A MES ENFANTS MORTS / LA FÊTE EST FINIE


IMG-0013

A MES ENFANTS MORTS

LA FÊTE EST FINIE

Il est tard maintenant.
Me voici comme chaque soir
Claquemuré dans la cuisine où bourdonne une mouche.
Sous l’abat-jour d’émail dont la clarté pauvre amalgame
Les ustensiles en désordre, un reflet dur écrase
Ma page confondue aux carreaux passés de la toile,
Et la fenêtre penche au travers de la nuit où tous
Les oiseaux se sont tus, et les mulots sinon les branches
Que le vent froisse et ploie, et les plis des rideaux,
Et les remous de l’eau contre les berges invisibles.

Mais qu’est-ce qui s’agite et crisse en moi, plume d’espoir
Qui s’émousse comme autrefois quand j’écrivais des

lettres
Et que toujours plus flous des visages venaient sourire
En filigrane, exténués comme le sens des mots
Ordinaires : tu sais la vie est plutôt difficile
Depuis qu’Irène — ou bien ne me laissez pas sans

nouvelles.

Et pour finir ces formules sans poids qui me navraient.
Ton père affectionné, ma grande, et tous ces bons baisers
Au goût de colle, de buvard et d’encre violette.

Non, soudain c’est ma propre image qui remonte et flotte À la surface du papier, sous les fines réglures,
Comme le jour où chancelant sur le bord du ponton
Parmi les frissons du courant j’ai vu glisser en paix
Ma figure sans nom. —
L’identité du malheureux
N’est pas avec certitude établie — oh laissez-le
Dériver ; que son âme avec l’écume du barrage
Mousse encore, s’envole et vienne se tapir ici
Dans les fentes du plâtre et le grincement de la porte.

Alors comprendra-t-on pourquoi les jours se sont noyés
L’un après l’autre, jours divers, mais c’est toujours le

même,
Hier, demain, jamais, qui réapparaît aujourd’hui
Et qui me voit rôder de la cuisine aux chambres vides
Locataire d’une mémoire où tout est démeublé,
Où jusque sous l’évier s’affaiblit l’odeur familière
Et, par les dimanches passés au rideau poussiéreux.
L’illusion que tout aurait pu de quelque autre manière
Conduire à d’autres seuils — mais la même ombre

m’attendait.

Que reste-t-il dans les tiroirs : quelques cartes postales,
Deux tickets de bal, une bague et des photographies
Qui regardent au loin à travers de beiges fumées ;

Plus pâles chaque jour ces nuages du souvenir
M’enveloppent, j’y dors sans poids, sans rêve, enseveli
Avec ce cœur docile et ponctuel qui fut le mien peut-être, et qu’emporte à présent le rythme de l’horloge
Vers le matin du dernier jour qui va recommencer,
Déjà vécu, levant encore en vain sa transparence.

Si doux, ce glissement du train de banlieue à l’aurore (Quand de l’autre côté du carreau tremblant de buée
Le ciel vert et doré grandit sur la campagne humide)
Que c’est lui qui m’éveille aussi le dimanche et me mène
Jusqu’à l’enclos où j’ai mes tomates et mes tulipes.
Autour, dans la fumée et l’odeur aigre des journaux,
Songeant à d’autres fleurs, au toit de la tonnelle qui
S’effondre, mes voisins obscurs et taciturnes vont,
Convoi d’ombres vers la clarté menteuse du matin.

À cette heure malgré tant de déboires, tant d’années,
Je me retrouve aussi crédule et tendre sous l’écorce
Que celui qui m’accompagna, ce double juvénile
Dont je ne sais s’il fut mon père ou mon enfant, ce mort
Que je ne comprends plus, avec sa pelle à sable, avec
Sa bicyclette neuve, et son brassard blanc, son orgueil
Tranquille de vivant qui de jour en jour s’atténue
Entre les pages de l’album pour ne nous laisser plus
Que le goût d’une réciproque et lugubre imposture.

