
RECIF
A flanc de respiration
étoc
le souffle se noya
transe percée au pore…
N-L -15/11/18

A flanc de respiration
étoc
le souffle se noya
transe percée au pore…
N-L -15/11/18

Un soir à quatre pattes se renifle les je nous
le tigre est plus près qu’on pourrait croire
les hautes herbes en témoignent
Un bruit de singe fou-rire
quand l’appeau de banane se prend pour Elvis
Je rends le camélia passez-moi la dame…
Niala-Loisobleu – 14/11/18

Entre midi et l’après plus de chaleur a pu se glisser, entre la virgule et le point
la capacité du rire a un pouvoir gesticulatoire qui balance les hauts sommets
La navette va-et-vient
l’haleine nouée
Question d’empreinte, l’identité se doigt d’agir
le rétameur astique les cuivres du pot de taire, je t’entends à part
Les oiseaux migrateurs en saison abrite le grillon dans la maison
j’écoute ton champ remonter, j’ai envie de l’écobuer en me servant des brûlis pour engrais
Que de pierres taillées au coeur de notre enclos, j’ai gardé le plus nu de tes mouvements rapprochés pour le retable qui bordera nos signatures au registre d’autel
Le nom que nous sommes sort du vocabulaire ordinaire « Arbre de Vie », je t’accorde l’incompréhension lisible sur le visage de la page de nécrologie
L’effort humain commence ici
prévenons-les que nous navons rien à voir avec un non de paille, nous sommes à part entière pour nous m’aime…
Niala-Loisobleu – 14 Novembre 2018

Les états d’âmes des chefs d’états, ce soir pour moi c’est trop, l’insipide des likes en simultané avec la publication, la drague obscène, c’est pousser le bouchon trop loin ça m’écarte de la seule vérité qui m’importe. L’envie de sortir de ce néant est forte..
N-L – 13/11/18
Enrique, de mon village de 1989 je te revois, je nous revois au crépuscule, – dans nos pas d’orphelins de la révolution ; notre utopie à la voile n’a pas eu lieu, malgré le
courage quotidien, le talent et la beauté du monde qui étaient toutefois au rendez-vous cubain.
Enrique tu es rentré au foyer natal tout à la poésie au milieu des ténèbres, tout à ton métier de poète lyrique : le
Chili secret tisse et métisse sans fin dans le malheur sa nouvelle toile à rêver.
Jusqu’au bout des jours tu auras écrit au bord d’un abîme sans fond tu auras bâti la maison de la poésie dans un bois qui refuse de donner du feu aux incendiaires.
Soudain jeté un soir à la rue de ta mon tu avances avec un sourire de confiance, tu n’as pas manqué un seul matin de cet unique mois de juin de la vie : l’auto de rêve
qu’une jeune fille pilote avec joie et prudence ; ton œuvre est aussi une jeune fille inconsolable au bord de la mer caraïbe, ô mon frère ! mon doux dompteur des larmes de
la poésie !
persuade-moi encore que j’ai eu raison de suspendre mes poèmes et mes minuits aux seins prophétiques des femmes : et qu’il en tombera un jour des livres
qui ouvrent toutes les portes ; qu’il y aura un printemps qui prête ses ailes à toutes les saudade*.
O mon ami penché tout au fond de sa cage à la fenêtre en flammes du rêve cubain, ta poésie d’adolescent vaincu a droit à la première marche éclairée
de la beauté où elle tient les mains et les yeux ouverts pour accueillir avec joie ta chienne de vie qui reviendra chaude encore de sa course désespérée dans l’obscur
chemin des hommes
René Depestre

La page tremble à l’endroit marqué par le doigt
un temps d’arrêt
les yeux ont rejoint les mots écrits
Les mots se sonorisent
c’est le vent
c’est le sel
c’est le bois
la lettre minuscule prend toute la place.
Derrière la respiration qui s’accélère la phrase gonfle
on se lit à à voix hôte dans le même lit
Niala-Loisobleu – 13/11/18

