Pêche au tramail


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Pêche au tramail

N’avoir d’appartenance qu’au bord de ce qui appareille
tient levé sous les rafales de la dérision
souffle et aspire entre mortes-saisons et promesses d’ivrognes
étreint l’espoir pour seule lanterne
réanime le trait du mot rayé de l’écriture,  le ton franc de la couleur essuyée au coin de l’oeil, privé de jouissance par le cerne
J’ai des croquis de voyages à mettre à l’eau
l’oeuvre reste toujours affaire de chantier
je les vois d’un bistre sanguine aux phalanges de mes mains fouisseuses…
Niala-Loisobleu – 14 Février 2018

L’Anti-Saint


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L’Anti-Saint

 

Le tableau balance dans mon troisième oeil, la main d’un quatrième bras qui à laissé  le mouchoir à quai

L’odeur des fleurs change d’assemblage. Le nez tend l’oreille. La peau chauffe. L’oeil sur la partie touffue fouille l’offrande de la fente

A n’en parler, la couleur se laisse imaginer, blonde, brune sa chaleur entraîne aux rousseurs roux sillon

Toute cette poussière qui  grippe un chemin qui a perdu ses pieds

image d’un faux-bois que l’intacte beauté se refuse à reconnaître

Et moi

Vagabond couvert d’une naturelle pigmentation

Comme bien d’autres

J’ai sous l’écorce la même sève qui ne demande qu’à circuler librement

La lune est grosse

Il faut laisser ses mouvements pendulaires coudre et découdre le passage et l’obstacle

Ses draps secoués par le vent l’ont roulé d’un sein à l’autre en imbibant les rayures de cotonnade d’humeurs corporelles qui font rail pour l’autre rive

Du ru de son ventre alpage les brins de son gazon tissent l’épopée de myosotis pour tremper le rivage de muscs apportés par la marée montante

Et ne plus voir que la course du ciel par la nuque au coussin d’un nuage atterri en  tirant l’aiguille dans la dentelle des branches sous la jupe humide des tissus témoins

Pendant qu’à lever la voile au mas des oliviers une double envolée de colombes dégrafe le poitrail des jours verts-de-gris

D’une seule respiration l’échine violoncelle tire à ailes la sensation intime, un meilleur sort l’âme du ramas

Si je crève aujourd’hui, ce ne sera pas à cause d’une mauvaise fièvre…

Niala-Loisobleu – 14 Février 2018

 

Que de l’amour au sel de gué rendre !


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Que de l’amour

au sel de gué rendre !

Est-ce d’être né des deux plus grands conflits que le monde ait jamais connu que je suis l’écorché d’une paix prétendue ?

La contribution me semble en tous points évidente, les blessures que j’en garde ne cicatrisent pas la mémoire. A mon amour inné, mon acquis n’a pu qu’élargir la tessiture du chant libre. Top de murs ça tient trop debout les poteaux de torture.

J’ai à peindre des colombes en bleu, l’aigle s’est fait trop blanc, les tomettes elles,  devant demeurées rouges de leur feu, j’ai aussi à trépaner l’idée de vengeance pour réduire sa tumeur à néant, ce en quoi je suis et serais  l’innocent d’y croire

ce qui ne pourra couper au rasoir le fil sur lequel je traverse

Un balancier pour l’équilibre d’un espace, pas de parapluie pour excuse de contorsions

Que de l’amour au sel de gué rende !

Niala-Loisobleu – 11 Février 2018

JE ME PROMIS DE NE PAS ME REVEILLER…


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JE ME PROMIS

DE NE PAS ME REVEILLER…

Prise en façade, l’attitude se met au pas du tout ou bien du plus cadencé

le laitier ne dépose plus les nouvelles d’une humeur engagée, une radio matinale chante « Ils ont tué Jaurès » si bas que la musique est inaudible

pas plus qu’on guette le vitrier et encore moins le porteur d’eau.

Le fleuve porte encore l’haleine des brouillards matinaux, en convoi à l’accostage du quai, les péniches dociles sont prêtes au remorquage. Je rejoins l’enfant dans son Monde qu’aucune carte ne marque encore . Qui dort, un peu beaucoup, plus ou moins, des lignes d’une légende ou de la voix de la promo alimentaire ? Les deux, me dit mon père, à la différence qu’on s’en fait. A la vérité au départ de la démarche l’amour n’a pas fait absence. Ce qui change tient dans le déroulement de la motivation.

Les bateaux passent plus souvent au large du rêve de croisière dans lequel on embarque sa nuit.

