
NOTRE COULEUR DE SIGNES
Bruit de train dans un clapotis de vagues suivant la route montagneuse du bord de mer, c’est toi qui corniche. Calanques au miroir mis en plongée.
Tu sors d’un roux issu du mortier des ocres, ceinte victoire, vert de pomme ambré de sienne Cézanne
l’accent perdu d’une montagne brûlée au bûcher religieux cendre au cep tordu partageant la rage pacifiste de l’olivier. Ô douleur du tronc qui sève à la veine de sécheresse
L’argent du feuillage crachant sur celui du fric
Rose-sanguine bruni qui vulve gueule ouverte
Tirés du sommeil végétatif des tons déplacés de certaines confusions de langages, les jaunes grimpent au treillis, entourent la tonnelle et se font la rame d’un terre-neuva aussi alerte à la godille qu’au lancé de harpon
Chrome et cadmium adoubés
Ta peau offre sa blancheur au brun de ton épineux. Vagabond comme un vol de passereaux se posant des dalles aux branches
Pâleur où le bleu des veines pose en épandage son réseau d’adduction
Nous sommes le pigment pur de l’expression intime. Rangez vos tubes et crayons ce que notre extrayant végétal en nous minéralisant ne peut avoirde commun avec tout superlatif pompeux, l’accent marchand d’une quelconque flagornerie
et encore moins de donner à quiconque l’idée saugrenue de se mettre au monde en qualité de superstar élue
La couleur est à la poésie la richesse offerte sans limites par l’esprit de métaphore…
Niala-Loisobleu – 13 Juin 2018






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