GERONDIF


 

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GERONDIF

 

Au débardé d’où part le bateau

ramant de l’herminette

la vague précise

écume la vertèbre de la coque en ioulant comme le tit rôle lien

 

C’était un marbre

cas rare de besoin d’affection

chaud comme une pensée retenue de jésuite choisissant l’ortie

 

Au troisième coup de maillet

le burin ouvrit les placards de Barbe-Bleue, libérant en vestibules les longs corps y dort de l’anti-chambre – label bois-dormant

 

Le roseau sur l’évidé du sureau plia alors

ô grace à ailes

mouvant de pipeau les raideurs d’un serpent retenu dans la paralysie de l’indifférence

si tant est que l’artiste se fondit dans le mot d’Elle comme une seconde peau…

 

Niala-Loisobleu – 25/05/18

 

EN VOL


NIALA L'OISEAU BLEU- 2010 - Acrylique sur toile 46 X 38 008

EN VOL

L’orage en roulant sur la Chaume n’a pas fait peur aux oiseaux. Heureusement pour eux c’est que de la nature, normal, pas comme cet acharnement que mettent le hommes à multiplier les moyens de les détruire. Il y a quelques années le jardin regorgeait d’oiseaux, les hirondelles nichaient, les merles colonisaient, sans que ça dérange la présence de rouges-queues au gros ventre, puis les mésanges jaunes et les rouges-gorges se livraient à des joutes de voltiges aérienne avec toute la famille moineaux.

Aujourd’hui je déplore leur raréfaction sans discrimination de sortes…

Il y a un puissant symbole de liberté attaché à leur présence. Ils sont la raison de l’arbre d’être fou en permanence.

L’ordre du grand désordre avance plus dangereux que l’ont été les guerres de religio et la force atomique dans l’explosion nucléaire. La poésie comment fera-t-elle pour se déplacer si nous n’avons plus les vecteurs du rêve dans la libre-pensée ?

L’amour est sans nul doute une de leur représentation les plus manifestes. De ma branche où je vois venir cette clairière pour la parade, mon sang ne fait qu’un tour. Je sens la réaction chimique traverser mon organisme, des couleurs de tous éclats copulent et gonflent les seins de l’espérance. La pierre a ses hauteurs. Des feux y ont été mis pour détruire un certain état d’esprit. Le mécréant que je suis n’a que faire d’un dieu, d’ailleurs s’il y en avait un, il ne pourrait accepter son oeuvre.

Là derrière mon regard, toi qui sens mes yeux te chercher, prends-en l’entité, baigne-toi le corps dedans, frotte-toi le ventre contre et plonges y ta langue et tes mains, tu peux tout caresser, je n’ai qu’en vie de la garder pour la partager avec toi comme un oiseau fait avec l’air.

Niala-Loisobleu – 23/05/18

VOL A VOILE


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VOL A VOILE

 

Sa corde dans le saut, elle chantonnait au matin, petite fille remise au bon âge.

Le vert des étendues céréalières faisait rouler des ondulations jaunes dans la montée qui précède la récolte, curieusement accompagnée de cette odeur de terre ouverte que le soc au labour fait monter. En spirale ascendante les cormorans montaient en flèche pour mieux piquer au fond le lieu de pêche qu’ils voyaient grand ouvert sous leur ventre.

Et alentour tout dormait encore de cette incompatibilité qui désunit l’huile de l’eau.

Quand le nuage se disloqua dans les yeux de l’azur, des arbres dressaient leurs cimes sur la portée des guitares. Voix de chair sensuelle, la vie reprenait au refrain.

Au travers de ses mèches elle vit son front relayer le solaire du cadran, chanson de geste, quelques mots sautillants troubadours sur les tréteaux d’un théâtre ambulant gardé par les chiens du désir. Le jour gonflant la corolle de sa robe, elle se se laissa porté par les vents ascendants.

Niala-Loisobleu – 21/05/18

PANNE DE CONNEXION


 

 

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PANNE DE CONNEXION

 

L’encre tourne sur elle-même

un courant immobile passe par maille

L’âme son s’est décousue du porte-plume en voulant s’écrier…

 

Niala-Loisobleu – 20 Mai 2018

SOLSTICE


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SOLSTICE

Je suis assis au point haut, en bas dans le soleil de son jardin. Elle me dit ses mots qu’elle a mâché de menthe sauvage prise aux mauvaises herbes qui cherchent à gagner. Son ventre résonne plein ma tête à me caresser le coeur. Je l’entends, elle me dit à mots ouverts le passage proche

Je ne parle qu’en Bonne Foy…

Encore

Moi la nuée

Je consens

Moi l’étoile du soir

Je consens

Moi les grappes de mondes qui ont mûri

Je consens

tu connais mon nom Maria-B…

Quand se déposant du ciel d’un passage vocal le cri des oiseaux est entré comme le chant qui accompagne la levée.