Muets, dépossédés, nous nous éloignons côte à côte,
Et ce couple brisé c’est moi : le gamin larmoyant

Que n’ont pas rebuté les coups de l’autre qui s’arrache À la douceur d’avoir été, quand le pas se détraque
Et que l’on est si peu dans le faible clignotement
De l’âge, sac de peau grise flottant sur la carcasse
Déjà raide et froide où s’acharne, hargneuse, infatigable,
L’avidité d’avoir encore un jour, encore une heure
Avant de quitter le bonheur débile de survivre.

Ne pouvoir m’empêcher de songer à ma mort (si fort
Parfois qu’en pleine rue on doit le voir à ma démarche)
Alors qu’elle sera la fin d’un autre dont la vie
N’aura été que long apprentissage de la mort :
Pourquoi cette épouvante et ce sentiment d’injustice ?
Qui te continuera, rêve d’emprunt d’où chacun sort
Comme il y vint, sans se douter que ce dût être si
Terrible de restituer cette âme qui faisait
Semblant de s’être accoutumée à nous ?
Je me souviens :

Un beau soir d’été dans la rue, est-ce qu’il souriait ?
Voici qu’il tombe la face en avant sur le trottoir.
Autour de lui beaucoup de gens se rassemblent pour voir
Comment il va mourir, tout seul, attendant la voiture,
Se débattant pour la dernière fois avec son cœur
Et son âme soudain lointaine où subsiste un reflet
De l’improbable enfance, un arbre, un morceau de

clôture,
Quelques soucis d’argent et peut-être un nom, un visage
Effacé mais qui fut l’unique et déchirant amour.

Et c’était moi qui m’en allais déjà ; ce sera lui

Qui mourra de nouveau quand viendra mon tour ; c’est

toujours
Tout le monde qui meurt quand n’importe qui disparaît.
S’il me souvient d’un soir où j’ai cru vivre — ai-je vécu.
Ou qui rêve ici, qui dira si la fête a jamais
Battu son plein ?
Faut-il chercher la vérité plus bas
Que les branches des marronniers qui balayaient le

square
Sous les lampions éteints, parmi les chaises renversées,
Quand le bal achevé nous rendit vides à la nuit ?

Les fleurs que l’on coupa pour vos fronts endormis,

jeunesses
Qui dansiez sans beaucoup de grâce au milieu de l’estrade
Au son rauque du haut-parleur, dans un nuage de
Jasmin, de mouches, de sueur, les yeux tout ronds devant
Les projecteurs cachés entre les frondaisons dolentes,
Les fleurs, las voyez comme en peu d’espace les fleurs ont
Glissé derrière la commode où leur pâle couronne
Sans musique tournoie avec les cochons du manège,
L’abat-jour en émail, les remous sombres du ponton.

Je ne revois que des cornets déchirés, des canettes
Dans l’herbe saccagée, et des guirlandes en lambeaux,
Et l’urne de la tombola brisée sous les tréteaux,
Et l’obscur espace du tir d’où plumes et bouquets
Ont chu dans la poussière.
Et voici les objets perdus
Dans le tiroir que personne après moi n’ouvrira plus

Pour réclamer en vain cette lettre qui manque, mais

Pour rire d’un portrait de belle prise dans l’ovale

Et levant d’impuissantes mains jusqu’à son dur chignon

Quel tenace et triste parfum d’oubli monte, s’attarde
Avec les cloches du matin qui rôdent sous les branches
Et la cadence de l’horloge au-dessus du réchaud.
Au loin dans le faubourg où finissent toutes les fêtes
Une dernière fois l’ivrogne embouche son clairon.
En bâillant, cheveux dénoués, la belle ôte ses bagues ;
Au fond de l’insomnie où m’enferme le bruit des mots,
Son épaule de miel est-ce le jour qui recommence,
Son silence l’espace où vont éclater les oiseaux ?

