D’osaka à tokyo


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D’osaka à tokyo

Mon amour, je t’écris dans le Boeing en feu
Qui plonge vers la mer. Je ne reviendrai plus
D’Osaka à Tokyo, je suis devenu vieux
Ai-je fait sur la Terre ce qu’il aurait fallu?Je prie pour qu’on retrouve ce dernier mot de moi
Sous cent tonnes d’acier au fond de l’océan
Devant, c’est la montagne, mon coeur sur la paroi
Se brisera bientôt. Embrasse les enfants

Je te vois au hublot et les petits qui courent
Sur le flanc des nuages. Il ne faut pas qu’on pleure
Si j’avais su qu’hier était le dernier jour
Où je tenais vos mains, j’aurais été meilleur

Mon destin, ça n’était qu’une paire de ciseaux
Qui guettait mon envol pour me trancher les ailes
Ma vie va s’effacer des murmures de Tokyo
Je plonge vers la mer, le ciel me vienne en aide

Mon amour, je t’écris dans le Boeing en feu

Allain Leprest

ELLE M’ECRIT SES CRIS SUR PAPIER LIBRE 1


Elle

m’écrit ses cris sur papier libre 1

La belle allure, pliée, prête à l’envoi, se pose en question: comment mettre l’adresse à  l’exact endroit du ressenti qui me fit l’écrire ? Voilà le silence d’un couloir entre mes deux seins en corps agités.

Le frisson que tes doigts pourtant là-bas, peut mettre plus fort que la soie qui colle à ma  peau  dessous est un voyage arrivé sur le quai de nos transports.

Et puis ta façon personnelle de signer mon do d’une portée d’ongles non taillés,

ah…. m’aime d’une croix, je te reconnais à nul Autre.

La pluie de tout à l’heure me semble avoir fait faire un pas de plus aux feuilles des branches. Elle a laissé sa marque en bas de mon ventre,

la sens-tu

j’ai collé l’enveloppe avec ce frisson  en corps frais?

N-L. 23/02/17

belle-rousse