LES SURDITES D’ESCARPINS 1


wilde-600x410LES SURDITES D’ESCARPINS 1

Suivant les dalles du couloir de la circonstance-attitude

les talons d’escarpins

font des bruits de garotés

muselés comme il se doit

que je les crois plus réservés

qu’une paire de charentaise au pas étouffé

Un oeil voué au strabisme divergent

observe en catimini

(nuisette rose-ras-du-bonbon)

que pas un poil de trop passe sous l’apporte

Faut dire que chez ces gens-là

Monsieur

on se dévoile pas

on porte que des cas leçons longs

En dehors du curé

personne n’a jamais vu leur cul au naturel

Tant que j’y pense

faut que je rajoute des navets aux paumes de taire

pour donner du goût  à la soupe

La maîtresse de mon mari a mis dans son carnet de notes

« Doit faire ses preuves »

nos gosses sont plus en avance

question attouchements mineurs

grâce à leurs téléphones

ils ont les doigts téméraires

A leur âge quand je me mettais à genoux s’était pour prier

maintenant avec les horreurs qui mettent sur la cigarette

y commence à la pipe

Faut dire qu’au lieu d’aller à l’école s’ils faisaient les ponts républicains

à chaque fête religieuse

vu qu’on a des pratiques de plus en plus étendues

ils retrouveraient le morale saint sans la hic

Niala-Loisobleu

15 Mai 2015

Moth

DEBUT DE DESCENTE D’ASCENSION


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DEBUT DE DESCENTE D’ASCENSION

Au moment de devoir commencer, il faut d’abord préparer de la place. Une seule solution : laisser en plan ce qui est en cours. Sinon on ne fait que continuer à ne rien pouvoir commencer de nouveau.
Un simple regard aux frontons des institutions montre combien peu d’enseignes disent : « c’est bien sûr, la voilà la solution » . A quelques exceptions près toutefois. Mais encore. L’école, fondation du tout ce qui commence, n’est-elle pas la pierre angulaire de l’imbroglio total.
D’un côté les enseignants, de l’autre les parents ne forment-ils pas la merveille du sur place j’avance à reculons sans que ça se voit grâce à la réforme permanente des réformes en cours de non application. Notons au passage que c’est le moyen politique le plus en cours, quelque soit la couleur qui prétend gouverner. Faire des lois faute de pouvoir en faire respecter une ça écarte du sens de l’acte. En mettant à l’abri d’une accusation d’inaptitude menée par des nettoyeurs de fumisterie.
Tiens, si je prends l’heure qu’il est et que je me pose la question de ce que je vais choisir pour occuper une Ascension, prise de décadence autant climatique que d’état de santé générale, je suis plus certain de me retrouver au regret d’avoir pas su quoi faire, que de sentir l’effet constructif d’avoir été heureux.
Je vais de ce pas tremper ma plume dans l’encre de ma cabane, accompagné d’une pensée de Nietzche ne passant pas par une église…

Niala-Loisobleu
15 Mai 2015

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L’ANCRE INDELEBILE


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L’ANCRE INDELEBILE

Combien, le côté coupant des cailloux de l’absence peut avoir de tranchant par rapport à la douce fidélité contenue dans le roc d’où ils proviennent.

J’ai si mal de ces heures où la mer se montre prête à vous engloutir, tout en vous portant, parce qu’il ne reste plus un seul côté où l’on se tourne qui ne vive de la présence effective de l’autre. Cet autre sans qui toute peinture est impossible. Faute de mots écrits dans la langue du baiser. Une vigueur où les yeux allant d’un point à l’autre de l’autre, ne voient que pore d’attache.

Marin de lune, je vais d’un carreau de salines au hublot de mes cabanes, dans l’esprit du veilleur de hune. Une main en visière sur le front, happant chaque voyelle liée aux consonnes du vent, quelque fantaisie dans l’accent correspondant au parallèle atteint. Longitude amoureuse l’attitude.

Tu n’es pas là du cri de tes membres qui m’abordent dans leurs prises pirates, que je me tiens au centre de tes odeurs fouaillées par la rage de t’atteindre. Je souque, je cargue, je godille, toute la voilure des hélices d’un aéronef à Ulysse.

Me voici.

Ton estuaire grand ouvert montrant les balises de ta poitrine sorties du gilet de sauvetage

La page n’a pas voulue tourner. Elle reste à écrire, des pas portés d’embruns, chargés de roseurs granitiques que la marée pose aux bleus des lignes….

Niala-Loisobleu

12 Mai 2015

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NOTES PERDUES


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NOTES PERDUES

Décousus d’un duo

à cordes cassées

sur l’attache d’un marigot

lâchant un gaz d’échappement

le twoo disparate

d’un pied de cul-de-jate

marche à côté des godasses

Tout sépare

de ce qui fait l’attache

qu’on en pêche

en partouze

des amours batards

et rondes libertines

Où est ce silence qui dit

dans ce bruit qui étouffe

Indifférence unisexe

qui congèle les fusions

pour se faire croire

habiter au soleil….

