AIGUILLON


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AIGUILLON

Pourquoi cette ardeur, jeune face? -Je pars, l’été s’efface.

À grands traits ma peur me le dit,
Mieux que l’eau grise et que les branches.


Genoux aux poings, ange averti ;
Sur ton aile mon fouet claque.

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René Char

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Si deux mains

lierre

ravagent la façade

d’un trop beau qui mirage à la bougie

De la farine je fais du peint sans glu thème

pour plumer l’alouette avant qu’elle ne s’empare du miroir…

Niala-Loisobleu

10 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=snNpEUJp_Z4

CHEMINS DE NULLE PART


Forest girl

CHEMINS DE NULLE PART

Le p’tit bonheur au pied de la cheminée est las, souliers usés. Les noëls commerçants à force de tire-botte l’ont délacés en laçant le nerf de la fête. Il y a tous les trous qui s’agrandissent dans les cartons de Barbarie, Qu’est devenu le Nord ? Du berger reste-t-il que de l’ô vain ? Le troupeau semble s’agrandir pour que les vagues les plus imprécis moutonnent dans l’amer.

Vincent, quand je vois Soulages et son outre-noir je comprends qu’aucune réponse ne pourrait être plus signifiante.  A tous égards.

Toi la Fête au sens le plus sacré, ta vie, la misère dans tout le cri de ta souffrane. L’autre et son deuil de tout, du moindre sentiment, désabonné du coeur un must de réussite, un puits à fric, un modèle de société.

Les chemins de nulle part ont encore avancé, ils ont aujourd’hui des GP pour conduire plus sûrement à la perte.

Heidegger tu es de mes paysages. Je vois les m’aime choses que toi quand je me penche à la portière de l’homme.

Comme j’aime ce qui n’émane que de son essence abyssale !

« Dans l’obscure intimité du creux de la chaussure est inscrite la fatigue des pas du labeur. Dans la rude et solide pesanteur du soulier est affermie la lente
et opiniâtre foulée à travers champs, le long des sillons toujours semblables, s’étendant au loin sous la bise. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par-dessous les semelles s’étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le soir. A travers ces chaussures passe l’appel silencieux de la terre, son don tacite du grain mûrissant, son secret refus d’elle-même dans l’aride jachère du champ hivernal. À travers ce produit repasse la muette inquiétude pour la sûreté du pain, la joie silencieuse de survivre à nouveau au besoin, l’angoisse de la naissance imminente, le frémissement sous la mort qui menace. »

« La toile de Van Gogh est l’ouverture de ce que le produit, la paire de souliers de paysan, est en vérité. […]
Dans l’oeuvre d’art, la vérité de l’étant s’est mise en oeuvre. »
Texte de Heidegger Les souliers de Van Gogh
Extraits de Chemins qui ne mènent nulle part (Gallimard). Heidegger

L’étant : la couleur intrinsèque.

Toi, tu es là ma Muse

je t’embrasse de couleur plus tes bouches et ma sanguine

voilà comme un bleu qui en sort

Bon Jour l’Amour

je peins en phrases à doigts de chats mots

enfoncés dans le poil

Niala-Loisobleu

7 Septembre 2015

Isorropia

AIGUEVIVRE


AIGUEVIVRE

La reculée aux sources : devant les arbustes épineux, sur un couloir d’air frais, un blâme-barrière arrête l’assoiffé. Les eaux des mécénats printaniers
et l’empreinte du visage provident vaguent, distantes, par l’impraticable delta.

Revers des sources : pays d’amont, pays sans biens, hôte pelé, je roule ma chance vers vous. M’étant trop peu soucié d’elle, elle irriguait, besogne plane, le jardin de vos
ennemis. La faute est levée.

