LA OSCURIDAD I


zdzsislaw beksinski.jpg16

LA OSCURIDAD I

No viene la oscuridad de los colores

Sino del miedo

De la blancura.

Por lo demás, los colores oscuros

Son más densos en olores

Al atardecer de un otoño tardío,

Cuando el sol con el agua del lago

Sacia su sed de orgías,

celestes, anaranjadas, amarillas,

color turquesa ,

rojo púrpura o todo ya en negro,

En tanto los patos pardos,

De a dos,

Desaparecen de vista

Por la penumbra.

Por eso los olores,

Por la índole de la noche,

Siguen, pues, condensándose.

El lago, casi quedo,

Ya se está cambiando

Para irse a dormir.

En silencio se abrocha el pijama

Con botones de luna

Cosidos a la orilla afarolada.

Para que alguien,

Acaso yo,

Vele por su paz.

Silvia Monrós Stojaković

L’OBSCURITE 1

 

L’obscurité ne vient pas des couleurs

Mais de la peur

De la blancheur.

Pour le reste, les couleurs obscures

Son plus denses en odeurs

Au soir d’un automne tardif,

Lorsque le soleil et l’eau du lac

Assouvissent leur soif d’orgie.

célestes, orangées, jaunes,

couleur turquoise,

rouge pourpre ou tout entièrement noir déjà,

Pendant ce temps les canards bruns,

De à deux,

Disparaissent de la vue

Dans la pénombre.

Pour cela les odeurs,

Continuent, se condensant,

Dans le caractère de la nuit.

Le lac, est presque resté,

Il est déjà en train de se changer

Pour aller dormir.

En silence, il ferme son pyjama

Avec des boutons de lune

Cousus à la lisière réverbérée.

Pour que quelqu’un,

Peut-être moi,

Veille sur sa paix.

Silvia Monrós Stojaković

APRES MA MORT


APRES MA MORT

Henri Michaux

 

Je fus transporté après ma mort, je fus transporté non dans un lieu confiné, mais dans l’immensité du vide éthérique.
Loin de me laisser abattre par cette immense ouverture en tous sens à perte de vue, en ciel étoile, je me rassemblai et rassemblai tout ce que j’avais été, et ce que j’avais
été sur le point d’être, et enfin tout ce que au calendrier secret de moi-même, je m’étais proposé de devenir et serrant le tout, mes qualités aussi, enfin
mes vices, dernier rempart, je m’en fis caparace.

Sur ce noyau, animé de colère, mais d’une colère nette, que le sang n’appuyait plus, froide et intégrale, je me mis à faire le hérisson, dans une suprême
défense, dans un dernier refus.

Alors, le vide, les larves du vide qui déjà poussaient tentaculairement vers moi leurs poches molles, me menaçant de l’abjecte endosmose, les larves étonnées après
quelques vaines tentatives contre la proie qui refusait de se rendre, reculèrent embarrassées, et se dérobèrent à ma vue, abandonnant à la vie celui qui la
méritait tellement.

Désormais libre de ce côté, j’usai de ma puissance du moment, de l’exaltation de la victoire inespérée, pour peser vers la
Terre et repénétrai mon corps immobile, que les draps et la laine avaient heureusement empêché de se refroidir.

Avec surprise, après ce mien effort dépassant celui des géants, avec surprise et joie mêlée de déception je rentrai dans les horizons étroits et fermés
où la vie humaine pour être ce qu’elle est, doit se passer.

Henri Michaux

Au dernier Fils


Au dernier Fils

L’issue dérobée
 
Marmonnement profonde route ravinée du soleil

l’un de nous s’appauvrit et nous devance une immense aversion pendulaire le tirant

plus jamais la terre nue, seule à seul, affrontant le langage désert

de son propre puits paludéen le tirant

l’un de nous

que chaque mot torride a saisi

(ne forêt nous précède et nous tient lieu de corps

et modifie les figures et’ dresse

la grille

d’un supplice spacieux

où l’on se regarde mourir avec des forces inépuisables

mourir revenir

à la pensée de son reflux compact

comme s’écrit l’effraction, le soleil toujours au cœur et à l’orée de grands arbres transparents

