On dirait qu’un passage libère


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On dirait qu’un passage libère

Sa lumière crémone et coulisse à battants

Regarde la couleur peau de la plage suante d’écume

J’ai de la peine à retenir le flot qui frappe à mes tempes

Il faut que l’embarcadère de tes lèvres me traverse au ressac de ta poitrine

Rien d’autre j’ai décollé la gêne du moteur

Je ne toucherai pas à l’aria de ton cri d’oiseau que ton embrun soulève

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2018

TEMPS DU SI DA


Donato Giancola

TEMPS DU SI DA

 

Je me cou de pieds

en éjection sociétale des rivets

vraie fosse poplitée

sans veste

retournée

autre gilet de sauvetage

balisé par un choix de gains – auxquels les cerises n’entrent pas comme parents directs d’une bouture d’en vie d’enfant – le verbe baiser ne doit pas s’utiliser sous-couvert d’un air paisse

bien sûr

Je décapote

chic

le soleil à rives

 

Niala-Loisobleu – 16/10/18

Genèse de Jardin Bleu (N• à venir)


Eternuement qu’un brouillard éclaire

S’avance sur le refus du nerf présent d’odeur des vases

marécage intestinal d’où l’automne-sorcier va faire jaillir l’assemblage orgueilleux du bouton conducteur au printemps

Sans autrement qu’en corps dire de la tripe.

N-L – 15/10/17

L’herméneutique du sujet. Cours au Collège de France (1981-1982) de Michel Foucault


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L’herméneutique du sujet. Cours au Collège de France (1981-1982) de Michel Foucault

 Toute une psychologie défend l’idée qu’il faut être soi-même, qu’il faut être authentique, et qu’il faut donc apprendre à se connaître. Attitude si répandue qu’elle paraît aller de soi. Or, comme le rappelait Michel Foucault dans ce cours au Collège de France, cette idée n’est en rien une idée naturelle et universelle. Le « qui suis-je ? » serait en effet une question chrétienne, en tout cas une question élaborée dans les premiers monastères, quand il s’est agi de codifier des pratiques de confession et d’aveu. C’était donc une question inconnue de l’Antiquité, où l’individu qui tentait d’agir sur lui-même ne le faisait pas en cherchant à se connaître ou en cherchant à être soi-même, mais en construisant son existence, en prenant sa propre vie comme matériau d’une oeuvre ; ce que Foucault nommait l’esthétique de l’existence.

Cette manière qu’avait un individu de se rapporter à lui-même pour se construire et s’édifier ne fut toutefois pas identique tout au long de l’Antiquité. Comme on le voit, à travers ce long et minutieux commentaire des auteurs antiques qu’effectue Foucault, ce « souci de soi » évolue entre le ve siècle, où il apparaît dans la culture philosophique, et les deux premiers siècles de notre ère qui en constitueraient l’âge d’or. Puis il évolue encore lors du passage de l’ascèse philosophique païenne à l’ascétisme chrétien où, « l’opposition n’est pas entre la tolérance [grecque] et l’austérité [chrétienne], mais entre une forme d’austérité qui est liée à une esthétique de l’existence et d’autres formes d’austérité qui sont liées à la nécessité de renoncer à soi en déchiffrant sa propre vérité ».

Outre le fait que ces recherches historiques montrent qu’il n’y a pas nécessairement à assumer ou à rechercher une identité subjective, elles esquissent aussi toute une histoire fascinante des rapports entre les notions de « vérité » et de « sujet ». Et en particulier, Foucault montre comment, au cours de l’histoire, on serait passé de l’idée que le sujet peut atteindre la vérité en opérant des transformations sur lui-même à l’idée que c’est uniquement la connaissance qui donne accès au vrai. Du coup, Foucault peut avancer que l’âge moderne commencerait « le jour où nous postulons que, tel qu’il est, le sujet est capable de vérité mais que, telle qu’elle est, la vérité n’est pas capable de sauver le sujet ».