René Char

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PRIEURE DE LA CHAUME

Les vitraux regardent du plomb que leur couleur tente en rosacées, parmi les plantins et les colchiques d’un bord mis en attente.L’enfilade d’un couloir à n’en plus finir ventile un mélange de vie passée au moisi actuel. Il a plané de cellule en cellule l’esprit d’un dieu qui donnait à la ronde le jointoiement des prières.
Ici un délire rococo se prend la tête dans un fantasme roman, gargouillis de diables échappés des buissons d’orties qui retiennent les pastels roses de lauriers d’une autre époque.
Il plane en ces lieux un quiproquo de lumière. La clarté s’en est remise à l’hibernation. L’allumeur de réverbère n’ayant pas fermé le rideau, juste soufflé les candélabres, en panne de société.
J’ai marché dans le temps suspendu, colimaçant d’un escalier d’échauguette à un ascenseur en radoub. Les grands tableaux des salles d’études en haleine au bout des craies, semblent avoir été collés.
Premier séminaire où je suis entré mécréant.
Baigné dans le surréalisme d’une dévotion de chapelle où la vie close m’a semblé enfin avoir fait l’école buissonnière. J’ai vu se projeter sur la scène du petit théâtre enclos, des séquences espagnoles, séquelles d’une blessure franquiste mis dans la bobine par Saura.
Le soleil ne brille jamais tout seul, il faut le repeindre chaque matin, ai-je profondément ressenti en trempant mes pieds dans la sortie. Un ange est vraiment passé dans mon coeur.
Fini-Leonor---Timpe--Timpe--Timpe--Tare---1985
Impression de visite du Prieuré de la Chaume (Ancien séminaire, désaffecté) 17250 Pont-l’Abbé-d’Arnoult
Niala-Loisobleu
29 Août 2015

Y’A UNE ETOILE…


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Y’A UNE ETOILE…

Si quelque chose d’autre n’avait pas fait bouger le chambranle, elle aurait pu passer sans voir la porte. Ceux qui disent tout voir sont des taupes. Elle s’immobilisa à cheval sur le seuil. Je vis sa main droite remonter de son ventre à son sein gauche. Il venait de gonfler curieusement celui-là. Avait-il identifier le changement brutal qui venait de s’inscrire au passage ? L’autre atmosphère en place me répondit avec certitude. Comme dans un vieux film de Marie Laurencin, avant que Guillaume ne la crucifie, un flou artistique s’étendit. Poussé par le pinceau d’eau de l’aquarelle. Je m’abstins de voir un mauvais présage dans le carmin sanguin où ses lèvres se jetaient en avant. Un visage fleur, pris dans l’encadrement de longues mèches foncées. Terre d’ombre, pas noir, avec aux racines quelques reflets d’un jaune de Venise. celui que les pigeons sortent de la Place St-Marc, pour ne pas ne laisser s’altérer. Où en étais-je ? Dès que j’entre en sa présence, tout le côté objet du décor disparaît. Ce ne doit pas être évident pour le visiteur de suivre mon labyrinthe. Mais n’est-il pas là pour préserver qu’il s’égare sur le fond ?

Tombé de son décolleté, le profond sillon qui renvoyait ses seins lourds chacun de leur côté, fronça les sourcils en prenant sa bouffée de nouvelles. Cette façon qu’ont ses tétins de se tirebouchonner le nez avant d’avancer plus loin, est bien le signe du développement olfactif de son regard sur le monde. Tout est demeuré animal en elle. Sauvage, elle n’exprime rien au contact. Muette, il faut que tous ses instincts aient analysés la présence, la situation, la nature de la chose avant de montrer sa réaction. D’où la nécessité de me mettre dans son huis pour lui laisser son droit de me découvrir comme elle l’entend.. Je sais qu’elle doit s’isoler. Elle est minérale et végétale à la fois. Une pierre à fleur à sève sanguine, voilà ce que personne n’avait su voir de ce qu’elle est vraiment. Au point de devoir remonter une frustration d’enfance qui garde une certaine teinte indélébile. Un secret dont elle sait aujourd’hui la nécessité d’amputation. Elle veut vivre parce qu’elle a sa clef à elle pour ouvrir de vent.

Niala-Loisobleu

20 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=YjJEgThIFIw

L’ECHARPE D’HALEINE


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L’ECHARPE D’HALEINE

Des angles des clavicules au mas central,  tapi derrière la craie du tableau, un léger voile diluait la vision.

