Jeté de cailloux
Toute la lune pleine va de cette touffe romarinée d’un bouquet d’iris crié aux barreaux qui te retiennent. Qu’est-ce qu’une minute où tu trottes comparée aux heures où l’air se retient de respirer , où les trottoirs s’ouvrent de goûts vides ? Un arbre plus vieux que moi m’a dit ton sillage laissé d’odeurs suaves aux ondes dont tu l’as traversé, je sais écouter, sans lire, sans parler, humant tes traces laissées aux garrigues où tu suintes en chantant amour, sans besoin de lyre, à cœur ouvert. Les baleines remontent les vents-debout, Ultra son qui pleure des abysses à la source tibétaine. Une lionne a marqué la savane d’un appel lointain. Je t’ai battante aux reins. Deux arbres bleus s’accouplent au fond des maisons blotties au bout de mon jardin. Volets grands ouverts sans jalousies . La monotonie d’un clavier triste cherche l’accord d’un glissement de cuisses frottant l’épaule au décolleté d’un tango, poitrine-balançoire, violon-bandonéon sorti des bretelles abandonnées au dossier de la chaise. Provençale une tache rouge saigne la manaderie d’un cri d’arènes, Je t’entends chanter Carmen. Il n’était pas encore cinq heures, du côté de l’ombre le soleil remontait les guitares corde après corde, sans que les troglodytes arrêtent de fumer, sur la place un âne attend le son de l’Angélus. Tu es endormie sur le fauteuil mes bras sous tes coudes, la cheminée n’a pas éteint ses tisons, la table est garnie de nos pensées, comme pour un anniversaire à célébrer dans l’appétit de baisers allumés, Nous sommes jour et nuit accoeurdés, bosquets cousus aux flancs, sillons acheminés aux greniers, chars à bancs mariés aux cortèges du vent. Laisse ton haleine de foins coupés remonter mes yeux en épingle, te garder la lune ouverte aux jours prochains les plus sombres. Les ciels de lit sur la carpette pour faire gémir le plancher avant que les tomettes éjaculent leur feu.
Niala-Loisobleu – 10 Juillet 2017

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