BRIBES (V)
Long rivage
ton dos platin
où mes mèches mouettent
en char à voile dextre
la mer en équipage
Niala-Loisobleu – 23/11/18

Long rivage
ton dos platin
où mes mèches mouettent
en char à voile dextre
la mer en équipage
Niala-Loisobleu – 23/11/18

Ce dossier où les reins calés font rocking-chair voient le bout d’une plaine juste après le premier rang d’orties, la chaleur en fait friser la poussière qu’un vent tient soulevée
Des chevaux emplumés naissent de l’évolution
Je rêve, de mains au ciné de mon quartier, la flibuste martelant le pont de sa jambe de bois
Où sont passés mes caniveaux, il reste assez d’élan pour ricocher
Ton nu dressé de tout son flanc penche de ses briques de terre-franche en pisé aux terrasses du pâturage
Ton dos tire le son des clochettes ovines
Mon dieu comme tes seins me portent au sentier en corniche où le surplomb tient à demain
Tes mots pris par la musique déplissent l’accordéon de l’étui sans que la mendiante s’en effarouche
Ceux à qui nous ne devons que la peine de les connaître je les ai émasculé pour qu’ils ne puissent plus reproduire
Vas sereine au Centre de mon peint la garce qui nous assiège perce sa différence autrement qu’en âge…
Niala-Loisobleu – 23/11/85

Courant qui se répercute
langue commune
au plus profond du nombril
Fut la grotte dans l’abominable denture du dinosaure et la flamme du dragon aux ailes d’un futur mont
que la mer au galop mettra en Normandie
prouvant l’inexistence du hasard
Mis à feu
vois l’arbre qui sort des menthes
à t’empoigner mille sabords dans sa bouche à feu
bien rangée dans l’enclos des yeux..
Niala-Loisobleu – 23 Novembre 2018

Fin fond du jour un Pailleron qu’un passé d’amiante éclaire sombrement, les chaises du couloir des parents d’élèves font sales d’attentes incompatibles avec un véritable travail scolaire. Sous un jour tombé depuis Jules Ferry, l’école repousse de l’épaule l’absence d’emploi par le biais de son théâtre en tenant le chômage en stand-by pendant la durée de quelques années d’un bac + inutile.
Par les rues désertifiées la file des devantures vides s’allonge. A voir les yeux ahuris d’un CM2 à qui un intermittent est venu jouer la faune et la flore d’une planète où ils ne pensaient pas habiter, une question grave se pose.
-Oui, mais à qui faut la poser demande le plus près du poêle ?
Quand la réunion aura libéré les enseignants interdits d’éduquer, il restera à espérer qu’aucun élève masqué ne leur interdira pas d’en sortir autrement qu’en otage.
Les mots sont des sous troués.
Pour jouer aux osselets
Je veux en remplir ma paume.
Max Rouquette
Ton odeur d’encrier je me l’apprend du coeur sans copier des milliers de fois le sens d’être ou de n’être pas. Le relief de ta carte est baigné d’un littoral poissonneux. Je me souviens qu’en te croisant on était chacun de son côté partis pour se trouver. Là où les décrocheurs d’étoiles taxent la lumière, ton énergie fait mieux qu’une centrale nue cléaire…
Niala-Loisobleu – 22/11/18

A peine qu’on l’ait vu se poser
que déjà
NOUS
jetait son premier cri
en corps attaché au ventre écartelé aux étriers du chevalet
Perte en eaux pour gagner en récoltes
le village-flottant pousse de la tête sur pilotis
Une bribe mise à une autre
Pablo
NOUS
laissera du ventre
la patte à modeler l’anatomie du chemin
à notre nouvelle image…
Niala-Loisobleu – 22/11/18

Au sol le chiffon en boule
quelques tâches anciennes qu’un levé essuie
s’égouttent
la marée a déplacé les méduses pour que drapeau vers hissé sur le devant de l’écume invite au bain
sans maillot à peau nue pour avaler l’embrun renvoyant le nombril au début de la naissance…
Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2018

Cubisme
jeu de construction
qu’un pinceau lèche
A la roue du vélo un rayon d’alimentation vient d’ouvrir
au sein de son oeil ce qui n’est qu’en paire jubile
teint fripon vole au vent
Niala-Loisobleu – 21/11/18