 

Niala-Loisobleu – 19 Mai 2018

 

JE DEPLACE L’AXE DE MA FENÊTRE


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JE DEPLACE L’AXE DE MA FENÊTRE

L’évanoui se dissout,

où mon regard va-t-il accrocher de quoi pouvoir tenir ?

Je vois haut, une autre altitude où quand le vent s’engouffre,  le son se met à crier allant sortir les forces supérieures du sommeil. La route ne sera plus droite, chaque virage tient la vue accrochée à lui pour s’en imprégner.

Tous les mots que la banalité à tissé autour du quotidien me tordent sur place d’une profonde douleur. Comment peut-on aimer à côté ?

Je veux sortir parmi les pierre au dévalé d’aiguilles de peint, sous le brûlant du vol de l’aigle qui perce la bêtise de son oeil. Vieillir en pays chevalier, allongé sur le ventre d’une liseuse. On ne tire plus les volets pour laisser une place au lit à la lune.

Niala-Loisobleu – 19 Mai 2018

FUT UNE CABANE


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FUT UNE CABANE

 

La mer n’a pas bouge

les nuages sont mobiles

un poisson nage

et vole

De haut il voit ce qui cabane là où plus rien de ce qui fut ne reste à faire,

à présent il faut à venir mains tenant…

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2018

VOIX DE BICYCLETTE


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VOIX DE BICYCLETTE

Des godasses lacées aux quat’coins des touffes d’herbes, me regardent sans fatigue

plus crottées qu’un lustre de faux-semblant

elles ont des marnes qui collent à la betterave

des macadams fumeux comme un bitume de fourneau de pipe

sans omettre les vis de tous ces escaliers de service qu’elles ont tant de fois tournées à l’envers comme à l’endroit

plaines de craies des vignes tordues que le calcaire entartre aux fossiles

petits chemins planqués à l’abri d’une frise de mûres

couvert d’un pré haut dans une cour de communale

où les osselets des évasions dansent point macabres

de temps à autre en plein chant au pupitre

école des filles et colles des garçons

une petite gare plantée au travers d’une vague d’épis

rouge bleuet bleu coquelicot

folle avoine

voies secondaires

roulis d’un boulonnais ouvrant le ventre de la terre d’un coup de soc être

chaussettes en accordéon dans la tête ailleurs

des boutons de culotte dans les batailles

puis moins ludiques ces jeux d’adultes comme y disent

où que les grenades sont séparées des arbres en vergers

et des frères par un côté blanc et un côté rouge

une tranchée au beau milieu d’un assaut de mites railleuses

qui ne laisse que des alignements de croix blanches

souvent anonymes comme une flamme qu’on doit rallumer tous les matins

et en corps qui s’en souvient

de quoi ça à pu servir de donner sa vie

les grandes forêts où mon grand-père puis mon père

vivaient insoumis en francs-tireurs pour pas perdre leur image d’hommes

c’est qu’on y tenait à sa dignité d’exister

quand le ventre refuse

y donne des ruades sans savoir lire verboten

mais dans mes godasses y a plein d’espadrilles qui font les moissons

pendant les grandes vacances où que les dunes dressent leurs oyats

face à la mer et à toute la famille

tout au long des côtes sauvages à bronzer intégral

pieds nus

la p’tite Zézette et le Titoeuf sans culottes

j’aime pas les bottes

elles ont un bruit qui explose dans mon coeur

en écrasant toujours le sang à renfort de wagons dans les plis des chemises noires

qui arrachent les enfants comme de la mauvaise herbe

lessivent au gaz

bouillent l’innocence dans des crématoires

laissant les habits à rayures sécher au bout d’une corde

mais voilà les galoches qui sentent bon le bois

elles faisaient un somme dans les toiles d’araignées du grenier où j’habite

avec ma boîte à couleurs

mes plumes

mon encre

mon bateau en papier

les bassins du Luxembourg et des Tuileries

et sur le pont mon Capitaine

qui se tient sur la grand roue d’un vélo dépassé par les événements

Au revoir cabane, bonjour le Nouveau Jour

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2018