D’UNE FENÊTRE A L’AUTRE 1


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D’UNE FENÊTRE A L’AUTRE 1

Etait-ce de quelle couleur, d’un matin, d’un après-midi ? Non, pas le soir. Il n’y aurait pas ce vivant dedans. Ni cette chaleur de peau qui répand son odeur de pores en pores. Avec le volume des formes. D’herbe en brins, ça bique. Le flair suit l’effeuillage, robe, après corsage, fente latérale des plis dézipés, jupe comme des lèves retroussée, qu’une bretelle agrafe à la dernière minute, tenant la petite culotte par un fil. Cette nacre sent le bouton au bout des doigts. Page cornée. Un fond de porto en équilibre sur le pied du vert. Le creux des aisselles madérise. Quand on conte à l’envers, impossible de prouver par neuf, le solde ne peut faire promo. Nous en étions donc entre deux niveaux, d’un côté le dessous, de l’autre les interrogations. Dans tous les livres on trouve son histoIre de vie. A travers les cloisons le bruit des larmes écrit le même papier-peint. Des fleurs délavées moribondes sur un cheval de frise. Hier le rémouleur a aiguisé le désir de couper court. Pourtant c’est toujours la m’aime histoire qui pousse. Un matin on s’en va de ses soirs vides. J’ai pas rencontré de personne pouvant me dire si de l’autre côté ça change quelque chose. La dernière étant croyante, serait partie à cause de ça ? Alors j’dois avoir une gueule de purgatoire.Une sorte de bains-douches où elles passent pour faire toilette. C’est vrai que j’en garde un sacré ruban de névroses depuis le temps que l’ô coule. Couleurs accordéons, soufflet c’est joué. Le tapissier crache en retendant le repose-cul du crapaud, la bouche pleine de semences. A chaque angle sa pointe. Il y a que la couleur des poils qui change. Toutes les promesses sortent de la même fente. Jour mot dit où la pierre délita. Les mauvaises ambitions lancèrent leurs colonnes au grand chapiteau dans une perspective de délire argumentée cathédrale. L’homme cache sa turpitude dans la fosse simplicité. S’il n’y avait pas les déserts, qui survivent aux technocrates de toutes confessions, on aurait pas cette chance fabuleuse de pouvoir s’assainir des pollutions humaines. Avec un océan de silence pour tout bagage et reflets d’estrans. toujours de pores en pores…

Niala-Loisobleu

26 Mars 2015

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LANGE BLEU


 LANGE BLEU

Mieux plus près

 Un pied dedans l’autre

Entré par la corde chantante

Feuille puisant à la racine

Je sève jusqu’au sel

Murmure du souffle

A la fourche du sourcier

Lombric à soie

Echappé du cocon

T’apprendrai-je par la barbichette ?

Dans l’idée de propulser le geste

Aux cales du pore

La torsion trombone en touche soprane

Roule fluxion gémissante des poutraisons

Là au lit de cet estuaire qui pleure en delta

J’oublie que je ne suis rien sans toi

Me penchant au garde-fou des nuages

Droit sur mes iambes

Tes seins comme deux soleils

En plein visage

Les demains au travail

Aboyant sur les caravanes en files d’attentes

Dragon lance-flammes

Sorti du lange

Par la langue surréaliste

De ma boîte à musique

Niala-Loisobleu

25 Mars 2015

A L’ENCRE DE MES PALETTES



A L'ENCRE DE MA PALETTE 1

A L’ENCRE DE MES PALETTES

Par les carreaux de la communale,

fleurissent les odeurs de bois saignés,

persiste la cire des pupitres où les petits encriers blancs se tenaient à l’encre des embarcadères en attendant de partir au loin.

Mes premières traversées de Verneuil et St-Benoît,

ports transocéaniques menant aux Beaux-Arts.

Elles attendaient au coude à coude, dans leurs bassins respectifs,

réunis dans un mouchoir de poches, mes écoles de voile.

Du vaurien au transatlantique.

Mon Père en prenant ma main, me fit faire les premiers bâtons.

