APARTÉ


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APARTÉ

Mais le ciel, qui voudra l’ouvrir à l’ombre que je fus ;
Et l’innocence de l’oubli, qui vous la donnera, mémoire,
Songes que la douceur n’a pu désaltérer, et toi
Sanglant désir rôdeur sous ce crâne d’ours.

Jacques Réda

 

 

M’arrachant l’ortie pour m’en faire la soupe, je pris son élégance et me la mis en silhouette, comme un enfant ne peut voir que le sein emplir sa bouche comme raison de vivre.

Sa robe baillait belle, j’étais à l’écoute de sa version d’Indiana Song. Envoûté et sous le charme de sa réalité qu’un neuroleptique absent ne chimique pas, mais vous ne saurez jamais par quelles portes nous avons accès à notre absolu.

Ils auraient dit le diable en demandant au charbonnier d’aller quérir du bois à bûcher. Reste que ce qu’ils peuvent avoir dans l’esprit n’est certainement pas sain.

Sonne Mâtine, en décroisant les rais des parties obscures, fais ton genou clair. Le cheval  a vu l’endroit où ton corps l’attends pour monter

 

Niala-Loisobleu – 17 Mai 2018

INDEFINISSABLE MYSTERE


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INDEFINISSABLE MYSTERE

A la tombée des reins, quand les tâches de manoeuvres méritent la rasade à dépoussiérer le sec, qu’il pleuve ou pas, j’ouvre l’enveloppe d’une condition rêvée.

Les plus gros cailloux juchés à grimpe-moi si t’oses se sont dressés au-dessus du défi des chevaliers de l’autoroute.

J’ai entendu le coq de bruyère sortir du dessous d’un buisson aromatique en déployant son parfum de l’éventail de sa queue. Plus loin des dindons pendaient du glouglou au-dessus du tastevin  comme si la vigne qui s’étirait à flanc de colline avait déjà tiré le pressoir aux pieds nus. Car comme elle me chatouillait la plante le moins que je puisse dire c’est que ce poème de Juillet était plus que prémonitoire. D’aucuns n’auraient pas hésité à nommer ça une publications de bans.

Etrange comme il n’y a pas de distance infranchissable. La notion de tant est insaisissable. L’amour est plus métaphysique que la plus grande des marieuses. Le soir il arrive qu’il dise debout c’est l’heur.

Niala-Loisobleu – 14 Mai 2018

L’ANNONCE AVANCEE


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L’ANNONCE AVANCEE

Je ne prends que le tremblement de la pierre que tu as fendu

sur ma tête, dans les poils blancs de ma barbe, une migration d’oiseaux entre Mékong et Nil étire une longue veillée au pied de l’âtre, les virages cathares semblent prendre les Corbières en étreinte pour garder l’intime d’un exceptionnel événement.

Un enfant aux instincts plus intacts qu’un surdoué, déploie le gauche de sa parole en des gestes précis. Comme si venu du coeur du mystère une pierre dressée devait être placée en borne annonciatrice d’une révélation.

Le tremblement s’est fiché à l’intérieur de mon domaine respiratoire. Le pouls qui me bat le poignet en appelle à l’union. Les oiseaux tiennent le silence d’un espace qui prend position autour de leur formation volante.

L’ébahi a été gentiment reconduit à la lisière du bas-pays.

Niala- Loisobleu – 13 Mai 2018

 

LA BOÎTE A L’ÊTRE 39 / COULE L’EAU


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 39

COULE L’EAU

Chevilles en gargouilles

Au bord du quai

Les ongles d’une nuit griffent

Les pas qui vont de travers

L’Ile St-Louis cherche où asseoir son chêne

Il n’y a plus d’espace vers la justice

La Conciergerie est dans l’escalier

Les affaires renvoyées en poste restante

Un chat maigre surveille la souris de l’ordinateur

Les yeux enfoncés dans un famélique festin

D’un délire d’affamé

Quand la Seine partit un certain matin du Plateau de Langres

Est-il possible qu’elle ait pu imaginer les peines

Qu’il lui faudrait supporter avant de gagner son Hâvre

J’en doute

Quoique les méandres m’interpellent

Ne sont-ce pas des spasmes

Des ruades

Des j’irais pas plus loin

Si elle a eu des prémonitions

Jehanne mise à part

Mais roue en dedans

Peut-être qu’elle a vu la première

Le mal de France

Sous ses formes géopoliticophysiques

Batelières

Ou maritimes

Quelle drôle d’idée d’avoir donné ce nom là à un transatlantique

Surtout quand on flotte de travers

Qu’on prend l’eau à la première goutte

Alors j’te dis pas quand la tempête arrive

J’ai gardé la verdeur de la mousse des bords de quai

Mes fesses en sont tatouées à jamais

Louis , mon père

M’y a appris à lire l’homme

Rhune pas piqué des foins

C’est fou comme un bon maître est un pont insubmersible

On a été quelques uns à cette école là

Nos fronts en gardent les craies

Coule l’eau

Coule la vie

 

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2011

 

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Quand j’anniverse


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Quand j’anniverse

Adieu, passé, songe rapide

Qu’anéantit chaque matin !

Adieu, longue ivresse homicide

Des amours et de leur festin,

Quel que soit l’aveugle qui guide

Ce monde, vieillard enfantin !

Adieu, grands mots remplis de vide,

Hasard, providence ou destin.

Fatigué dans ma course aride

De gravir contre l’incertain,

Désabusé comme Candide,

Et plus tolérant que Martin,

Cet asile est ma Propontide;

J’y cultive en paix mon jardin.

