La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Au moment de devoir commencer, il faut d’abord préparer de la place. Une seule solution : laisser en plan ce qui est en cours. Sinon on ne fait que continuer à ne rien pouvoir commencer de nouveau.
Un simple regard aux frontons des institutions montre combien peu d’enseignes disent : « c’est bien sûr, la voilà la solution » . A quelques exceptions près toutefois. Mais encore. L’école, fondation du tout ce qui commence, n’est-elle pas la pierre angulaire de l’imbroglio total.
D’un côté les enseignants, de l’autre les parents ne forment-ils pas la merveille du sur place j’avance à reculons sans que ça se voit grâce à la réforme permanente des réformes en cours de non application. Notons au passage que c’est le moyen politique le plus en cours, quelque soit la couleur qui prétend gouverner. Faire des lois faute de pouvoir en faire respecter une ça écarte du sens de l’acte. En mettant à l’abri d’une accusation d’inaptitude menée par des nettoyeurs de fumisterie.
Tiens, si je prends l’heure qu’il est et que je me pose la question de ce que je vais choisir pour occuper une Ascension, prise de décadence autant climatique que d’état de santé générale, je suis plus certain de me retrouver au regret d’avoir pas su quoi faire, que de sentir l’effet constructif d’avoir été heureux.
Je vais de ce pas tremper ma plume dans l’encre de ma cabane, accompagné d’une pensée de Nietzche ne passant pas par une église…
Combien, le côté coupant des cailloux de l’absence peut avoir de tranchant par rapport à la douce fidélité contenue dans le roc d’où ils proviennent.
J’ai si mal de ces heures où la mer se montre prête à vous engloutir, tout en vous portant, parce qu’il ne reste plus un seul côté où l’on se tourne qui ne vive de la présence effective de l’autre. Cet autre sans qui toute peinture est impossible. Faute de mots écrits dans la langue du baiser. Une vigueur où les yeux allant d’un point à l’autre de l’autre, ne voient que pore d’attache.
Marin de lune, je vais d’un carreau de salines au hublot de mes cabanes, dans l’esprit du veilleur de hune. Une main en visière sur le front, happant chaque voyelle liée aux consonnes du vent, quelque fantaisie dans l’accent correspondant au parallèle atteint. Longitude amoureuse l’attitude.
Tu n’es pas là du cri de tes membres qui m’abordent dans leurs prises pirates, que je me tiens au centre de tes odeurs fouaillées par la rage de t’atteindre. Je souque, je cargue, je godille, toute la voilure des hélices d’un aéronef à Ulysse.
Me voici.
Ton estuaire grand ouvert montrant les balises de ta poitrine sorties du gilet de sauvetage
La page n’a pas voulue tourner. Elle reste à écrire, des pas portés d’embruns, chargés de roseurs granitiques que la marée pose aux bleus des lignes….
Il pleut sur l’île d’Hiva-Oa.
Le vent, sur les longs arbres verts
Jette des sables d’ocre mouillés.
Il pleut sur un ciel de corail
Comme une pluie venue du Nord
Qui délave les ocres rouges
Et les bleus-violets de Gauguin.
Il pleut.
Les Marquises sont devenues grises.
Le Zéphir est un vent du Nord,
Ce matin-là,
Sur l’île qui sommeille encore.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Comme un grand danseur fatigué
Avec ton regard de l’enfance.
Bonjour monsieur Gauguin.
Faites-moi place.
Je suis un voyageur lointain.
J’arrive des brumes du Nord
Et je viens dormir au soleil.
Faites-moi place.
Tu sais,
Ce n’est pas que tu sois parti
Qui m’importe.
D’ailleurs, tu n’es jamais parti.
Ce n’est pas que tu ne chantes plus
Qui m’importe.
D’ailleurs, pour moi, tu chantes encore,
Mais penser qu’un jour,
Les vents que tu aimais
Te devenaient contraire,
Penser
Que plus jamais
Tu ne navigueras
Ni le ciel ni la mer,
Plus jamais, en avril,
Toucher le lilas blanc,
Plus jamais voir le ciel
Au-dessus du canal.
Mais qui peut dire?
Moi qui te connais bien,
Je suis sûre qu’aujourd’hui
Tu caresses les seins
Des femmes de Gauguin
Et qu’il peint Amsterdam.
Vous regardez ensemble
Se lever le soleil
Au-dessus des lagunes
Où galopent des chevaux blancs
Et ton rire me parvient,
En cascade, en torrent
Et traverse la mer
Et le ciel et les vents
Et ta voix chante encore.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin.
Souvent, je pense à toi
Qui a longé les dunes
Et traversé le Nord
Pour aller dormir au soleil,
Là-bas, sous un ciel de corail.
