CE QU’ÊTRE PEUT


CE QU’ÊTRE PEUT

Je sais plus ? Un matin, ou un soir ? Mais qu’est-ce que ça peut faire même s’il faisait noir le soleil était à l’intérieur, rien à voir avec un sable fin des Seychelles, des pilotis aux Maldives, un safari à la fonte du Kilimandjaro, non mon gars, rien à voir avec tous ces mirages que les futurs marchands de  fromages te proposent en tartines. Pas un faux rêve, fabriqué dans les usines de Bollywwood, sur un éléphant qu’est même pas rose, ni bleu ni rien, mais gris de trop de sécheresse. Un coin doux et chaud comme une Colombe, qui te tord le boyau du coeur, parce que bien sûr qu’on l’sait que la vie est une chienne enragée, mais qu’on est pas là pour se faire mordre. Et si bien décidés, qu’on a compris que c’est pas en aboyant comme des chiens mécaniques que l’on bloque le passage des caravanes. Il y a ceux qui font du bruit et ya ceux qui passent à l’acte. Tu connais Entraigues, ah l’Ardèche tu croyais que c’était une nouvelle expression, l’Art Dêche, une chanson de lampistes. Bof, c’est vrai que c’est beaucoup moins voyant que les préoccupations de la jet set. Le poil ça garde l’odeur de soi. Une paire de moustaches n’a pas séchée les traces du lait de chèvre, et le goût de la tome aux genêts des cheveux de Jean, la montagne s’est juste un peu reculée pour ne pas faire d’ombre à son zénith. Il est mort debout, dans un chant de blé, tel qu’il le voulait. A table avec les enfants de la cantine, ils partagent en couleurs de France, l’espoir de faire taire les profiteurs d’amour, les escrocs de la foi, tous ces trafiquants d’humanité. Et comme ce jour là, où le parapluie rouge en main, ils allaient Colette et lui à leur premier repas républicain, je chante « ça ira, ça ira, il est toujours vivant Jean Ferrat » !

Niala-Loisobleu – 2 Mai 2017

 

MISE AUX POINGS


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 MISE AUX POINGS

Je n’ai jamais accordé asile au hasard, pensant que rien n’arrive sans raison. Si cet endroit m’interpelle, c’est donc par ce qui s’y passe, s’y fait et ne s’y fait pas. Je ne reviendrai pas sur les turpitudes qui s’y déroulent. Je n’ai jamais dissimulé ma pensée à cet égard, particulièrement sur la censure qui règne en bien des domaines, Etablissant de façon certaine un climat de servitude, par un système de cour.

Créer est ma raison d’être,

Il me faut façonner, peindre, dire, habiller, chanter, parcourir, rire, décrire, l’instant présent, ses mouvements de marée, ses changements de lune, son cap, avec trois grains de philosophie, de regard par delà le bout de mon nez, par tous mes sens. Le toucher et l’odorat, sans doute plus affutés que les trois autres. Me remplir jusqu’aux neurones, pour atteindre l’intérieur des choses, loin de leur apparence. Sans laisser la mode mettre ses influences au monde. Non penser tout seul, penser tout court, sans aide de bonimenteurs, de gurus, de marchands de promesses. Et ne pas laisser les flatteurs répandre leur sirop de fourberie sur ce qui n’est pas moi, sur ce que je n’ai pas voulu être, L’humilité ne se déclame pas, elle se vit à l’écart des paons, je ne suis pas un chapeau de messe dominicale qui s’agenouille, pas un coureur de couloirs à médailles, pas un hochet de salon, je ne réponds pas aux invitations me voulant indépendant de listes et de couvert à poisson. Laissez-moi manger avec mes doigts, Dire mon bonheur de vivre comme un sauvage. Lucide et utopiste.J’ai vu, j’ai vécu, je peux dire, sans racoler, sans envie de brosse à reluire. Le plaisir de donner est grand mais de grâce ne me prenez pas pour un jobard.

Ah que la vie est belle, que l’amour est riche, mais comme la tristesse récurrente est affligeante.

Niala-Loisobleu – 18 Mars 2017

Etienne de la Boétie (1530-1563), écrivain français. Il a écrit Le Discours de la servitude volontaire ou le Contr’un son principal ouvrage alors qu’il n’avait qu’à peine 18 ans. Il fut conseiller au Parlement de Bordeaux dés 1553, c’est-à-dire à 23 ans. Il reste cependant connu pour son amitié avec Michel de Montaigne.

Pour mémoire: Discours de la servitude volontaire (extraits) Etienne de La Boétie

Il y a trois sortes de tyrans.

Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race.

Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre s’y comportent — on le sait et le dit fort justement comme en pays conquis.