Ce frisson permanent que l’olivier pose du bout de ses feuilles d’écriture

a toujours temporisé les velléités naturelles de la frustration.

Sentir rentrer le train alors que le pore transe pire que jamais, donne plus d’hydres à l’avion que de safran à la quille.

La confusion à son comble inverse alors les directions aux carrefours.

Déroute.

Panique.

Au marais marin, des percutions aux tempes chassent le glissement soyeux des violes entre les cuisses.

De son refrain battant l’immensité, la marée calmement repris le dessus.

L’expérience séculaire aidant.

Quand on a vécu le big-bang, on a le sang-froid en alerte.

Ulysse a déjà fait le coup des sirènes, inutile de rejouer la scène à Pénélope.

Au lieu de délires paranoïaques, il y a tant d’équilibre à sortir du balancier de l’imaginaire de la réalité.

Une odyssée n’aurait rien de Pie si elle se faisait dévorer par le tigre.

Du calme.

Les vents pervers enrouent de leurs rumeurs.

Tiens prends ma bise, bien sûr que je t’aime,

enfin tu vas pas me prendre pour une éolienne

qui fout le paysage dans la laideur d’une erreur fondamentale ?

Contre le risque de refroidissement l’écharpe de ton haleine me préserve tout simplement…

Niala-Loisobleu

14 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=03juO5oS2gg

CARNET DE ROUTE


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CARNET DE ROUTE

Traits d’un frisson

les plus hautes herbes penchent la tête

rien naît en corps

art rivé

Là-bas

bien plus loin que l’attente

qui pourrait dire ?

A moins que rien ne soit

Aux ardoises les craies qui ne serviraient à quoi

ça n’existe pas

Quelques calcaires ondulant aux courbes des fûts

n’ont pas déshabillé les strates du goût des crûs

le sarment d’amour racine tous jours

Dehors la rivière volage

Le chais tient l’effusion au frais

prêt a embuer le coeur du vert

à pieds

pour la tracée du nouveau chemin

Un bourgeon hiverne sous sa calotte

dans l’humus sphère australe

A la fourche le nid perle

Un peintre tout vêtu de bleu outremer

s’apprête à faire monter la mer

à tire d’Elle

pinceau à l’encrier d’un autre continent prêt à écrire

en lettres vacantes

pour tirer les pieux émergents du ponton

avec l’archet du violon

Plus qu’un jour

la vie reste éternelle

L’ô séant bande encore

allons glaner les chaises de la paille des étaules

Niala-Loisobleu

9 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=ja6jpltecfA

MINOTAURE RING


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MINOTAURE RING

Comme il rebondirait d’un blond naturel ce mouvement capillaire qui ne se montre que dans l’intimiié. Peut-être avec des motivations remontant à une origine contrariée, tout est prétexte à débat, les hauts en particuliers. La chanson du p’tit bonheur n’avait-elle pas les souliers usés au départ ? Rien n’est plus contradictoire que le paraître. Trop emmêlé pour le détordre par des principes. La ligne des rues dans les villes où le tracé est rectiligne n’échappe pas plus à la règle que les alambiqués, Rochefort en témoigne, que ce soient ces parapluies ou ces demoiselles ça interpelle.

Ainsi avisai-je un étroit passage secret, genre poterne, où je faufilai mes pensées histoire de bâtir, autant qu’on bâtisse de pierre, surtout quand bâtir touche au sens es-cathédra du terme. Sans le moindre effort on tombe immédiatement dans l’absurde du chemin ne menant nulle part cher à Eidegger.

Que de plans sont des épures de fêtes où la grande roue et le grand 8 me font penser à tous ces faux-semblants qui sont donnés pour vrais.Où est le tenant quand l’art est une création strictement commerciale ? Impossible de créer de l’art dans un deal entre un galériste et un de ses nègres.

Le nez au vent, qu’il y en ait ou non, je muse.

Aujourd’hui il m’arrive de me demander d’où me vient cette force du sens que je donne à tout, bien sûr pas à l’insignifiant, ne nous égarons pas dans le banal de la banalité. je ne plaisante pas avec mes sentiments.