Il est tard maintenant.
Me voici comme chaque soir
Claquemuré dans la cuisine où bourdonne une mouche.
Sous l’abat-jour d’émail dont la clarté pauvre amalgame
Les ustensiles en désordre, un reflet dur écrase
Ma page confondue aux carreaux passés de la toile,
Et la fenêtre penche au travers de la nuit où tous
Les oiseaux se sont tus, et les mulots sinon les branches
Que le vent froisse et ploie, et les plis des rideaux,
Et les remous de l’eau contre les berges invisibles.

Mais qu’est-ce qui s’agite et crisse en moi, plume d’espoir
Qui s’émousse comme autrefois quand j’écrivais des

lettres
Et que toujours plus flous des visages venaient sourire
En filigrane, exténués comme le sens des mots
Ordinaires : tu sais la vie est plutôt difficile
Depuis qu’Irène — ou bien ne me laissez pas sans

nouvelles.

Et pour finir ces formules sans poids qui me navraient.
Ton père affectionné, ma grande, et tous ces bons baisers
Au goût de colle, de buvard et d’encre violette.

Non, soudain c’est ma propre image qui remonte et flotte À la surface du papier, sous les fines réglures,
Comme le jour où chancelant sur le bord du ponton
Parmi les frissons du courant j’ai vu glisser en paix
Ma figure sans nom. —
L’identité du malheureux
N’est pas avec certitude établie — oh laissez-le
Dériver ; que son âme avec l’écume du barrage
Mousse encore, s’envole et vienne se tapir ici
Dans les fentes du plâtre et le grincement de la porte.

Alors comprendra-t-on pourquoi les jours se sont noyés
L’un après l’autre, jours divers, mais c’est toujours le

même,
Hier, demain, jamais, qui réapparaît aujourd’hui
Et qui me voit rôder de la cuisine aux chambres vides
Locataire d’une mémoire où tout est démeublé,
Où jusque sous l’évier s’affaiblit l’odeur familière
Et, par les dimanches passés au rideau poussiéreux.
L’illusion que tout aurait pu de quelque autre manière
Conduire à d’autres seuils — mais la même ombre

m’attendait.

Que reste-t-il dans les tiroirs : quelques cartes postales,
Deux tickets de bal, une bague et des photographies
Qui regardent au loin à travers de beiges fumées ;

Plus pâles chaque jour ces nuages du souvenir
M’enveloppent, j’y dors sans poids, sans rêve, enseveli
Avec ce cœur docile et ponctuel qui fut le mien peut-être, et qu’emporte à présent le rythme de l’horloge
Vers le matin du dernier jour qui va recommencer,
Déjà vécu, levant encore en vain sa transparence.

Si doux, ce glissement du train de banlieue à l’aurore (Quand de l’autre côté du carreau tremblant de buée
Le ciel vert et doré grandit sur la campagne humide)
Que c’est lui qui m’éveille aussi le dimanche et me mène
Jusqu’à l’enclos où j’ai mes tomates et mes tulipes.
Autour, dans la fumée et l’odeur aigre des journaux,
Songeant à d’autres fleurs, au toit de la tonnelle qui
S’effondre, mes voisins obscurs et taciturnes vont,
Convoi d’ombres vers la clarté menteuse du matin.

À cette heure malgré tant de déboires, tant d’années,
Je me retrouve aussi crédule et tendre sous l’écorce
Que celui qui m’accompagna, ce double juvénile
Dont je ne sais s’il fut mon père ou mon enfant, ce mort
Que je ne comprends plus, avec sa pelle à sable, avec
Sa bicyclette neuve, et son brassard blanc, son orgueil
Tranquille de vivant qui de jour en jour s’atténue
Entre les pages de l’album pour ne nous laisser plus
Que le goût d’une réciproque et lugubre imposture.

