SIGNE DE BON JOUR


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SIGNE DE BON JOUR

En ouvrant sur le palier, j’ai vu les marches de l’escalier en grande discussion avec la rampe. Des mots comme parapet, garde-fou me venaient aux oreilles. Le ton calme rassura vite mon inquiétude naturelle. On a tous une peur prête a sortir. A faire croire au chapeau accroché à la boule de la rampe, que les marches ne mènent nulle part où quand elles meuvent c’est vers la cave. Le pardessus qui attendait posé sur la première volée, en faisant semblant d’être absent, montrait qu’il était lucide. Le printemps en retard sur la température compte sur lui pour aller à la promenade. Il jettera de temps à autre des regards en dessous du col pour  vérifier qu’on est pas suivi par une tristesse. Deviner en suivant les yeux des portraits accrochés aux murs, ce qu’il suffit de suivre dans leurs regards pour trouver le couloir. Même au fond de la cave, l’if savait qu’il n’est pas dans un cul-de-bouteille. Le tire-bouchon n’a pu l’abuser. Une poignée de mains insomniaque ne cessait de faire tourner la béquille de la porte du jardin. Quelques mouvements d’entre baillements, laissent apercevoir le grand chariot, qui attend sauf les jours d’éclipse, tous feux allumés, qu’on appelle le cocher pour démarrer. Il devait y avoir peu de temps que les menthes s’étaient endormies, tout le bas du perron avait encore leur odeur poivrée qui s’échappait de la chambre d’amour. Quelle impression tirer du premier regard sur ce dernier samedi de Mars ? Aller faire ses courses ailleurs qu’au marché central qui crie trop fort des halles. Pas de liste, juste prendre ce qui est mûr. Sentir qu’il se passe quelque chose qui arrive, sans savoir à quelle heure les repas se servent, si ce qui attend dans l’armoire est suspendu au désir avenir sans se trouver plié, le désir irrépressible est seul juge. L’odeur de jument est trop nette pour un équipage de trois, le cheval sait que l’attelage est bien double je. A peine la première pénétration qu’un signe fait sourdre son eau.

Niala-Loisobleu – 31 Mars 2018

MAT AIR MANNE


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MAT AIR MANNE

 

Peindre pareil que donner à son âme

le droit de représentation

en tous endroits

Mars  double stanee

d’acte et de pensée

par rapport au froid et au chaud de son poil

par le lieu que ses oreilles captent des yeux

par la spontanéité du geste mu de stimuli

de l’heur de son horloge interne

Devenir siamois du pigment

étreint du pinceau

buvant le médium

qui nargue le couteau

d’un désir d’empâtement

Matière de soi

née du quelque part d’autres

Sensualité affichée

par l’érection d’une forme

donnant l’orgasme à la composition

Peintre montre-toi nu

plus déshabillé que ton modèle

Dis ton combat pour trouver

ce que ton humilité doit taire

Couleur

tu es le teint du tant

dans l’humeur de ta souffrance du peu

Peindre avec l’alphabet de son écriture

du A comme je t’aime aujourd’hui

au Z comme en corps hier à deux mains

La peur unique au ventre

la peur qui crée

la peur qui stimule d’une poussée animale

la peur qui fait surmonter sa peur inadéquate

la peur qui veut que tu la lises espoir

Peindre alors m’aime au pire désarroi

un rond à remplir de jaune

souligné de bleu vertical

du mot venu sur le papier  écrit  à deux mat air manne

 

Niala-Loisobleu –  29 Mars 2018

 

CHUTE SUR LES BORDS DU TEMPS


CHUTE SUR LES BORDS DU TEMPS

L’oiseau du jour a dévoré les horizons, les horizons qu’on a cousus avec des fils d’azur et de beau temps, d’aveux et de prisons.

Sur le nez d’une ville,

la tête cachée sous un cercle d’aiguilles d’or

– est-ce pour clouer sous le charme de son plumage

le secret multicolore des paysages ! —

il gonfle son ventre de nostalgie.

Qu’il était doux de rire du sort

ainsi qu’un homme dont le vin a bu le crâne

en se baignant dans les seins voilés d’écume

Va-t-il rouler au pied du temps

l’oiseau du jour, l’oiseau tout velu de couleurs

l’oiseau prodigue comme le printemps !

Il glisse ses paupières

comme pour fermer à son regret toute sortie.

Quelques minutes ont coupé de l’arbre son cœur : il doit rouler le long des pentes.