Je suis
Atibon-Legba
Mon chapeau vient de la
Guinée
De même que ma canne de bambou
De même que ma vieille douleur
De même que mes vieux os
Je suis le patron des portiers
Et des garçons d’ascenseur
Je suis
Legba-Bois
I.egba-Cayes
Je suis
Legba-Signangnon
Et ses sept frères
Kataroulo
Je suis
Legba-Kataroulo
Ce soir je plante mon reposoir
Le grand médicinier de mon âme
Dans la terre de l’homme blanc
À la croisée de ses chemins
Je baise trois fois sa porte
Je baise trois fois ses yeux !
Je suis
Alegba-Papa
Le dieu de vos portes
Ce soir c’est moi
Le maître de vos layons
Et de vos carrefours de blancs
Moi le protecteur des fourmis
Et des plantes de votre maison
Je suis le chef des barrières
De l’esprit et du corps humains !
J’arrive couvert de poussière
Je suis le grand
Ancêtre noir
Je vois j »entends ce qui se passe
Sur les sentiers et les routes
Vos cœurs et vos jardins de blancs
N’ont guère de secrets pour moi
J’arrive tout cassé de mes voyages
Et je lance mon grand âge
Sur les pistes où rampent
Vos trahisons de blancs !
Ô vous juge d’AJabama
Je ne vois dans vos mains
Ni cruche d’eau ni bougie noire
Je ne vois pas mon vêvé tracé
Sur le plancher de la maison
Où est la bonne farine blanche
Où sont mes points cardinaux
Mes vieux os arrivent chez vous
juge et ils ne voient pas
De bagui où poser leurs chagrins
Ils voient des coqs blancs
Ils voient des poules blanches
Juge où sont nos épices
Où est le sel et le piment
Où est l’huile d’arachide
Où est le maïs grillé
Où sont nos étoiles de rhum
Où sont mon rada et mon mahi
Où est mon yanvalou ?
Au diable vos plats insipides
Au diable le vin blanc
Au diable la pomme et la poire
Au diable tous vos mensonges
Je veux pour ma faim des ignames
Des malangas et des giraumonts
Des bananes et des patates douces
Au diable vos valses et vos tangos
La vieille faim de mes jambes
Réclame un crabignan-legba
La vieille soif de mes os
Réclame des pas virils d’homme !
Je suis
Papa-Legba
Je suis
Legba-Clairondé
Je suis
Legba-Sé
Je suis
Alegba-Si
Je sors de leur fourreau
Mes sept frères
Kataroulo
le change aussi en épée
Ma pipe de terre cuite
Je change aussi en epee
Ma canne de bambou
Je change aussi en epee
Mon grand chapeau de
Guinée
Je change aussi en épée
Mon tronc de médicinier
Je change aussi en épée
Mon sang que tu as versé !
O juge voici une épée
Pour chaque porte de la maison
Une épée pour chaque tête
Voici les douze apôtres de ma foi
Mes douze épées
Kataroulo
Les douze
Legbas de mes os
Et pas un ne trahira mon sang
Il n’y a pas de
Judas dans mon corps
Juge il y a un seul vieil homme
Qui veille sur le chemin des hommes
Il y a un seul vieux coq-bataille
O juge qui lance dans vos allées
Les grandes ailes rouges de sa vérité !
René Depestre

