Pieds en l’air la chaise renversée chaloupe l’évasion, absence seins phoniques


Pieds en l’air la chaise renversée chaloupe l’évasion,

absence seins phoniques

Des parasites bafouillent sur la modulation de fréquence
La méga herse s’est couchée en travers de la chaussée
Au milieu du canal le pont-levis est relevé
Les notes s’engloutissent
Le sabre de la nouvelle lune coupe le crêpe de la nuit
Pas un geste de la parole ne rompt les barreaux

 

Aux mains griffant les décombres d’un bonheur arraché
Sur la langue de la plage sèchent des mots échoués

Salive enregistrée
Raides d’un sel qui les a conservé intacts
Mots de tout que le silence n’a pas étouffé
Juste mis en attente
Ma mémoire d’amour guette
Du plus haut de la hune
Le signe
Le souffle
L’onde

Qui va recercler les hanches des canards

Le lien patient a cassé la glace de son étrave

Elle se dresse
Jour en corps au centre de la nuit
Demandant pardon aux hommes de n’avoir su trouver l’emplacement du bonheur
Présence à portée de coeur
Debout dans ses yeux
Sur le sable qui moule ses chevilles
Au seau appâté par la pelle de son désir
Trois cormorans crient d’elle et de lui
L’île n’est plus lointaine
Il y est pour ailes mais où est-elle
La marée s’est retirée pour laisser passage aux pieds
A contre-courant la nage est vaine
Les coquilles crissent leur vide au marché nus pieds
L’eau douce sale les larmes et bleuit les joues
Le jour n’est plus loin
Occis gênes et pièges menant droit aux naufrages
Une lueur tend son cordeau mauve sur l’horizon
Qui dévoile le chenal
Sur le môle nimbé de blanc un home attend seul
L’ouverture des portes de l’écluse pour changer d’étiage

Niala-Loisobleu

31 Octobre 2016

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Prendre ce rien que le tout cache, puis après en avoir peiné, en jouir pour ce qu’il est…


Prendre ce rien que le tout cache, puis après en avoir peiné, en jouir pour ce qu’il est…

 
Le jugement des autres est plus lourd à porter quand on le met à marcher dans la ballade de ses heures. Quand je peins sans visiteurs, je vois tant de choses que je ne sèche pas de couleurs. Morne rue, ma plaine est riche d’amour.
Ah peindre ce rêve de vivre libre des marées, ça me remue les reins autrement que le cul sur une chaise au centre du marché…
Niala- Loisobleu – 26 Octobre 2016
Nous attribuons généralement à nos idées sur l’inconnu la couleur de nos conceptions sur le connu : si nous appelons la mort un sommeil, c’est qu’elle ressemble, du dehors, à un sommeil ; si nous appelons la mort une vie nouvelle, c’est qu’elle paraît être une chose différente de la vie. C’est grâce à ces petits malentendus avec le réel que nous construisons nos croyances, nos espoirs — et nous vivons de croûtes de pain baptisées gâteaux, comme font les enfants pauvres qui jouent à être heureux.
Mais il en va ainsi de la vie entière ; tout au moins de ce système de vie particulier qu’on appelle, en général, civilisation. La civilisation consiste à donner à quelque chose un nom qui ne lui convient pas, et à rêver ensuite sur le résultat. Et le nom, qui est faux, et le rêve, qui est vrai, créent réellement une réalité nouvelle. L’objet devient réellement différent, parce que nous l’avons, nous, rendu différent. Nous manufacturons des réalités. La matière première demeure toujours la même, mais la forme, donnée par l’art, l’empêche en fait de demeurer la même. Une table de pin est bien du pin, mais c’est également une table. C’est à la table que nous nous asseyons, et non pas au tronc du pin. Un amour est un instinct sexuel ; malgré tout, nous n’aimons pas avec notre instinct sexuel, mais en supposant un autre sentiment. Et cette supposition elle-même est déjà, en effet, un autre sentiment.
Fernando Pessoa (Le livre de l’intranquillité)
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L’aven Bleu


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L’aven Bleu

Te voici

j’ai vu les ris d’ô bouger

quand du calendrier

sont remontées les riches heures

Ce matin que les soirs n’ont pas biffé d’une ride

si tes seins tombent un peu plus

c’est d’un élan naturel

d’en vie de retrouver des demains

qui tiennent leur livre grand ouvert

Niala-Loisobleu – 6 Octobre 2016

A LIRE OUVERT


A LIRE OUVERT

Ce coeur de page

comment peut-il rester chaud

à poursuivre

quand il fait si froid tout autour

de l’encrier ?

D’eux en un

nous sommes

celui

qui demeure à l’abri du monde

et celui

qui tangue autour de son cou

Je me souviens toujours de ma peur d’enfant

refus de grandir

avec eux

caché derrière une autre allure

en remontant les trottoirs

de la ville aux maisons  tendues comme des peaux

Il ne faudrait jamais sortir de la mer

avant qu’on ait repoussé la côte plus loin en son sel

le sablier de la pendule

crisse trop dans les dents

sans le sein graal

Niala-Loisobleu – 04/05/16

Ina Lukauskaite.7