MA MAISON BLEUE – NIALA 2010 – Acrylique s/toile 61 x 50
MA MAISON BLEUE
Posée nulle part où tout se lotit, partout où les mauvaises herbes sont si hautes que les routes détournent le viol de la nature, où les rus qui sifflent entre les pierres se font crues torrentielles au premier bruit des chaînes des usines et de leurs vikings galères, elle se fait pré, buisson, carré d’avoine, luzerne dans un orchestre de garenne, assemblée d’abeilles, meules à aiguiser le sentiment, et toutes idées saugrenues, primesautières n’ayant d’autre but que celui de l’isoler des agressions de la société.
Elle s’est faite des quatre éléments, pour ne s’ancrer en aucun lieu d’idée sédentaire. A la fois radeau, cerf-volant, cheval, semelles de vents, oiseau, elle habite où bon lui semble, en dehors des impasses, au sein du libre-arbitre.
De fleurs boutonnées aux patères des aveux
De tiges de botte en couverture
De draps moirés du reflet des frissons
De confiture aux bords des ourlets de l’écuyère
Du roulis du cheval qui ouvre ses sillons
De senteurs boisées sur coulis de dos d’âne
De tomettes vertes à l’escabèche
De marches du palais à la luette
De caves en saoul pente
D’étages sans as censeurs
De meules et de regains en chambres
De greniers sans mal dedans
De fenêtres courant au-devant de l’horizon
De couloirs en coursives autours des océans
De lézardes aux murs d’enceintes
De pont-levis sur les eaux fortes
D’intentions inavouées mises aux glaces des armoires
De fantasmes accomplis dans le faire forgé des volcans impatients
L’arbre étend ses branches du levé au couchant, et les feuilles s’orientent aux quatre cardinaux.Elle porte tous les fruits et transporte les graines de l’amour de l’autre, au potager qui ne sait rien du produit conditionné. Planches aromatiques fuyant l’encens. Il n’y a pas de serrures aux portes, juste des échelles pour entrer.
Entre le soleil et la lune un arc-en-ciel arrose l’espace des eaux de la lumière. On dirait un tableau d’ailleurs. L’oeuvre d’un fou d’amour, d’un fou de vie, qui aurait recouvert la laideur des jours d’une couche de peinture aux pouvoirs magiques. Pellicule d’un glacis, croûte d’une pâte épaisse que les caresses des pinceaux, les lissages des couteaux appliquent en transparences ou enduits.
Elle est la verticale. Le yin et le yang ont posé leur cercle sur la diagonale.
Elévation symbolique qui réunit la Terre au Ciel, dans le passage purificateur du bleu. Les innocents gardent les mains plaines.
Niala-Loisobleu – 1er Janvier 2011

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