Nous courûmes

des trombes de soleil

mirent en pièces

jusqu’au fond de nous la barque

la terre un unanime roulement de saveurs s’éloignait

dans la lumière des portes arrachées, trombes

comme si je naissais, éclairs

pour fêter un roi

et toutes les étoiles s’enfonçaient dans la mer

pour dissiper l’illusion

élémentaire, et favoriser le ressac

Sous la frayeur du récit inarticulé

le soleil

la signification de l’octroi

aphasique moyeu

ton règne

depuis que la roue me broie

je le nie

quelle que soit l’odeur putride des quartiers neufs et les instruments de déclin étalés à nos pieds

nous dévorons le mâchefer ce qui s’écrit sans nous en contrebas

l’éraflure et la saveur contiguës et désaccordées

ce qui s’écrit obliquement sournoisement établissant le calme

comme une pyramide sur sa pointe

Sans le soleil, en contrebas

ce qui s’écrit c’est un corps dont le soubresaut, dont le souffle dont les crocs incestueux…

un corps où se creuse la route

de quelle plume trempée

dans les menstrues de quelle monstre

à travers quelle grille

caniculaire

un corps qui s’éboule, éclate et s’agrège autour de sa crampe

à nouveau, et se dresse

faille du ciel effervescent

Ni conscience, ni lieu, ce qui suit,

la fin de quelqu’un, son corps

et dans ce glissement de collines la source

se dérobe. — ne se résout pas

un corps lu avec enjouement sous les vagues le tison, la contre-prophétie cpinglée sur le mur de chaux

ou dans le tiroir un libelle attendant son heure

Mettant à profit ce laps comme en pleine face une pierre franchirons-nous l’intervalle égarant

la césure d’un meurtre

qu’il nous incombe de réitérer sans retard

nous sommes de retour, la nuit tombe, la mer…

bêtes descendues du soleil

comment tenir fermée la cage où leurs ombres s’entre-dévorent

Une branche bat devant le mur blanc

neuve antériorité surgissante parmi les embus de son cri

un grand corps machinal bouge fleuve aux membres séparés à la musculature jaune prisonnière comme des nœuds vieux dans le bois

un enchevêtrement de lettres en filigrane dans ses eaux

Détaché de la nudité balistique

dehors, dedans se rétracte neutre inondé

rasant les murs

de son ombre violente

écriture d’arpenteur pour rejoindre la horde

besogne de bornage et d’illusion autour des foyers qu’elle résorbe

indice, la lèpre du mur avancé, du mur volatil dont nous sommes solidaires

jusqu’au bout, jusqu’aux commissures du brouillard…

retour au signe, à la pierre éqiiidistante

– et le mètre étalon pour un arpent de félicité

Le soleil le dos tourné

une ligne nous absout

ta mort donne le signal : l’évulsion la trajectoire derrière une vitre sanglante et la grande retombée planeuse des éclats emblématiques

débris de soleil sur le remblai

Toi. cru mort, seulement dévoyé vers une cible inverse un chemin de ronde avec la salive sèche du renégat

scrute ta comptabilité stellaire elle atteint l’obscénité

De ce qui hors du temps s’accumule osselets plutôt qu’ossements l’inscription

se retire erre dans la forêt comme une-bête une borne qu’on déplace

restreinte puis scindée

par la banalité d’un mort

sans griefs

et replongée dans son identité violente

pour en resurgir

non moins ruineuse que le texte dilacéré du soleil

Qui ravaude l’aigre tranchée manteau fendu dans sa longueur contre l’accolade

la boue enfante un oiseau

et
Ja conspiration de l’air maternel bien que réprouvé, bien qu’éblouissant

dur horizon rapproché

d’un cristal intelligible il résume le voyage

la piqûre du serpent

a déposé sur nos langues un immense oiseau entravé

Nos mains broyées

par les outils insaisissables

et la lumière s’éloigne de la plaie

nos mains énigmatiques

à force de froisser le plan du temple de I.ouksor

qui bifurque et bourgeonne à chaque dynastie jusqu’à nous

le soleil

au-delà l’insoutenable

entre chaque vertèbre explosant

vivants irréductibles

— et la lumière s’éloigne de la plaie

 

Jacques  Dupin

 

 

Hébété, les yeux plantés aux piques des menteurs

je tends les mains au cimeterre

coupez

mon chemin de croire moignons des arbres

liseré de trahisons répétées

Niala-Loisobleu – 10/09/17

 