AIMER


POÉSIE ÉLÉMENTAIRE


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POÉSIE ÉLÉMENTAIRE

l’eau qui a l’air d’allumer

le feu sur la terre

l’air d’allumer l’air sur le feu

l’air d’allumer sur l’eau ce qui a l’air de s’éteindre sur terre

l’air d’allumer et d’étreindre

l’eau et le feu en l’air :

le cancer tu

questionne la santé bavarde depuis quand sers-tu

dans la maison de sourds? de puits en puits de vérité :

O vide en exil
A mer suave

I mage
E toile renversée

U topique

Ghérasim Luca

IN TEMPORALIBUS


IN TEMPORALIBUS

Tout autour en plein centre de bas en haut quand l’eau se prenant de démence par la rage d’un abus-d’homme-cause-de-nos-hors, pharaon de boulevard du crime, qu’un Nil porterait en désastreuses conséquences au sommet d’une pyramide tronquée. Tchao pantin ta courte vue, ton mépris de la vérité n’empêchent que je garde malgré la rage au ventre apportée par ton indifférence un espoir insensé. Il faut garder la vie à la vie et non la profaner. 36 ans après je vois les catastrophes naturelles s’enchaîner, panel élargi,  dans un mouvement d’accélération. Stop, il faut freiner. Laissez-nous chanter…
Niala-Loisobleu – 15/10/18
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EXULTATE-JUBILATE (Série IN TEMPORALIBUS FINAL n°55)  NIALA/1983
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Collection MMme R. DELHOUME
L’ÉCLAIRCIE

La vase sur la peau des reins, le gravier sur le nerf optique, tolérance et contenance.
Absolue aridité, tu as absorbé toute la mémoire individuelle en la traversant.
Tu t’es établie dans le voisinage des fontaines, autour de la conque, ce guêpier.
Tu rumines.
Tu t’orientes.
Souveraine implacable et mère d’un grand muet l’homme te voit dans son rasoir, la compensation de sa disgrâce, d’une dynastie essentielle.

L’invincible dormeur enseignait à ses auditeurs inintéressés que là où le mica était perméable aux larmes la présence de la mer ne s’expliquait
pas.
De nos jours, les mêmes oisifs distinguent dans les fraîches cervelles innocentes les troubles insurmontables de l’âge futur.
Symptômes de l’angoisse à l’extérieur des sépultures de l’ingénuité en extase ; – ô profanation de l’esprit thermidor de famille, aurons-nous le temps de vous
imposer notre grandeur ?


L’intacte chrysalide a recouvré ses propriétés agissantes de vertige.
La perforation des cellules du rayon, la traversée de la cheminée anathématisée, la reconnaissance des créances oubliées se poursuivent à travers les
éclairs, le grésillement et la révélation de l’espèce fulgurante de grain solaire.
Le sort de l’imagination adhérant sans réserves au développement d’un monde en tout renouvelé de l’attractif pourra être déterminé en cours de fouilles dans
les archipels de l’estomac à la suite de la brutale montée, à l’intelligence non soumise, du trésor sismique des famines.

René Char

D’AVANT T’ÂGE


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D’AVANT T’ÂGE

 

Les trains des quais où sans bagages on a déposé une part de soi, consignent des moments qui reviennent tôt ou tard. Il y a des morceaux qui savent s’auto-détruire, la mémoire n’a que faire des nanars. A quel moment ce qui compte réellement se met met-il au monde ? C’est un merveilleux voyage que celui d’aller regarder en soi. Tout marque, souvent sans qu’on le remarque; à l’empreinte notre jardin n’a pas attendu le progrès de la technique, il reconnaît nos distinctions, nos inclinaisons, nos dégoûts, notre vrai seul vouloir.