Quel falot ne porte pas en lui, plus que l’éclairage d’une prochaine aurore ?

J’étais encore assis au bord du trottoir, les pieds dans la rue, les cuisses en grand-pont, guettant le cantonnier au coin de la rue, attendant qu’il pousse l’eau de son grand balai de bouleau. Mon copain de classe, seul ami d’Ailleurs, en amont au-dessus de nos idées complices, prêt au lancement du jour, tenait les bouchons qui allaient me parvenir.

Pendant ce temps les pigeons faisaient le milieu de la rue avant que les moineaux viennent manger le crottin du cheval du bougnat. Au dessus des sacs de boulets, les petits fagots de bûchettes porteraient bien plus que de la chaleur ordinaire à chaque étage des immeubles…

Niala-Loisobleu – 11 Février 2018

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Le long des Quais 11


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Le long des Quais 11

Vincent, j’ai beau savoir, c’est comme à chaque fois, le verglas n’arrive qu’au moment où tu crois soleil. J’entends sans besoin de gamelle, oui j’entends tes jaunes me le dire avant de sortir de mon antre. Le nez dehors c’est pas pour n’importe qui, surtout pas pour mon espèce.  C’est tout môme que ça a commencé, mais t’as pas la rancune, à quoi bon dans ces conditions te répéter qu’ils vont tout te prendre sans rien te donner. Ta hargne elle va à l’encontre de la façon qu’on doit vivre. Faut piétiner l’autre, couillon surtout pas vouloir t’en rapprocher. On ne le reconnaîtrait pas le monde s’il tenait les promesses qu’il fait. Cette angélique créature qui fait du stop au bord de la route, mais c’est le monstre qu’il faut voir en elle. Plus ça fait rosière plus la salope est dedans. On est en hiver, alors tu peux pas dire que le verglas de ce matin il était pas au bon endroit du bon moment, sois honnête. T’as fait printemps promesse de récolte d’été avec tes couleurs, mais les rouges est-ce que c’est compatible avec la sincérité ? Pense aux mouvements de la muleta, il faut que l’un des deux meurent, l’arène sans mise à mort c’est un rite qui connaîtrait rien du fond de l’amour…

Niala-Loisobleu – 10 Février 2018

Je reconnais avoir les mots cloisonnés… à chacun la technique de son émail


 

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Je reconnais avoir les mots cloisonnés… à chacun la technique de son émail

 

L’existence  a l’assiette faïencée avec le diable et marie le premier venu. On ignore tout de son voisin pour mieux hypertrophier son fesse de bouc.

A l’abri, à l’abri…

Je t’emmerde pour ta pensée ignare à mon égard, c’est pour pouvoir te respecter si tu te fais voir, mon enfant

Elle me dit je fais vite, je presse, j’enregistre, je m’absente pour faire mieux comme si j’étais là. Est-elle du signe des Poissons qu’Elle nagerait à double sens, faut que je lui écarte le dessous pour avoir la main sûre dans ce qui fait gros. Comme je l’ai en photo que dans le vaste panel d’internet, je me la fais moins à mon goût que si je lui disais qu’Elle est pas là que pour ses mais quand m’aime quitte à loucher que le strasbisme soit convergent.

 

Je la peins pur et chaste à la faire rougir

sous la robe

Ses seins à pleine bouche

et mes mains dans sa couleur

ça fente autrement qu’une gerçure de la libido

 

Je l’ai pas faite comme étant mon Everest, une croix sur mon cimetière de baise, elle sherpa à faire véhicule-coolie…horreur, je suis cru comme un carnassier de la chair pure pas ne voyant  la Femme que comme de la viande

Ceci me fait penser que je ne peins pas pour plaire, j’ai à dire alors je l’ouvre après avoir bien regardé…

 

Niala-Loisobleu – 9 Février 2018

 

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Mais à condition d’y hâler, c’est sûr…


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Mais à condition d’y hâler, c’est sûr…

 

L’encre humide perle au bout des cils de la plume éperdue. Elle gratte aux cordes, funambule, franchira-t-elle la page? Quelque estompe est passée sur l’aspérité du derme que la liaison connectait. Entre le négatif et le tirage, le ressenti de l’image est identique.