Muets, dépossédés, nous nous éloignons côte à côte,
Et ce couple brisé c’est moi : le gamin larmoyant

Que n’ont pas rebuté les coups de l’autre qui s’arrache À la douceur d’avoir été, quand le pas se détraque
Et que l’on est si peu dans le faible clignotement
De l’âge, sac de peau grise flottant sur la carcasse
Déjà raide et froide où s’acharne, hargneuse, infatigable,
L’avidité d’avoir encore un jour, encore une heure
Avant de quitter le bonheur débile de survivre.

Ne pouvoir m’empêcher de songer à ma mort (si fort
Parfois qu’en pleine rue on doit le voir à ma démarche)
Alors qu’elle sera la fin d’un autre dont la vie
N’aura été que long apprentissage de la mort :
Pourquoi cette épouvante et ce sentiment d’injustice ?
Qui te continuera, rêve d’emprunt d’où chacun sort
Comme il y vint, sans se douter que ce dût être si
Terrible de restituer cette âme qui faisait
Semblant de s’être accoutumée à nous ?
Je me souviens :

Un beau soir d’été dans la rue, est-ce qu’il souriait ?
Voici qu’il tombe la face en avant sur le trottoir.
Autour de lui beaucoup de gens se rassemblent pour voir
Comment il va mourir, tout seul, attendant la voiture,
Se débattant pour la dernière fois avec son cœur
Et son âme soudain lointaine où subsiste un reflet
De l’improbable enfance, un arbre, un morceau de

clôture,
Quelques soucis d’argent et peut-être un nom, un visage
Effacé mais qui fut l’unique et déchirant amour.

Et c’était moi qui m’en allais déjà ; ce sera lui

Qui mourra de nouveau quand viendra mon tour ; c’est

toujours
Tout le monde qui meurt quand n’importe qui disparaît.
S’il me souvient d’un soir où j’ai cru vivre — ai-je vécu.
Ou qui rêve ici, qui dira si la fête a jamais
Battu son plein ?
Faut-il chercher la vérité plus bas
Que les branches des marronniers qui balayaient le

square
Sous les lampions éteints, parmi les chaises renversées,
Quand le bal achevé nous rendit vides à la nuit ?

Les fleurs que l’on coupa pour vos fronts endormis,

jeunesses
Qui dansiez sans beaucoup de grâce au milieu de l’estrade
Au son rauque du haut-parleur, dans un nuage de
Jasmin, de mouches, de sueur, les yeux tout ronds devant
Les projecteurs cachés entre les frondaisons dolentes,
Les fleurs, las voyez comme en peu d’espace les fleurs ont
Glissé derrière la commode où leur pâle couronne
Sans musique tournoie avec les cochons du manège,
L’abat-jour en émail, les remous sombres du ponton.

Je ne revois que des cornets déchirés, des canettes
Dans l’herbe saccagée, et des guirlandes en lambeaux,
Et l’urne de la tombola brisée sous les tréteaux,
Et l’obscur espace du tir d’où plumes et bouquets
Ont chu dans la poussière.
Et voici les objets perdus
Dans le tiroir que personne après moi n’ouvrira plus

Pour réclamer en vain cette lettre qui manque, mais

Pour rire d’un portrait de belle prise dans l’ovale

Et levant d’impuissantes mains jusqu’à son dur chignon

Quel tenace et triste parfum d’oubli monte, s’attarde
Avec les cloches du matin qui rôdent sous les branches
Et la cadence de l’horloge au-dessus du réchaud.
Au loin dans le faubourg où finissent toutes les fêtes
Une dernière fois l’ivrogne embouche son clairon.
En bâillant, cheveux dénoués, la belle ôte ses bagues ;
Au fond de l’insomnie où m’enferme le bruit des mots,
Son épaule de miel est-ce le jour qui recommence,
Son silence l’espace où vont éclater les oiseaux ?

