La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Vous croyez qu’il fait froid, c’est rien à côté du gel qui raidit soudain la vie à un bulletin de santé qui se bat l’oeil de la température de la météo
Aujourd’hui
28 Février 2018
l’hôpital en haut de la côte, juste à près le grand virage
merde ça te grimpe
l’estomac d’un bord à l’autre
La gîte à vomir
Laissez-là vos organes le problème c’est le souci du cours de la Bourse où la Vie qui a paraît-il un sens qui vaille d’en faire des caisses à remplir
Voilà la mort qui se bat pour ricaner devant moi
et pourtant la douleur qui devrait tout sortir voit un soleil qui pleure d’un bonheur qu’on n’explique pas…comme pourquoi on est entré ici
Hurlant sur une banquise encore saignante, l’homme cherche sa couronne de soleil.
Tandis que le grès tiédit,
l’enfer prend la forme du premier cercle.
Au-delà des paupières de lave, sécher les flèches cathédrales.
Rêver la peur.
Hélices d’une étrave immobile, les frondes poussent le cheval
vers un palimpseste de tibias éclatés, d’ivoires sans bouches.
Sous roche, les mains deviennent
ces parois magiques où chaque silhouette
gomme un lambeau de nuit.
Inventés, les dieux mangeurs de gui.
Adorées les étoiles que le sang désaltère.
Contre l’inconnu de l’éclipsé,
voici qu’une future prison
surgit sous les doigts du tam-tam.
Puis l’éclair, puis le buffle, rythment ce buisson d’instincts.
Aux lames nées d’un cataclysme l’homme, héritier des arbres, affûte la terre langage,
hésite devant les signes croisés qui transpercent le temps, et déchiffre, ébloui, l’énigme sur ses lèvres.
Maintenant la vision grandit mais vers quel pôle: cytoplasme ou planète larme ou pluie d’aérolithes?
Mécanique céleste en route pour l’opacité dans une orchestration de couleurs vénéneuses.
Tracés de villes pétries dans l’ocre.
Pyramides — boussoles de la mémoire.
Horlogère,
une civilisation ajuste sa puissance,
étalonne la magie de l’or,
et meurt empoisonnée par le plomb de ses aqueducs autant que par ses lances étouffées sous l’écaillé.
Longtemps, déluge polychrome.
Séchés, les temples d’os payent tribut aux astres.
A soutenir un ciel vide leurs colonnes ont tari.
Quand l’hémorragie marine investit le désert des socles, les dieux sombrent moutons.
Et le fer avale d’un coup les fleurs sans mâchoires: alliage pour mouvoir un monde qui doit remodeler ses masques,
de nouveaux démons voulant se glisser entre le visage et le masque.
Toccata nucléaire en mémoire de l’eau, montée chromatique essoufflant le cœur des anges.
Nous baignons dans leur sexe inexistant peut-être, voué aux explosions en chaîne ou déjà durci noyau.
Élucider, afin de la combattre,
toute explosion moins précieuse à la nuit.
Fête pour cerveaux-carton
craquelés dans les bals dominateurs d’empires,
dont la cire, au matin, oxyde le flambeau.
Les grands porteurs de germes consacrent une église nouvelle
où le plomb des vitraux devient cet or qui coule entre cuisses d’autoroutes, vers un musée aux précieuses menstrues.
A l’intérieur, les circuits intégrés pullulent sur chaque neurone où se titille le bonheur.
Enfin, la vie sait programmer la mort.
L’homme, plus assuré, divague entre les éveils
Microbe à des années-lumière de lui-même,
il immunise l’espace-temps mieux que toute existence.
Mais revienne l’année zéro pourra-t-il rajeunir l’oubli?
Cet après-midi avant ce soir je dirai: j’ai peint toutes ses notes, en désordre, surtout pas triées. Laissant mon coeur se dépasser, prendre l’instrument, qu’il soit guitare ou pinceau, peu importe ils sont chacun du vent qui saura mieux dire qu’une grammaire que j’ignore.
Tu es là à toucher par le fond des yeux. Bain d’image tremblée par l’iris.
Un train, des routes, une chambre, un lit qu’est-ce qu’on va se dire si on ne se tait pas ?Quelle question hors sujet. Voilà du bleu, voici une racine, regarde est-ce que l’arbre te paraît rabougri ?