Ma rue de Verneuil à Paris 7° m’a propulsé tellement tôt que je suis sûr qu’elle a servi d’instrument à ce qui fait l’évasion qui m’est essentielle. Je sais que je suis venu au monde parce que j’avais à le découvrir. Je ne me souviens pas d’avoir été fatigué de nager, sorti de la mienne, j’ai senti un impératif besoin de recadrage, je me suis trempé dans toutes les mères qui pouvaient m’accoucher pour connaître. Au point de pallier à l’éloignement d’un littoral en ayant la capacité d’en inventer une pour pas rester sec. L’imaginaire est tout ce qui donne accès, quand en plus on appartient comme moi à la race que le matériel ne concerne pas ça focalise drôlement plus.

Le temps de gestation diffère pour chaque type de ses aspirations, pour l’amour, qui occupe le premier rang c’est étrange ment long. L’initiation semble devoir ne jamais se terminer. En fait c’est plusieurs vies qui se juxtaposent pour parvenir à celle qu’on devait suivre à l’origine. Je te connais , bien avant Toi qui sais, d’avant  t’âge.

Que de passages à travers des maisons-communicantes il faut franchir, j’ai du Lyon en moi, ma vie  est une vraie traboule.

http://loges-vieux-lyon.com/decouvrir-lyon/les-traboules-lyonnaises-156150

Niala-Loisobleu – 15/10/18

MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE


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MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE

Aux jonctions de l’herbe sauvage
Et du « forget-me-not »
Se tient une promesse
A conquérir …

J’applique le savoir de mon amour
Laissant vivre la fleur –
Secouant l’arbre
Pour ramasser
Ses fruits
Que j’ajouterai aux tiens

Les mains rougies par leur suc
Je les laverai sur
Tes lèvres …

C’est toi sur ce chemin
Toi dans la jachère
Et je ne t’oublie
Même si je ne
Te cueille pas

Au loin la lune prépare les étoiles
Sur la cime de mon
Orgueil
C’est toi la chair de la promesse
Qui les accueille

Pour toi la rougeur du soir
En une double maraude :
Celle sur le seuil
D’une montagne
Avec celle
Sur le seuil de ton pays !

Jusqu’au-delà de la mer :
C’est toi ma cime
D’orgueil

Sur tes lèvres :
L’herbe folle des oasis
Où tu siffles la source
Délicate …

Mais je n’achèverai pas ton nom
Avec les rutilances
D’un poème
Mes mots traîneront sur
Ta peau solaire …

Peut-être glisseront-ils
De tes yeux d’océan
A ton ventre pétri
D’écume de
Sable

Et la paume sensible de tes mains
Recueillerait la respiration
De mon sourire
Et
Tu la porterais à ton cœur
Comme pour ta
Nouvelle
Jeunesse

Tous les fruits se confondront
Dans la corbeille de fleurs
Que le « Forget-me-not »
Rehaussera sur
Ta tête
Comme au royaume de tes pensées

Mais je ne t’épuiserai pas …
Si ton hasard de reine
Rejoint celui de
Tant de mes bénédictions pour toi

Délicatesse de ta patience
Qui ouvre à une bienveillance
Pour celui qui veut poser
Ses genoux à
Tes pieds asséchés
Au sel du
Désert …

J’entends et je vois sur tes pas
La danse du travail et
Des jours
Que les enfants suivent
En battant le rythme
De ta voix
Qui les baigne d’Humanité

La bienveillance grandit la délicatesse
A la fenêtre d’où s’exhalent
Les parfums de ton grand
Monde généreux

Délicate ! Est-ce ta beauté
En ton grand jardin
Laissant affleurer
Ces fruits de
La nouveauté ?
Je m’y confie
Pour surpasser tout champ d’herbes folles
Et y dégager un sens
Au monde

Au creux de ton pays :
Ton chemin où se croisent
Tant de richesses –
Borde les secrets
D’un continent
Tu les prends
Et les garde
Loin de toute finitude –
Là avec la si délicate énigme
Où tu ranges ton histoire
Si fidèle au souvenir
Où ta liberté
A depuis longtemps
Posé sa trace

Alain Minod