Jacques Réda

 

Germaine Montero & Marcel Van Thienen « La ralentie » (1957) d’ Henri Michaux


Germaine Montero & Marcel Van Thienen « La ralentie » (1957) d’ Henri Michaux

Entrant dans ton écran autre page, mors au dents et éperons qui bottent sans fanes, me voici quittant la margelle du bord des larmes,

appui de cette fenêtre sur le vide du mal au dos de l’attente.

Te laissant ralentie, la tête géranium rose bouffée par la rouille entre les miettes du roucoulement des pigeons agonis par une campagne de dératisation.

Il aurait suffit que le doigt tendu ne soit pas lu comme index mis. Mots magnifiques, une leçon de vie, que ses tessons n’arrêtent pas au franchissement du mur

Bon Jour Toi Espoir !!!

 

 

EAU-VIVE


Rivi_re_au_milieu_d_arbres

EAU-VIVE

 

Un ciel ici si chargé

caler là où la langue embrasse avant de parler

transe porte sans se le cacher

Tu sens comme un liseron

grimpante et recouvrante

fraîche de peau sauvage

touffures d’aisselle fouettées de vent

 

Niala-Loisobleu – 12/03/18

DIMANCHE EN ATTENDANT


P1050222

DIMANCHE EN ATTENDANT

Etendu aux plis du désert il s’épilait le vide de la coquille, pour laisser la chambre allouée soulever ses épaules à la pensée onduleuse des chameaux. Et moi pourquoi pourquoi pour moi, n’y aurait-il qu’une succession de fils fugueurs et de prometteuses ne tenant pas en place ? Mon enfance c’est vrai, a d’abord très bûchée à côté du programme…

Les yeux enfouis dans toutes les directions, il se dit

– Où que je regarde je ne vois que des bosses

pourtant mon Ami le vent

n’ignore rien de mon penchant à mettre les choses à plat

– C’est vrai mais tu rêves trop, me répondit-il en m’envoyant une poignée de grains dans les yeux

– Vois les choses en face

tu crois qu’il suffit d’être naturellement bon pour que le tant soit beau

c’est pas parce que tu vois le vrai apparaître en dépit des efforts du faux pour paraître

que tu vas initier un autre art de vivre

Cette manie des hommes de faire la roue

elle n’a nul besoin de la générosité

Tu donnes ils prennent

la simplicité ne mène à rien

le compliqué voilà comment l’homme se fait paon

et il adore

Le voilà devenu héros

Les grands mots du je au nom du nous

tu parles

c’est l’incroyant qui se devient dieu tout seul

de sa main

réflexe inconscient du mortel qui veut gagner l’éternité

Moi moi moi

c’est bien vrai ça que nous sommes tous égo

Le sable tournant le dos au sot

pris l’appel

et d’un élan du coeur

plongea dans la mer

en laissant les châteaux aux assauts de l’ô

Aux fonds du fond

il écouta le Capitaine se tenir la barre devant droite

monta au devant de la proue

caressa le rêve de la Muse en approche et descendit remettre le cap dans le bon sens.

Niala-Loisobleu – 11/03/18

 

PERTE BLANCHE


f_0007

PERTE BLANCHE

La langue en limaille de faire, je me surpris tôt matin, à côté des patins grattant le parquet à l’étoile aimerie. Mon pichpin, ocre rouge à la veine, se tordait les noeuds sous la caresse. Le bougre aime le beau dais. Des tiroirs fermés de la commode, le petit linge se balançait des oeillades à travers les trous-trous des dentelles. Erotique le manuel arrivé des Indes sans papiers, se consolait tout seul. Ah, quelle jour naît, il faut talé les poires du curé à la maternité. Un con c’est quand ? chantonnait l’hydrocéphale les lèvres collées au carreau du temple. On dit sans cesse que ça gaze pas, alors pourquoi ceux qui vendent le gaz se font des couilles en or ? Les roues pètent, on déjante. Tiens Mame Miches-Hue, vous allez en corps à con fesses ? Un vieux cheval rencontré aux abattoirs jouait du piano dans une boîte de jazz, je l’accompagnais en ce temps là au banjo, nous nous sommes perdus de vue par perte de dixièmes consécutive à nos lectures subversives, pleines de corrosion, jusqu’à ce qu’on se retrouve au Palais de la Découverte, dans une échoppe de bière avant crémation. Ah, ouais les prix flambent ! Puti, d’ici qu’on n’apprenne que des parisiens sont allés mordre des vaches au pré, pendant un week-end, ya pas loin ! Les z’haricots sont cuits.