Son sang d’aigle vaincu, son sang noir,

a coulé sur la terre

comme les bouches muettes de la mort sur les cimetières.

 

Lucien Becker

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 Quelques pas, oh à peine moins d’une botte, le frémissement était palpable, A la manière de se hâter on voyait que les fourmis étaient en grand nettoyage de printemps. La chambre, fenêtre ouverte, avait la ruelle palpitante contre un clos pour mûrir les baisers sur la claie des seins. Le tronc sur la console des cuisses s’étant débarrassé de la franc-comtoise, ce qui balançait était loin d’hésiter. Les draps en sentant le changement d’horaire avaient une odeur de fumée d’entrain. Longue histoire, l’oiseau descendit de sa branche, transpercé d’émotion. Titubant sous le coup, il posa son pinceau, sans lâcher la phrase qu’il peignait, allant même jusqu’à s’y mettre en parenthèse. L’air sans devenir étouffant perdant de son soutien, le feutré du billard laissa le bleu à boules venir à la rescousse. Juste un bruit de projecteur et le rayon de l’image, la vie en arrière se projetait sur le mur. Ronde de femmes, formes Braque, pensée Demoiselles d’Avignon, les hautes-pierres des carrières des Baux bougeaient sous les mouvements d’Orphée. Poésie en aigu, l’ombre en combat avec la lumière. Trier et mettre cartes sur tables. Remonter la hausse, le viseur cligne de l’oeil, regarde que la cible. L’aigreur est dans les inévitables erreurs du labyrinthe. Cette femme pourquoi est-elle disproportionnée de taille, celles-ci en deviennent naines, quoique arrivant à dépasser les hommes qui détonnent dans le parcours. Un pincement remonte de l’aine jusqu’à la saignée du cou. Quelle douleur. Une histoire inordinaire traverse le commun. Séisme dans la chambre des endormis ? Non cycle rénovateur, on remet le train fantôme dans le tunnel et on casse le tartre dans la rivière. Un cheval hennit, la croisade s’amuse avec un enregistrement d’une illumination de gardienne de moutons. La transparence en découvrant la partie intime écarte la faiseuse d’anges, il y aura naissance sans interruption du Mickey.
Niala-Loisobleu – 25 Mars 2018

De Terre Bleue


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De Terre Bleue

Est-elle plus aux poils d’un de mes pinceaux, qu’à la pointe d’un roller qui lui écrit des mots-peints ? Elle est partout de pore en pore.

  • Allons au bord de ce qui ne fut pas tracé faute de voie praticable, lui-dis-je dans l’ouverture de son chemisier.
  • Elle me répond d’un bruit de remous, la rivière est au bas de moi, naviguons.

Alors les accessoiristes convoqués chez un faiseur de fausses prédictions nous libérèrent des phrases stériles.

  • Fais-moi enfant-fou comme toi dit son crayon qui jouait à saute-mouton. Prenant les couleurs à son bord la mer appareillera tous voiles au-dehors. Nous n’écrirons plus que peint et ne peindrons désormais  qu’écrit, bâtons de craie, feutres imbibés, arc-en-ciel sur contrefort, arc-boutant en flèches, des mots cathédrales tirés des pierres d’une m’aime carrière. Un espoir semblable tiré de nos blessures mises à l’air

René Char chaque jour lui envoya sa lettre quotidienne durant des décennies, même encre, même papier..

http://jean-leveque.fr/specific/formats/page.jsp?id=604

Niala-Loisobleu – 24/03/18

La clef à mol être


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La clef à mol être

 