Niala-Loisobleu

8 Mai 2015

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TOC A TA


Christine Comyn - 31 -

TOC A TA

Devant derrière

le noeud de cette cravate

serre

Mais sert à quoi

quand mes doigts sont sortis de sous ta chemise

celle à fleurs

que tu lavais qu’à la rivière de notre lit

que voilà clos

huis, huis, huis

Je sais qu’aux debouts

tes bras ne sont pas froissés

Ils vont et viennent comme une valse

Chopin

tu te souviens

que de seoirs ses mains ont allumé

en transparences

nocturnes

comme ton amour cristal

qui est côtelé velours de ta peau pêche

pulpe

j’aime que tu

soie sauvage

abricot bleu notre transport en co mains…

Niala-Loisobleu

6 Mai 2015

Clement Lefèvre - Illustration

AVIS DE TEMPÊTE


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AVIS DE TEMPÊTE

A la corde lisse d’un vent démonté
J’avance en corps niche

Les violons sont sensibles
au métronome de tes talons aiguilles

Devant la maison

le vieux tilleul est dans tous ses états

Il ne peut plus contenir la bourrasque dans le sommeil

Du bateau on ne voit que l’écume du jour

Le parapluie ploie dans ses fanons

Jonas

est arc bouté en baleines

l’eau s’abat à grands sauts

le long de ses côtes

sans laisser un poil de sec

il secoue ses feuilles en diagonale

La chaume se rentre la butte dans les épaules

Quand perdue au quarantième rugissant

elle fit appel au marque-page pour remonter le fil de l’histoire

La corne de brume
debout retient la vague en chancelant
sous la poussée atmosphère hic

Rompue la route enlacée  qui monte au moulin à ô

tangue comme un marin sorti du fond de cale de la traversée

toute solitude bue

plongée dans l’happe nez

érigeant un nouveau soleil

dans une ultime poussée d’étalon

qui casse l’oeuf

de bas en haut

Niala-Loisobleu

5 Mai 2015

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ET ALORS ?


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ET ALORS ?

Epinglés aux fils téléphoniques

des derniers halos

encore agités de la pensée qui les guide

ses mains tiennent

becs et ongles au refus du gris, que bleu, que bleu, que bleu

Rengaine la serinette

on l’a connaît la faconde de la ballade dépendue

portée sur les épaules affaissées , bât tombé

Le tissu élimé efface les paroles

de la boutonnière

l’oeillet tombe

Et alors ?

Au départ

l’amour naît que de la confiance, l’écho ne fait pas de réponse sonore

Les pierres ne s’usent qu’à rien faire

frotte le burin à l’ardoise

une étincelle jaillira de l’ô forte

de l’acide les fumées montrent rien à cacher

J’étais de chair dans un espace désincarné

j’ai ouvert mon coeur

quand elle est venue sortir de sa cage

tenant dans son bec un hommage à l’espoir

tendu sur la corde à vie au long d’une chevelure blonde comme semaille levée….

Niala-Loisobleu

4 Mai 2015

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GAUGUIN (Lettre à Jacques BREL)


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GAUGUIN  (Lettre a Jacques Brel)

Il pleut sur l’île d’Hiva-Oa.
Le vent, sur les longs arbres verts
Jette des sables d’ocre mouillés.
Il pleut sur un ciel de corail
Comme une pluie venue du Nord
Qui délave les ocres rouges
Et les bleus-violets de Gauguin.
Il pleut.
Les Marquises sont devenues grises.
Le Zéphir est un vent du Nord,
Ce matin-là,
Sur l’île qui sommeille encore.

Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Comme un grand danseur fatigué
Avec ton regard de l’enfance.

Bonjour monsieur Gauguin.
Faites-moi place.
Je suis un voyageur lointain.
J’arrive des brumes du Nord
Et je viens dormir au soleil.
Faites-moi place.

Tu sais,
Ce n’est pas que tu sois parti
Qui m’importe.
D’ailleurs, tu n’es jamais parti.
Ce n’est pas que tu ne chantes plus
Qui m’importe.
D’ailleurs, pour moi, tu chantes encore,
Mais penser qu’un jour,
Les vents que tu aimais
Te devenaient contraire,
Penser
Que plus jamais
Tu ne navigueras
Ni le ciel ni la mer,

Plus jamais, en avril,
Toucher le lilas blanc,
Plus jamais voir le ciel
Au-dessus du canal.
Mais qui peut dire?
Moi qui te connais bien,
Je suis sûre qu’aujourd’hui
Tu caresses les seins
Des femmes de Gauguin
Et qu’il peint Amsterdam.
Vous regardez ensemble
Se lever le soleil
Au-dessus des lagunes
Où galopent des chevaux blancs
Et ton rire me parvient,
En cascade, en torrent
Et traverse la mer
Et le ciel et les vents
Et ta voix chante encore.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin.

Souvent, je pense à toi
Qui a longé les dunes
Et traversé le Nord
Pour aller dormir au soleil,
Là-bas, sous un ciel de corail.
C’était ta volonté.
Sois bien.
Dors bien.
Souvent, je pense à toi.