Une grue au sol, un trou sur la chaussée, j’attends, à gauche la Soloire s’en fout elle coule, sans dire un mot. L’ensemble est vêtu d’un manteau de brouillard.
Le temps que le creux s’approfondisse je te pense, c’est clair comme rien à dire tellement ça me cause.
Nous sommes seuls, le moindre est plus net que le gâchis de surabondance. Au moment où penfant que tu traversais le cimetière, la vie t’a mis cette aura qui remet le conteur à zéro. Ce que l’on est reste , s’il le faut, le temps nécessaire aux circonstances de rétablir le visage de naissance.
Le sommeil qui voyage tranquille dit tout sans qu’il soit nécessair de poser du décor au remblais. Les canards ne se plaigne pas de la force du courant, ils le prennent en tobogan.
Pendant que les bouches engloutissent le bon sens, j’avance en suivant la flèche de tes cailloux.
1
Ma bouche folle de systèmes
folle d’aventures
place des balises
aux virages les plus dangereux.
2
Ma bouche noire de détresse noire de culture noire de nuit fort noire boit son bol de clartés.
3
Enceinte de chansons enceinte de tendresse dès mes premiers pas d’enfant ma bouche tient des propos qui scient la lune en deux.
4
Ma bouche de poète pleine de présages dit aux humains la peine d’un monde à s’ouvrir
les veines !
Paris, 1947
René Depestre
A peine le cantonier me faisait signe d’avancer, que plus rien ne t’interrompait plus. Ttut ce que tu avais à me dire s’ouvrit plein silence, ta bouche dans la mienne avait les oreilles fermées sur le monde d’à côté…
Niala-Loisobleu – 13 Novembre 2018

Parti de son vieux pays maya brisé un oiseau-quetzal est descendu dans mon jeu : je suis pour lui le toit d’une petite maison en bois rustique ; je suis une épaule de nègre
habituée à porter des fardeaux qui pèsent plusieurs siècles de solitude ; je suis le poète qui ne se rend pas au cyclone ni aux lubies de
Castro ; je suis le poète qui n’a pas à rougir du feu libre de ses mots ni des roses et des mimosas de son jardin.
Heberto est pour moi le pote de la nuit
de gel à
La
Havane où nous avons ensemble
mesuré l’avancée que le temps des poètes
a gagnée en savoir et imagination
sur un macho dont les matins étaient comptés.
Nous souffrons sous le sabot du cheval-sorcier* : nous ne cédons pas à sa furie ; enfermés tous les deux dans sa cage à tigre du
Bengale nous semons nos chants de justice bien plantée : les voici sortis vainqueurs du gros mot en -isme qui vola un soir les mots et le temps nôtres pour les ajouter au mauvais
temps de l’Histoire !
René Depestre

L’éclair de tes dents
cils qui se frôlent
l’air qui s’arrête
au plafond de ta tête
maboule à la renverse
je te sens courir à langue déchaussée sous mon né
Se lient nos vallées
un point d’orgue orgue vente…
Niala-Loisobleu – 12/11/18

