Verra la morte


Verra la morte

Léo Ferré - Verra la morte

Verrà la morte e avrà i tuoi occhi
questa morte che ci accompagna
dal mattino alla sera, insonne,
sorda, come un vecchio rimorso
o un vizio assurdo. I tuoi occhi
saranno una vana parola,
un grido taciuto, un silenzio.
Cosi li vedi ogni mattina
quando su te sola ti pieghi
nello specchio. O cara speranza,
quel giorno sapremo anche noi
che sei la vita e sei il nulla.

Per tutti la morte ha uno sguardo
Verrà la morte e avrà i tuoi occhi.
Sarà come smettere un vizio,
come vedere nello specchio
riemergere un viso morto,
come ascoltare un labbro chiuso.
Scenderemo nel gorgo muti.

La mort viendra et elle aura tes yeux –
cette mort qui est notre compagne
du matin jusqu’au soir, sans sommeil,
sourde, comme un vieux remords
ou un vice absurde. Tes yeux
seront une vaine parole,
un cri réprimé, un silence.
Ainsi les vois-tu le matin
quand sur toi seule tu te penches
au miroir. O chère espérance,
ce jour-là nous saurons nous aussi
que tu es la vie et que tu es le néant.

La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme cesser un vice,
comme voir resurgir
au miroir un visage défunt,
comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muets.

22 mars 1950
Cesare PAVESE
Musica Léo Ferré

 

 

Cesare Pavese, sa biographie.

Par Samuel D.

Cesare Pavese naît le 9 septembre 1908 à Santo Stefano Belbo, dans la région la plus sauvage du Piémont, les vastes collines des Langhe.
A six ans, Pavese devient orphelin de père. Il est élevé par une mère seule, autoritaire et puritaine. On peut ainsi comprendre l’origine de la blessure irréparable, due à cette absence d’un modèle viril et l’influence exclusive de la femme, qui marqua la vie de Cesare Pavese.

Il fit toutes ses études à Turin. Ses premières œuvres furent une thèse sur Walt Whitman (en 1930) et une traduction, tout de suite considérée comme exceptionnelle, de Moby Dick (1932), le livre de Melville. Pavese n’était pas inscrit au parti fasciste et n’aimait pas l’enseignement. Il enseigna de façon très irrégulière l’italien, le latin, la philosophie, et obtint, en 1936, le titre de professeur d’anglais. Sa passion était la traduction, ce qui lui permit d’accumuler une expérience critique qui se manifeste dès 1930 par sa collaboration à la revue « la Cultura » (ses articles ont été réunis, après sa mort, en 1951, sous le titre : « La littérature américaine et autres essais »).

En 1936 , Pavese publie chez Solaria son premier recueil de poèmes : Lavorare stanca (Travailler fatigue), de la poésie narrative qui passa inaperçue alors que Pavese fut arrêté et envoyé à Bancaleone, en Calabre, en résidence forcée. Ce n’est qu’en 1943, à la suite d’une réédition, que la critique pris pleine mesure de la valeur du recueil, réaction à l’hermétisme qui donnait à cette époque la poésie italienne.

La crise psychologique et artistique de Pavese, qui le poussa au concret et au spontané, date de son séjour forcé en Calabre. Cette période fut pour lui une époque de méditations sur son métier et le début de la rédaction de son Journal.

A peine de retour à Turin, il fonda avec Leone Ginzburg les éditions Einaudi qu’il allait diriger. Au début des années 1940, Pavese écrivit de nombreuses nouvelles, « simple recherche de style » (La spiaggia), ou mélange de narration et de méditation sur des thèmes de la mystique de l’enfance (Feria d’agosto).

Lors des vingt mois de guerre qui suivirent l’armistice du 8 septembre 1943, Cesare Pavese se retire à Serralunga di Cera, en Lombardie, où il se livra à des méditations solitaires.

Après la libération, Pavese vécut à Rome, puis à Milan, et revint à Turin mais sans jamais cesser de travailler pour la maison Einaudi. Tout en poursuivant son travail d’éditeur, il reprit ses études littéraires sur des thèmes longtemps médités : la campagne, dans son état primitif et sauvage, la banlieue, le Piémont des collines, le monde des paysans et des ouvriers, celui des bourgeois et des mondains où il se mouvait avec moins de sûreté, la tristesse des vies ratées, des espoirs déçus, et la cruauté de la mort. De 1945 à 1950, le travail créateur de l’auteur ne connait aucun répit avec : La Terre et la Mort ; Viendra la mort et elle aura tes yeux ; Dialogues avec Leuco’ ; Le Camarade ; Avant que le coq chante qui comprend La Maison sur la colline, La prison, Le bel été, Le diable sur les collines et Entre femmes seules, roman dans lequel vit le plus réel de ses personnages féminins, Clélia.