Niala-Loisobleu – 10 Mars 2018

L’ECOLE BUISSONNIERE


CIMG0098

L’ECOLE BUISSONNIERE

 

Les pensées dromadaires, à plusieurs bosses, tanguant d’avant en arrière et sur les deux côtés, j’avance, stationne, recule. Du béton dans le bulbe et la corne de brume qui l’arme au fur et mesure pour tenir vaille que vaille. Relever sans cesse la hauteur d’eau sous la quille, en jetant de la proue la pige, ça peut expliquer le mal de dos. Quand la partie chiante du colon veut cancériser la navigation, pas facile de tenir la barre en ligne droite. On fait des lofts intestinaux. Il était, non je suis réponds-je. Seulement privé par le momentané d’une circonstance contraire au plein accès à cet absolu qui ne fait pas défaut.

Des maladies il y en a de toutes les formes, leur point commun elles attaquent la forme. Plus tu pompes et moins tu sors, il n’empêche que seul l’esprit shadock aspire au vides. Le filon que l’amour a, enrichit sans rapporter matériellement. Je pense souvent dans les champs de trèfle  à quatre-feuilles du chemin des Dames, a tous les poilus qui ont leurs os à côté du rêve qu’ils faisaient quand la tranchée s’est refermée sur eux. La contradiction étant la base de ce monde, on peut penser que l’orgasme le plus fort se passe dans la mort-subite, qui ne vous reprend pas la jouissance que vous étiez en train de vivre juste avant de mourir. Non pas que j’ai envie de l’essayer. Non sortir tout baveux du ventre, je crois que si j’avais à choisir je prendrai cette formule là. On peut rester collés, ça tente mon côté chien.

  • Un peintre comme Niala ça représente quoi ?
  • Mais tout banane…
  • Si tu me disais la poésie est -ce une utopie, ce serait aussi con que 608 abonnés et pas de commentaires.
  • Regarde dans quelle absence tu vis, et fais plus ton brouillon de thèse sur la construction de la vie

Dans le rapprochement de l’idée d’avoir existé je pense que l’Art est l’exception qui a laissé sa trace.

Raison du plus fou laissant l’adulte aussi spontané que l’enfant.

Elle est mienne c’t’idée là, Maîtresse le sait si bien , qu’elle me gave pas de grammaire mathématique. J’ai ma place dans le tracé de marelle sous le marronnier de la cour, juste devant le petit portail qui ouvre sur l’école buissonnière. Ma chambre d’amour.

Niala-Loisobleu – 08/03/18

D’ENCRE EMOI


P1050336

D’ENCRE EMOI

Bras d’un polaire tendu d’où sort un son d’oeil d’une première fois, la chambre accrochée solaire baigne au plafond un autre lustre, tremblant de son parfum de cire

Sous la moulure incurvée la chair des doigts quitte le lit, de son nombril le ventre crie sa renaissance. L’allume-être grésille au frottis d’une paume qui se balance de l’autre côté de la ruelle où la lirelle des lichens a gardé les senteurs  laissées dans les habits. Du torse tombe la lourdeur de seins murs au touffu des racines.

Ombre en pleine lumière un voeu quémande d’avoir l’image de cette union du lieu, des acteurs

scène picturale du coeur clamant de la poésie.

