MASQUE DE FAIRE


MASQUE DE FAIRE

Masque de faire

Sur la console la cane et les gants

jettent un oeil aux bandes molletières

du tapis central

de l’escalier de service

Masque de faire

Semblant taler

un fruit vert

immature

la sébile de fruits

du mendiant

Masque de faire

Globe taire est-ce ?

Non

la jarretière

de la mariée

sur la cheminée éteinte

a oublié qu’un jour

elle a pu jouir

Masque de faire

Quelques poils

contre l’écorce d’un arbre

lèchent les chiens

c’est signe que l’écu est en vacances

Masque de faire

Quand M.Dépavé

fait les grands boulevards

le bas dos s’insurge

voilà du commune art sans cinéma

Masque de faire

Une casserole tirée par un marri

une veuve qui tisse debout

une déception de coeur à prendre 3 fois par jour

un sein qui ni touche

une fesse que ce que j’te dis

c’est l’avis

qui s’met à la colle

dans les murs à tout l’monde

Masque de faire

crois de moa

crois de faire

si tu votes pas

te plains pas

de rester en enfer

Niala-Loisobleu – 27 Novembre 2016

 

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REGAIN DU SANG…Extrait


REGAIN DU SANG…Extrait

 

La terre brisée où je te retrouve

– tes mains puisent à mon visage et j’ai cessé de mordre le vent dans tes cheveux –

cette terre de sacre, de couleurs avides d’ombre tendre compte ses failles avant boire.

Un peu de feu nous tient à distance.

Des armes dorment près de nous qui ne sont pas les nôtres.

Soudain cette hâte à rompre les fruits sur l’étal au plus cru sous le ciel,

et dans la pulpe la lumière fraye

– nous sommes avec l’eau courante le sucre sur la peau,

celui que la faim oublie, qui réveille les langues.

Nous prendrons le chemin à l’heure où l’horizon vacille,

avec ce goût d’orge dans le désert de nos gorges.

Emmanuel Damon

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Peinture d’Emmanuel Damon

 

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TEMPERE AZUR


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TEMPERE AZUR

A bord de fenêtre

je géranium l’étreinte de deux pigeons

le ciel se fait colombe

l’amer descend

un  bateau mouche le courant mort voeux…

Niala-Loisobleu

2 Novembre 2016

LORSQUE…


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LORSQUE…

Lorsque les mots que j’ai tu ont fini par s’écrire, pensant ainsi naïvement qu’ils seraient entendus, ma plume a renversé l’encrier.

Comme un goinfre le buvard s’est tapé une innocence que rien n’assimilait au pêché. Les choses de la vie viennent trop de ce que les gens s’en mêlent sans être concernés. Sans doute s’agit-il là d’un réflexe pour éviter de ranger ses affaires soi-même. Du quand dira-on, on fait la mode du tant qui rapporte – un toutou bien dressé ça chasse à l’arrêt- qu’importe les dégâts collatéraux, le propos déplacé et la médisance c’est le plus court-chemin entre l’aligne droit et le coup tordu.

Lorsque je vois l’impression que je laisse, je m’efforce de continuer à rester authentique pour ne tomber dans le jugement erroné de ces autres, tellement plus bêtes que méchants, qu’ils finissent quand même par devenir une putain de rage qui n’aura jamais son vaccin.

C’est tellement dur d’aimer, qu’en définitive à force de prendre des coups dans la gueule tout seul, ça vous sort d’une messe où on fait semblant de s’adorer en public à coup de commémorations d’attentats, de mépris du prochain, de caillassage de l’ambulance, du flic et du pompier.

Lorsque la chose publique n’est qu’une exhibition pornographique, j’vois mal comment moi, pauvre petit con, je pourrais m’en sortir autrement que tout seul…

Niala-Loisobleu – 27 Octobre 2016

Un camp décence…


Un camp décence…

Rien ne se répare sinon les mots
s’il n’y avait pas les mots
il n’y aurait que la mort
mots anti-mort mort anti-mots
rien ne se creuse sinon le lit
où coule l’eau torturée
chaque goutte perdant la vie
en touchant la goutte suivante

et ainsi et ainsi dans le fleuve des mots
qui se nomme Histoire
on se fout pas mal que
réparation soit due aux peuples
jamais ne se regonfleront
les mollets les enfants les martyrs
les morts de faim
un quelconque mai
on peut tirer en leur honneur
des salves d’adjectifs
qui ne les concernent pas
il n’y a que des transferts
jamais de justice
à moins que la douleur ne soit une justice
dans ce cas
plus besoin de mots.

