte en quelque sorte testamentaire. Pour transmettre sans adresse un rêve à poursuivre

Les gens du voyage dont je suis, croisent des arbres rouges aux veines nourricières faites de petits chemins, flottant à bord des rus, pour joindre le dos des fleuves. Croisant des roulottes où les chevaux sont basanés, les filles sauvages et les garçons fiers, on voit les maisons passer sur des nuages, percés de fenêtres à l’orée des forêts rousses d’écureuils. Rien n’est anormal, excepté ce qui tien debout.

Monologue à deux voix, le coeur et l’âme en tête-à-tête se projetent les paysages d’un amour insensé, n’obéissant à aucune des règles de la raison qui parle de possible en mots de néant. Vigoureux comme un rejet qui part du pied du tronc, frêle comme une herbe se foutant pas mal des géants de tous poils; qui n’a rien à cirer de la majesté de la race, seulement besoin d’aller donner sa sève à la vie.

Enfant hors d’âge. Innocent comme un simple d’esprit que le soleil habite de l’intérieur.

Que fais-je ici, dans un monde qui s’acharne à ne pas être pas le mien, par défaut d’humanité ?

Depuis le temps que mes billes roulent dans les cours de mes écoles, j’ai appris que la case prison existe dans tous les jeux. Si bien que je m’en suis libéré par quête d’absolu. D’où ces refus de porter du noir à mes lèvres quand la mort viens trop près. Il faut que je vole d’une toile à l’autre avec mes mots de couleur.

Que fais-je ici ? Mais rien d’autre qu’aimer en dépit de tout ce qui le contredit, de l’Amoureuse plein la musette, des yeux bleus au travers la coupole, mon institut c’est sa beauté intérieure, ses pattes d’oies autour du torse c’est mon capitole retraite, le Paul avec l’Eluard, grimpant les escaliers des arcs-en-ciel, sans mes soufflets du quotidien, à tirer le Char sans harnais en vue du Roberto Juarroz vertical..

« Ici, la nature était une chose sauvage, effroyable, et pourtant belle. Je regardais avec une crainte mêlée d’admiration le sol sur lequel je marchais pour observer la forme, le matériau et le travail des Puissances. C’était là, cette terre dont on nous a parlé, faite de chaos et de ténèbres. Ici, nul jardin pour l’homme, mais le globe intact. Ni pelouse, ni pâture, ni prairie, ni bois, ni pré, ni terre labourée, ni friche, c’était la surface fraîche et naturelle de la planète terre, telle qu’elle fut faite pour l’éternité des temps afin d’être, croyons nous, la demeure de l’homme. Ainsi la nature l’a conçue et ainsi l’homme en use, s’il le peut. Mais il n’a pas été crée pour lui être associé. C’était une matière vaste et terrifiante (Et non la Terre mère), elle n’était pas faite pour qu’on y marche et pour qu’on y soit enterré. Non, ce serait encore se montrer trop familier que de laisser ses os y reposer. Si c’était une demeure, c’était celle de la nécessité et du destin. On pouvait clairement sentir à cet endroit la présence d’une force qui n’était pas tenue de se montrer bienveillante envers l’homme. C’était un lieu de paganisme et de rites superstitieux destiné à des êtres plus proches des rochers et des bêtes sauvages que nous le sommes…Que sont les myriades d’objets singuliers d’un musée auprès de la surface d’une étoile, auprès de quelque objet dur dans sa gangue ? Je suis là et je regarde avec respect mon corps; cette matière à laquelle je suis lié me semble maintenant tellement étrange. Je ne crains pas les esprits, les fantômes (j’en suis un), comme pourrait le faire mon corps, je crains les corps, je tremble d’en rencontrer. Qu’est ce que ce Titan qui me possède ? Parlons des mystères! Pensons à notre vie dans la nature, dont nous voyons la matière et avec laquelle nous sommes en contact chaque jour! Rocs, arbres, souffle du vent sur nos jours! La terre solide! Le monde réel! Le sens commun! En contact, en contact! Qui sommes-nous? Où sommes-nous?»

Henry David Thoreau, Ktaadn.