 

f_0520

A BON ENTENDEUR


16532512_15603790_70166211

A BON ENTENDEUR

Tu serais l’éternité du mouvement statique

avoué

que je n’aurais eu  qu’à me taire pour tes phrases inertes en creux

camouflant une obstination de désamour maquillé cruellement

dans un mélange de ferveur si ostentatoire

que ça  fait même fuir les mouches du cocher

De l’âtre diabolique d’où tu sortis

j’écoute les flammes remettre aux chenets tes pieds fourchus

sans crépitement de bois vers la force du sentiment

Plus chaud d’ardeur qu’une fausse-promesse de marché libéral, tu meurs. Le temps de dire ne sera plus pressé comme un citron dans de l’ô gazeuse à l »étouffée, mains tenant le silence vomit ses retenues sur les Je Nous du Prince des Brigands. L’incitation au semblant est mise en fausse-couche et Toi qui ment d’ordinaire, tu vas être mis atone, bâillonné du canon de pêché bel. Tes façons éhontées d’user d’arnaque au sentiment selon ton gré et avec force likes, seront désormais sous haute surveillance d’un sniper adepte du tir sans sommation: parfaitement au courant de ton identification, éliminant ton anonymat. On ne peut laisser piétiné ce qui est humain et être en permanence humilié. La décence, tact élémentaire du respect de l’Autre exige sa légitimité de reconnaissance. Mépriser à l’extrême au nom de l’élitisme (plus que douteux) quand ça déborde, ça déborde. Cabot de mon cul, je refuse tes merdes sur le trottoir de notre Vie. Le Monde selon tes yeux c’est que du pipeau.

Niala-Loisobleu – 31 Juillet 2017

 

C’est combien les pas cassés ?


C’est combien les pas cassés ?

 Le Prince a répondu. Voici l’empreinte exacte de son discours:

« Enfants à tête courte, que vous ont chanté les kôras?
Vous déclinez la rose, m’a-t-on dit, et vos Ancêtres les Gaulois.
Vous êtes docteurs en Sorbonne, bedonnants de diplômes.
Vous amassez des feuilles de papier – si seulement des louis d’or à compter sous la lampe, comme feu ton père aux doigts tenaces!
Vos filles, m’a-t-on dit, se peignent le visage comme des courtisanes
Elles se casquent pour l’union libre et éclaircir la race!
Êtes-vous plus heureux? Quelque trompette à wa-wa-wâ
Et vous pleurez aux soirs-là-bas de grands feux et de sang.
Faut-il vous dérouler l’ancien drame et l’épopée?
Allez à Mbissel à Fa’oy; récitez le chapelet de sanctuaires qui ont jalonné la Grande Voie
Refaites la Route Royale et méditez ce chemin de croix et de gloire.
Vos Grands Prêtres vous répondront : Voix du Sang!
Plus beaux que des rôniers sont les Morts d’Élissa; minces étaient les désirs de leur ventre.
Leur bouclier d’honneur ne les quittait jamais ni leur lance loyale.
Ils n’amassaient pas de chiffons, pas même de guinées à parer leurs poupées.

Leurs troupeaux recouvraient leurs terres, telles leurs demeures à l’ombre divine des ficus
Et craquaient leurs greniers de grains serrés d’enfants.
Voix du Sang! Pensées à remâcher!
Les Conquérants salueront votre démarche, vos enfants seront la couronne blanche de votre tête. »

J’ai entendu la Parole du Prince.
Héraut de la Bonne Nouvelle, voici sa récade d’ivoire.

Léopold Sédar SENGHOR
Recueil : « Hosties noires »
 Dans la sacoche du facteur, il y a plus d’arbres coupés de l’intention que de voeux aboutis. Conter dans le cul de la poule fabule en rose les mots noirs d’une race blanche de la voix, qui, n’ayant rien à dire, s’ensable pour n’entendre que discours.

Niala-Loisobleu – 14 Mai 2017
IMG_6360

266c3b3cdde6ad9d18f7a06c94e92c1e

MOT A MOT 2

Durant des années, le coeur dans une seule pensée  fait, dès le réveil et jusqu’au coucher, le même chemin, en ne voyant que ce qui d’emblée lui a paru bon. Longue promenade un peu sportive, sans en avoir le moindre esprit. D’abord bénéfique, petit à petit le train en ralentit. Pour finir par être de plus en plus lent. La disparition de son leitmotiv lente mais constante en étant la cause. On a pas de raison de se méfier quand on donne, ça tombe sous le sens. Le doute c’est le crabe, quand on sent sa présence c’est déjà trop tard. On ne voyait que ce que l’on pensait être, mais…Les arbres n’étaient plus des arbres, ils étaient devenus une partie d’un décor d’ensemble, chaque chose en place n’ayant aucune réalité, juste des accessoires collant au thème que le coeur ne pouvait imaginer ne pas exister. Quand le mensonge devient le sordide produit d’une lâcheté qui le laisse se développer. L’oedème finit par imploser. La blancheur peut masquer la tare la plus sombre qui soit. Jeu de dupes, vertige d’une paranoïa machiavélique. Bonsoir.