La craie courant aux pavés des rues

mit des flèches dans les cases du damier

Elles crient toutes voiles dehors

les charrettes des quatre-saisons

cernées parfois de grands draps noirs

aux portes-cochères

Les métiers se rejoignent par quartiers

l’ô range les pécuniaires motivations au fond des chaussures qui ne marchent pas ailleurs que dans leurs boîtes.

A qui pouvoir faire croire que l’amour du travail faisait l’unanimité, au point que la permanence des différences ne pourrissait pas l’ambition.

Accompagnés par un rabot qui cisèle un chant de haut-bois

des doigts cousent la dentelle d’une cathédrale

taillée dans la pierre de l’art de bâtir

venu de la mer avec un long cortège d’oiseaux blancs

Le savoir-faire traverse les déserts en caravanes

ouvrant de larges sillons d’un soc brisant la stérilité

les grains qui s’éparpillent n’ont pas encore mutés

ils savent la douleur des tranchées

l’enlisement des boues aux cratères du feu des obus

Dis l’Oiso arrêtes

tu dors debout

tes contes sont à refaire

réveilles-toi on est plus d’hier

regarde t’as jusqu’à ce soir pour vivre

demain c’est quoi

à quoi ça pourrait servir demain ?

On fait plus d’enfants pour écrire l’histoire

L’encre a appris à lire sans porte-plume

elle a balbutié ses premiers mots

en se trempant l’empreinte dans l’encrier de la pierre

C’est comme ça qu’en écrivant « racines »

elle a fait des phrases de forêts tout en ignorant le Jean scéniste des Plaideurs

pour l’apprentissage de la greffe et de l’ente indélébile

qui ont fait des tomes d’oiseaux

que les ailes ont confiées au vent

qui les ont parsemés d’embruns

qui d’alluvions en torrents ont descendus des lacs

aux puits des oasis

Tu parles comme une couleur dénommée Amour

C’est pas un tantinet ringard ?

J’ai jamais j’té mes culottes courtes

en fouillant mes poches des craies me sont tombées

la bleue c’est la plus grande

pourtant c’est celle qu’à fait le plus de marelles

et alors

tu t’imagines qu’elle va devenir sèche comme une ancre

qui immobilise les bateaux au cimetière ?

Faut pas croire que j’ignore qu’on me prend pour un jobard

ça sert toujours d’avoir un illuminé d’amour dans sa proximité

surtout les jours de cafard

L’idiot qui encre en haut des pages

le fada qui encre en soulignant qu’on lui ment

le gogo qui encre dans le rêve des maux

le naïf qui encre tard bercer une nuit d’espoir

Ils sont à eux tous seuls la boîte de toutes les couleurs grand teint

m’aime si les ânées passent et que Buridan demeure…

Niala-Loisobleu

12 Décembre 2012/21 Mars 20i

 http://www.niala-artiste-peintre.com/

PAS DE DEUX


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PAS DE DEUX

Glissades

les planches du parquet vont embraser la boule du plafond

Fléchissements de je nous

mouvement d’yeux papillons

Eclairs

Laser

Les couleurs liqueurs du piano-bar

menthe à l’ô grenade in

ambre chien et Lou

se mêlent ange et démon

Un soir de soie

noué dans l’hôte

raye les pantalons au bas du dos du bandonéon

Griffé d’un trait fauve par une odeur de corde bandée

l’archet glisse entre les cuisses d’une cambrure

au bout des bras nylon gantés d’ergots

Quand l’aréole échappée du décolleté

pose son disque de feu au milieu de l’arène d’un fessier

les cœurs font olé

Animale attitude

Eternel premier matin

Le fleuve sort du lit

à ria

Cri de l’estuaire

La solitude d’un pas de deux tisse ses ailes en delta

Niala-Loisobleu

18 Mars 2015

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MI NANA Y YO


252800_vignette_15-kahlo-mi-nana-y-yo-ma-nourrice-et-moi-1937Mi nana y yo (Frida Kahlo, 1932) –