J’ai l’amour chevillé au corps et ne suis qu’un sauvage qui cultive le bonheur par irrigation de larmes. Rien d’autre qu’un passant qui s’attarde au bord de la voix des arbres à méditer les paroles du vent dans les feuilles. Savoir que je ne laisserai rien de moi donne plus que de la prospérité au présent quotidien.

Niala-Loisobleu – 19 Juin 2016

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J’Passe pour une Caravane


 

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J’Passe pour une Caravane

Comme le boyau d’un test 1 qui n’en finit pas de poser la question qui tue, tu m’fais voir l’couloir de l’amor. Aujourd’hui on solde. Les zamours en carton pâte viennent faire la rosace à la corps niche. Ouah gare au vide t’es précipice. T’as vu comme c’est, un ange qui passe – que sa vacherie à lui – sous silence. A la courte paille y a des  oeil qui poutrent un max. Marre de passer pour une caravane qui transporte rien pour soie. Tout pour tousse mon P’tit-Gars et mouche-toi dans mes en vie quand je r’fais surface. Un honneur que t’offre mon coeur à trinquer pour finir la bouteille un seoir où j’suis en manque…

 Je passe pour une caravane
Pour un chien qui n’en démord pas
Le labyrinthe
Conduit l’homme mobile
A des étreintes
Loin du réconfort

Je passe de sas en sas
Et mes visites s’espacent
Des ombres s’échinent
A me chercher des noises

Le plus clair de mon temps
Dans ma chambre noire
De l’étuve au blizzard
Des coups de latte
Un baiser
Des coups de latte
Un baiser
Des coups de latte
Un baiser

Je passe sous silence mes avatars
Je passe sur tes frasques
M’obnubiler ? Pourquoi ?
Pour un vasistas
Loin du réconfort

Je passe de sas en sas
Et mes visites s’espacent
Mes élans me courent et m’entraînent
Vers d’autres riveraines
Vers la grande inconnue
Loin du réconfort

Je passe de sas en sas
Et tes visites s’espacent
Des ombres s’échinent
A me chercher des noises

Le plus clair de mon temps
Dans ma chambre noire
De l’étuve au blizzard
Des coups de latte
Un baiser
Des coups de latte
Un baiser

Alain Bashung

Comme La chanson de Prévert j’ai plus souffert la chute des feuilles aux branches que je croyais vertes. Des fois, la pire c’est la mauvaise comme dit Ictère. Un homme ça pleure aussi. Elle est trop belle la vie pour ne l’ouvrir qu’à ce qui l’enlaidit. J’ai pas fini, le bout du chemin s’éloigne, j’choisis d’être encor sur la ligne de départ et pas celui de la mort. Un baiser. Debout la mer monte, j’embarque à d’air, l’amer épave au cimetière marre hein. J’passe pour une caravane et j’abois.

Niala-Loisobleu – 16/06/16

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CE NE SONT PLUS CES SILENCES STERILES


 

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CE NE SONT PLUS CES SILENCES STERILES

 

Ne reste plus suspendu aux crochets d’étal que le poids accablant de l’odeur lourde des eaux mortes que des murs avaient suées. Sans clous remettre les toiles de l’horizontale attente à la verticale de la chanson de geste. Appareille, nulle ressemblance restera en place. Ce ne sont plus des silences de cons plaisances qui peupleront les bassins de mouillage.On ne retient pas l’air de la musique qui veut s’écrire. Le bateau était debout bien avant que le sable ne se mouille. Un accordéon replié n’a qu’un souffle prêt à danser. Quand pris de scorbut du manque le marin se penche aux pores de sa Belle, il croque à pulpe que veux-tu dans sa pensée charnue. Dans tes cheveux-nid un village fait accueil par la mue de ton visage, joues en tête de chenal.

 

