Vas sereine au Centre de mon peint 


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Vas sereine au Centre de mon peint

Ce dossier où les reins calés font rocking-chair voient le bout d’une plaine juste après le premier rang d’orties, la chaleur en fait friser la poussière qu’un vent tient soulevée

Des chevaux emplumés naissent de l’évolution

Je rêve, de mains au ciné de mon quartier, la flibuste martelant le pont de sa jambe de bois

Où sont passés mes caniveaux, il reste assez d’élan pour ricocher

Ton nu dressé de tout son flanc penche de  ses briques de terre-franche en pisé aux terrasses du pâturage

Ton dos tire le son des clochettes ovines

Mon dieu comme tes seins me portent au sentier en corniche où le surplomb tient à demain

Tes mots pris par la musique déplissent l’accordéon de l’étui sans que la mendiante s’en effarouche

Ceux à qui nous ne devons que la peine de les connaître je les ai émasculé pour qu’ils ne puissent plus reproduire

Vas sereine au Centre de mon peint  la garce qui nous assiège perce sa différence autrement qu’en âge…

 

 

Niala-Loisobleu – 23/11/85

Le noir, couleur chaude, aveuglément, de Luna Miguel


Le noir, couleur chaude, aveuglément, de Luna Miguel

Qui sont les jeunes artistes européens et que nous apprennent-ils du Vieux Continent, de l’avenir de son art ? Voilà la question, somme toute essentielle, qui traversera la série de portraits qu’ActuaLitté publiera désormais chaque semaine et que, non sans plaisir, je signerai. Et puisque ce « je » est avant tout poète, c’est d’une de mes consœurs dont nous allons d’abord parler, d’une Espagnole, Luna Miguel. L’occasion de présenter une des plus grandes figures de la jeunesse poétique mondiale, et ce pour la première fois en France alors qu’on retrouve des articles sur elle aux États-Unis, en Angleterre, en Italie, au Maroc, en Roumanie, au Danemark, au Mexique, en Argentine… Alors la France, pays de la poésie ? Mon cul !

Luna Miguel

© Mai  Oltra

Bref, Luna Miguel a 24 ans, et, donc, est espagnole. Et comme on dit par chez moi elle domine le game, elle le survole même. Écrire ? Première question. C’est communiquer me répond-elle — rappelant au passage que « communiquer » n’est pas seulement le nouveau synonyme de « mentir », comme on pourrait le croire en se limitant à l’utilisation qu’en fait de nos jours la politique ou le CAC40. C’est avant tout un terme d’une grande noblesse. Quand une poète telle que Luna Miguel dit qu’écrire, c’est communiquer, c’est d’abord de ses tripes qu’elle parle. 

Elle croit « aveuglement en la couleur noire »

Mais pas seulement. Communiquer prend évidemment un sens particulier lorsqu’on a commencé à bloguer et à mettre la main sur les réseaux sociaux à même pas 15 ans. 10 ans que Luna communique concrètement. 10 ans, soit une éternité selon le calendrier nouveau qui jure que, le seul enfant que Dieu ait jamais enfanté, c’est internet. « Internet nous a sauvés » me confie-t-elle d’ailleurs comme pour confirmer la dimension sacrée du web, du moins pour la génération Y, celle qui commence peu à peu à prendre le monde en main. 

C’est justement de cette jeunesse-là dont elle me parlait alors, plus précisément des jeunes poètes du monde entier, ou presque, mais nous y reviendrons plus bas. Laissez-moi d’abord vous présenter Luna. 

« Par chance », ce sont ses mots, elle est née dedans, ce sont les miens. D’un père prof de Lettres et d’une mère éditrice. Un équilibre clairement trop parfait pour ces clébards de Dieux qui décidèrent de voler la mère de la jeune Luna, changeant à jamais le regard pourtant clair de la poète en pleine « formation », et qui écrira alors un des poèmes qui fera sa réputation, Le Musée des Cancers, texte saisissant où la prose est étouffée entre des parenthèses et où la versification n’est plus que liste — un tout, liant à merveille le chaud et le froid, la matière et l’idée, l’art et la mort. 