LE POING PRES DU CŒUR
Midi dormant.
Trembleur, voici les écoutilles, les bâts, la rivière au long cou dont je touche l’embellie, la pierre-fendre ou le lit.
Voici repos carré, bonne entente.
Rêvons de muscles ou de leviers, de jardins tués, de grenouilles, d’attelles, de piliers du cœur.
Pâle, ô parle ou fais parler ceux qui nous caressent, excitateur savant des tempes, grand chemin que la foudre mord, malmène, détruit.
Blanche, la secousse assaille le bref délire, le doigt creux, le sommeil soudain, la camarde.
Blanc d’œuf.
Luge.
Bon caillot léger du coude.
L’épicier dort dans l’œil
d’un borgne à court d’haleine.
L’épervier pille le cœur
d’un dormeur qui nage.
Et les doigts touchent
l’obscur pays
des sabots wallons,
le miroir exsangue, la châtaigne.
Femme au lever des bras :
la main descend près du visage.
Nous nous parlons.
Cheveux.
Noyaux.
Jardins qui tombent.
Âne très blanc de ton corps,
qui est un corps de femme,
un corps qui vint ici,
qui n’est que salive,
et sueur, et eau.
Pouce au doigt sans engeance.
Grand parc de poudre aux yeux.
Jubilation du sommeil
entre les jambes.
Cheville de verre: longue sarbacane où vit le maigre voleur de sable qui dort dans mes cheveux.
J’appelle à l’aide: roule ta bosse, tambour; petites femmes sans chaussures, fermez les yeux du mort.
La marche est légère : je donne à mes doigts le feu des cerises.
Le savon, dans la cruche, pierre de patience, douceur d’eau douce, a le ventre moins rond qu’une fille rieuse.
Une échelle de voleur sort du puits sans vacarme.
La langue est dans la langue
un mot qu’on ne dit plus :
la main touche la main
la plus blanche ou la plus gelée.
Tu vis dans le fourreau
d’une chambre étroite.
Et le frère et le voleur savent
les objets que tu veux :
le poing tout près du cœur,
l’aiguille dans la paille,
l’étui moussu du feu,
le gouvernail contre la jambe.
Les jambes dans l’herbe, serrent les jambes et les jambes.
Je volais ta langue, tes doigts et tes toupies, voleur couvert de froid dans le village du dimanche, dans la chambre du tambour.
Tu mords la laine ou le feu, tu aimes ce que tu aimes : l’animal cousu, la pierre trouvée, le doux venin de l’œil, le givre allongé de l’arbre.
À respirer l’ail.
Toupie crie crécelle. À respirer la craie.
Le cri déchire l’œil. À respirer la menthe.
Doux feu l’endort. À respirer ma propre haleine.
… et me dit que j’arrache
poutres et balivernes.
Et que je cesse d’être
domicile de sable
ou serre sans chaleur.
C’était écrit quelque part :
c’était ce peu de peau
qu’on cherche et qu’on caresse.
On respire l’odeur
des maisons qu’on détruit.
Le bon chemin dort dans la loutre. (Est-ce un animal ?)
Le venin rond, le pouce affûtent le fil de l’œil.
J’embrasse la crosse d’une arme vaine dont je trouve le nom sous l’écorce peinte de tel arbre debout.
Je dirai septembre de sangliers dont on meurt ; glacis des châtaignes dans chaque poing, chaque doigt, chaque phalange.
Et nos villages traversés d’enfants.
Nos oursins gonflés de jaunes d’œufs.
Mais rien n’est gelé dans l’œil: la petite pupille rétrécit.
Le levain dort dans l’avoine à coudre.
On enveloppe de laine chaque regard qui vit sa propre vie.
Déjà, l’on dit déjà; l’on refait le mouvement du bras gauche qu’on croyait perdu.
Vents et marées sont vents et marées.
Sous l’escalier, le front de taille étouffe les mineurs allongés, qui ont dans le front cent lampes de papier bleu.
Nous voici montant vers la colline, calvaire, cal, carcan sans soleil.
Avec des enfants creux et légers.
Vingt élèves dorment la tête dans le foin, les membres immobiles, les yeux sous les paupières comme de minuscules collines cachant des mines d’or.
Et les nerfs sont dans la jambe.
Et les doigts serrent les caresses: fourrages, prunes, œillets, pierres sans odeur, grains fructueux, tout se tait. (Les grands enfants n’ont qu’un poing endormi !)
Je n’ai jamais connu la moindre chose: ni les chemins pointus ni les étangs trouvés ni les langues arrachées.
Voici que vient le paysan patient sur les épaules d’un promeneur de laine.
On crie dans la bouche.