Thérèse Plantier

Alors je revins à la racine de ta pilosité

restait ses gouttes qui font les bébés-nageurs

Alors que le tremble était immobile

d’un coup de rin je fis tout

Et quand ton râle couvrit la forêt bien au-delà de l’Arbre de Vie

me parvint le clapot des feuilles soulevé par tes nageoires

Nous ne sommes et resterons rien que

Nous

race d’Homme de couleurs confondues…

Niala-Loisobleu – 25 Octobre 2016

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LES P’TITS CAILLOUX & C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS


LES P’TITS CAILLOUX & C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS

LES P’TITS CAILLOUX

L’escalator charrie ses usagers, le monde humain monte et descend sans trop savoir qui, de lui ou de la machine, choisit la couleur de ses pas. Une forme d’obstination conduit les uns à vouloir ne voir qu’une seule direction, en dépit de la moindre observation, il y a pourtant assez de signes clairs pour éviter de se tromper d’itinéraire.Moi ça me fait mal de le voir s’engouffrer dans une illusion alors que le paysage dévoile sa véritable figure. C’est insupportable de penser qu’il faut avoir la méchanceté de faire mal pour éclairer.Les mauvaises intentions quand elles ne sont pas innées, ça devient mission impossible. Il faut pas croire que ce qui fait plaisir.

Les autres sont entrés dans les ordres du courant. Les voilou, les voilà entrés au monastère du va comme j’te pouce, il sucent leurs doigts depuis qu’ils sont au monde. La gougoutte qui gave, rassure, et surtout dispense de tout engagement en faisant office d’aimant.

Ceci dit rien qu’en passant plus vite que la vitesse de la lumière, pour sortir des ombres chient noises.

Je viens d’apercevoir un parfum nouveau. Trois gouttes derrière l’oreille m’ont soulevé et mains tenues en suspension, exactement de la même façon que de sur la palette surgit un nouveau ton. A la base du mélange, les ingrédients étaient semblables, puis sous le charme d’un fait d’exception, le volume a atteint la troisième dimension.

Peindre c’est chercher à exprimer ce que les mots n’ont pas le pouvoir de dire, ce qu’ils ne trouvent qu’à écrire sur des papiers qui vont à la corbeille, tous froissés.

Exprimer son propre mystère c’est pas facile, et on peut pas dire qu’à partir du rajout d’un autre mystère, l’équation se simplifie.

Mais on peut pas nier, que c’est grâce à cette addition, que bien des choses arrivent à se soustraire au bénéfice de plein d’autres qui ont multiplié les possibilités. Voilà, dans le fond c’est simple, j’écarte la division.

Niala-Loisobleu – 17 Juin 2013

 

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C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS

Demain ça pourrait pleuvoir que ça changerait rien au soleil que je vais monter au fil de mes chaussettes, histoire de ne pas douter que j’ai le pied sol-air.

Depuis que ce monde a poussé son premier cri, que l’évolution a fait un inénarrable bond, rien a changé. L’HOMME SE VEUT BON , SE VEUT MEILLEUR…Tu parles, il a gardé tout de l’animal, plus féroce parce que capable de réfléchir…

A côté d’un bombardé y a toujours un tireur de ficelle à l’abri. Là où le pain n’est plus quotidien depuis plus longtemps que c’était avant, il y a une villa milliardaire qui lotit où on jette la bouffe. Dans le gros cul d’une nulle people qui gagne des fortunes à le faire photographier du soir au matin, un sphincter opère le même transit qu’un autre, sauf que sa merde à ailes la fait vivre. Et le chanteur qui n’a pas plus de voix qu’un candidat à la primaire passe en boucle, mistral gagnant, sur la prochaine faillite de son pays. Oh, mille excuses Messire, paraît que tu accuses la justice de lâcheté, mais dis-moi minable petite ombre, où as-tu sorti tes couilles, toi, autrement qu’en chambre close de ta vie lupanar d’une maîtresse à l’autre ? Si j’étais-toi, je m’aurai défenestré avant de me laisser piétiner par les troupeaux de migrants lâchés EN DEPIT DU BON SENS, d’une catastrophe humaine sur l’autre. Vois-tu malgré tout ça , j’ai l’Espoir collé aux basques.