« C’est pour ça qu’ils t’amputeront des pieds. C’est pour ça qu’ils scelleront tes yeux avec des fragments d’anciennes cartes. C’est pour ça qu’ils prononceront ton nom en célébration du pancréas. Tu comprends ? » 

On comprend. On comprend qu’une esthétique est en train de se développer chez cette précoce du mal. Dans l’univers des recueils de Luna Miguel l’âme est d’abord du sang et la poésie une boue spermatique. Baudelaire et Artaud sont passés par là, Cendrars aussi, Borges, évidemment. Mais ce qui impressionne le plus c’est qu’elle a beau écrire, comme un Voyant, qu’elle croit « aveuglement en la couleur noire », sa poésie reste communicante. Il suffit de lire Le Musée des Cancers pour s’en convaincre, l’expérience est lente, douloureuse, quelque chose comme d’avoir un proche que le cancer est en train d’emporter…

Communiquer dedans, mais aussi dehors. La douleur collant aux basques de Luna ne l’a pas cloisonné avec ses poèmes, loin de là, et ce, au-delà de sa nature empathique, pour au moins trois raisons. La première étant l’héritage de sa mère : El Gaviero, modeste, mais très active maison d’édition consacrée à la poésie, jeune de préférence, internationale. La deuxième explication de cette ouverture sur le monde est à trouver dans la relation de proximité que Luna entretient avec internet. Enfin, comme s’il manquait une corde à son arc, Luna est aussi journaliste web pour Playground, le mastodonte des sites culturels espagnols.

© Albert Ruso

La nécessaire folie de Lautréamont, la perversité pop de Miley Cyrus

Internet, définitivement, l’a sauvé. Internet — dont elle a naturellement l’instinct des codes et de leur évolution, instinct dramatiquement rare chez les poètes hexagonaux — lui a non seulement montré que ses verbiages pouvaient intéresser plus d’un curieux, mais aussi que le monde est plein d’enfants déchus des promesses de la société du spectacle. Et Luna de devenir une observatrice attentive de cette génération bien décidée à prendre en main, en plume, ce gavage forcé d’images publicitaires, ou culturelles, aussi fortes que vides. Une génération maligne qui, loin de tout rejeter en bloc, se plaît à mêler la nécessaire folie d’un Lautréamont avec la perversité pop et pas si insignifiante d’une Miley Cyrus. Une génération pour qui Instagram, Twitter et Facebook sont des outils potentiellement fabuleux selon l’usage qu’on en fait. Et celui-ci est subtil, ils le savent, ils ont grandi avec. 

Une génération de poètes nouveaux que Luna Miguel incarne tant que de participante attentive elle en est devenue l’ambassadrice. Un tour sur ses différents profils de réseaux sociaux fait immédiatement comprendre la maîtrise qui est la sienne, assurément un modèle de dosage des contenus et de leurs formes. Son Instagram par exemple, tout autant album personnel que vitrine pour les livres qu’elle aime ou qu’elle édite. La moindre photo publiée n’en demeure pas moins, tout simplement, jolie ; et imprégnée d’une ambiance générale, d’un fil rouge esthétique qui dépasse celui des filtres. Une centaine d’interactions, tarif minimum pour chaque photo, le double pour les selfies. 

Parce que oui, mais cela n’aura pas échappé aux lecteurs et lectrices de cet article illustré, Luna Miguel est fichtrement belle. Une beauté qui ne vaut pas d’être mentionné pour le plaisir (un peu quand même), mais parce qu’elle rompt avec une tendance à ne pas imaginer ainsi le poète respectable. Demandez à un français à quoi ressemble un poète contemporain, il vous répondra que c’est assez difficile à dire — la faiblarde lumière jaunâtre des salles de fêtes campagnardes ne permettant pas aux souvenirs de s’activer pour garder de telles images en réserve…

De toute façon tout le monde le sait, le voit, ce n’est plus en France qu’il faut désormais interroger la poésie, mais plutôt lui demander, avec Nougaro, « Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne ? », ce pays où, m’indique Luna, « la poésie est à la mode ». Frottez-vous les yeux, vous avez bien lu. À la mode ! Un mouvement vers la poésie qu’elle explique s’inscrire dans la continuité de ce qui se passe depuis quelque temps aux États-Unis et en Amérique latine. 

Son constat est sans appel, c’est sur le continent d’en face que la dynamique pour une poésie nouvelle est de loin la plus forte. Luna mentionne en particulier le mouvement étasunienAlt Lit (pour Alternative Litterature) constitué d’une foule de jeunes auteurs voués à lier l’écriture poétique (au sens large) et les réseaux sociaux. Une telle utilisation des nouveaux outils de partage et de communication est certes un réflexe d’autopublication aujourd’hui très répandu aux quatre coins du monde.