Marchant d’une peinture tue, les deux jambes autour de l’arbre qui en détient le pigment , sans oublier le caillou pour les sonorités minérales gardé battant au fond de la poche, je m’arrête pour recharger. Je vais sortir du monde qui fait écran. A cheval. Sur le vélo équin sans casaque de propriétaire zoophile montant sans selle, centrifuge sur la piste d’un vélodrome de vierges attendant la révélation de la pureté avant que la puberté n’en prenne possession. De race sauvage, sacoche à outils garnie et sonnette-clitoris non excisée, il rue sans demander la permission. Sa palette, grâce à la mobilité des roues actionnées à la main peut entraîner de fortes émotions. Prévoir du petit-linge de rechange. Juste pour les larmes, n’allez pas confondre avec le tant passé, l’oeuvre est bien sèche. Sa trompe qui corne dans les entrailles de cette combinaison picturale est hardie – se foutant du message – retentit sans demander autre chose que le silence. L’intime étant dans l’inspiration, parler dénaturerait les odeurs, masquerait des bruits liquides, confondrait la nature avec ce qui doit en ressortir après ingestion. Les impressions à côté étant du libre-arbitre de chaque curieux qui fait cercle, il va de soi qu’ils peuvent en ressentir. Cependant vouloir en faire un commandement ne peut que choquer. L’art est un véhicule, plus loin il emmène, plus il s’en trouve grandit. Etant bien entendu que si l’intérêt témoigné se révèle spéculatif, moi l’artiste j’élimine totalement l’intrus avant qu’il démolisse mon concept personnel. Un véhicule qui peut brusquement tomber en panne face à un revirement brutal de l’atmosphère créatrice. La sensibilité est constamment branchée. Durant les dernières les heures que je viens de compter aucune n’est parvenue  à teinter le blanc. C’est aujourd’hui le printemps ? Il faut toujours une première fois, sauf quand il s’agit du contraire attendu et cultivé…je crois qu’il me revient dans le nez avec un acharnement nuisible à mon désir. Voilà des mois que tout s’accumule en tromperies, mort d’enfants, cabane cassée de viols, le crabe là toutes pinces dehors et puis l’atelier qui friche…

 

Niala-Loisobleu – 21 Mars 2018

 

Un chien court rejoindre son matin


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Un chien court rejoindre son matin

A travers l’écorce

un chemin se fait canif aux poignées

il reste rien à cueillir dans les rizières sèches

le printemps a toujours poussé de vent la flamme de l’offrande

Les vertes herbes ouvrent la tige, oh respire, chaque jour et plusieurs fois la marée suit le mouvement perpétuel de la renaissance

Si il neige c’est un dérèglement que les hommes s’affairent mieux que personne…tiens les deux bords au plein milieu, comme des enfants portent la traîne de la mariée à l’écart  des grandes orgues.

Bien sûr que tu peins en corps…

Illustration: Pierre Bonnard

Niala-Loisobleu – 19 Mars 2018

 

LA CHAMBRE DE DON QUICHOTTE


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LA CHAMBRE DE DON QUICHOTTE

 

Comme un cheval d’os de poil et de feu sera toujours au cavalier préférable à toute monture fictive

De même à celui qui ne se soucie aucunement de cavalcade et que n’émeut ni la sueur de la robe ni le hennissement

Un cheval de pierre est plus grand là debout sur son socle à tout jamais qui se cabre

Plus enivrant dans cette inutilité de la crinière qui bouge avec la lenteur du soleil

Et cette couleur blafarde aux ombres variables

Que la bête chaude et glacée entre les cuisses de l’homme qui s’envole

La bête à qui le poignet fait mal où la main la retient

Ainsi les mots dans ma bouche sont le cheval de pierre

Et ils sonnent de tous ces grelots mis aux harnais imaginaires

Ils sont le cuir férocement qui arrête l’élan de la pensée

Us entrent dans la chair de ce que je dis

Et c’est moi qui souffre où la raison me blesse déjà dépassant ce qu’elle permet d’entendre

Déjà mis en sang par la bride et chaque parole n’est plus

Ce qu’elle était mise en branle
Elle dit autre chose que ce qu’elle dit

Que ce qu’elle disait
Je m’enivre

De l’emploi que je fais des vocables humains et tremble

Je ne sais trop moi-même de quelle profanation commise de quel forfait

Que je signe de quelle dénonciation du langage

Et pourtant quand le caillou roule et m’échappe et tombe et rebondit

Ce n’est point le sens qui meurt mais autre chose qu’il devient

Qu’un autre que moi ne lui aurait point donné licence d’être

Autre chose que ce galop suivant les règles du pavé que cette course

D’ici à là et pas plus loin

Autre chose qu’une liaison de poste avec son horaire et la ville à chaque bout nommée

Autre chose que le cheminement de la pensée autre chose

Que midi forcément à la fin de la matinée

Autre chose autre chose n’en fût-il point d’autre et je m’entends

Moi-même avec étonnement moi-même dans l’écho redoublé des syllabes

Comme celui dans la montagne qui avance le pied sur l’éboulis

Et sent fuir à peine posé toute la terre sous sa semelle en vain prudente

Les mots l’un l’autre qui s’entraînent dans la chute et on ne peut plus rien arrêter

Ni le bond des blocs et leur presse et le déclenchement du vertige

Ni l’énorme suintement de poussière fuyante fine affolée

Ni l’écho sauvage qui répond de falaise en falaise comme une image de miroir en miroir

