D’ENCRE EMOI


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D’ENCRE EMOI

Bras d’un polaire tendu d’où sort un son d’oeil d’une première fois, la chambre accrochée solaire baigne au plafond un autre lustre, tremblant de son parfum de cire

Sous la moulure incurvée la chair des doigts quitte le lit, de son nombril le ventre crie sa renaissance. L’allume-être grésille au frottis d’une paume qui se balance de l’autre côté de la ruelle où la lirelle des lichens a gardé les senteurs  laissées dans les habits. Du torse tombe la lourdeur de seins murs au touffu des racines.

Ombre en pleine lumière un voeu quémande d’avoir l’image de cette union du lieu, des acteurs

scène picturale du coeur clamant de la poésie.

 

Niala-Loisobleu – 7 Mars 2018

A la Belle Transhumance


 

A la Belle Transhumance

 

Rien de ce qui fait nuit n’obstruant son Jour

je n’ai pas retenu ce qui tirait ma main au chevalet

« Ainsi commence la Clarté »

entendis-je

les oiseaux chanter en entrant dans l’ébauche

 

Le perçant de son regard ne pourra plus jamais redescendre

au ras de l’existence

De ce qui s’élève

Il Est

devenu l’entité

Confondus en un m’aime

l’Enfant et moi

faisons le premier mouton d’un troupeau

qui tire du précipice

haut vers l’alpage

 

A la Belle Transhumance

mes yeux collent à l’escalade du Bleu Nouveau

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2017

 

 

Niala, 8 Décembre 2017, le soir, devant l’ébauche de « LA VIE, L’AMOUR 2 ». En dialogue pictural avec « l’Homme de Clarté » toutes ailes déployées.

 

Egypte parabole


EGYPTE Février 2009 123

Egypte parabole

 

Descente de la grande pyramide, remplir le flacon du sable, ma pensée demeure étendue. Il faut s’arcbouter, plier le dos, obscure lumière quand vas-tu surgir ? Les marches à la verticale  descendent vers l’éternité. Qui a dit que le ciel était en haut ? La longue coque felouque un mât dressé, pierre debout des colonnes immenses posant l’oeil au fronton du temple. Immense ? Mot étrange définissant peut-être l’amour survivant à des millénaires. Une légende peuplée des cris de râles dans le drapé du Nil où s’étire l’avalé. Les grains roulent, agités d’un désir de germer aux alluvions.

Transe percée du caillou

que ma langue suce en allers-et-retours

comme un cache où se tient l’émoi

Par les rétroviseurs filent la bobine en boucle, Le pare-brise devant remue les eaux-vives, le chant des cataractes monte des larmes d’une caravane de chameaux ordinaires. Palmeraie, les yeux marchandent la fraîcheur dans le souk du jour qu’il est. On est quoi au fond ? Rien. Ce rien de soi avec lequel on survit pour tisser son univers. Le piquant d’étoiles d’un rêve qui ne fut pas volé. Girofle et safran sur le fil du courant, le sillage bandelette la mémoire pour momifier les séquences mortes d’une existence dérangée par des contre-volontés, étrangères aux nôtres. L’humide tient la Source Bleue étrangement vivante au coeur du désert. Nous avons deux vies, celle qu’on nous impose et que nous refusons de reconnaître comme étant conforme à notre choix intime. En fait nous ne vivons pas ailleurs qu’à l’intérieur de notre creux. Le spirituel évent où demeure notre souffle, qui n’a rien d’un organe au sens terre-à-taire de l’anti-poésie. Ici-bas, on l’appelle aussi la folie. J’y suis totalement allié né.

Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2017

CROIRE EN CORPS


Soul of a Bird_Caroline Jamhour aka Lua Turquesa_painting

CROIRE EN CORPS

Le jour traîne à se lever, trop écrasé qu’il est dans la grisaille. Les premiers jours de Juillet sont couleur Novembre et la température oblige à rallumer les radiateurs. La cabane est à marée, la pluie la mise en flottaison. Il y a une absence dans le mouvement de la nature, le grand chêne qui borde la terrasse est en crise de voix des pigeons, plus loin le coucou matinal ne provoque personne. A croire que la pluie devient eau lourde. J’sais pas, sauf pour le dernier mot, il n’y a pas de miracle à en attendre. La météo dit que que dans les prochaines 24h on va passer de 20 à 32°. Alors on fermera le chauffage et on allumera la clim.