A l’automne de 1949, Pavese écrivit en deux mois La Lune et les Feux, souvenir de l’enfance et du monde, son chef-d’œuvre. Pavese est alors certain d’avoir clos son œuvre, d’avoir écrit une « saga complète », d’avoir mis fin au cycle historique de son temps. Et son Journal, publié en 1952 sous le titre : Le Métier de vivre, qui montre bien que Pavese était obsédé par le suicide depuis l’âge de 15 ans, porte à la date du 18 août 1950, cette ultime phrase : « Plus un mot. Un geste. Je n’écrirai plus. »

L’écrivain des collines piémontaises se donne la mort, le 26 août 1950 au soir, en absorbant un barbiturique. Pavese, l’écrivain torturé et auto-torturé, névrosé et angoissé surtout devant les femmes, clos ainsi son aventure intérieure déchirée entre la révolte impossible et la fascination de l’échec, entre la poursuite désespérée de l’amour et l’exaltation désabusée de la mort.

Bibliographie

  • La Trilogie des Machines (1929).
  • Travailler fatigue ou Lavorare stanca (1936).
  • La plage ou La spiaggia (1942).
  • Notte di festa.
  • Feria d’agosto (1946).
  • Dialogues avec Leuco (1947).
  • Le camarade ou il compagno (1947).
  • Avant que le coq chante (1949).
  • Le bel été (1949), prix Strega 1950.
  • La lune et les feux ou La luna e i falò (1950).
  • Le métier de vivre (1952, posthume).

 

FENAISON D’INNOCENCE


299fa570ad8a9ff8bb418da600a88634

FENAISON D’INNOCENCE

Pendues en lambris brumeux

les vieilles chandelles plus de mèche avec hier

cirent la froideur d’un extérieur se tenant bien caché

La charrette a saigné l’herbe tendre

de deux ornières

tirée d’une sève de sanguignon

Vers est rouge

faites vos je

on ne passe plus

Déguisé en art régné

un mille-pattes bleuit l’arcade sans source y est du plus courant

Qu’importe les cris des musettes, les musiques des vins blancs, les vagues en remous de bulles pas pâles, les champêtres matins d’orages crevés au bord d’une éponge à effacer la craie d’un calcaire de tartre à la crème, les foulures de chevilles, les entorses de tenons, la petite mort t’aise à héler le rabot pour tirer la languette de la chevillette qui chérira des membres unanimement unanimes. Manifestement solide air. Une cabane au retrait de l’alinéa, hors marge, la note « Très bien, ne peut mieux faire »

C’est du silence

un immense assemblage

selon que tu seras puits sang ou misérable amant de passage

Coeur croisé

le rouge-gorge

a chanté.

Ah que la lune est belle, vierge de squats indélicats

Vive la marée !

Ma campagne-maritime est à l’amer des navigants

Petit grain bleu-horizon

la pelle ouvre un sillon

pour germer l’innocence ailleurs

qu’au sillon de la fusion sans combinaison

Niala-Loisobleu – 22 Septembre 2016

163-1-sec-before-the-great-flood

A taire, la parole relève l’en-tête du papier à lettre…


176596

A taire, la parole relève l’en-tête

du papier à lettre…

 

Quand tout s’éteint
que les ombres glissent des murs et s’aplatissent le long des plinthes
il y a ces feuilles mortes qui marchent sur les vitres
leurs paumes tournées vers l’intérieur

la fillette qui a troué la nuit de son doigt translucide
les prend pour des mariés et leur jette des poignées de riz
qui retombent du côté opposé à la pluie
tricotant un habit chaud pour le jardin si pauvre.

Vénus Khoury-Ghata (Quelle est la nuit parmi les nuits, Mercure de France, 2004, p. 85)

La porte dérobée surgit des caches du receleur. Gonds en avant, les clefs dix pas en arrière. Le fabuleux dont se pare habituellement le mystère commun est bien sûr un fac-simili chargé de semer le trouble alors que tout est limpide.

Je que coi. Couac qu’on en dise ça dénote un défaut dans le kiosque à musique. Quand un dur d’ô raye refuse de s’appareiller, et que l’autre lobe en touche, sortir le carton tout rouge de son coeur fait plus des faits qu’un relanceur de balles en rôle en Garros.

L’Amour n’a pas la tête de l’emploi pour jouer les soubrettes. Aux mots lierres il tend le cou pour parler la m’aime langue, un point c’est tout.

Parle-moi de Nous, Toi que j’Aime.

Niala-Loisobleu – 21 Septembre 2016

 

 

 

 

 

La Mémoire des Muses 7 (De Paris à Cognac)


La Mémoire des Muses 7

(De Paris à Cognac)

C’est le dernier mets trot…

 

Sur les étagères du morne étendu, un sentiment de frustration a forcé ma porte.