Et plus rien ne se borne à soi désormais mais tout vocable porte

Au delà de soi-même une signification de chute une force révélatrice

Où ce que je ne dis pas perce en ce que je dis

Où plus fort est l’entraînement des paroles que le rêve qui les précède

Où je suis emporté comme un fétu de paille sur une mer démontée

Où je suis le jouet qui ne- se peut retenu- d’une nécessité nouvelle

Nouvellement dans sa marche inventée

Et je n’ai plus maîtrise de ma langue à la fois torrent et ce qu’il roule

Je n’ai plus le choix de ne point proférer ces sons chargés d’ivresse comme les grains d’un raisin noir

Je ne puis faire que je ne les ai point prononcés

Avec toute la violence de l’élocution surhumaine qui me roule me tourne me renverse

Et que vous expliquez bien mal avec ce pauvre mot de poésie

Auquel on en fait voir de toutes les couleurs

Le récitant s’arrête et l’on voit que c’est un vieil homme déjà dans une chambre des
Espagnes sans doute où les plafonds cloisonnés d’ors déteints sont hauts et soutenus de milliers de lances ou de piques tandis

que des chauves-souris s’accrochent à des baldaquins des courtines des manches de fantômes

et
L’absence du feu se fait sentir au manque de reflets sur les meubles lourds et sourds alors à quoi bon la parole et cette admonestation grandiloquente des ténèbres mais qu’y
faire

elle reprend la parole elle reprend comme si de rien n’était comme si

rien n’était au monde qu’elle et son déroulement de parole rien à faire pour l’arrêter

Je suis arrivé sans avoir eu le temps de me retourner au bout si proche de ma longue vie

Comme au bout d’une phrase inconsidérément prononcée

C’était hier l’enfance et je n’ai pas eu plus tôt mis les gants de velours de mon printemps

Que déjà me voilà cette loque édentée incapable à présent d’escalader les montagnes

De fendre de mon ventre fléché l’espace marin qui se prostituait à moi pour aucun autre argent que celui de ses vagues

De faire gémir sous moi la beauté

Je suis arrivé sans même le remarquer à cette extrémité de moi-même

À ce point d’où tu ne peux que regarder en arrière parce qu’il n’y a plus rien devant toi
Et qu’y vois-tu bavard qui vraiment te réjouisse
Il faut reconnaître que ce n’était que cela que cela rien d’autre et tu ne pourras rien y changer

Corriger recommencer raturer refaire travailler comme une prose

Rien
Tout ce que tu fus sera tu ne peux plus rien rattraper
La barque est larguée et du reste
Cela fait belle lurette qu’elle se balade hors de ton pouvoir

Tu regardes ton passé de cet air désespéré que je t’ai toujours connu devant les miroirs
Tu ne peux plus rien pour lui tout est irréversible
Et tu n’auras au bout du compte dit que cela
Que cela que cela répète-le car il n’est pas pour ton ombre prochaine
De pire glas que cela pauvre homme que cela
Te voilà sur le môle de ton langage
Phare à jamais éteint dans un ciel sans étoiles
Et rien à ses pieds que le ressac monotone du temps
Te voilà qui comptes les quatre sous de ce que tu te trouveras finalement avoir dit

Et l’abominable de la misère n’est point la faim présente

Mais que ce ne fût que cette misère et la place pour toujours de ce dénuement
Comme une maison où le ménage n’est point fait
Ce sont donc là tous ces miracles dont il me semblait mener grand bruit

Cet assourdissement de mon sillage et ce claquement d’ailes

Des mouettes à l’oreille avec à main gauche pour mieux m’aceompagner

Le plongeon sonore des dauphins
Ah tu peux rire

Regarde combien tout cela semble chauve

Ta poésie ah tu peux rire à perte de vue

Eire et sangloter dans la grande chambre nue et froide

Où personne que toi-même ne t’entend

Eh bien parlons-en de ta poésie

II s’est levé car il y a des mois comme cela qui font qu’il se lève et je l’avais remarqué tout à l’heure quand il a pour la première fois je ne sais plus dans quel
contexte prononcé le mot de poésie il avait eu cette cabrure des reins ce petit sursaut de la fesse sur son siège un rebondissement passager mécanir nique inexplicable par
la phrase qui tenait du réflexe une sorte de
Babinski moral et je me disais que personne et pas moi surtout ne l’avait frappé du plat de la main personne ou du marteau précis qui décèle un invisible cheminement du mal
dans le secret appareil de la pensée ses chaînes à fins rameaux ses moelles les circonvolutions du génie oui du génie car il faut bien c’est au théâtre
affaire de convention que personne dans la salle ne doute un instant qu’il s’agit ici d’un génie ou bien je vous le demande où serait donc le drame
Mais chut écoutez-le

