Que ce monde demeure! Yves Bonnefoy

Par le trou percé vient l’image du second mur. Laquelle est la bonne ? Au sommet des deux troncs, j’enjambe l’idée toute faite, le flou libère la clef accrochée à ton nombril. Le divin se prend les pieds dans le tapi, ah enfin, les musettes replient leurs gaules, les tabourets de Cour passent par la chaise-percée du mont seigneur et pour le pain quotidien tu te démerdes, faut aller au charbon, Messie mon P’tit-Gars.
(silence – un accessoiriste vaporise du flou artistique à la bombe)
-Reprise
Pas de cloche qui sonne, aucune mouche qui coche
puis
un bruit de cheval se reconnaît à l’odeur d’humus éventré qui rameute les mouettes
je me dis que l’heure est la seule manifestation d’une présence déiste vu comme c’est chiant, toujours liée à l’attente, un compte à rendre, un contrôle où il faut pointer, le prix de l’heure y a que ça qui compte, je lui arrache les aiguilles comme un môme qu’on croît sadique alors que c’est qu’un enfant qui veut pas devenir faussement adulte.
L’endroit le mieux placé reste le moment où tu te désabilles pour rester nue avant que le matin sorte ses dessous qui cachent.
La fenêtre a libéré le mouvement, ça bouge.
|
|
|
Mais si les mots sont des bêches?
Alors la mort, en dessous, n’aura capté que ton écho. Ta parole bouclée se confond toujours avec la vapeur exhalée par nos bouches Quand l’hiver sème son givre sur nos manteaux. L’esprit ne veut pas durcir comme pierre Et lutte avec le limon qui l’entraîne à s’y essayer. Mais le sommeil, le sommeil, est une bêche parcimonieuse.
Ô, qui veut partir, disparaisse dans la nuit que la douleur ne malmène plus!
René Crevel
|
Te voici palpable, souple, dodue le tube qui rit la couleur quand mes doigts appuient dessus…
Niala-Loisobleu – 12/11/18

Battements de pieds
les mains ouvrent
une musique sans titre vient à des seins
au bout du couloir la clef attend dans la serrure.
Niala-Loisobleu- 12 Novembre 2018

Les blés attendent au fond des sillons retournés
le ventre de la terre niche leur graine
sans les séparer des os qui les côtoient mémoire en grenier
Un moment dont on parle à côté depuis 100 ans
descend sa couleur racoleuse, le théâtre va ripailler
ma diatribe reste en sentinelle le danger du plat empoisonné demeure
Joint à ton humide présence, collé à cru
j’accompagne ton cri de sauvegarde, l’amour est épié
ô ma Barbara ne t’écarte pas, de noirs oiseaux planent armés jusque dedans la paix
Le cheval est rentré, il tient l’orée avec le chien
j’ai retiré du hit-parade le bruit de balles des musiques militaires
ouvre le piano, le violon est sorti de l’étui, viens dans mes bras que je t’embrasse.
Niala-Loisobleu – 11/11/2018