Pour me squatter 47 ânées

Moi l’ouvert

me suis retrouvé bouclé

interdit de ces jours où vous avez été petits

petits, neufs, fragiles, bruts de sans moule en creuset

Ne pas aller vers reconnaître est d’usage en tyrannie

courage fuyons m’a joué vôtre mater closet

Devant mon regard où vous êtes crus usés de ma vue interne, pas un instant mon sang vous a vidé

Ah tiens bonjour je vous ai reconnu à tout jamais

votre invisibilité quiète mon pouls

je n’ai plus peur

mais je tremblera  à fendre les eaux

sur ce quai de Montparnasse

endroit maudit

que je connais si bien

Je vous vois à travers

de ces sentiments qui disait-on

faisaient l’homme qu’avait vu l’ours

A vous marcher à l’amble

au moins le doute est omniprésent caché

rassurant

tout est mis de côté

voici le figuratif-abstrait

beau comme ce qui outre mère indigne

l’élite mise sur le cheval gagnant

M’aime pu besoin de roi des cons pour être bourge-gentilhomme

je suis must

tu es must

ils sont musts

Must à fa

comme disent les quarante-voleurs

dans la caverne des

j’Arrive

dans moins de 24 heurs

Père

Néant-d’air-talé

primate qui vous donna

pas l’aria

mais le choeur avec ses couilles

sera

face à face au présent sorti de ses cendres

C’est le dernier mets trot…

Niala-Loisobleu

16 Octobre 2015

 

DES PAS DANS LA NEIGE


img_0856

 

DES PAS DANS LA NEIGE

 

Au loin des yeux cyprès du coeur

il neige sur le Sud où mon hors se fait proche

le soleil se fait plus bas

de n’avoir jamais compté

mes pas

fait que ce matin, je m’aperçois que ce qu’ils ont planté fond dans la cavité de mes élucubrations stériles. Plantes de couleurs amoureuses non comestibles dans ce monde-ci.

Je n’aurais…

voici le passé qui repointe…

Tout ce à quoi je n’ai fait que croire n’aura fait que des soubresauts dans l’intermittence convenant au besoin des autres. Il me reste des reliefs décharnés d’une femme que j’ai aimé et d’un avis de décès d’une Autre enveloppé dans un silence qui serait  devenu avilissant pendant que je ne le pensais que pouvant être noble.

Fondante trace

tout glisse

Et à la veille je suis au mur à me dire

au dernier tableau

que mon pinceau va devoir pleurer de s’être trompé

sommé

de ne plus pouvoir échapper à ce qu’il n’aurait pas voulu reconnaître

que rien ne tient

de folie comme de raison

Niala-Loisobleu – 15 Septembre 2016

 

Allo Fesses de Bouc ?


Allo Fesses de Bouc ?

Agnes Arras Quel texte ! Très suggestif mais néanmoins très poétique et sans vulgarité. Bravo ! Merci pour très beau dessin qui l’accompagne qui pourrait être du Chagall ou du Matisse ??
Alain Niala
Alain Niala Merci Agnès pour l’appréciation du texte, quant au dessin il n’est aussi que de moi….
Agnes Arras
Agnes Arras le dessin n’est q de vs ? Mais faut exposer !
Alain Niala
Alain Niala Trop drôle !!!!!!!!!!!
Alain Niala
Alain Niala http://www.niala-galeries.com

Exposition en ligne des peintures de l’artiste peintre primitif moderne Alain Denèfle, dit Niala: présentation de l’artiste, galerie de ses tableaux, son atelier Le Jardin de Niala…
NIALA-GALERIES.COM
Impayable internet, le dialogue de l’incompréhension la plus totale, comment à peine écrit un texte qui ferait plus de pages qu’un livre est liké …
Ouah quel progrès dans l’incommunicabilité !!!!!
Niala-Loisobleu – 14 Septembre 2016
P1030265

Entre deux rues


Entre deux rues

Dans un mélange de sardines qu’une plancha envoie au bout d’un aïoli ignorant jusqu’au sens du terre-neuva, débarque, entre le joint défait des pavés, un tapis rouge. Qu’est-ce que la rougeur qu’un mec z’aima gratte sur sa guitare à côté des nacres d’un accordéon posées par taire ?

Rien qu’un reste de bal populaire avalé par les couloirs du métro ne transportant plus que la manche.

Les stations d’un christ attelé à la route mènent à roms. J’entends déjà une enfant échappant au contraceptif du jour, tendre ses deux bras au baiser de l’Amour.

Ce feu là larme de tous ses yeux, mais aussi anachronique que ce soit, il porte en lui la vie. L’Amour. Qui demeure et ne s’éteint pas, se retranche collé-serré au coeur de l’Âtre Humaniste.