On vit dans le bras gauche.
Les ongles sont des faux.
Les onguents apparaissent à travers la peau: sang toujours plus rouge qu’on ne croit, fouillis de fibrilles, lait qui fait le sourd bonheur du sein.
Et l’on voyage comme un passeur d’eau.
On coupe le papier.
On écrit le poème.
Ici montèrent cagoules et essieux.
Arbres surplombent et le nom de pierreuse évoque tombereaux d’oursins, de cailloux lisses.
Haleine très lente de quelques alpinistes.
Soutènement du cœur, dont l’aorte bat.
Carré de soleil de quatre mètres sur trois, qui annonce l’ère de ce qui est, de ce qui vit autour de nous.
Pâle escalier où coule à coulée claire un soleil d’octobre.
Le raidillon déguerpit vers les terrils anciens, où vivent les cœurs noirs des mineurs, à la bonne franquette du charbon.
Le tissu nerveux, l’eau-de-vie fêtent la campagne et les monts quant à moi, je marche et marche, et serre osselets ou marrons, billes.
Dès que l’odeur blanche envahit les tilleuls, je dors avec des femmes.
Je nourris mon sommeil de jambes ou de lèvres.
Un chat mange la main d’un dormeur endormi.
Mont de l’épaule,
écart bleu de l’œil à l’œil,
chemin d’une seule veine
qui fait le tour du corps…
La carcasse te protège
des pics, des aiguilles;
ma maison très petite
est dans ma bouche,
y entre qui veut,
vêtu, dévêtu, libre
d’aller et de venir
avec des doigts ou des corolles
La tempe du sabot dort dans le poing de l’œil.
Quelle cruche alléchée fait sourde panse?
Qui tue le sommeil dont le bon grain nous comble ?
Affût pur des oiseaux que la main libère.
Je tourne en rond dans l’œil d’un voyeur du dimanche.
Union des fées et des sabots Épave, écharde, étrave…
Basse amitié des morses, passe d’armes et de ciguës.
Je vole ta langue, ma double voix déchire mon frère le plus pur.
Ceci explique l’hiver, la maisonnée: pots de tabac, maillets, voix de bébés, noisettes.
L’escalier de laine offre aux visiteurs barres de cuivre, tapis de cent ans.
Le bon tonneau cache les vêtements du mort
Ville de mille chambres:
les grands chameaux, le brouillard
l’enjambent, la dissimulent.
Cafés bleus du
Carré.
Bon tabac doré de
Meuse.
Pêle-mêle ou mêle-pêle,
enfants pâles et pierreux :
voici les teinturiers
de bon teint, de grand teint,
de petit teint, les tisserands
tissant l’escalier de laine.
Ville de mille aiguilles
sous la peau, la pluie.
Coupe la main du lecteur:
Judas, dans la laine, tisse le tissu.
Je vécus dix heures dans la peau d’un autre.
Peux-tu bouger la langue dans la bouche du voisin ?
Les intrus ont l’air d’être sourds et aveugles.
Kick starter de la machine.
Moto pâle, moto pâle.
Le venin de la vitesse, le bon venin du nord, te mord ou te dorlote, te pétrifie, te coud d’acier.
Est-ce le chahut des tubes qui casse en mille tessons le fracas des mitrailles?
Roulons vers
Vottem.
Baisons lèvres et pneus.
Le feu parle, hurle, parlehurle.
Feu qui moud n’a pas d’os,
meurt dès qu’on sommeille
ou qu’on dit bleu.
Feu fourré qu’on trouve,
qu’on achève de sucer.
Feu-sexe où l’on brandit
le dard, le doigt sans anneau.
L’herbe étouffe l’herbe.
Y font bombance les noix,
les carabes du dimanche,
les bogues, les chats.
Pourpoints en boule
y ont leur logement,
leurs nuits sans mailles.
Déjà, filles en feu
cassent le sarcasme
de ce qu’on ébrèche.
L’animal bleufeu
rôde et glapit :
chanson sans chanson;
siffle qui peut
dans les doigts que j’aime.
Dans le bras, voici le feu
qui monte, qui monte,
qui fait la bête.
Une seule haleine d’orme
est une leçon d’écriture.
Pourquoi les bourgs
ont-ils gardé les femmes
fileusesde laine?
Mon grand loup, déjà,
quitte la meute et s’en va,
traverse ma paume.
La longue échine, à l’abattoir.
attire les pleureuses.
Touche en même temps
l’ongle et la langue.
Audace de celui qui veut
que la lampe allumée
soit toujours avalée.
Nous perdions les dés sous la table.
Et le jour tombait.
Mendiants frappaient aux portes :
un peu de lait, s’il vous plaît,
un peu de farine et de miel…
Mais nous cachions dans nos armoires
nos escarres, nos moignons, nos pieds bots.
Jacques Izoard
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.