J’aurai vécu un jardin au long du long, dès le le départ de la découverte de la fleur des rues dans ma prime jeunesse. Au fil des saisons de l’âge, aucun événement n’aura réussi à m’en défaire. La cruauté, l’inhumanité des hommes, leur capacité à détruire, malgré les cris tortionnaires qu’ils m’ont infligé, ont perdu. Plus la laideur se répand sur l’univers plus je sème, n’ayant d’autre réponse que l’amour est la seule fleur qui survit à la coupe rase. Je peins pour rien qui rapporte, ni comme un loisir, un travail, , me bat pour y parvenir, c’est mon credo, ma persuasion que seule la poésie est la solution de sauvegarde. Le sacré dans toute sa manifestation, Lorsque le soir vient j’entends le chant du coq se remonter tout seul. Des enfants vont éclore
.Niala-Loisobleu – 20/11/18

V
du sillage
nu
à ton rivage
à bord de ta caracola
agrippé au pont du rocher
Tu me sentiras
dernier sel
qui défade
morne vie à marée basse
Niala-Loisobleu – 20/11/18
Por la blanda arena
Sur le sable blanc que lèche la mer (1)
Que lame el mar
Sa petite emprunte ne revient pas
Su pequeña huella
Et un sentier seul de peine et de silence atteint
No vuelve más
L’eau profonde
Un sendero solo
Et un sentier de peines tues va
De pena y silencio llegó
Jusqu’à l’écume
Hasta el agua profunda
Un sendero solo
Seul Dieu sait quelle angoisse t’a accompagné (2)
De penas mudas llegó
Quelles douleurs anciennes tu as tues
Hasta la espuma.
Pour t’allonger bercée par le
Sabe Dios qué angustia
Chant des conques (3) marines
Te acompañó
La chanson que chante dans le fond obscur de la mer
Qué dolores viejos
La conque
Calló tu voz
Para recostarte
[Refrain]
Arrullada en el canto
De las caracolas marinas
Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude (4)
La canción que canta
Quels poèmes nouveaux as tu été chercher ?
En el fondo oscuro del mar
Et une voix antique de vent et de sel
La caracola.
Te réclame l’âme
Te vas Alfonsina
Et l’appelle
Con tu soledad
Et tu t’en vas vers l’au delà comme en rêves
¿Qué poemas nuevos
Alfonsina endormie, vêtue de mer
Fuiste a buscar?
Una voz antigua
Cinq petites sirènes t’emporteront
De viento y de sal
Dans des chemins d’algues et de corail
Te requiebra el alma
Et des hyppocampes marins et phosphorescents feront
Y la está llevando
Une ronde à tes côtés.
Y te vas hacia allá
Et les habitants de la mer vont jouer bientôt à tes côtés
Como en sueños
Dormida, Alfonsina
Baisse un peu l’intensité
Vestida de mar.
Laisse moi dormir nourrice en paix
Cinco sirenitas
Et s’il (5) appelle ne lui dis pas que je suis là
Te llevarán
Dis lui que Alfonsina ne revient pas
Por caminos de algas
Et s’il appelle ne lui dis jamais que je suis là
Y de coral
Dis lui que je suis partie.
Y fosforescentes
Caballos marinos harán
[Refrain]
Una ronda a tu lado
Y los habitantes
(1) La femme dont il s’agit s’est suicidée dans la mer.
Del agua van a jugar
Pronto a tu lado.
(2) Les motifs de son suicide restent obscurs.
Bájame la lámpara
Un poco más
(3) La caracola en espagnol signifie le coquillage, la conque. La conque est le coquillage dans lequel nous entendons la musique de la mer. L’allusion a deux niveaux de sens : Elle fait réference à la musique, à la poésie et à la mer, mais la caracola a comme synonyme en espagnol la concha, qui représente également le sexe féminine (équivalent de la moule en français). Cela fait allusion à la bisexualité de Alfonsina, qui trouve dans la mer son idéal et vit librement son homosexualité.
Déjame que duerma
Nodriza, en paz
(4) Le poème est un hommage à Alfonsina Storni, célèbre poétesse mexicaine s’étant suicidé.
Y si llama él
No le digas que estoy, dile que
(5) Il fait probablement réference à son mari violent.
Alfonsina no vuelve
Y si llama él
Cette hommage a été écrit par Felix Luna et mis en musique par la suite
No le digas nunca que estoy
Di que me he ido.
Te vas Alfonsina
Con tu soledad
¿Qué poemas nuevos
Fueste a buscar?
Una voz antigua
De viento y de sal
Te requiebra el alma
Y la está llevando
Y te vas hacia allá
Como en sueños
Dormida, Alfonsina
Vestida de mar
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