Ceux qui naissent rois, en général, ne sont guère meilleurs. Nés et nourris au sein de la tyrannie, ils sucent avec le lait le naturel du tyran et ils regardent les peuples qui leur sont soumis comme leurs serfs héréditaires. Selon leur penchant dominant—avares ou prodigues —, ils usent du royaume comme de leur héritage.

Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu’il devrait être plus supportable ; il le serait, je
crois, si dès qu’il se voit élevé au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi qu’on appelle grandeur, il décidait de n’en plus bouger. Il considère presque toujours la puissance que le peuple lui a léguée comme devant être transmise à ses enfants. Or dès que ceux-ci ont adapté cette opinion, il est étrange de voir combien ils surpassent en toutes sortes de vices, et même en cruautés, tous les autres tyrans. Ils ne trouvent pas meilleur moyen pour assurer leur nouvelle tyrannie que de renforcer la servitude et d’écarter si bien les idées de liberté de l’esprit de leurs sujets que, pour récent qu’en soit le souvenir, il s’efface bientôt de leur mémoire. Pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelques différences, mais de choix, je n’en vois pas : car s’ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de règne est toujours à peu près la même.

Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d’esclaves qui leur appartient par nature.

Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres !
Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous
allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes.

Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ?

Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ?

Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats
dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte.

Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres.
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Texte complet :
http://www.forget-me.net/LaBoetie/servitude.pdf

UN PAPILLON VOLE ET MOI AVEC


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UN PAPILLON VOLE ET MOI AVEC

Tête vers l’intérieur, le mouvement des rideaux pose ses doigts sur le rebord de la fenêtre. Dos douloureux, front glacé, une tache contre au manque de clarté de la vitre. La pièce retient visiblement un ensemble d’idées disparates, dans un désordre tel que rien ne tient debout. L’endroit et l’envers se cognent dans les murs d’un palier à la minuterie coupée. Combien d’étages restent-ils à se farcir? Les seules nouvelles attendues n’étant pas arrivées, la boîte à i’être s’écrit en monologue . Il est une boule de cristal, au bas de la rampe. Cet espoir surhumain qui coupe le gaz au bon moment.La musique elle-même n’ose plus faire le moindre mouvement, on la sent sur le pas d’une pudeur extrême, elle si vive, si insouciante, toujours le pas de danse à la bretelle. Le prétexte à sortir du sillon mis spontanément en avant, tel un printemps qui résiste au gel. Et les casseroles repliées sur la batterie de la désinformation , n’émettent pas le moindre bruit qui s’avère, on les sent un peu honteuses, sans toutefois le dire. Seraient-elles coupables ? Pourquoi pas ? Oui, mais de quoi ? De ne rien dire ? Ah la fuite en définitive c’est ça, ce qu’il y a de rassurant. Seulement voilà c’est pas comme quand tu te promènes le nez collé à un petit papillon bleu. Alors tu traverses le champ en sautillant. Pour ne rien perdre de l’acrobatie du vol, t’as les narines au pot de l’animal, qui fait son meeting aérien.Tu chantes et ris, oubliant que t’étais sorti à poil, juste les lacets dénoués de tes semelles de vent aux pieds. Même pas un chapeau de paille, du soleil sans ombre, trempé dans de la fleur des champs, dans la couleur du bonheur. Et ça monte, ça redescend pour dessiner de la volupté, de la spirale, du tourbillon, le manège de tes tuileries, hennissant de tous ses chevaux de bois. Y a même le violoniste du coin de la rue qui fait se tordre l’accordéon de la fleuriste des quatre-saisons. Des sauts de frissons parfumés, des sauts de jours de faites l’amour pas le guère. Et de la fenêtre du 5°, le piano secoue son clavier, la nocturne s’éparpille, c’est matin, c’est vite on court dans l’escalier, les cerfs-volants passent la rampe. Sur les étagères les bocaux de cornichons resteront les seuls à mariner.

Le petit papillon vole toujours…plus fort que la réalité pleine de choses à pas pouvoir décoller du sol.

Les alliances de la combine se rendront toutes seules à l’église pour baptiser la mort.Nous on veut vivre !

Niala-Loisobleu – 24 Février 2017

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L’Instant, entre et puis…


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L’Instant, entre et puis…

Ils sont là tout autour, des deux genres, habillés de leur humeur et j’en passe. Parfois, se poser ne serait-ce qu’une question, entraîne ailleurs, plus loin que la destination qu’on avait choisi d’atteindre.