Il est une fenêtre sur ton front, juste en plein minuit de ta nuque, que tes cheveux n’ont jamais occulté. Elle ouvre sur ton passé parce qu’il tient la clef de ton avenir. Pourquoi « ton », pourquoi pas « nôtre » ? Parce que des réalités, mais c’est quoi la réalité, un âge, un jour, un moment raté, un propice ? Titi Robin, sa première guitare lui a coupé les doigts en lui donnant toutes ses mains. Un vagabond qui savate dans les gamelles pour ne plus entendre les chiens mordre la poussière.
EXIL II
À nulles rives dédiée, à nulles pages confiée la pure amorce de ce chant…
D’autres saisissent dans les temples la corne peinte des autels:
Ma gloire est sur les sables! ma gloire est sur les sables!… Et ce n’est point errer, ô
Pérégrin
Que de convoiter l’aire la plus nue pour assembler aux syrtes de l’exil un grand poème né
de rien, un grand poème fait de rien…
Sifflez, ô frondes par le monde, chantez, ô conques sur les eaux!
J’ai fondé sur l’abîme et l’embrun et la fumée des sables. Je me coucherai dans les citernes
et dans les vaisseaux creux,
En tous lieux vains et fades où gît le goût de la grandeur.
« … Moins de souffles flattaient la famille des Jules; moins d’alliances assistaient les
grandes castes de prêtrise.
« Où vont les sables à leur chant s’en vont les Princes de l’exil,
« Où furent les voiles haut tendues s’en va l’épave plus soyeuse qu’un songe de luthier,
« Où furent les grandes actions de guerre déjà blanchit la mâchoire d’âne,
« Et la mer à la ronde roule son bruit de crânes sur les grèves,
« Et que toutes choses au monde lui soient vaines, c’est ce qu’un soir, au bord du monde,
nous contèrent
« Les milices du vent dans les sables d’exil… »
Sagesse de l’écume, ô pestilences de l’esprit dans la crépitation du sel et le lait de chaux
vive!
Une science m’échoit aux sévices de l’âme… Le vent nous conte ses flibustes, le vent nous
conte ses méprises!
Comme le Cavalier, la corde au poing, à l’entrée du désert,
J’épie au cirque le plus vaste l’élancement des signes les plus fastes.
Et le matin pour nous mène son doigt d’augure parmi de saintes écritures.
L’exil n’est point d’hier! l’exil n’est point d’hier! « Ô vestiges, ô prémisses »,
Dit l’Étranger parmi les sables, « toute chose au monde m’est nouvelle!… » Et la naissance
de son chant ne lui est pas moins étrangère.
St-John Perse
Oui j’ai tout laissé au vent, il est soleil dans un tant se voulant glacè contre-nature ses fraises roides marquant le corsage d’une pointe plus causeuse qu’un non-dit. Je ne m’ai donc pas relu, laissant mes fautes libres d’exprimer au mieux ce que je suis.
Depuis un mois que j’habitais
Honfleur, je n’avais pas encore vu la mer, car le médecin me faisait garder la chambre.
Mais hier soir, lassé d’un tel isolement, je construisis, profitant du brouillard, une jetée jusqu’à la mer.
Puis, tout au bout, laissant pendre mes jambes, je regardai la mer, sous moi, qui respirait profondément.
Un murmure vint de droite.
C’était un homme assis comme moi les jambes ballantes, et qui regardait la mer. «
A présent, dit-il, que je suis vieux, je vais en retirer tout ce que j’y ai mis depuis des années. »
Il se mit à tirer en se servant de poulies.
Et il sortit des richesses en abondance.
Il en tirait des capitaines d’autres âges en grand uniforme, des caisses cloutées de toutes sortes de choses précieuses et des femmes habillées richement mais comme elles ne
s’habillent plus.
Et chaque être ou chose qu’il amenait à la surface, il le regardait attentivement avec grand espoir, puis sans mot dire, tandis que son regard s’éteignait; il poussait ça
derrière lui.
Nous remplîmes ainsi toute l’estacade.
Ce qu’il y avait, je ne m’en souviens pas au juste, car je n’ai pas de mémoire, mais visiblement ce n’était pas satisfaisant, quelque chose en tout était perdu, qu’il
espérait retrouver et qui s’était fané.
Alors, il se mit à rejeter tout à la mer.
Un long ruban ce qui tomba et qui, vous mouillant, vous glaçait.
Un dernier débris qu’il poussait l’entraîna lui-même.
Quant à moi, grelottant de fièvre, comment je pus regagner mon lit, je me le demande.
Et la chanson de l’eau
Reste chose éternelle…
Toute chanson
est une eau dormante
de l’amour.