C’était ta volonté.
Sois bien.
Dors bien.
Souvent, je pense à toi.
Je signe Léonie.
Toi, tu sais qui je suis,
Dors bien
D’avoir voulu vivre avec moi
T’as gâché deux ans de ta vie
Deux ans suspendus à ta croix
A veiller sur mes insomnies
Pourtant toi tu as tout donné
Et tout le meilleur de toi-même
A moi qui ai tout su garder
Toujours replié sur moi-même
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je T’En Remets Au Vent
Toi tu essayais de comprendre
Ce que mes chansons voulaient dire
Agenouillée dans l’existence
Tu m’encourageais à écrire
Mais moi je restais hermétique
Indifférent à tes envies
A mettre sa vie en musique
On en oublie parfois de vivre
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je T’En Remets Au Vent
Tout est de ma faute en ce jour
Et je reconnais mes erreurs
Indifférent à tant d’amour
J’accuse mes imbuvables humeurs
Mais toi ne te retourne pas
Va droit sur ton nouveau chemin
Je n’ai jamais aimé que moi
Et je reste sans lendemain
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je T’En Remets Au Vent
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je T’En Remets Au Vent
Hubert Félix Thiefaine
Simplement mon vieil Hubet Félix,
moi, je ne mets pas de noms à mes incomprises
pas plus que ce soir je ne mettrais de non à l’amour
C’est bien à lui que je m’adresse au travers de ton beau texte
Au chevet du lit des heures décalées peu importe où fout le temps,
les pores sont tatoués comme pour délimiter les quais dans le dédale des grues,
le grincement des plaignants, l’air ébahi des véhicules accus, chaises pliantes, génuflexions, signes de croît plus en rien.
Le sac sur l’épaule des aiguilles sorties des mailles ne peuvent plus rien pour les moutons, les nefs prennent l’eau à contresens depuis fort longtemps, les apaches chassaient le bison genre naturlich que c’était déjà la Bérézina pour les retraites
Caler au clocher les clavicules d’un cadran lumineux ça relève de l’intox politique
au moment où les serpents à sonnettes des élingues dansent jour et nuit
dans le roulis désabusé d’un charme faisandé de flûte enchantée,
requiem, requiem
Les bretelles d’un accordéon à lunettes noires mendiaient quelques miettes dans un tube de hit-parade au son des mirlitons d’une bande d’escorts girls au moment où le commissaire-priseur affirma « Ceci n’est pas une pipe » au grand dam du proxénète qui fut débouté con co mithe amant avec un reste de morue dont le rimmel fondait.
Au sommet, des pierres s’éboulant sous la poussée de séismes de forte magnitude laissaient les moulins à prière gémir autour des morts.
Reste-il un lieu où le divin pourrait s’oser à l’abus moral ?
La criée largue des râles ayant franchi la date de péremption.
Où s’étaient planquées les pochettes-surprises de la pythonisse commanditée par le roi faits néant, quand les stats avancèrent de ressortir de Gaulle du radoub ?
Il se pourrait que des picpockets les aient fouillées à corps et à cris en disant que tous voleurs mène à roms
Peu importe le chemin dès lors qu’il est le sien à soie.Des soies pour peindre, puisque faute de pouvoir le faire on sombre vers-le-gris, les interludes accompagnés d’orgues, psaumes tendus, tentatives de voix sorties de mirages divins c’est que du bleu à gnon pour queue de billard.
Quand les bouées mettent les mouettes au lit des voiles, on ne reconnaît plus les rues dans l’ombre des mosquées.
Ailes au repos d’une escale, sur la couchette de la cabine téléphonique des sauveteurs en mer, le self-contrôle est dans le couloir de l’amor.
La marée se voyait traverser l’océan à dos de baleine entourée des dauphins de Neptune, transat en tête, gorges étraves coupant le vide.
« L’évent qui s’engouffre par la porte du cabaret ça chambre à erre comme qui rigole »
railla la goualante d’une boule à paillettes en éclaboussant le décolleté de la rade que l’amour à trois balles lardait d’étoiles.
Sous la lune complice qui cacha les amants d’une éclpse au regard de la marée chaussée
de chaussettes à clous en quête d’identité.
Qui sommes-nous lamellibranche-moules-pétoncles, gaz volatile, fumet de bison, note dans la marge d’une genèse, que sais-je….à moins, à moins qu’on soit sans le savoir au paradis, ce qui donnerait du sens au cash…
Bon c’est pas tout d’élucubrer, là faut qu’j’y aille, la cabane m’attend pour une toilette, je file, bonne journée et à bientôt…
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