« Costesoulane attendait les perdreaux et c’est la mort qui vint. Et la mort qui était pour les perdreaux servit pour lui. Et les perdreaux qui devaient être froids et l’œil voilé à l’heure où le soleil se couche, ce soir étaient encore chauds et vifs, et leur sang qui devait rougir le gravier bleu de la forêt était encore tapi dans la ténèbre de leurs veines et courait sous la peau à chaque coup pressé de ces cœurs serrés comme des poings de colère. Mais les pierres eurent leur part de sang rouge, celui de Costesoulane, parce qu’il était dit et écrit qu’en ce jour le sacrifice du sang devait s’accomplir dans ce lieu désert de notre terre, sous un ciel mourant, et dans le souffle d’un vent qui a vu bien d’autres drames. Costesoulane vida sur les pierres toute la chaleur de ses veines, son sang venu de l’obscurité de son cœur et comme surpris de tant de lumière et de tant d’espace, coulait doucement sur la roche et serpentait comme un voyageur de hasard — il s’accrochait aux fils de l’herbe, aux brindilles du thym, il descendait dans les creux entre les pierres et il fumait doucement et l’air en était tremblant. Costesoulane attendait les perdreaux et il ne savait pas pourquoi il était là, couché sur le ventre, avec cette tendresse qui lui faisait regarder de si près et avec tant de patience les herbes, les pierres et un trou de fourmis. »

Max Rouquette, extrait de La mòrt de Còstesolana (Vert Paradis I)[/i]

 

Le tilleul déployé sur la Chaume ignorera la tasse. Il renage à remonter sans endormir à bord du Gulf Stream, les deux continences atlantiques.

Chaume sans éteules hérissée de bois mort au regain tend le cou

Les eaux sales emportent en exode les files de jardins blessés aux tombes des déchetteries. J’ai tuilé ma chaumière sans que la moindre fumée me donne le nom d’une absente.

Après les trois coups, le rideau bloqué par une extinction de voie – impasse l’autre perd – oeuvrez pour le retour de migration du champ marin des oiseaux blancs au bleu du matin retrouvé.

Je m’enfourche en sel tout au long de sa ligne de flottaison. La vague retournée entre terre et ciel s’avale la matière du sablier. Je cours.

Niala-Loisobleu –  10 Juin 2016

 

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COMME UN PAPILLON BLEU


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COMME UN PAPILLON BLEU

 

Acrobate saoul, quelques pensées bleues aux antennes

j’hâlais aviné d’air par monts et par vignes

chemise à rayures ouverte

Les marches n’indiquant que la présence du possible changement de degré, en montée ou en descente, mieux vaut prendre la température du changement de niveau.avant de se lancer. Quelques points de repère faisant lieu de garde-fou, le chemin s’éclaire.Cette colline à l’extrémité du chemin du Pendu, il me semble que quelque chose l’a rabotée. Bien qu’encore confus, un début de paysage se laisse voir par-dessus son épaule. Il faut ajuster la part de souhait recherché depuis des jours et la vue sans mirage qui apparaît aujourd’hui. Pour l’avoir trop vécu, je sais ce que coûte l’enthousiasme d’un semblant de décrue quand les eaux noires vous ont tout inondé.. C’est le talon d’Achille de l’optimiste de ne jamais retenir en premier la possibilité d’un piège. Je me sens libéré du poids d’avoir honte d’une envie de recevoir. Un juste besoin d’équilibre, rien de plus qui se précise.

Mes idées naturelles grimpent à la tige des hautes herbes

entresol d’une chambre bonne atout fer

haut lumignon d’un phare resté aluné au réveil d’un rêve érotique

La bonne odeur de croissant étalant des toiles

fit comète un arrêt sur image

Pierrot bien que fou n’avait rien de furieux

assis fidèle

longs poils frisotant d’humides boucles

zébrées de maitres à rubans

aux nattes de la clef de sol

presque sur le sommet du ris des vagues

mains tenues en chapiteau

de mon compost ailes…

Niala-Loisobleu – 07/06/16

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Mon Soleil j’en ai toujours rêvé lucide


25.04.16 - 1

Mon Soleil j’en ai toujours rêvé lucide

Tous ces crayons debout sur leur couleur ourlent à tue-tête la voie sacrée de mon rêve. Pas une pierre qui soit muette. La plume à l’empan s’est fête paume du jeu de mots. Tu seras ma Princesse advienne que pourra.Il n’est de roi qu’en tempête quand les sujets ne sont que récifs à franchir. Les beaux atours  eux ne sont que des cache-misère, reste nue telle qu’au sortir de ta mère, forte de la joie d’être belle sans colifichets.

Batterie

Soleil, je t’adore comme les sauvages,

à plat ventre sur le rivage.

Soleil, tu vernis tes chromos,
tes paniers de fruits, tes animaux.

Fais-moi le corps tanné, salé ;
fais ma grande douleur s’en aller.