Ta poésie ah ah
Tu me fais mal

Ta poésie entends-toi bien seulement dire ça l’enflure

La bouche ronde et la joue on croirait les
Tritons de la mythologie

Ta poésie il y a dans ta façon de balancer la tête à cette idée

Et de faire l’œil vague et le regard à l’infini quelque chose

Dont tu ne mesureras jamais sans doute la grotesque immensité

Ta poésie ô naïf ce petit bœuf sur ta langue

Ce mot qui fait de toi tout au plus un vague professeur de
Cinquième
A

Ce mot lucarne sur le ciel de ta sottise ce mot clé

De la prodigieuse simplicité de ton âme

Mais ne t’écorche-t-il pas les lèvres en passant quand en éclate le buccin

Ta poésie où donc as-tu la tête
Va

Tu ne seras jamais qu’un peintre du dimanche dans le meilleur des cas

Triste comme un peintre du dimanche

Mal réveillé de sa semaine et qui retrouve sèches les couleur d’il y a huit jours

Égaré comme an peintre du dimanche
Qui ne peut mettre la main ni sur ses pinceaux ni sur sa pensée

Consterné devant la toile ébauchée où il croyait avoir fixé l’invisible

Malheureux comme un peintre du dimanche qui mesure sa journée

Et tu ne peux te débarrasser de ta semaine qui te suit comme une ombre dans le dimanche

Comme une maîtresse exigeante avec laquelle c’est trop long de s’expliquer

C’est toute ta vie à la fin qui n’aura été qu’une longue semaine

Et il n’y a pas de dimanche à vrai dire autre que le dimanche à la fin de ta mort
Tu parles de ta poésie et soudain te redresses devant
Un général passant sur le front des lignes car toi tu veux lui faire bonne impression
Tu parles de ta poésie on dirait vraiment qu’elle existe
Tu parles de ta poésie on jurerait qu’elle est à ton bras et toi tu nous présentes
Madame

Mon cher le temps est passé des réceptions à la sous-préfecture

Personne m’entends-tu personne n’écrit poète après son nom sur l’Annuaire des
Téléphones

Même la malédiction attachée à ce mot ne le sauve pas du ridicule

Comme une casserole d’émail bleu qu’un chien trimbale sur les pavés et elle s’écaille et l’on voit aux cassures le fer noir

Celui qui se présenterait dans une caserne avec cette étiquette tu imagines
La dérision dans les escaliers et les cours ou même avant
Représente-toi ce jeune homme dans un simple appareil

Qui répond ainsi quand on l’interroge au
Conseil de
Révision

Mais que dire alors du vieillard ayant fait l’interminable chemin de sa vie

Quand il n’a plus rien à apprendre et simplement ses vieilles lettres à ficeler

Pour qui se nommer poète est la chose la plus naturelle du monde

Persiste et signe

Tais-toi ne parle pas de ta poésie

Il s’est rassis la tête dans ses mains le malheur dans ses araignées
Les oreilles lui tintent ou peut-être ce ne sont pas des imaginations mais le pas au loin dans la maison d’une servante un enfant qui crie dans la cour
II n’est pas facile à l’homme de distinguer sa mémoire de ce gui se passe en réalité dans ces parties invisibles de sa demeure les corridors ou le grenier
Les sons facilement se confondent se fondent
Pour un rien ils suivent des cadences
C’est alors qu’on dit que les oreilles vous tintent
Cela commence de façon tout à fait insinuante une obsession machinale à peine ou pas remarquée
Une syllabe de plénitude qui revient et se gorge de musique si pas encore de sens une variation d’abord infime dans les lèvres entrebâillées un goût on dirait que
recèle moins qu’un mot une part de ce mot soudain vivante mûre animée une odeur de ce mot un goût profond de fruit dans sa pulpe et la langue avec le noyau joue
Mon
Dieu quel est ce mai des mots ce retour cette reverdie il semble qu’on entend la balle sur un sol d’école qui bondit
Vceil la guette et la main l’attend tout le corps à la relancer s’apprête on dirait on dirait aussi bien le choc des agathes

On dirait à ce jeu retrouvé non point le jeu comme on l’entend mais celte angoisse de gagner cette réévaluation de toute chose par le jeu qui donne à tout son sens
tragique et fait d’un pile ou face toujours question de vie ou de mort