À la différence près, et majeure, qu’en se regroupant ainsi sous une bannière, une communauté, un mouvement, appelez ça comme vous voulez, en s’organisant, le niveau général, automatiquement, monte. Et permet à certains de se détacher, de faire exister leurs particularismes au sein d’un ensemble et non plus au sein d’un vide. De devenir de vrais auteurs. Des noms comme Tao Lin ou Lucy K. Shaw en sont le parfait exemple. Souvent cités comme représentatifs d’Alt Lit, ils en deviennent donc les représentants, et transforment ainsi définitivement ce qui pourrait n’être qu’une simple manière de faire, forcément maladroite puisque solitaire, en un véritable mouvement poétique. CQFD.  

© Laura Rosal

C’est à ce moment-là qu’interviennent, que doivent intervenir, des personnalités comme Luna Miguel. Puisqu’ainsi que mentionnée plus haut, Luna est aussi journaliste. Pas universitaire, à l’image d’une habitude française ayant engloutie la poésie au fond des colloques, mais journaliste. Alors, quand elle tombe sur un trésor tel qu’Alt Lit, c’est le sentiment du devoir qui envahit Luna l’exploratrice, s’empressant de partager le butin avec l’équipage qu’elle ne limite pas, elle (suivez mon regard français) aux seuls poètes ou publics déjà conquis. Sur Playground elle a signé et continue de signer d’innombrables papiers mettant en avant de jeunes poètes des quatre coins du monde. Ses préférés, elle les édite. 

« J’ai du mal à trouver de jeunes poètes français. C’est comme s’ils n’existaient pas !« 

Poète, éditrice, journaliste. Luna Miguel boucle la boucle à elle seule. Elle guide, montre la voie. Si la poésie veut perpétuer la tradition paradoxale qui fait d’elle une perpétuelle réinvention, elle n’a pas d’autres choix que d’identifier le circuit culturel de son époque et d’en exploiter les spécificités, les codes, les outils, les thèmes. Beaucoup, et je pense bien sûr à mes compatriotes contemporains, refusent cette logique-là, que ce soit par omission/inaction, ou, plus catégoriquement, en arguant que les médias, c’est le capitalisme (grosso-merdo). 

Que veulent donc ces gens-là ? Faire de la microchirurgie peut-être. Une affaire de diplômés, de consanguins. Mais inspirer ? Non. Celui qui veut inspirer s’en donne les moyens, il estime que l’inspirable est partout, pas seulement à la fac, certainement pas devant une revue poétique (où la trouverait-il lui qui n’a pas que ça à foutre non plus ?), et sans aucun doute très éloigné du web utilisé comme un minitel. Par contre, il s’informe, d’une façon ou d’une autre. 

Le lecteur, que je salue au passage, peut légitimement se demander si je ne suis pas trop exigeant dans mon constat patriote, trop dur avec un art qui serait plus délicat que les autres à transmettre. Pour en avoir le cœur net, tournons-nous vers celle qui consacre son temps à la lecture des poètes du monde entier et à la recherche du neuf. Précision importante avant de vous retranscrire les propos de Luna Miguel sur l’actuelle poésie française : elle a vécu quelques années à Nice et lit parfaitement notre langue. Et comme tout un chacun la France est pour elle la terre privilégiée de Baudelaire, de Rimbaud, Mallarmé, Lautréamont, Breton, bref, de l’avant-garde et du génie. 

 

Pourtant, la spécialiste qu’est Luna ne retient que trois poètes français nouvelle génération. Laura Vasquez, la Marseillaise dont il faut en effet souligner la pugnacité et la présence web bien foutue. Lysianne Rakotoson, plus ancrée dans un classicisme paysagiste bien de chez nous lui valant la reconnaissance de ses pairs, et partageant avec Laura Vasquez la conviction que l’oralité sortira la poésie de son marasme, tout en niant ce marasme du fait du grand nombre de poètes, aussi inaudibles et redondants soient-ils. Le troisième auteur que peut citer Luna est celui que vous lisez en ce moment même et à propos duquel je me permettrais seulement de signaler que Luna l’a connu en tombant sur les « Poèmes d’actu » hebdomadaires de Fluctuat et « Le Porn la poésie » du Tag Parfait. Voilà pour les jeunes, les nouveaux. Pas grand-chose quoi, aucun ensemble, aucune force capable de se faire entendre. Un marasme. 

« J’ai du mal à trouver de jeunes poètes français. C’est comme s’ils n’existaient pas ! » — Luna Miguel, 26 mai 2015, devrait-on graver dans toutes les Maisons de la poésie qui se demandent pourquoi leurs subventions disparaissent. Luna Miguel dont c’est pourtant le job de fouiller. Luna l’exemple. 