Pourquoi ?

Ben c’est aussi con que simple parce que j’aime la vie et que ça exige de rester propre.

On empêchera qu’une seule misère sur cette terre : la sienne au sens moral.

Je peins pas pour me me faire mettre sur un piédestal, je peins pour mettre un baume sur c’te putain d’blessure qu’est la vie. Parce sans amour mieux vaut jamais être sorti du néant.

Je vais passer à l’acte mains tenant, en chargeant dans mon auto le mobile de ma joie de vivre. Demain j’accroche en corps !!!

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2016

EXTRAIT


EXTRAIT

Lorsque la mort pourra mourir,
les galaxies ramèneront leur bétail de lumière,
les longues heures voyageuses n’auront plus de passé dans le ventre et laisseront tomber longtemps leurs souvenirs éteints.
Plus de vivants pour les tombes, de livres pour dorer les rois.
Les légendes resteront vraies.
On ne pourra plus rien contre elles.
L’atome défera ses épousailles.
Les comètes traîneront leur queue morte en se mangeant le cœur…
Andrée Sodenkamp
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TRAIN DE NUIT


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TRAIN DE NUIT

La nuit roule ses ronflements

dans la penderie

des soleils décrochés

remuent

par le col fermé

je crois que m’aime la lune-cigare est déconnectée

plus rien n’allume la consigne

Gare

Sur le quai des affectés

un mouchoir

fait sale d’attente

Y a que les yeux

pour deviner dans les fumées

le sel des larmes

des anciens transports fer ô vert

Niala-Loisobleu – 8 Octobre 2016

La cène n’est-ce qu’un plateau de vies qu’tu ailles ou non ?


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La cène n’est-ce qu’un plateau de vies qu’tu ailles ou non ?

 

On avance dans une succession de pièces où le contenu des actes apparait contraire aux décors.

La cène n’est-ce qu’un plateau de vies qu’tu ailles ou non ?

Devant les projecteurs les gestes mécaniques lèvent la jambe au rythme d’une musique que nos oreilles ne suivent pas des yeux.

Je suis loin de ce qui est juste devant. Mes pieds cognent dedans, pendant que mes bras m’envolent au plus loin de là. La pensée est notre statut de liberté. Elle va là où notre Absolu respire à pleins poumons.

Où se trouve notre résidence ? Dans le « faits divers »constant ou dans l’île que nous sommes seuls à connaître ? A posteriori le compte paraît déséquilibré par la réalité de l’espace matériellement occupé. Einstein en dément heureusement la matérialité par la relativité. Le pied ne se pose pas dans le vide que le quotidien lui propose. Nous vivons portés par un espoir qui commence en dehors de ce que la vie propose journellement dans son ensemble  de méfaits, de malheur, d’abus, de misère, de cruauté, d’injustice  où l’on est plongé. Apparemment visibles de tous, mais absents par l’Esprit. Evadés volontaires d’un enfer réel sans promesse de paradis artificiel.

Les fleurs sauvages et leurs parfums d’espaces ouverts qui bordent des chants d’infini ne poussent que dans nôtre âme…à la seule condition…d’en avoir une…C’est la transcendance qui fait percevoir en toute chose ordinaire sa magnificence vitale.

Je vis dans une réalité qui n’a jamais cessé de m’interpeller sur le fait que j’y sois ou que je l’imagine… sans pour autant me poser la moindre question sur l’Amour que j’éprouve en permanence à l’encontre d’une personne, d’une sensation, d’un but, d’une construction, d’un état moral à tenir. Parce que l’Amour m’est Oxygène. Et qu’il me faut respirer avant toute chose.

Niala-Loisobleu – 5 Octobre 2016

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Rien que Tout


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Rien que Tout

Aux contours d’un sentiment d’avoir été une image

s’estompe la tonalité du mouvement des cils

Fugace éclair roux de l’animal ne laissant queue ça au passage

Là où le cercle se faisait roue

la raideur du rectangle allonge ses jambes

Mon lieu

n’y a-t-il pour seule trace que la plaie ouverte de l’ornière ?

Léo tes paroles ne me sont jamais sorties des rails

au contraire des accents fadasses des chansons à succès

c’est vrai que je suis un Autre

Mais en quoi cela change-t-il la position cardinale des points à la ligne

Georges à lui seul est à Sète

voilà un point qu’est tout.

Niala-Loisobleu – 3 Octobre 2016