Tout astre brillant
une eau dormante
du temps.
Un noeud
du temps.
Et tout soupir
une eau dormante
du cri.
Federico Garcia Lorca, Poésie I (1921-1922), Editions Gallimard, 1954, page 32 (réédité en 1967 en poche).
En attendant, il se trouve qu’il se passe quelque chose…
D’un pilotis me faisant jambe de bois ma foi s’est faite ce type de maison qu’on porte partout avec soi. Laissant odeurs de frites et sauce à mère passer par la ventilation qui se présente. En cabine plein-air sur le pont on fait pas « genre ce soir je dîne au commandant ». Les putes teint de rosières sont pas de l’équipage. Rassures-toi, Bouffi, ça veut pas dire que j’suis de la jaquette. Que nenni mon Bon, mais voilà je trempe pas le cornichon à l’anglaise en baie con. Pas Argonaute mais friand de la toison, je vais pas chez Macdo parce que le moyen des Trois Gros est pas dans mes bourses. L’amour c’est pas dans le Michelin qu’on le trouve. aujourd’hui fait pendule. Chronos impose de garder l’oreille à la pendule. Et si le téléphone sonnait pas parce que quelque chose change dans le pronostic ? En tout cas, sûr que quelque chose change. Me r’voilà d’une extrémité revenu au milieu. Espoir. Bleu. Espoir. De toutes les manières les roues dentées ont mis le mouvement en marche. A côté de la craie, le ciel se case., 1, 2; 3 et jusqu’à 10, se taire peut aussi changer le ciel.
aplatit la poussière aux naseaux du toro plus furibard que jamais
les cons qui réclament l’abolition de la mise à mort
trouvent rien que de plus normal de coller le mot Fin à une histoire qu’aucun livre n’aurait eut courage de mettre sur ses pages. Un roman d’amour platonique sans chair à l’étal, autre que celle d’une fratrie ennemie ça ferait bander qui ?
Nous sommes partis main dans la main vers un autre Compostelle que les mots sirupeux qui font passer toux, y compris l’intolérable.. Elle dans ses deux langues moi dans la seule que je timbre. Des rois au bas du pied des stalles, du rouge au travers en bande du drapeau soleil.
L’ombre d’un immense oiseau-noir plane sur sa tête à elle.
J’évente de mes deux bras désarmés, terrifié en voyant que je ne fais pas peur à la bête…
Niala-Loisobleu – 18 Février 2018
LES GALÉRIENS
Grignotées par les rats
nos chaînes peut-être tomberont en poussière
mais jamais celles de la passion sinistre dont nous
sommes esclaves charpentes vouées aux fers à la tyrannie profonde des mots et des tatouages de
hasard
Figurations emblématiques qui capturez notre destin
et le faites s’emboîter de force dans des schémas
nos poitrines soulèvent en respirant vos lanières gravées
filets moins tendres à la peau que les paroles amoureuses
lorsque pareilles aux cordes enfantines qui font tourner et chanter les toupies
les phrases s’enroulent
et accélèrent les mouvements du cœur
Il était une fois
une rose espagnole sur l’épaule d’un forçat
Un sang rosé coulait à travers la pulpe de la rose une tige mince et courbe reliait son palais de pétales
au sang d’une bouche un peu au-dessous du palais noir d’un peigne planté
dans la chevelure
Cette rose devint aiguë marine sitôt la galère sombrée
Il est des heures
mieux vaudrait être galériens qu’être où nous sommes
Nous roulons nous tanguons pareils aux autres hommes mais un boulet imaginaire de métal rouge nous parcourt des chevilles aux yeux plus consternant que des hoquets d’ivrogne
Toutefois
un jour sera
où les épines déchireront les fouets
Sacher-Masoch et
Sade s’étant donné la main
dessinés sur le dos d’un marin
Les échines nues danseront
puis d’un seul coup les boulets éclateront
astres noirâtres gonflés par le pus d’une blessure trop
ardente caillots d’espace désentravés qui tueront
Dieu et les
siècles à venir
en dépit des chiourmes rationnelles et des syntaxes bariolées
La face fuyante de l’aperçu lisse son paravent sur tout, l’avance se met à la panne
Sextant, point d’amer, il faut reconnaître ce qui est en ce qui ne se montre
Trop mal au tronc les bronches en galère calent à l’étouffe, on ne peut regarder le soleil au fond des yeux s’il choisit de se retrancher au fond des nuages de la Vallée des Morts.
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