Et face à un exemple, on s’inspire — alors je m’inspire, faisant de cet article, de cette étude comparée comme diraient d’autres, un devoir. Luna Miguel est plus qu’une poète qui à seulement 24 ans est déjà traduite dans une dizaine de langues (pas dans la notre, évidemment). Luna est plus qu’une éditrice passionnée au service des nouveaux talents. Plus qu’une maestro du net.

Luna Miguel est le symbole d’une poésie européenne renaissante, sa métaphore. La comparaison est d’ailleurs troublante. Parce que l’histoire de la poésie est bien celle d’un art formidablement dynamique, mais stoppé net par un drame sans nom, la Seconde Guerre mondiale. Luna, elle, n’a pas abdiqué après son drame personnel, elle a décidé d’y « survivre », c’est ainsi qu’elle définit la poésie. Survivre, demeurer au-dessus de la vie, s’élever. 

Vous savez, ce qu’est censée être la poésie. 

 

(Source AL Actualités)

Merci infiniment ma Barbara, quelles belles découvertes je te dois, je t’embrasse chaudement…

N-L  – 23/11/18

BRIBES (IV)


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BRIBES (IV)

Courant qui se répercute

langue commune

au plus profond du nombril

Fut la grotte dans l’abominable denture du dinosaure et la flamme du dragon aux ailes d’un futur mont

que la mer au galop mettra en Normandie

prouvant l’inexistence du hasard

Mis à feu

vois l’arbre qui sort des menthes

à t’empoigner mille sabords dans sa bouche à feu

bien rangée dans l’enclos des yeux..

Niala-Loisobleu – 23 Novembre 2018

DYSFONCTIONNEMENT


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DYSFONCTIONNEMENT

 

Fin fond du jour un Pailleron qu’un passé d’amiante éclaire sombrement, les chaises du couloir des parents d’élèves font sales d’attentes incompatibles avec un véritable travail scolaire. Sous un jour tombé depuis Jules Ferry, l’école repousse de l’épaule l’absence d’emploi par le biais de son théâtre en tenant le chômage en stand-by pendant la durée de quelques années d’un bac + inutile.

Par les rues désertifiées la file des devantures vides s’allonge. A voir les yeux ahuris d’un CM2 à qui un intermittent est venu jouer la faune et la flore d’une planète où ils ne pensaient pas habiter, une question grave se pose.

-Oui, mais à qui faut la poser demande le plus près du poêle ?

Quand la réunion aura libéré les enseignants interdits d’éduquer, il restera à espérer qu’aucun élève masqué ne leur interdira pas d’en sortir autrement qu’en otage.

Les mots sont des sous troués.
Pour jouer aux osselets
Je veux en remplir ma paume.

Max Rouquette

Ton odeur d’encrier je me l’apprend du coeur sans copier des milliers de fois le sens d’être ou de n’être pas. Le relief de ta carte est baigné d’un littoral poissonneux. Je me souviens qu’en te croisant on était chacun de son côté partis pour se trouver. Là où les décrocheurs d’étoiles taxent la lumière, ton énergie fait mieux qu’une centrale nue cléaire…

Niala-Loisobleu – 22/11/18

 

 

 

 

BRIBES (III)


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BRIBES (III)

A peine qu’on l’ait vu se poser

que déjà

NOUS

jetait son premier cri

en corps attaché au ventre écartelé aux étriers du chevalet

Perte en eaux pour gagner en récoltes

le village-flottant pousse de la tête sur pilotis

Une bribe mise à une autre

Pablo

NOUS

laissera du ventre

la patte  à modeler l’anatomie du chemin

à notre nouvelle image…

Niala-Loisobleu – 22/11/18

BRIBES (II)


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BRIBES (II)

Au sol le chiffon en boule

quelques tâches anciennes qu’un levé essuie

s’égouttent

la marée a déplacé les méduses pour  que drapeau vers hissé sur le devant de l’écume invite au bain

sans maillot à peau nue pour avaler l’embrun renvoyant le nombril au début de la naissance…

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2018

BRIBES


 

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BRIBES

Cubisme

jeu de construction

qu’un pinceau lèche

A la roue du vélo un rayon d’alimentation vient d’ouvrir

 

au sein de son oeil ce qui n’est qu’en paire jubile

 

teint fripon vole au vent

 

Niala-Loisobleu – 21/11/18

DES ENFANTS VONT ECLORE


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DES ENFANTS VONT ECLORE

 

