RICOCHETS


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RICOCHETS

L’équerre au tombant d’arc

juste un rayon sorti du compas.

Si la voûte des vagues est à porche, détacher le cheval pour un aller-retour derrière l’abside. Le vélo doit bien être appuyé quelque part. Sans se peindre le soleil garde son naturel.

Voilà le temps venu des réponses que l’hiver tenaient en sommeil. L’herbe pousse, ne serait-ce que sur le plan purement pratique la cabane attend de savoir quoi à remettre.

Le fils aurait fait plus de mal qu’on savait de lui. Est-ce un si que les hommes ne savent que vivre ? Creuseur de trous, ma parole j’avais pas vu descendre aussi profond son dernier fait . Que de dommages collatéraux cette faille poursuit de sa brèche. Tout tremble alentour.

Niala-Loisobleu – 17 Avril 2018

PROLOGUE DE JARDINS SUSPENDUS


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PROLOGUE DE JARDINS SUSPENDUS

 

Aller au devant de la goutte à couleur

l’accrocher aux arbres

dans le vert

rose jardin où cette femme s’apprête à éclore bleue

à côté du chien qui mord la morne pluie.

 

Niala-Loisobleu – 16 Avril 2018

UN DIMANCHE


LE CHEMIN DE MON JOURNAL 003

UN DIMANCHE

 

Des lambeaux de brumes se tordent les bras , ici et là un barbelé, une branche morte, les derniers mots d’une épitaphe les retiennent au passage

pourquoi les jetteraient-on ?

Le cimetières marins où les charpentes navales gisent, vertèbrent d’une moelle épique plus qu’un ex-voto à l’abri d’un monte en chaire

C’est porteur de suivre la carte où l’on a noté l’emplacement des épaves, les bans de récifs, les sales de concerts des Gorgones et les barres à pute où les gogos viennent oublier leur fuite.

Je signerai ce que j’ai peint, pour entamer le passage à l’acte. La robe de ce jour se fout du temps variable. Ses petite bretelles glissent sans problème pour laisser le jardin prendre l’air.

Photo: La Soloire devant chez moi, un moment de printemps

Niala-Loisobleu – 15 Avril 2018

 

J’ETAIS NU


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J’ETAIS NU

 

Sensation de gravas dans une remontée de vésicule enlevée

c’est un comble en plein moment créatif

comme mis au noir d’un Soulages qui me fait mal

En tournant la tête je vis que j’étais dans le champ du voyeur

j’ai perdu mes bras en voulant enlacer.

 

Niala-Loisobleu – 13 Avril 2018

ROSEURS AURORALES


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ROSEURS AURORALES

La nature travestie , trahit le mensonge des jambes qui restent hors du tapis de la marelle. Butées de la voie empêchant d’hâler éclore. Le mal se confond plus souvent au bien dans un indicible profil. Je demande à mon tain de conduire à l’intérieur de mon image. Ne plus donner au tant perdu la majeure partie. Se défaire du passé. Mes yeux fatiguent à rester calés sur un point fixe. Dépasser l’aube, l’hiver permanent, le  brouillard qui pend en stalactites sur la corde linge. L’instant mort-né n’est que Jeûne. J’ai faim. Le jardin s’ébroue avec le chien, la cheminée enfile ses bottes, l’herbe mouillée indique l’estuaire, la montagne est derrière, devant c’est le large. Sous les pieds d’ici ma tête à l’envers de là, ne peut laisser mon coeur figer l’endroit de tout le bleu que fait la tonsure de la forêt en clairière. Un chat se glisse par la chatière en montrant le chiffon rose dans ses moustaches. Au moment où la colline a levé les bras la vallée a placé ses tertres de chaque côté du banc. Feuillées hôtes j’arrive.

Niala-Loisobleu – 13 Avril 2018

LA CHAMBRE DANS L’ESPACE


 

 

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LA CHAMBRE DANS L’ESPACE

 

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine – L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –, je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ; je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté. Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ? Demander c’est mourir !

L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles. Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri qui me donne ton silence !

René Char

Les Matinaux, La Parole en archipel, © La Pléiade, p.372

 

 

 

La Peinture m’est , je suis Peinture depuis une naissance que je ne recopie pas mais crée jour après jour.