Le nègre, dont brillent les dents,
est noir dehors, rose dedans.

Moi je suis noir dedans et rose
dehors, fais la métamorphose.

Change-moi d’odeur, de couleur,
comme tu as changé Hyacinthe en fleur.

Fais braire la cigale en haut du pin,
fais-moi sentir le four à pain.

L’arbre à midi rempli de nuit
la répand le soir à côté de lui.

Fais-moi répandre mes mauvais rêves,
soleil, boa d’Adam et d’Eve.

Fais-moi un peu m’habituer,
à ce que mon pauvre ami Jean soit tué.

Loterie, étage tes lots
de vases, de boules, de couteaux.

Tu déballes ta pacotille
sur les fauves, sur les Antilles.

Chez nous, sors ce que tu as de mieux,
pour ne pas abîmer nos yeux.

Baraque de la Goulue, manège
en velours, en miroirs, en arpèges.

Arrache mon mal, tire fort,
charlatan au carrosse d’or.

Ce que j’ai chaud ! C’est qu’il est midi.
Je ne sais plus bien ce que je dis.

Je n’ai plus mon ombre autour de moi
soleil ! ménagerie des mois.

Soleil, Buffalo Bill, Barnum,
tu grises mieux que l’opium.

Tu es un clown, un toréador,
tu as des chaînes de montre en or.

Tu es un nègre bleu qui boxe
les équateurs, les équinoxes.

Soleil, je supporte tes coups ;
tes gros coups de poing sur mon cou.

C’est encore toi que je préfère,
soleil, délicieux enfer.

Jean Cocteau (1889-1963)
Poèmes (1920)

Je tends la main sans penser aumône et quête par l’épreuve initiatique du voyage. Assez de bleu au regard pour crever l’épais nuage qui se voudrait brouillard à tous égards.

Niala-Loisobleu – 1er Juin 2016

OUI…DIRE


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OUI…DIRE

La rue meurt

C’est suffisant pour dire…non ?

On va quand même pas céder à la rumeur

Mais pour dire quoi ?

Dire la dire la dira dada

D’une voie de ventre

Le ch’min d’la tripe

En selle Anselme et bonne manade

Des cailloux bordel j’en ai les godasses pistées

Des jetés…j’s’uis pas un saint

Des ramassés…les plus nombreux

A un point qu’autruches le sable s’enlise tout seul par précaution

Tu Gribouille?

Non je m’écries

Si t’aimes pas mains tenant

Compte pas sur les autres

Et j’en suis content que pour une fois faille plonger seul

Tu vois le bleu ça dit rien à priori

Mais à postériori….

Regarde le brin d’herbe qui avec une réputation de vaurien, de mauvais, de chiendent, ce qu’il est capable de faire.Il est le premier verre que les vers transpercent tellement ils en ont marre de voir que tu mort de soif dans l’enseveli. Le premier ver à soie du poème en prose sortant du cocon, c’est autre chose que le Carmel. Déjà une esquisse de chemin, le vers quelque part ailleurs.Quand les arbres qui s’étaient fait piqués leurs fringues alors qu’insouciants ils jouaient sur la plage, qu’épuisés de se souffler sur le bout des branches pour éviter l’onglée, ouais quand le blanc des glaces, le confus des brumes fait pas grand chose sauf pâlir, eh ben une petite robe de printemps ça donne des idées tout pareil.

Imagines ton jardin se coiffant d’un décolleté plongeant.

Vois mousser la marée dans ta crau en bourg

Un merle huchon s’appuyant sur un bar

Une doudoune donnant le sein à un marcel

Des spartiates allant voir la grande bouffe

Une hutte se rempaillant pour un tôt t’aime

Un cèdre de pomme avec des crêpes

Un lit banc en paix

Une scierie qui fait la planche à repasser ses leçons d’humanité

Un nez rouge qui coupe la mèche d’ictère

Un cheval cosmique qui chariote les étoiles

Un haut de contre comme je suis pour

Fais que ce que tu veux

Mais dit quelque chose

Tiens prends n’importe quel pore de Vincent

Et je t’assure

Tu prendras vraiment le large

Parce qu’à toujours pleurer sur ton saur

Tu t’es complètement fumé

Niala-Loisobleu – 21/05/16

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