Les petites allées du bois sont des éponges. Gavées d’eau, elles n’avalent plus les flaques. Les arbustes reniflent et toute la végétation toussote, top d’humidité ramène les problèmes respiratoires à se nourrir de kleenex. La colonie de papillons qui loge dans mon lilas d’Espagne virevolte moins légèrement. Les jaunes et les bleus ont un lest d’eau à sortir de leurs ailes. Obligé de rester dedans, fait remplir les heures de pensées liées au mouvement statique. Que les faits du quotidien alimentent  sans efforts. La vie est à l’amarre dans une baie où la mort monte en surface. Exprimant par des événements sa tristesse par un sentiment affectif profond, ou terrifiant par sa dramaturgie avec l’inconséquence humaine mise dans ses démonstrations de barbarie pendant qu’on s »ébaudie sur les rapprochements des trains à grande vitesse (gouffre sans fond d’une situation sans le sou qui devra payer quoi qu’il arrive) L’algorithme y pourvoira un plus.

Tout le week-end, je n’ai pu sortir de mon quartier d’enfance. Allant, par les petites rues délaissant les boulevards St-Germain et St-Michel rejoindre le Panthéon. La voix d’outre-tombe d’André Malraux installée dans les kiosques à musique du limonaire Jardin du Luxembourg. L’éternel vivant des Grands-Hommes, couvre le morbide de leur société. Je ne fréquente les cimetières qu’en absence de chrysanthème conventionnel. Farfadet que je suis des lieux de pierres où l’esprit séparé du corps joue constamment en surface. Les traboules des passages d’occupation barbare, sont à mon passage clandestin, d’un grand secours. Jean Moulin tu es à mes yeux le plus proche parent de Simone Veil. Vous avez fait une exceptionnelle opposition à l’aliénation physique et mentale de l’être humain. Vous êtes du même temps dans un semblable tant. Voilà ce qui guidaient mes pas dans les rues de mon Paname ce Dimanche.

En rentant Camus m’attendait pour un dernier verre avec Char. Veillée du vivant avec la mort vue d’une autre manière que celle de rester passif à l’attendre tout en l’ayant jamais sortie de son vivant.

Niala-Loisobleu – 3 Juillet 2017

 

LA FLAMME SEDENTAIRE


 

LA FLAMME SEDENTAIRE

Précipitons la rotation des astres et les lésions de l’univers.
Mais pourquoi la joie et pourquoi la douleur ?
Lorsque nous parvenons face à la montagne frontale, surgissent minuscules vêtus de soleil et d’eau, ceux dont nous disons qu’ils sont des dieux, expression la moins opaque de nous-mêmes.

Nous n’aurons pas à les civiliser.
Nous les fêterons seulement, au plus près ; leur logis étant dans une flamme, notre flamme sédentaire.

René Char

Tout s’accorde à délaver l’horizon, jusqu’à l’outre-noir vaincu. Le claquement des voiles est si vif, que je trouve la mesure exacte du sens que cela m’indique. Les deuils n’en finiront jamais de s’écouter à ne pas vouloir vivre le tant autre que celui de Chronos. Il y a le matériel, son factice réel et ses vrais désespoirs générateurs du doute.

Je suis d’abord Poète à plein tant

après s’il en reste

je donnerai au temps sa part de platitude alimentaire quotidienne

On ne fait que très passer

quand on calcule la moindre insignifiance à la gabelle de l’amer

On demeure

maillon

d’une chaîne indestructible quand on naît qu’une cellule d’un ensemble perpétuel

Vous êtes là de toutes les positions de vôtre Âme

Mes Amours

Mon Coeur, mon Fils,

serez

Présents au

Vernissage de  cette dernière exposition

Autre Couleur

Autre Existence

Autre Réalité

Par l’Effet-Miroir, me voici face à la montagne, dos au désert, nous sommes unis d’une m’Aime émotion. Les paramètres fondent comme les montres molles bavant des moustaches d’Avida-Dollar. La mer passe les impuretés humaines par les fanons de la baleine que Jonas guide sur la voie transcendantale. Aucune autre forme éculée n’est à garde, seule celle d’une création sans copié-collé est à retenir. Nous perpétuerons nôtre flamme !

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2014

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