Je signe Léonie.
Toi, tu sais qui je suis,
Dors bien

Barbara
Barbara
je t’égoutte
attentif
emperlé de ta voix
Il pleut
il pleut
du sel qui fait fondre le noir….
Niala-Loisobleu
3 Mai 2015
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MON PAUVRE AMOUR, JE T’EN REMETS AU VENT…


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MON PAUVRE AMOUR, JE T’EN REMETS AU VENT…

D’avoir voulu vivre avec moi
T’as gâché deux ans de ta vie
Deux ans suspendus à ta croix
A veiller sur mes insomnies
Pourtant toi tu as tout donné
Et tout le meilleur de toi-même
A moi qui ai tout su garder
Toujours replié sur moi-même

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je T’En Remets Au Vent

Toi tu essayais de comprendre
Ce que mes chansons voulaient dire
Agenouillée dans l’existence
Tu m’encourageais à écrire
Mais moi je restais hermétique
Indifférent à tes envies
A mettre sa vie en musique
On en oublie parfois de vivre

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je T’En Remets Au Vent

Tout est de ma faute en ce jour
Et je reconnais mes erreurs
Indifférent à tant d’amour
J’accuse mes imbuvables humeurs
Mais toi ne te retourne pas
Va droit sur ton nouveau chemin
Je n’ai jamais aimé que moi
Et je reste sans lendemain

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je T’En Remets Au Vent
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je T’En Remets Au Vent

Hubert Félix Thiefaine

Simplement mon vieil Hubet Félix,

moi, je ne mets pas de noms à mes incomprises

pas plus que ce soir je ne mettrais de non à l’amour

C’est bien à lui que je m’adresse au travers de ton beau texte

à lui que je m’en remets au vent

de ses mots que j’entends tous jours venir

sortit de leur coquille au bon moment..

Niala-Loisobleu

30 Avril 2015

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QUAND LA MERE MONTE


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QUAND LA MERE MONTE

Au chevet du lit des heures décalées peu importe où fout le temps,

les pores sont tatoués comme pour délimiter les quais dans le dédale des grues,

le grincement des plaignants, l’air ébahi des véhicules accus, chaises pliantes, génuflexions, signes de croît plus en rien.

Le sac sur l’épaule des aiguilles sorties des mailles ne peuvent plus rien pour les moutons, les nefs prennent l’eau à contresens depuis fort longtemps, les apaches chassaient le bison genre naturlich que c’était déjà la Bérézina pour les retraites

Caler au clocher les clavicules d’un cadran lumineux ça relève de l’intox politique

au moment où les serpents à sonnettes des élingues dansent jour et nuit

dans le roulis désabusé d’un charme faisandé de flûte enchantée,

requiem, requiem

Les bretelles d’un accordéon à lunettes noires mendiaient quelques miettes dans un tube de hit-parade au son des mirlitons d’une bande d’escorts girls au moment où le commissaire-priseur affirma « Ceci n’est pas une pipe » au grand dam du proxénète qui fut débouté con co mithe amant avec un reste de morue dont le rimmel fondait.

Au sommet, des pierres s’éboulant sous la poussée de séismes de forte magnitude laissaient les moulins à prière gémir autour des morts.

Reste-il un lieu où le divin pourrait s’oser à l’abus moral ?

La criée largue des râles ayant franchi la date de péremption.

Où s’étaient planquées les pochettes-surprises de la pythonisse commanditée par le roi faits néant, quand les stats avancèrent de ressortir de Gaulle du radoub ?

Il se pourrait que des picpockets les aient fouillées à corps et à cris en disant que tous voleurs mène à roms

Peu importe le chemin dès lors qu’il est le sien à soie.Des soies pour peindre, puisque faute de pouvoir le faire on sombre vers-le-gris, les interludes accompagnés d’orgues, psaumes tendus, tentatives de voix sorties de mirages divins c’est que du bleu à gnon pour queue de billard.

Quand les bouées mettent les mouettes au lit des voiles, on ne reconnaît plus les rues dans l’ombre des mosquées.

Ailes au repos d’une escale, sur la couchette de la cabine téléphonique des sauveteurs en mer, le self-contrôle est dans le couloir de l’amor.

La marée se voyait traverser l’océan à dos de baleine entourée des dauphins de Neptune, transat en tête, gorges étraves coupant le vide.

« L’évent qui s’engouffre par la porte du cabaret ça chambre à erre comme qui rigole »

railla la goualante d’une boule à paillettes en éclaboussant le décolleté de la rade que l’amour à trois balles lardait d’étoiles.

Sous la lune complice qui cacha les amants d’une éclpse au regard de la marée chaussée

de chaussettes à clous en quête d’identité.

Qui sommes-nous lamellibranche-moules-pétoncles, gaz volatile, fumet de bison, note dans la marge d’une genèse, que sais-je….à moins, à moins qu’on soit sans le savoir au paradis, ce qui donnerait du sens au cash…

Bon c’est pas tout d’élucubrer, là faut qu’j’y aille, la cabane m’attend pour une toilette, je file, bonne journée et à bientôt…

Niala-Loisobleu

29 Avril 2015

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