Niala-Loisobleu – 07/09/16

 

De mes Peintures Noires à Mon Outre-Mer


De mes Peintures Noires

à

Mon Outre-Mer

Où les poings qui se desserrent

confient aux  ongles la plaie profonde de pleurer tout le sang qui reste

C’est long un  désert de 47 ans à traverser

J’ai cherché mes trois fils dans un couloir éteint

A l’autre bout

le dernier enfant d’un de  mes enfants dit à ses parents:

Pour mes 18 ans

le seul cadeau que je demande c’est mon arrière-grand-père présent…

Les jours d’Août en devenant Septembre me coupent les jambes, hier soir j’a lâché la rambarde. C’est suffocant 47 étages à descendre en chute libre.Tout défile supersonique et impossibilité de courir comme dans le ralenti du cauchemar  de quand j’étais tout môme…Je tourne et roule, m’affale, lâche tout en vomi, en me tirant la tripe d’un cri du fond de la gorge dans l’affaissement des épaules repoussant orgueil, vanité, colère, douleurs, injustice et tout le toutim d’une rancune qui n’a jamais été et qu’il faut absolument empêcher de montrer sa sale gueule. Taisez-vous les diseurs de conscience, allez vendre votre méchanceté ailleurs. L’amour c’est comme un gène qui prend son tant qu’il veut pour ressortir des profondeurs.

Ma voix cherche un morceau d’épave où se raccrocher, combien de temps je me suis avalé la tasse de mes larmes, que j’en suffoquais à rien pouvoir ni dire ni écrire.

Juste une histoire d’amour qui gonfle ses lettres à la loupe, cette foi est là qui zoom, vas-y mon Alain pleure sans le cacher.Arrache de ton dos le mal de ton oeil et la rage de dents. Aime, aime, aime et peins-le bleu, laisse Goya à Fuentès étaler sa misère au Prado, reviens, l’Amour t’attends plus Bleu que Bleu comme jamais.  !

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2016

P1050051

 

 

 

 

Trompe-l’œil


a4d1ea7b5ea0c0fc662e43674ceda22f

Trompe-l’œil

Dans la pièce toujours en léthargie des pensées perdues vont en quête de cohérence. Il manque aux choses un ordre nécessaire à la clarté. L’ambigüe d’une chemise peut avoir de nuisibles conséquences si on ne sait plus dans quel sens du jour ou de la nuit elle s’enfile. L’assise des chaises sait trop l’inconvénient d’avoir été dite musicale alors qu’on ne la prenait qu’en tant que tabouret de cour. Dans le garde-manger les souris passent par le trou du gruyère en laissant croire pour la forme, que le contenu est bien gardé au fond. Un bruit désagréable se glisse sans que le silence ne le trahisse, grâce à la surdité des yeux qui n’entendent que l’herbe supposée plus verte. J’ai souvent été mordu par des serpents qui s’étaient glissés au sein d’une poitrine que j’avais libéré de prison.

C’est ainsi qu’il en va dans ce monde quand on navigue à vue…comme le fait, sans le dire, un ministre des missionnaires d’une république cocue qui, oh la peur, est loin d’être tout seul à bourrer le mou en faisant croire qu’il donne.

Niala-Loisobleu – 2 Septembre 2016

 

Qu’irais-tu à t’égoutter l’image au miroir d’un visage à la tête d’un autre ?


Qu’irais-tu à t’égoutter l’image au miroir d’un visage à la tête d’un autre ?

Des deux jambes il faut garder un bras à part l’idée que d’autres se font de soi. Le second n’étant que le levier qui vous soulage de l’étouffement tombal. Entre Jekyll et Frankeinstein la docte ignorance libère ce que nulle réponse n’est à attendre de la poésie.

Là où tu n’es pas au sens vulgaire, personne n’est aussi présent que Toi.

– Pourquoi ?

– Pas parce que

comme répond toujours l’ignorant qui affirme. Rien d’autre que naturel comme entre terre et ciel il n’y a pas d’escalier de vieillesse accroché à la rampe. Juste la ficelle de son cerf-volant.

Bivalence, filon prodigieux de sa mine.

Je transcende le commun tout seul, sans chercher dans l’armoire des incantations le médicament d’une religion.

-Ah oui vous êtes poète ?

-Non Bouffi je vis ailleurs au m’aime endroit que tu es sans le voir.

-Ah je sais pas quoi vous dites…

-Tu mets tonnes !

Posant mon né au bord du trottoir, je vis sans les voir venir des années de bon heur en traversant des champs de mines. Stations d’épuration de mon chemin de croire.

http://pierre.campion2.free.fr/laurent_catrice_poesie.htm

Niala-Loisobleu – 1er Septembre 2016

1.09.2016 - 1