Nous sommes transfigurés par ces laits qui coulent de toutes les sources

Pour manifester ses origines indiennes (son père était juif hongrois, sa mère mi-mexicaine mi-indienne), Frida Kahlo se représente dans les bras d’une nourrice au visage de divinité aztèque. Du lait coule des deux seins de la nourrice, mais l’un d’entre eux, celui qui arrive dans la bouche de Frida, est transfiguré : doré, tatoué de motifs végétaux. A l’arrière-plan, une pluie de gouttes de lait arrose des plantes tropicales démesurées.
La mère paraît angoissée, tandis que la fille (corps d’enfant, tête d’adulte) est dans une position ambiguë. Ce sein qu’elle suce n’est-il pas en même temps la voix qui sort de sa bouche? Car elle n’a pas l’air de sucer, elle a bel et bien l’air de parler. Ce bouquet doré n’est-il pas sa parole? La mère semble terriblement souffrir, comme si Frida avait réussi à transférer sur elle sa souffrance, tandis que Frida, elle, toute calmée, rassurée par la présence maternelle, peut parler. Elle parle grâce à la présence de cette mère souffrante, c’est-à-dire grâce à cet acte de peindre par lequel elle a restauré cette présence.

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Mordant les seins de la vie

la peinture tête ses cris

Echos des couleurs

la douleur jaillit

Exhorbitée

la toile

tend sa joue aux couteaux

sans l’autre

Niala-Loisobleu

17 Mars 2015


Justin Novak

ENTE DEUX PORTES…OU LES MEMOIRES D’UN GARDE-FORESTIER

Si cette odeur de bois qui se dégage dans le sillage des tondeuses avait manqué

aurions-nous su qu’autrefois ici poussait la pilosité de la forêt primordiale ?

Probablement pas vu les ravages causés par ces successions répétées de maux

aussi insanes que bêtes et méchants, proférés par les tronçonneuses

dans tout ce que la plus mauvaise langue à le pouvoir d’émettre.

Le style profondément marqué d’élégance, de bon goût et principalement d’esprit de sel, affadi à grand renfort de barbarismes qu’est-il devenu, où s’en est-il allé ?

A voir pencher la crête des arbres dans le souvenir hissé haut, le garde-forestier a tout de suite compris que c’était à la racine que les coups avaient été portés.

Il a trop remonté les essences pour n’avoir pas vu combien les grandes pompes avaient épuisé à tarir, la source phréatique qui avait eu besoin de tant de lumières pour napper le vocabulaire et la syntaxe sans introduction d’adjuvants et colorants dangereux.

L’Académie des Shadocks venait d’être fondée.

Il demanda a être reçu par le Grand Maître Françoué 2 qui siège sur le Derrick V

de la

Substance Originelle de la Cinquième.

– Très Illustre peux-tu me dire comment arrêter la déforestation de notre société et la néantisation de notre civilisation, demanda notre Garde au Sérénissime.

La Culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié.

Quand on sait pas où l’on va ,il faut y aller !! Et le plus vite possible !

Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir.

Ou , en d’autres termes : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche…

Si j’ente, donc je sort…

répétait sans cesse notre porteur d’écus pour la greffe , en s’en revenant de chez le roi des culs tout court. Dimanche va falloir pas que j’me gourre dans le greffon à foutre dans l’urne.

Y a tellement de brouillard dans cette campagne

qu’on risque d’enter un poteau télé graphique imitant

l’arbre de la Liberté…

Niala-Loisobleu

17 Mars 2015

Robert and Shana ParkeHarrison 6

CASQUE BLUE


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CASQUE BLUE

Nous étions au bord du pair et du fils à couper l’beurre, rien à priori ne laissait supposer qu’on gagnerait à y regarder de plus près. Ils avaient tous leurs têtes de carnaval, que les fards ne cachaient plus.

Un cul pourtant, quand il prend la place de la figure ça interpelle.

Enfin, c’était ma pensée, mais je devrais toujours ne pas confondre les miennes avec celle des autres.

C’est tout p’tit que ça m’a pris d’être étrange.

Alors que l’insouciance conduit à la cécité mentale, j’avais dans le bulbe le regard d’un extatique.

La même chose dès que je la touchais des yeux devenait autre.

Avec une dominante : couleur. Pierre. Bleue.