Penser à l’une ou l’autre, dit:  » je te sens, tu vas bien comment. »

Et le bruit d’une circulation difficile à débrouiller en distinction, au point qu’on finit par fermer les volets pour s’entrer dans son jardin que la mer borde de cette écume qui vous isole. Parfum boisé, la cabane sifflote, des oiseaux marins jouent à faire des châteaux, qu’est-ce que ça peut foutre que l’Espagne soit pas loin. Tu t’appelles Personne, tu ne ressembles pourtant qu’à une seule quand t’es Toi. Mais, il y a un mais.C’est pas tous jours.

Rien que voir les vagues me suffit pour voir naviguer la cabane en faisant la planche. J’ai pu qu’à planter le mât et carguer la voile. On appareille comme personne ne possède. Mais tu ris ah, l’aubaine !

Comme il y a la bonne et la mauvaise herbe, il y a le vivant en moindre quantité, qui le prouve sans flafla et l’autre, plus répandu, qui fait semblant, sauf pour faire chier, où là, il ne lésine pas ses efforts.

Ainsi la vie reprend les bonnes couleurs. L’espoir ne sent plus la merde journalière. Toutes les combines du pouvoir on s’assit dessus et on dégaze.. Il n’y a pas de plan B. Où tu te repeins où tu sors pas des désespérés qui vont devoir attendre leur mort, quelque soit le temps qui lui faudra pour arriver.

Loisobleu – 19 Février 2017

ALTITUDE


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ALTITUDE

Aux chemins qui s’étirent de si loin, les rides du terrain ont fait des pattes d’oies redirectrices.

Des brises-glaces, ouvrant des courants dans les impasses.

Air droit devant.


Par l’interstice d’un Décembre, passe un signe comme seul un homme ayant gardé assez de l’animal,

peut en corps capter le signal.

Jusqu’au menton, d’une plage à l’autre versant d’une huître baillant aux moins clairs d’une cabane.


Goudrons échappés des pollutions d’embouteillages – deux vies posent leur masque à l’ozone –

arrêt suffocatoire.


Un été pas comme les autres, en plein hiver, ne voulant plus être en quelque sorte.

ça suffit.

Eté marre.
été arrêtons.

Soyons être

Un tout petit trop temps de pause va s’achever. Ils rentrent !
Je m’étourdis d’un plus de liberté,

Rideau de fer, chape de plomb, coupure du fluide, stop

rebranchons-nous comme l’arbre se dégourdit d’un désir de bourgeons
Du haut de leur ciel…

Niala-Loisobleu – 12 Décembre 2016

 

GERALD BLONCOURT


EXTRAITS

La colère
est en moi
je hume l’existence
je me heurte
aux fils de fer barbelés
de la désespérance
je franchis les ruisseaux
boueux de l’inquiétude
Martissant, Carreour-feuille,
Bizoton, Jérémie, Jacmel,
Pétionville, Port-au-prince,
l‘Ile de la Gonave,
bruissants de misère
L’azur est en folie
Tout se mêle
S’entrecroise
Et se noue
Je sonde l’espace séculaire
Ce brassage de peuples
Qui fil sonner le glas
Du sordide esclavage

Je dis à la jeunesse
Aux yeux-diamants
luisants d’espoir
Aux cohortes affamées
des bidonvilles
aux créateurs
peintres
poètes
écrivains
L‘heure est venue
De dire NON
aux imbroglios
des politiciens véreux
aux corrompus
aux assassins

Le jour se lève
en ma mémoire
Les « CINQ GLORIEUSES » de Janvier 1946
Ont offert au Monde
Un sursaut salutaire

Haiti d’infortune
des tremblements de terre
tes enfants sont là
Kampé ! Debout !
Je crois en tes vertus
En vous
Nouvelle générations
Je crois en ce renouveau cosmique
De Liberté, d’Égalité et de Fraternité

Je dis Merde à l’Espace
Je crie mon mot d’ordre
« Kembe fèm ! pa lagé ! »

Salut à vous
mes racines profondes
mon doux parlé créole
mes cassaves, boborits
rapadou, mes rorolis,
mes pisquettes grillées
mon choux palmiste

Salut à vous Furcy
Kenscoff, le Morne Bourrette
Le Massif de la Selle

Salut à vous
Dessalines, Toussaint Louverture,
Héros de l’Indépendance

Salut à vous Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis,
Gérard Chenet, René Depestre
Et tous les autres

Je m’incruste dans les rues démembrées
Je soude espoir et certitude
pour bannir l’obscurité.