 

Niala-Loisobleu – 7 Mars 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 33


main-header_father-nature

LA BOÎTE A L’ÊTRE 33

MOTS PEINTS,TRACES DE PLUME 1

« Un peintre c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence. »

Christian Bobin

Rien de ce qui apparaît dans la lumière, n’est parti d’elle. La ligne de départ est toujours à l’ombre, voire en pleins ténèbres.

Je me reconnais dans bien des domaines, avec cet auteur. Son goût inné du lieu de vie, éloigné des bruits de toutes sortes, en particulier de ceux de la renommée. Sa simplicité, sa poésie, sa belle écriture aux clartés humbles, et sa foi si pure, j’en accepte pleinement le regard tourné vers Dieu. Elle force mon respect d’agnostique et de mécréant, par la non allégeance au dogme que j’y sens. Il a l’esprit d’ascèse d’un Franciscain.

Aujourd’hui il est un maillon qui, dans un moment de doute, ramène à la surface. Qui, sans remettre les choses en cause, aide à les franchir. A ne pas se laisser bouffer par la gangrène d’une société en faillite.

Peindre en écrivant son espérance, c’est nettoyer la vitre sale. Je suis conscient de la réalité de cet acte. J’en ai l’intime conviction.

Et de penser que mes pinceaux se croisent avec son écriture, ranime la flamme de mon désir d’aller peindre, jusqu’à encore plus loin.

« Je ne connais pas d’apôtres du néant sinon par imposture. Ce qu’on veut nous faire croire aujourd’hui, ce que clame cette littérature de la nuit, c’est que la vérité est toujours plus du côté du mal que du bien. Une croyance comme celle-là signale la disparition d’une personne. C’est une disparition bien plus profonde que la mort. Celui qui pense que la vérité est du côté du mal s’assoit très profondément dans le fauteuil de l’air du temps, et il n’est pas près d’en sortir. C’est pire qu’un lieu commun. »

Christian BOBIN, La Lumière du monde,

Paroles réveillées et recueillies par Lydie Dattas,

Gallimard, 2001.

Dans la société occidentale, tous les chemins nous sont donnés pour nous perdre. Le seul qui nous soit enlevé est le vrai chemin.

Christian BOBIN, (La Lumière du monde)

Niala-Loisobleu – 7 Décembre 2010

 

ET LE VOICI…

 

Il faut autre chose que le temps pour retrouver le vrai chemin, ni les états civils , ni les états de service n’y contribuent. Il surgit au détour d’un virage, d’un méandre, au bout d’un tunnel, sur le précipice à franchir…et…

Les MOTS PEINTS voici qu’ils se dressent désormais et à jamais à la verticale de l’ECRITURE…Ils se sont unis en blanche, pure et complète Union POESIE-PEINTURE.

Niala-Loisobleu – 06/03/18

 

IMG-0051

 

L’ETHER


L’ETHER

A côté de mon sexe oublié

je me vide test y cul droit après l’autre

il y a plus de gauche depuis longtemps

 

Passe un chant courtois

la lèpre et autres fléaux ayant laissé place au crabe

miracle

Hyppocrate se montre en personne à mon seuil

 

Je sens battre l’humain des deux mains

venu des cendres du bûcher une voix  bat du pied à ma poitrine

et mon sexe dresse la tête toutes ouïes…

 

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2018

 

 

 

Temps mène à sang


5b6ee4bce282a9fba8c2e2626a09ee67

Temps mène à sang

Que vois-je en corps qui ne la macabre dense ?

Tout fluo récent

Plus fluet globulaire

Bouffe moelle épinière

A en anémier

Le furet

Voilà ce qu’il lui faut

Donnez-lui le débouche heur à ratatiner le crabe

Boutant hors c’qui gang graine réellement

Epouvantable bête à poils

Larmes fatales

De menaces de mort

Niala-Loisobleu – 2 Mars 2018