La réponse qui se précise de plus en plus au liminaire de cette question déclare que je n’entre que par l’interstice, jamais par la porte.il faut se frayer le passage. Celui de l’homme représente ma constante curiosité. C’est tout simplement merveilleux. Plus je décape, fouille, passe par tous les dangers, au centre de névroses aux stupéfiants pouvoirs de développement, plus, au lieu d’en subir l’effet dévastateur, plus je sens mon acuité d’amour se développer au sens bénéfique extrapolé.N’étant sous influence d’aucunes substances religieuses, politiques, philosophiques ou médicamenteuses, je constate donc que je m’évertue à me mettre au coeur de l’étant de l’amour.

Niala-Loisobleu

8 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=OwSeEwtC0Ks

Ô VIVE


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Ô VIVE

Quand je la vis, si haute

je tirais sur le bas de mes culottes courtes

en ralentissant le bruit de mes sabots

pour ne pas fêler les carreaux de mon tablier

J’aurais pas dit montagne

si son regard ne m’avait épinglé

à son col

Mais j’ai tout rentré dans la trousse

dans l’école

dans les classes

dans les livres

les plumes et les crayons

les couleurs

pour qu’elle m’apprenne par les bras

tout serré

par l’accorde

par l’aboi

qu’à nous terre nous s’aimons  autrement qu’à le dire à tort et de travers

Niala-Loisobleu

7 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=QhJtaa-cCXg

DES GARS DE LA NARINE


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DES GARS DE LA NARINE

C’est à peine si on a le temps de faire un instantané de la fraîcheur nocturne que le plomb diurne s’étale en débordant du creuset.

Clignant des yeux, je ne parviens pas davantage à faire bouger l’aloès qu’à voir couler du jus de figue dans cette barbarie.

Et pourtant l’âne, sans entêtement lui, tourne en perpétuel autour de l’axe de la noria. Mouillant d’espoir les craquelures de la terre exsangue.

Je compte les oiseaux blancs sur mes doigts.

Entre leurs vols des grands espaces de désert sombre trouent les zèles.

Ô il va me falloir faire le tri entre l’espèce et les sous.

Don Quichotte tiendra le temps nécessaire à me ventiler l’atmosphère.

L’atmosphère ….celle qu’à de beaux yeux que m’aime à lô tel du Nord,

Je me fais

comme Nino toujours le Sud.

Foutu redresseur de bretelle, est-ce qu’un jour tu t’arrêteras de remonter le métro n’homme politain ?

Là où je navigue je n’ai point besoin qu’on m’élargisse le canal.

Il y a suffisamment de présidents bons à rien,

qui vendent des bateaux pour les rembourser avec notre argent,

en se vautrant à inaugurer des largesses

qui me font Suez….

Niala-Loisobleu

6 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=Nv34G5b-ty8&feature=em-subs_digest-vrecs

LE MURMURE DES VENTS


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LE MURMURE DES VENTS

Drôle, l’eau retenait derrière les coulées de sa transparence le secret de ses silences, comme ça, mine de rien, en se foutant des hameçons qui tortillaient leurs vers en s’imaginant qu’elle allait se laisser prendre.

Nous vivons au sec de nos humidités, pensai-je en fermant les yeux pour garder l’eau de ses yeux.

Sans doute souffrais-je de cette chaleur qui brûle les herbes folles au vert tendre.

Le désir de peindre me tire par l’oreille.

Oui, ma Muse

Je t’entends de là-bas où le temps te pèse. out comme il m’esquinte la patience.

Un bruit de crinière qui s’apprête à courir, c’est un balcon sur l’écume à venir.

Je suis en chemin.

Et c’est le bon, le pigment que le vent porte m’en prévient.

Reste assise sur la grosse pierre qui marque le domaine de la bonne ombre.

J’arrive pour me plonger nu dans ton abreuvoir.

Chut …

La lumière est proche.

Te voici qui flore plus fauve qu’un musc lâché…

Niala-Loisobleu

5 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=4ChKIS6PX80