Mais en plus prononcé, sans accent grave et air composé,

toge ramenée sous le sein gauche complètement dégagé, le laurier abondant par son absence.

Pourquoi aurai-je du faire compliqué ?

J’aurais devenu pareil au autres.

Ordinaire.

L’Expressionnisme marquât fortement ma première émotion picturale.

Mon premier Maître fut Georges Rouault.

Quelle foi profonde dans sa représentation du Christ entourée de Juges, de clowns et de putes.

Le monde tel. qu’il se dissimule.

La Beauté émanant au-dessus du sordide.

L’image quitte l’image. La tripe est en macro.

Il faut rappeler l’Historique autodafé que cet artiste fit Place de la Concorde à Paris.

Au nom de la Propriété Artistique, il récupéra plusieurs centaines d’oeuvres que son marchand de tableaux lui avait prises.Elles n’étaient pas signées. Il les a brûlé pour qu’elles ne soient pas vendues.

C’est le cours le plus magistral que j’ai reçu.

J’ai si mal à l’oeil. Le droit.

Résultat de ces années à ne voir que le fond des choses.

Les cons se vengent sans limites.

Mais il peut me bouffer de son feu, il ne peut atteindre  le gauche, celui de mon coeur.

Lui, il est ouvert dans ma poitrine,

A l’abri sous mon blouson bleu, que mon oiso ouvre en grand quand il reconnait l’Amour.

Monté sur ses cheveux à Ailes, je galope, lucide utopique comme pas un.

Le vent me sel…

Niala-Loisobleu

14 Mars 2015

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DU SANG DES PIERRES


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DU SANG DES PIERRES

Du jour

où sous les pieds

des plages de notre disque

le sable a cessé d’écrire

l’encre

dans la pierre s’est mise en quête d’absolu

indélébile au tuf

buveuse au schyste

opiniâtre au granit

gardienne à l’ardoise

jusqu’au dernier plein du délier de sa signature

aiguille dans la cire

verticale à l’épitre

d’une chanson de geste

répétée à l’infini

Niala-Loisobleu

13 Mars 2015

jamie baldrige

TA GRANDE ÎLE LUSION


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TA GRANDE ÎLE LUSION

Un sourire figé montre les dents jaunes d’un clavier que le web came

par des promesses en papier

plus jaunies qu’une carambouille dans le dos de l’innocence

Asphyxie

quand tu nous tiens

les cendriers débordent

rien que de fumées

Des corps en perspective

posent en flou artistique

Ils sont entrés aux studios de bille en cours

prendre

une chambre à l’ô tel où l’on ment

Art l’est- y ?

Plutôt gare rance

Les beaux yeux de vers nulle part tu parles d’une atmosphère

Cinéma

la vie te rattrape à la sortie

Ta belle gueule

atout des affinités d’avatar

reprend son erre

tôt ou tard

Faux-marbre avec ses faux-seins

la clairière en faux-bois a ses fenêtres donnant sur l’amer

Vue imprenable sur les mous tons et les voies

de la

Jeanne d’Arc

(rien que du bas tôt école)

le pas lasse

bée des anges construit sur la décharge à ors durs du virtuel

au point du brame des cocus

– Tu me sens dis, comme je brûle de toit ?

– Oh oui, sur une grande échelle qui fait pont peint

Le regard humain a de la poignée quand tu le serres

et sentir le cal des paupières d’un ami

ça marque d’une vraie pierre la fondation d’un édifice…

Niala-Loisobleu

12 Mars 2015

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LE JOUR VIENDRA


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LE JOUR VIENDRA

Allonger le jour à toucher les soirs en matins avenir

Sur la pointe des pendules découdre les aiguilles

pour qu’entre deux quarts à demi nu

tout reste lin comme l’autre dans la trame du tissu

Ne marcher qu’à l’intérieur des yeux pour aller au coeur de l’âme

Ricocher au premier écho sans sortir de la vibration

Deux mains aujourd’hui c’est l’espoir
Là où le gué d’un galet traverse

le courant continue

sans couper la jeunesse du calendrier des ans

J’ai les doigts d’une peinture fraîche

aux écailles de pensées qui nagent…

Niala-Loisobleu

11 Mars 2015

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