Selon d’autres hiérarchies

A nier le don de soi
le charme des fictions s’exténue…

Albert Ayguesparse

(Mot à mot)

Adieu monstre d’une fanstamagorie pernicieuse, le mal qui t’anime t’appartenant en propre, je te l’abandonne. Il faudra remonter les vagues scélérates, c’est courant en matière de navigation. Chaque odyssée est un passage de soi. Le voyage est une initiation permanente.

Niala-Loisobleu – 8 Avril 2017

Abandoned-Andy-Lee-8

QUAND LA MARGUERITE PARLE


8918aa8218b541fdb0230f5f81a4a0ae

QUAND LA MARGUERITE PARLE

Par des bruits de fermeture de lumière

Cognés aux rochers

Elle se coiffe devant de glace

Une paille frise à vue au fond de l’oeil

Piqûre de l’aiguille perdue dans le foin

La moitié d’un autre regard engrangé pour aller au devant de rien

La belle humeur s’étiole à la tombée du dernier pétale…

Niala-Loisobleu – 22 Décembre 2016

 

AUX VENTS TOURNANTS


AUX VENTS TOURNANTS

Les voici, toujours plus voraces, décidés à manger nos marches

la peine de nos efforts, il veulent juste la rendre vaine

Cet or sans valeur marchande

qui gisonne au fond de notre Coeur

ses longs filons d’odyssée

leur fait venir la rage jalouse

que lance l’heureux ne vivant que d’innocence

Cachés derrière leurs verres noirs

leurs yeux mettent

la couleur radieuse

en  deuil

funérailles d’une crise dont ils sont les complices-auteurs

Adieu l’amour

si le passant n’a qu’amertume à promener

Nous

nous ne pouvons nous noyer dans de telles larmes

tendons-nous les lèvres pour nous respirer

ô et forts mon Amour

Restons en dehors de ce convoi funèbre qui ne bénit m’aime rien, en se traînant la mort dans l’âme, devant la Mémoire des Muses…

Niala-Loisobleu – 28 Octobre 2016

070a44620ab6891e2e357c469b6af24a

La dernière larme de l’Alambic


La dernière larme de l’Alambic

Au terme des spasmes de mon serpentin, la dernière larme d’une longue quête est tombée.

Personne ne manquait, ils étaient là mes trois fils, sauf que deux n’ont pas eu le courage de se montrer. Vide de la coquille,  pas m’aime un st-bernard dedans pour déplacer le vide…rien ni bon jour et encore moins au revoir.

Heureusement pour eux que le vin et la cantine étaient bons, au moins vu comme y z’ont bouffé, ils garderont un souvenir d’un moment où ils n’ont pas eu les couilles de se soustraire.

Patrice mon garçon, toi tu avais voulu répondre au désir de ton gentil Yann qui pour ses 18 ans voulait avoir son grand-père pour cadeau. Tu as pleinement réussi. Merveilleux moment de vie que celui partagé avec Sylvie et vos 4 hommes: Romain, Maxime, Thomas, Yann et leurs compagnes.

Le bonheur ce n’est pas un du. C’est ce que l’on mérite  après avoir fait ce qu’il faut pour le gagner.

Cette journée n’a fait que le démontrer d’un bout à l’autre.

Entre la chaleur de l’une et de l’un, le flux de Nao l’enfant-vie

et la dérobade en jusant de mon aîné et de mon benjamin, si je n’avais été de face à les regarder avec mes pieds pour seule photo…personne n’aurait pu même imaginer qu’ils étaient venus voir leur père.

Adieu Chouchoune, adieu Jimmy

Bon Jour Patou !!!

Niala-Loisobleu – 20 Septembre 2016

 

16bd8ae86020a5fb6101fd60d44e0254

 

 

Affranchissement


Affranchissement

Ex-voto
Tordu par la force
un cri d’olivier
sort d’une saignée du trop berné
l’âme kidnappée par un désert humain
se dévoie d’un m’aime espoir à deux voies

Happé d’un tel vertige
qui fracasse
rebondit
ricoche
décoche

S’affranchissant de l’esclavage
les nuits blanches ne seront plus comptées
sorties de leur mensonge par l’énergie d’un sommeil actif
bercé
apaisé
la force
qui manquait à l’homme écorché

S’arracher à la vague scélérate
pour l’éveil à la marée montante
remis à l’eau
rompant la béquille
flotter debout hors du ventre stérile
face au large

La chandelle des messes noires s’est éteinte
le feu de la cheminée d’un Dimanche franchi  par la Porte-Basse
monte, monte, monte
sur la falaise où rien de ceux naufrageurs ne brille
Seul l’Amour porte à traverser Libre

Niala-Loisobleu

29 Février 2016

___2_by_stepankuc-d9tfnjt