Des roux sillons au sépia, il n’y a qu’un pas qui bloque la sortie: le pas pas en avant, l’image promise qui s’accroche et perd dûment son élan. Grasse, la lèvre lippue de la glèbe s’offrira-t-elle au soc par consentement araire mutuel ? Que déjà encore invisibles dans les bandelettes de la momie, les oiseaux sortent des branches la grande nappe immaculée. Tandis que les feuilles en mettant le couvert, isolent l’autel en suivant un rite pas toujours initiatique.

L’instant d’amour ne se répète pas, il se poursuit par renouveau ou meurt subit.

Appelez-le comme vous voudrez, fougue, fontaine, chemin, escalade, plongée, vol-au-vent, éclosion, séisme, éruption, passage de l’équateur, germinale, verdeur, pulpe, suc, sève….et tout ce que désirerez rajouter, c’est toujours par un synonyme de vie que son nom se prononce. Si on dit l’amour est mort aussitôt retentit Vive l’Amor !

Derrière l’orée les éclats du miroir font jaillir les rivières. Après quoi, la mèche sort du front, son huile essence ciel battant aux tempes, sans que rien ne disparaisse dans le noir. La chaise où il laissait hâler le côtelé de son velours, la table où elle mettait ses fruits sur la langue, demeurent au papier peint des gestes. L’escalier marche, la pendule est enlisée, l’odeur du drap enlace le cou des ses tâches d’ébats, le mouvement des doigts pianote, le silence parle comme jamais par vibration .

Chaque jour est une date différente de l’autre.

Avec ses pierres à écrire, la marée monte à la lune porter son sel. Entre les dents des râteaux passent les chemins qu’on a mordu avec et sans la poussière. Toutes les couleurs du pavois en se jetant à l’ô, gonflent les roulis du bal pour que l’accordéon empêche le violon de pleurer si ce n’est d’émotion.

Mais à condition d’y hâler, c’est sûr…

Niala-Loisobleu – 8 Février 2018

DE LA GRANDEUR DU VIDE


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DE LA GRANDEUR DU VIDE

En pile ou en détails, comme des bras co-liés, dans le ruban par lequel les mots à la suite se bloquent, alors que glisse la clef qui garde le t’aime  huilé. La rose-jaune tourne aux contorsions des alyscamps qui balancent entre-deux zoos. J’ai vu revenir Vincent d’un enfermement glacial. Ma tête folle s’est jetée sur la paille de la chaise pour s’enfoncer l’oreille de Paul au fondement du crime, en arriver à cet extrême ramène insupportablement au coeur de l’ordinaire quotidien. Ses salades composées mises en avant à tous les repas. Bel animal sauvage que la cage matte aux cris. Un reste d’odeur fauve exhale de temps à autre l’idée qu’on en a gardé ou l’image qu’on s’en fait. La notice donnant deux options d’emploi selon la conviction et le doute qu’on peut avoir de soi, par devant nos taires ou par derrière l’église. La voix geint et rit, attendant la preuve que seul l’écho porte en lui mieux que la part du pauvre. Des cailloux, voilà c’est ça, il faut trouver  le moyen de faire la part entre ceux qu’on a posé et ceux que l’on a reçu. Et puis s’enhardir à en semer de nouveau. L’amour quand il danse sur le fil rouge a le flou de la vapeur et la fascination de l’arbre en fleurs déminé du serpent. Que conclure de l’absence ? A moins de revenir au début trier le faux du vrai, le vide en grandissant n’éclaire qu’en clair-obscur, l’essentiel en a toujours été en pleine lumière. Lueur des bougies, sur la blancheur où les ombres grandissent en fondant. Les regrets ça ne fait que faire reculer plus avant. Nous voici vers la fin de l’hiver, le pont du printemps est déjà en vue, comment sera la rivière à l’embarcadère pour l’autre bout de la nuit ? Quelque soit la situation, l’herbe tremble toujours de la même émotion végétale. Peut-être devrais-je entendre avec mon oeil qui habite l’inconnu, en remontant l’aqueux que la vague fait aller-et-venir, mais il me paraît bien moins hasardeux de faire confiance à mon intuition. T’as du nez Coco, renifle dans ton cartable…

Niala-Loisobleu – 7 Février 2018

L’APPRENTI QUE JE RESTE


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L’APPRENTI QUE JE RESTE

 

Juste comme un brin

et fou comme un jeune chien

je marche sur la raideur de l’herbe gelée

quatre-feuilles au trèfle chauffées

Ô mon coeur je te crois

on a nulle part où aller que là où on naît

Ne te renies pas

demeures et bâtis fol

lucidement

le Bleu est l’île à dents…

 

Niala-Loisobleu – 7 Février 2018