Aqua servirait de vouloir noyer l’arbre?


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Aqua servirait de vouloir noyer l’arbre?

 

Les bougainvillées remontent la plage, sarong bleu outre mer piqué de roses. Effacé, le nénuphar voile sa pudeur derrière les cabanes de pêcheurs.Au marais le lotus prend sa pose.

Du quai d’Orsay  la pèlerine de nuit va prendre l’étreint d’un lit de Seine. Corps chaud, des poussières de lune sur les épaules.Qui croirait que la rue de Verneuil n’en a pas fini de porter mon rêve bien au-delà des langes ? Au sol de la gamme, la grande Ourse allongée sur les tomettes caresse mes pieds nus de ses cheveux de comète.

– Bon Jour, me lancent les outils quand j’entre dans l’atelier, bien réveillé.

La Muse depuis une berge du lit, flottait dans ses pensées. Un peu remuée par les turbulences d’un passage en plaies et bosses. A l’écart de tous les remues-ménages, ramassage des poubelles, bruits de livraisons, bougie-bougie et prières du soir…Entre son oeil droit et son épaule gauche, tranquille, cherchant un pur moment de solitude pour bien séparer l’âme du corps. Chacun de ses seins veillant sur sa respiration. Les jambes et les bras en faisceau de fusil, sur la clef des chants. Il ne fait plus de doute, le tant change. On ne dira plus je t’aime en pulsion orgasmique seulement.

L’abstinence de reins fait Tout passé un haut degré. L’étreinte devient transcendantale.

L’Esprit prend les rênes.

Tous les indicateurs masochistes qui tendent à se détruire par la haine de soi, la contre-vérité de son identité par le seul regard sur l’image qui vient des autres, sont mis dehors.

Je ne me flagellerai plus, je ne ne me pendrai pas à mon gît baie. Mon anse est Lumière.

Ce matin, Nougaro badigeonne mon bleu des briques de sa ville rose, en répandant des petits bouquets de violettes, de ci et de là, déambulant en roulant les r de ses mots ronds sous mon balcon, et me voilà ivre à mon tour.

La toile se dresse comme un clou de feu d’artifice, sensuelle, amoureuse, toute nue, grande ouverte, offerte. A sa peau mes phalanges écrivent mille mots d’amour, en se trempant, jusqu’au poignet dans les mortiers gorgés de pigments.Les plaines dorsales s’ocrent des premières lueurs de l’aube, à la lisière du bois, la tranchée pare-feu ouvre le passage aux incandescences des rouges. Le vallon crépite d’une orangeade d’ô gazeuse.

Tes seins dressent la grappe de leur vigne, dans l’espoir d’ouvrir un bec à bec avec un oiseau.

– Quelle heure est donc t-il, fait la Muse, à l’écart de l’erreur antérieure, dans ses pensées, oeil en coin, dans un frémissement qui mouille entre ses dents un bord de sa langue ?

Et le coq, de se précipiter sur le balcon sans même prendre le temps d’enfiler un pantalon, ni de jeter un oeil aux aiguilles, bof le tricot peut attendre, c’est l’heure, je chante !

Personne ne peut comprendre un comportement qui ne respecte rien de la règle en usage chez les bienséants. Le coq est amoureux de son oignon, il se l’ait mis au gousset. Et comme un fou fait sonner les coups de l’amour toutes les secondes !

Il est quatre heures, deux mains pleines de peinture ont fait lever ma joie. J’ai peint comme une envie de ne plus dormir, une envie de levé , de dire, vite il faut vivre, vite il faut le faire, vite il faut que je trouve les mots neufs, le je t’aime neuf à sortir, qui naît, qui est encore plus fort de vérité !

Sur mon front et mes joues, des gouttes bleues, jaunes et vertes ont tâché ma barbe et mes cheveux, le jardin de ma vie est tout fleuri. Comme une écriture d’hier, recopiée aujourd’hui, nages, ouvres la cage et laisse voler l’ô !

Bon Jour, je t’aime ma Muse, prends ton tant le jour se lève à peine !

Niala-Loisobleu – 23/05/16

 

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SANS OMBRE


 

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SANS OMBRE

 

Sans chercher la chaise où l’étagère où j’aurais pu laisser ma tête, pas besoin de rassembler les idées. La couleur de ma vraie nature ne se siffle pas pour revenir. Du chien j’ai l’aboi, la fidélité et l’ardeur sensuelle, mais que dalle du susucre. Surtout pas vouloir me caresser dans le sens du poil, je mords les flagorneurs.

D’île en île, je vais….St-John-Perse, hier mis en tête à mon convoi personnel de poètes-amis. C’est vrai que nous avons la géographie en partage, convaincu tout comme lui, que la poésie c’est avant tout dire l’individu, ce que l’on est, seul à deux toujours, au milieu des autres, non noyé, nageur libre dans son odyssée

L’horizon ne change que par la peinture fraîche qu’on y pose.

Les matins peuvent avoir la gueule des soirs. Au terme d’un jour où les devantures n’ont rien su proposer, que la boule terrestre est à plat. Les reliefs n’existent plus que dans le vide de leurs assiettes. Le néant est d’un poids terrifiant. Le vent lui retrousse et avive. Ne mets pas de culotte mon Amour que je sente au millimètre la beauté de l’estuaire à la gîte de ton erre.

 

Chanson

 Mon cheval arrêté sous l’arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu’il n’est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves.

Feuilles vivantes au matin sont à l’image de la gloire…

Et ce n’est point qu’un homme ne soit triste, mais se levant avant le jour et se tenant avec prudence dans le commerce d’un vieil arbre,

appuyé du menton à la dernière étoile,

il voit au fond du ciel de grandes choses pures qui tournent au plaisir.

Mon cheval arrêté sous l’arbre qui roucoule, je siffle un sifflement plus pur…

Et paix à ceux qui vont mourir, qui n’ont point vu ce jour.

Mais de mon frère le poète, on a eu des nouvelles. Il a écrit encore une chose très douce. Et quelques-uns en eurent connaissance.

 

Enfance, mon amour, j’ai bien aimé le soir aussi

c’est l’heure de sortir.

Nos bonnes sont entrées aux corolles des robes…

et collés aux persiennes, sous nos tresses glacées, nous

avons

vu comme lisses, comme nues, elles élèvent à bout de

bras l’anneau mou de la robe.

Nos mères vont descendre, parfumées avec l’herbe –

à-Madame-Lalie… Leurs cous sont beaux. Va devant et

annonce Ma mère et la plus belle ! – J’entends déjà

les toiles empesées

qui traînent par les chambres un doux bruit de tonnerre…

 

Et la Maison! la Maison ?.. on en sort !

Le vieillard même m’envierait une paire de crécelles

et de bruire par les mains comme une liane à pois, la

guilandine ou le mucune. Ceux qui sont vieux dans le pays tirent une chaise sur

la cour, boivent des punchs couleur de pus.

St-John-Perse

La pierre au pied de l’arbre qui parle, voici que viennent les parfums du frisson de ta chair. Il n’y a plus de tons rabattus, les pigments ont pris feu, faisant choir la monotonie de son piédestal. La cabane se donne aux marées, offrant son asile aux nageoires de tons maritimes. Le silence nous colle l’un dans l’autre au langage des fleurs.

Niala-Loisobleu – 13/05/16

 

Valeri tsenov - Nature dress