 Gérald Bloncourt

29 novembre 2016

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Gérald Bloncourt

bloncourtblog.net

Viens, Libre, à ma pensée…


Viens, Libre, à ma pensée…

Des glycines d’étoiles suivent mon esprit tonnelle
comme ce vent que tu libères de ta poitrine déboutonnée
a du bleu dans la nacre rose qui me trace un parfum de dentelles
par l’envolée d’haleine passée depuis la porte ouverte de ton jardin pubien
Nous ne monterons aux  étages de nos chambres claires
qu’après que les cours désengouées de privilèges
auront levées l’interdit de se rouler dans l’herbe
Libres serons alors de voler en oiseaux chapardeurs de cages
Enfants de toits mon Amour !
Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2016
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LA MEMOIRE DES MUSES 4


LA MEMOIRE DES MUSES 4

L’Amoureuse en Secret

Elle a mis le couvert et mené à la perfection ce à quoi son amour assis en face d’elle parlera bas tout à l’heure, en la dévisageant.
Cette nourriture semblable à l’anche d’un hautbois.

Sous la table, ses chevilles nues caressent à présent la chaleur du bien-aimé, tandis que des voix qu’elle n’entend pas, la complimentent.
Le rayon de la lampe emmêle, tisse sa distraction sensuelle.

Un lit, très loin, sait-elle, patiente et tremble dans l’exil des draps odorants, comme un lac de montagne qui ne sera jamais abandonné.

René Char

La lune sur le coup de minuit sortit ses pieds nus, un besoin de bain de soleil l’ayant parcouru d’un bout à l’autre du corps. Tandis que les étoiles filantes acheminaient le courrier céleste, elle avait ouvert sa pensée à la page à musique. L’épitre ornée de riches heurs donnait sur un vieil instrument baroque, sorte de viole à plusieurs cordes du kama-sutra. Au-dehors la forêt se balançait au bout de ses lianes. Les fleurs qui avaient travaillé tout le jour sous la conduite du parfumeur le plus habile à assembler les fragrances, dormaient, tandis que celles des équipes de nuit agitaient les draps pour en extraire les épices.

Et toujours les mêmes petites maisons enlacées.

Debout sur le pont, un oiseau dépêché d’un archipel lointain se proposa pour donner plume à l’écriture des ébats. Son innocence ne prêtant pas à ragots, on l’accepta sans mots déplacés. Il fut déclaré Secret Taire par l’assemblée des initiés et on le plaça devant un pupitre rescapé d’une communale de Jules Ferry. Dans le casier à couvercle, des vieilles cartes de nos régions racontaient le nom des ancêtres, un vieux bouquin d’Histoire donnait la liste des rues d’une ancienne humanité. Puis des bouts de craie, un chiffon, des bouts de ficelle et un compas sans règle étaient là pêle-mêle un éclat d’oeil aux lèvres. En haut de l’écritoire, l’encrier blanc en porcelaine riait malicieusement en se souvenant des zizis qui y avaient trempés dans les écoles de garçons. Pour montrer à la sortie de celle des filles combien l’encre peut conter.

La peinture ne te sèchera jamais ma Muse. Elle t’enveloppe. Robe aux transparences de soi qui devance le désir et phantasme par la transcendance un pouvoir magique. Tremble de ces frissons qui portent à la folie la plus extrême sans que l’impuissance puritaine puisse en interdire l’exercice.

Bien sûr que je t’aime !

Niala-Loisobleu – 20/05/16

 

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LA MEMOIRE DES MUSES 4
2016
NIALA
Acrylique s/toile 41×33
Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com
20 Mai 2016

Les frères ( paroles d’Atahualpa Yupanqui)


Les frères ( paroles d’Atahualpa Yupanqui)

Les frères

J’ai tant de frères,
Que je ne peux les compter,
Dans la vallée, la montagne,
Sur la plaine et sur les mers.

Chacun avec ses peines,
Avec ses rêves chacun,
Avec l’espoir devant,
Avec derrière les souvenirs.

J’ai tant de frères,
Que je ne peux les compter.

Des mains chaleureuses,
De leur amitié,
Avec une prière pour prier,
Et une complainte pour pleurer.

Avec un horizon ouvert,
Qui toujours est plus loin,
Et cette force pour le chercher
Avec obstination et volonté.

Quand il semble au plus près
C’est alors qu’il s’éloigne le plus.
J’ai tant de frères,
Que je ne peux les compter.

Et ainsi nous allons toujours
Marqués de solitude,
Nous nous perdons par le monde,
Nous nous retrouvons toujours.

Et ainsi nous nous reconnaissons
Le même regard lointain,
Et les refrains que nous mordons,
Semences d’immensité.

Et ainsi nous allons toujours,
Marqués de solitude,
Et en nous nous portons nos morts
Pour que personne ne reste en arrière.

J’ai tant de frères,
Que je ne peux les compter,
Et une fiancée très belle
Qui s’appelle liberté.

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