Barbara compose cette chanson en 1965. Ce qui l’anime, c’est un « profond désir de réconciliation et non d’oubli ». Il s’agit en effet d’un hymne à la réconciliation franco-allemande après les traumatismes de la seconde guerre mondiale. Le message de ce titre est d’autant plus émouvant que Barbara dut se cacher et fuir avec sa mère, parce qu’elles étaient juives. Entre 1939 et 1943, la jeune Monique Serf et ses parents doivent ainsi déménager à de nombreuses reprises (« Menaces de rafle dont les parents sont informés. Dénonciation par un voisin. »).
Aussi, en 1964, lorsque le directeur du Junges Theater de Göttingen, Gunther Klein, lui propose de venir chanter outre-Rhin, elle commence par refuser catégoriquement. Pour elle, « l’Allemagne était comme une griffe ». Mais Klein trouve les mots qu’il faut, Barbara se ravise et remporte un immense succès. L’accueil des « enfants blonds de Göttingen » lui inspire une chanson sobrement intitulée Göttingen (qu’elle enregistrera également en Allemand).
En 2003, à l’occasion de la commémoration du traité d’amitié franco-allemande de 1963, le chancelier Schröder entonne quelques vers de la chanson: « Oh, faites que jamais ne revienne / le temps du sang et de la haine… » Il poursuit » A l’époque, j’habitais moi-même Göttingen, où je suis resté pendant plus de dix ans et où j’ai fait mes études. Malheureusement, je n’ai pas eu la possibilité d’assister au concert de Barbara, mais cette chanson résonnait dans toute la ville. Ce que Barbara a chanté à Göttingen, et qui nous est allé droit au cœur, c’était pour moi, jeune homme, le début d’une merveilleuse amitié, de l’amitié qui devait unir les Français et les Allemands. »
Revenons désormais sur la réconciliation franco-allemande depuis 1945:
Toute réconciliation avec l’ennemi héréditaire allemand semblait très délicate en 1945 (« O faites que jamais ne revienne / Le temps du sang et de la haine / car il y a des gens que j’aime, / A Göttingen, à Göttingen »). Or, très tôt, dans le contexte de la guerre froide et de la construction européenne, la France et l’Allemagne de l’ouest se rapprochent. L’entente devient franchement cordiale avec la création de la CECA (1951), puis de la CEE. Désormais, l’axe franco-allemand devient le fer de lance de la construction européenne et ce duo restera soudé quelque soit les présidents ou les majorités politiques (nombreuses rencontres de Gaulle/Adenauer, Giscard d’Estaing/Schmidt, Mitterrand/Kohl).
Ce rapprochement se caractérise par des rencontres symboliques entre les deux ennemis héréditaires: en 1962, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer se rendent à Reims, dont la cathédrale avait été détruite par les Allemands au cours de la première guerre mondiale; ou encore la rencontre symbolique de François Mitterrand et Helmut Khol à Verdun, en 1984.
source : http://lhistgeobox.blogspot.com/2008/10/109-barbaragttingen.html
Et que personne ne s’offense,
Mais les contes de notre enfance,
« Il était une fois » commence
A Göttingen.
Bien sûr nous, nous avons la Seine
Et puis notre bois de Vincennes,
Mais Dieu que les roses sont belles
A Göttingen, à Göttingen.
Nous, nous avons nos matins blêmes
Et l’âme grise de Verlaine,
Eux c’est la mélancolie même,
A Göttingen, à Göttingen.
Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.
Et tant pis pour ceux qui s’étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.
O faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j’aime,
A Göttingen, à Göttingen.
Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.
Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.
Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.
A verse rouge
Un jour revient
Bleu Marguerite Coquelicot
Dans un vase de trou d’obus
Les fusillés du refus de tuer dégradent Macron…
N-L 11/11/2018
Le cheval à la peine court au labour puis succombe à son tour comme chair humaine néantisé, la vie travaille au bonheur,la mort ne fume même pas la glèbe d’un engrais, la guerre c’est que du mauvais fumier..
N-L
L'Ornithorynque - Restons subversifs (Na!)

Hommage aux mutins, aux déserteurs, aux anti-militaristes, aux pacifistes, aux objecteurs de conscience, aux insoumis, aux anarchistes, à ceux qui ont désobéi, qui ont protesté, qui ont abandonné leur poste, qui ont été foudroyés par la peur, qui ont fui l’horreur, qui ont contesté les ordres, qui se sont dressés contre l’absurdité de la guerre et le pouvoir de ceux qui la déclarent.
Hommage à ceux qui ont été fusillés, exécutés, emprisonnés, battus, humiliés, exilés, déportés, ou condamnés aux travaux forcés pour avoir refusé de trouer la peau de leurs frères humains.
Hommage aux mères dont le ventre était rempli d’angoisse, aux sœurs et aux femmes qui ont réparé les corps et les âmes sans savoir comment, et aux petites filles qui ne jouent pas au soldat.
Merde aux maréchaux.
Yak Wasabi
Et merde à la guerre, au passage. Une guerre qui n’est jamais la nôtre, ne…
Voir l’article original 27 mots de plus

Le sol encore à sec, entre la maison et l’atelier, les nuages n’ont pas percés. La pluie courtoise s’est retenue le temps d’ouvrir les volets. Dans le jour levant des ombres bougent, cinémascope d’une boîte à images, savaient-ils en levant la tête au ras du parapet de la tranchée ? Savaient-ils que ce qu’ils finissaient par avoir peur de croire allait résonner ? La voix de mon grand-père est là tout contre mon oreille, elle me tait les mots de trop pour ne rien dire de ce qui n’est pas prononçable. La guerre de 14, cette horrible bêtise humaine, a été fêtée par ses anciens-combattants plus que l’on peut en justifier la raison avancée. Lui René, jamais ne s’est mis ses nombreuses médailles à la poitrine pour remonter en revue militaire l’horreur de sa jeunesse sacrifiée à la destruction totale. Ces nombreux 11 Novembre que nous avons partagé, j’ai toujours eu la certitude qu’il voulait m’en protéger. Le côté revanchard il le considérait encore plus pitoyable que la mémoire qu’on utilise pas à des fins pacifiques. La vengeance est encore plus bête que cruelle. La guerre aujourd’hui va prendre l’esprit de cette journée. Je sais qu’elle bernera à nouveau tous ceux qui pensent que tuer pour tuer ça fait vivre. La dignité sera absente, le petit roi qui nous gouverne va tenter de retrouver son hochet en usant au maximum du décorum qui fait les défilés…J’ai besoin d’amour à chanter !
Niala-Loisobleu – 11 Novembre 2018

L’heure dérangée se fit soudain reculer, tiens pourtant la saison en est passée. Il faut attendre pour être à l’heur exact qu’il avance.
Niala-Loisobleu – 10/11/18
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.