J’aurai vécu un jardin au long du long, dès le le départ de la découverte de la fleur des rues dans ma prime jeunesse. Au fil des saisons de l’âge, aucun événement n’aura réussi à m’en défaire. La cruauté, l’inhumanité des hommes, leur capacité à détruire, malgré les cris tortionnaires qu’ils m’ont infligé, ont perdu. Plus la laideur se répand sur l’univers plus je sème, n’ayant d’autre réponse que l’amour est la seule fleur qui survit à la coupe rase. Je peins pour rien qui rapporte, ni comme un loisir, un travail, , me bat pour y parvenir, c’est mon credo, ma persuasion que seule la poésie est la solution de sauvegarde. Le sacré dans toute sa manifestation, Lorsque le soir vient j’entends le chant du coq se remonter tout seul.  Des enfants vont éclore

.Niala-Loisobleu – 20/11/18

LA CARACOLA


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LA CARACOLA

 

V

du sillage

nu

à ton rivage

à bord de ta caracola

agrippé au pont du rocher

Tu me sentiras

dernier sel

qui défade

morne vie à marée basse

 

 

Niala-Loisobleu – 20/11/18

Alfonsina y El Mar

Por la blanda arena

Sur le sable blanc que lèche la mer (1)

Que lame el mar

Sa petite emprunte ne revient pas

Su pequeña huella

Et un sentier seul de peine et de silence atteint

No vuelve más

L’eau profonde

Un sendero solo

Et un sentier de peines tues va

De pena y silencio llegó

Jusqu’à l’écume

Hasta el agua profunda

Un sendero solo

Seul Dieu sait quelle angoisse t’a accompagné (2)

De penas mudas llegó

Quelles douleurs anciennes tu as tues

Hasta la espuma.

Pour t’allonger bercée par le

Sabe Dios qué angustia

Chant des conques (3) marines

Te acompañó

La chanson que chante dans le fond obscur de la mer

Qué dolores viejos

La conque

Calló tu voz

Para recostarte

[Refrain]

Arrullada en el canto

De las caracolas marinas

Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude (4)

La canción que canta

Quels poèmes nouveaux as tu été chercher ?

En el fondo oscuro del mar

Et une voix antique de vent et de sel

La caracola.

Te réclame l’âme

Te vas Alfonsina

Et l’appelle

Con tu soledad

Et tu t’en vas vers l’au delà comme en rêves

¿Qué poemas nuevos

Alfonsina endormie, vêtue de mer

Fuiste a buscar?

Una voz antigua

Cinq petites sirènes t’emporteront

De viento y de sal

Dans des chemins d’algues et de corail

Te requiebra el alma

Et des hyppocampes marins et phosphorescents feront

Y la está llevando

Une ronde à tes côtés.

Y te vas hacia allá

Et les habitants de la mer vont jouer bientôt à tes côtés

Como en sueños

Dormida, Alfonsina

Baisse un peu l’intensité

Vestida de mar.

Laisse moi dormir nourrice en paix

Cinco sirenitas

Et s’il (5) appelle ne lui dis pas que je suis là

Te llevarán

Dis lui que Alfonsina ne revient pas

Por caminos de algas

Et s’il appelle ne lui dis jamais que je suis là

Y de coral

Dis lui que je suis partie.

Y fosforescentes

Caballos marinos harán

[Refrain]

Una ronda a tu lado

Y los habitantes

(1) La femme dont il s’agit s’est suicidée dans la mer.

Del agua van a jugar

Pronto a tu lado.

(2) Les motifs de son suicide restent obscurs.

Bájame la lámpara

Un poco más

(3) La caracola en espagnol signifie le coquillage, la conque. La conque est le coquillage dans lequel nous entendons la musique de la mer. L’allusion a deux niveaux de sens : Elle fait réference à la musique, à la poésie et à la mer, mais la caracola a comme synonyme en espagnol la concha, qui représente également le sexe féminine (équivalent de la moule en français). Cela fait allusion à la bisexualité de Alfonsina, qui trouve dans la mer son idéal et vit librement son homosexualité.

Déjame que duerma

Nodriza, en paz

(4) Le poème est un hommage à Alfonsina Storni, célèbre poétesse mexicaine s’étant suicidé.

Y si llama él

No le digas que estoy, dile que

(5) Il fait probablement réference à son mari violent.

Alfonsina no vuelve

Y si llama él

Cette hommage a été écrit par Felix Luna et mis en musique par la suite

No le digas nunca que estoy

Di que me he ido.

Te vas Alfonsina

Con tu soledad

¿Qué poemas nuevos

Fueste a buscar?

Una voz antigua

De viento y de sal

Te requiebra el alma

Y la está llevando

Y te vas hacia allá

Como en sueños

Dormida, Alfonsina

Vestida de mar