Foutue présence du son. La tôle frappée des pensées en couleur non retenue entraîne les stimuli sensoriels.

Derrière le papier-peint l’espace a le goût du plâtre. La fissure insinue l’air.

Marches-tu sur un fil ô Peinture funambule, qu’à peine mue, tes pieds me jettent leurs chansons aux paumes.

Bleu

Outremer

Cobalt

Phtallocyanine

Prusse

Coeruléum

Vos pierres aiguisées au fusil, allument un rai sous ma porte.

J’ai pu lire l’arc-en-ciel l’instant de l’éclair.

Mot à mot.

En courant sur la passerelle de ses voyelles.

Cadnium d’un escabeau jaune levé le premier.

Des rouges remuent aux queues des branches, déplaçant le suc sorti de la motte de tes reins adossés à l’espalier. Une nervure prometteuse à la ligne de la feuille.

Je dirais à tout le Monde comme je t’aime. A toi je tairais l’artificiel.

Mes mains iront écoper les sueurs de la canopée, pour ranimer les volcans éteints.

Pas besoin d’un silex. Il suffit que tu dégrafes tes aisselles pour que tes seins glissent.

Vas où la virginité indélébile regarde les viols s’auto-détruire. J’ai ta robe blanche à mes nuits pures.

Les arbres sont en orée des clairières. J’ai peint, je peindrai.

Pour limer la solitude stérile au ras des barreaux du lit des rivières.

Un rose tyrien émergé des fraises de ta poitrine. Pris à pleine bouche.

L’eau pure fait chanter tes battements de pieds.

Ecailles dépeignées tu bruisses aux branchies de mon oui.

Tu as aboli le temps. Empalant la pendule sur les aiguilles d’un maquis corse.

Ils seront aucun. Nous serons deux à comprendre l’auto-da-fé

Ma mer cobalt rejoint les ocres où les coraux se reproduisent. A pas lents d’une course océane.

Je t’aime partout

ma Muse m’y guide dans la transparence de ton rayon.

Je t’aime à la force du souffle qui me donne ton existence !

 

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2018

 

SEREINE CASCADE


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SEREINE CASCADE

 

Résurgence, des cailloux qui roulent en lapidaire dans la gorge

au-dessus de l’herbe d’une étendue rocheuse, où paissent des moutons amarrés haut

la voix guette sa sortie du tunnel.

Au-dessus des seins haletants, le soufflet retient la touche qui gonfle le son

murmure revient ouvre le jour d’un mot d’amour

le vent attisera la petite braise du royaume de cendre dans lequel les amants se lèvent

pour broyer le pigment à peindre la sérénité aqua r’ailes

 

Illustration: Peinture de Pierre Bonnard

 

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2018

CANTONNIER, S’IL TE PLAÎT ROUVRE L’EAU DANS LE CANIVEAU


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CANTONNIER, S’IL TE PLAÎT ROUVRE L’EAU DANS LE CANIVEAU

 

L’esprit s’est trouvé dévié par de mauvais chemins. Dans un ensemble modeste, si simple, mais vrai, des plans inaptes ont tenté de laisser croire à des embellissements auxquels les moyens réels ne donnaient pas accès. Connue au départ la clarté qui les caractérise ne présentait rien qui pouvait s’opposer au vouloir mener à bien. Un escalier déroulant sa richesse en double-révolution, ça mène  à l’inverse du but accessible par l’échelle de meunier initiale.

La vie que j’ai commence’ s’est présentée sous forme d’un grand fleuve navigable….pourtant ce n’était que le simple caniveau de la rue de Verneuil que nous les gosses on a fait Mékong, sans rein savoir du symbole que nous constituions à partir d’un jeu d’enfants.

Comme quoi quand on a une Marguerite quelque part on en tirera un fantastique réel

La vie avec sa langue à l’accent de poussière elle me donnait des soifs de nuits entières. Quelques bois et des cordes, avec les chiens, quand les roulottes se tapissaient aux creux des cris, l’oeil noir, entre les cuisses des carrefours, clignait de feux jamais éteints en direction de la Lumière. Que des gosses dépenaillés, sales jusqu’au blanc des dents, tiraient au bord de la rivière. Fil d’une eau claire. Les trottoirs sont au milieu des chaussées, entre les ornières, caniveaux rigoles par où le défi s’écoule.