Beaumarchais

Comme quand il pleut à pleurer, je pars donner à la cabane un signe de présence. Elle m’appelle en besoin de chaleur. Même si elle n’est plus là en réalité j’en garde l’existence spirituelle.

Des oiseaux noirs ne tournent pas au-dessus d’elle.

Tiens comme si j’ai un anniversaire que personne sait.

Et puis n’est de sel que je pense qu’il faut nacrer de cet ocre rouille qu’ont les herbes du marais, l’horizon rigide déshabité du bleu rosi du matin , ligne d’espoir puérile mais fond solide, dans le vague ambiant du niveau de l’amer

C’est un chemin de proie, cette vie là. Le plus clair de l’homme étant noir de j’ai et veux plus encore, à l’avide à l’amor, quel cri que mes bacchantes ne poussent jamais !

T’as d’beaux yeux quand tu vas nue au sable de la côte sauvage, tes seins prao, me franchissent la barrière jusqu’à ton corail.

Et je plonge d’avant t’hure en avant t’hure…

Reins tremblants

devant la cabane

j’ai vu ses palpitations visibles

malgré le voile moussu poissé à ses flancs

Il faudra plus d’un changement de régime

pour cicatriser les blessures du paysage

J’avais vu la terre ainsi retournée

c’était des suites de guerre

Je les mets toutes et tous

la douceur

la sérénité

le calme

les soupirs des yeuses aux passages des oiseaux

l’odeur de pin qui grille au soleil

dans les vapeurs de rires enfantins

simplement

pour lui redonner les images que mes yeux ont d’elle

Ce monde traque ce qui est paisible

l’homme-chasseur ne supporte pas le Beau

il faut qu’il dégrade

au nom d’un instinct prédateur

qui n’a m’aime plus rien de l’animal

puisqu’il fait le mal sans motif de nourriture

A moins…

qu’il pense se sauver par un comportement barbare ?

J’en frissonne d’effroi

Au fond de mon jardin je reste

les cheveux trempés dune eau qu’il me faudra rincer des mauvaises vases

La boue acharnée et belliqueuse

englue

toute la baie devant La Cayenne

Au tour d’Oléron le marais submergé

à peine soulevé par une rare cigogne apeurée

sous-marine le sel dans un coin sec de mon vouloir

si humble que son apparence ne se manifeste jamais au contraire de la tenue endimanchée des quidams

en sortie de rôles, de messes fourbes, communions adultères et parties-fines  en groupe…

Niala-Loisobleu – 13 Mai 2018

COMME LE V


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COMME LE V

Le fond du jardin repousse sa limite à cogner en plein Levant

Des charpentiers rabotent les étais en installant des serons

là où on a scié les pilotis des cabanes

Quelques poissons-volants stoppent les accrocs du tant en dérapage contrôlé

La colline aux oiseaux s’est refait la frange avec des chants pignons

Plus de caravanes qui trépassent

Mais des chiens à tête d’homme qui aboient

Rue Jacob

les grandes échelles laissent cabot le tabouret

en l’île d’Elle pas d’exil possible

Des isthmes ma aile

Des plafonds réhaussés

Des orques de bar barrissent

Et toujours la main de ma soeur

La création du Monde

Le Gustave sans courbette

Et du poil à sa zoute

Une splendeur

Mon Arbre de Vie

est planté dans la cabine du Paradiso

Le dernier fusil dort enfin au fond de la rétine de Caïn

Quoi en corps demande un étourneau: juste une fiente sur le bon oeil du borgne

Niala-Loisobleu – 7 Mai 2018

 

QUAND LA MER MONTE


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QUAND LA MER MONTE

Poussières de cabane collées à la sueur du torse

j’ai les reins de docker

au déchargement d’un espace de transfert

canal de Panama

ohé Blaise aurais-tu un oncle à me prêter

Je voudrai aller danser

sur la plage pour entendre le coquillage me dire

« Viens on prend le large »

et me retrouver quelque part sous les plis

de sa robe en arbre de Judée…

N-L – 06/05/18

LES SQUALES


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LES SQUALES

Du roulis qui tire à bâbord

une enfilade réverbère se reflète dans le débit du caniveau

les portes battent genre western

au premier un marin referme son sac

la fille du couloir est restée allongée jusqu’au prochain

La lanterne rouge du claque tourne la manivelle de l’orgue de barbarie

un légionnaire de l’armée de taire

a fini par arracher le coeur d’une fille de joie

Le pavé glisse sur le vomis qui dort paisiblement au coeur de sa coquille.

 

Niala-Loisobleu 5 Mai 2018

 

HISTOIRE NATURELLE


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HISTOIRE NATURELLE

Je suis le vif en

amour

Niala-Loisobleu – 5 Mai 2018

Les abeilles butinent

Un sourire de sarigue
Plumes d’autruche
Chagrins d’autrui
Une famille de plantigrades

L’homme reflète tous les degrés

de la création.
Si l’un mord comme un fauve l’autre mord comme un poisson.

Que connaît-on des mœurs des holothuries?

Grâce au carabou perspicace

le monde est complet.
La sangsue est hermaphrodite.

 

EPREUVE


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EPREUVE

Bout de la ficelle défait de la patte, l’horizon est détaché

propre et figuré.

Les yeux roulement à billes vont y embarquer

pour s’y taire,

faut apprendre à regarder…

Niala-Loisobleu – 3 Mai 2018