Il s’est rassis la tête dans ses mains il écoute des cloches

je crois au moins que ce sont des cloches

des cloches qui sont désormais toute sa rumeur le dedans de ses prunelles le pouls de son être le pas de sa vie et de sa mort
Attention ne toussez pas il va parler il parle

Je parierai de ma poésie

Aussitôt cette résolution prise il s’établit un grand silence et peu à peu le décor s’efface ou s’estompe au moins les livres sur le coin de la table et l’encrier
renversé les griffonnages de l’usure aux parois les papiers déchirés comme des lys retombant les pivoines de l’humidité la poussière de la nuit tout se remplit d’une
musique à moins que ce ne soit une lumière on dirait l’eau fraîche dans la bouche après une longue marche la jeunesse de la lèvre une fois la fièvre tombée
une guitare qui s’accorde une voix qux s essaye et le genou tremble sous l’instrument le pouce au-dessus de la corde encore étonné du la qu’il éveille du •parfum
révélant quelque part des fleurs dans un vase et qui d’autre les eût jamais apportées si bien qu’on ne peut plus comprendre qui vraiment parle ni d’où vient la
chanson

et
Vunivers est pur comme peut être pur un visage

Louis Aragon

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La chambre de Don Quichotte – 16/03/2018 – Niala

Acrylique s/Canson, encadré s/verre 30×40

ROUGE BAN BLEU TRIPLE BANC


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ROUGE BAN BLEU TRIPLE BANC

Stanilas était mieux versé dans les grilles

que dans la porte

Pourtant j’ai reçu un carton

d’un bleu banc

que la mer avait rempli de son sel

à l’apporte du soleil

le fils se faisant cygne

Je m’y suis assis les yeux fermés

banc de la Place du Forum

Pompidou marchant à son tour sur une grille

cette fois de métro

s’est soulevé jusqu’au ô

façon Marylin

T’as d’belles cuisses ai-je dit à ma Muse

en plongeant au bain de ses yeux

seins dans les seins

Notre-Dame n’ayant pas retrouvé son bourdon

et Rome toujours sous pape

il a fallut qu’une mouche débarque  en marie-salope

Eh l’Oiso je monte à bord

dans ta trière ya du bon suc de vigne

et les cales en jarres telles que mains tenant

la porte est double

et le bleu triple

sous les fées de l’Al cool

Les rameurs tenaient le marchand d’esclaves

par le fouet du tambour

et la chaîne galère vaine et ri hyene

par la peau des couilles

devenues si bleues

qu’on aurait dit la porte de vingt cènes

en position des tireurs couchés

 

Que du bonheur en bleu de chauffe

l’ô fourneau rallumé

les mines réjouies du géniteur et d’un de la progénitue

trois moins deux et je retiens un

trempant jusqu’au cou

dans l’encrier

pour peindre

en qu’aime et narre

la voie du bleu d’un triple ban

comme si un ange pouvait être haut-de-contre

Niala-Loisobleu – 14 Mars 2018

 

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Il est tard Mac


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Il est tard Mac

 

Le crabe sorti de sous sa pierre t’a écarté de l’endroit de ta piste d’envol terrestre

L’herbe hôte monte

le cerf-volant est à plat

et la biroute dit que devant ben…l’atelier rouille en hangar…

N-L – 14/03/18

FENÊTRE SUR


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FENÊTRE SUR

Me sortant la main du trousseau, je tourne de deux doigts le verrou, libérant l’accès public. Bien sûr à condition que….certain secret ne quitte pas son jardin pour franchir ma frontière. Le verrou tourne dans les deux sens…

Le soleil est là qui lèche le glacial du jour malade. Le crabe, reste à battre, un sourire, épuisé certes, se tient devant. Je repousse un peu le bruit des assiettes dans le bac à douche, la vaisselle s’égoutte parler au milieu de l’allée dans le caddy. J’ai envie de passer une chanson de peinture sur le chevalet. L’atelier que je tiens fermé depuis longtemps, s’anémie. J’irai dehors le temps de cueillir la vue d’un visage, une souffrance qui se partage, tire pas la gueule. Elle se refait les jambes à croire.

Les arbres vont bien dans leur tête, ça se voit en les prenant l’oreille au tronc. Ce qui bat, a la sève dans la veine, c’est pouls-droyant.

Niala-Loisobleu – 13 Mars 2018

Illustration: Peinture, Pierre Bonnard