Le palier des âges garde derrière la porte de chaque chambre des soupirs de toutes sortes sous les couvertures. La sueur froide du cauchemar infantile est sous les tapis, avec l’incapacité de courir.

Viemort

Oh ! J’ai couché

dans des draps étrangers sur la terre sur la neige.

J’ai forniqué

C’était bien. Oui

C’était bien – c’est ce que je me dis

car il est écrit dans le Livre que chaque femme doit être aimée

trois fois en trois jours

C’est alors que j’ai couché en grande hâte

trois fois en un été

ou bien tous les trois et tous les dix ans

avec ces grands hommes sentant l’homme

j’ai léché le sel sur leurs lèvres j’ai léché le sel

dans leur sang

à la place de l’eau je leur ai donné des larmes

Oh ! Je les ai choisis. Je les ai aimés. Je les ai goûtés.

Je les ai goûtés comme seule la mort

deux ou trois fois dans la vie

nous traque nous teste nous lèche nous goûte

Oh ! La limite. Les éléments purs

Je les ai eus non pas à mes pieds mais en moi

Comme seule ton autre putain mon Dieu

nous a

hommes et femmes ensemble soudain

sur la langue entre les dents dans la bouche

Comme seule ton autre putain mon Dieu

nous a

dans son utérus

et nous jette pêle-mêle hommes et femmes

dans le pré dehors dans le monde

Maria Petreu

 

Les cris de l’amour qui les pousse en premier ? Nos géniteurs ou notre venue au monde ? C’est ainsi, rien à faire, l’indistinct se mêlera sans cesse du début jusqu’à la fin.

Il y a dans la langue française trop de confusion possible, le sens des mots variant sans que la phonétique mette en garde, pour échapper à l’erreur de l’oreille et de l’oeil au cours de ces rencontres habitant les étages du parcours.

Toi, à qui je m’adresse d’un regard planté dans le tien, je ne peux me renier du soleil attendu que tu m’as mis au matin d’un jour qui nous a depuis sortis du quotidien. Entre ci et là, bien des mains ont tripoté mes viscères, mais pour rien faire. Sans que le monde où nous étions nés de cette unicité particulière ce soit précipité la tête la première pour hâter la rencontre et lui donner un air de mirage. Mais en nous sortant du néant, aurions -nous du dire que nous n’avions quand même que toujours de la malchance ? Je ne crois pas. L’amour terrestre veut toujours qu’on lui donne le plus beau. Mais le plus beau c’est quoi d’autre que ce que nous sommes capables d’engendrer d’abord et de mener, de pétrir, de porter, de sublimer quand la pire souffrance nous atteint au physique au moment précis où l’Absolu dont ont l’a voulu est menacé par l’ordinaire ?

C’est que certaines réalités peuvent légitimement paraître notre droit, notre vouloir vivre avant tout.

Une certaine pensée me vient pour répondre à cela: Celles et ceux qui dans leurs courts instants de pensée accordée, allongés sur la planche des dortoirs, dans le froid glacial, le corps meurtri, ne sachant pas si dès que l’aube viendrait si le crématoire, la chambre à gaz, la corde d’une potence devant les musiciens, les coups de bâton, la morsure des chiens, la maladie, l’extrême faiblesse n’en feraient pas leur dernier jour…et ils choisissaient de croire encore à la vie.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2018

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Cet amour autrement


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Cet amour autrement

 

Les murs chantent

à pousser le froid

la pierre se chauffe au contact de la voix

le couloir froid par lequel passe l’alarme

se retourne dans toute l’essence

Mes doigts serrent la toile pour sentir battre le pouls

quelque chose autrement

passe. J’entends rapprocher Pergolèse

Stabat mater s’élève

le bord de la route à la clef

 

N-L – 03/04/18

 

ODEUR DE PEINT


 

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ODEUR DE PEINT

 

Il disait je te peins

ça sentait le moulin à papier qui s’approche

j’attelle beaucoup d’Arches

n’aimant pas la neige ça sera sans des luges

 

Laissant partir les retenues

un jour nous nous retrouverons à l’apporte

plus nus que par avant

et visibles au touché

 

Niala-Loisobleu – 3 Avril 2018