DE L’AUTRE CÔTE DE LA MONTAGNE


 

 

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DE L’AUTRE CÔTE DE LA MONTAGNE

 

Les rues ne savent plus rien des noms qu’elles portent

où habites-tu dans quel appartement de ta mémoire

jusqu’au bruit réconfortant des pas qui s’est étouffé

Entre la lavande des draps de l’armoire

les lettres d’amour ont fanées

le ruban auquel les promesses s ‘étaient amarrées a cédé

Quand la couleur se fait noire que peut-on attendre des plumes

sinon écrire une malchance pleine de ses fautes

dépit, aigreur, dérive, les mots lâches sortent de l’action omise

Je vais marcher jusqu’au débord des larmes à trois balles

il y a trop de souffrances sèches pour se noyer à côté des réelles

occulter la vérité du point de départ fait la cause du malheur de l’arrivée

Les yeux n’ont d’autre fonction que celle de voir

regarder que ce qui arrange vous rattrape toujours quelque part

pour avoir il faut toujours commencer par donner

Zarathoustra

le prophète planteur de soleil sur la montagne

ne « sait-il » pas éclairé lui-même

pour finir par voir ce que les hommes font de ce qu’on leur donne ?

Niala-Loisobleu

22 Novembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=xqBiE0nUnMM

S’ÎLE VOUS PLAIT


Gustav Klimt, Beethovenfries (Detail): Die feindlichen Gewalten
Gustav Klimt, Beethovenfries (Detail)

S’île vous plait

vous

qui de vos ficelles

inventez le dieu de la guerre

à partir

d’un mensonge d’amour

laissez à mes cris

la tessiture

du jouir de la vie

ce colorato

d’amour que seuls les chants

ensemencent

à construire l’étreinte des villages blancs

accrochés à la hanche des guitares

sans crimes contre l’humanité

sans bombes

sans ignominie

sans tortures morales ou physiques

dans l’ignorance du génocide

avec juste assez d’ô r’ors

pour que le soleil illumine en frise

la marelle des enfants

dans la ronde universelle de la longue traversée

d’Amour et de Paix

des quatre saisons du

Jardin Extraordinaire

Niala-Loisobleu
21 Novembre 2015

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TOI MA PLAINE


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TOI MA PLAINE

Tes seins

gorgés de vie

aréolent

mes peurs de vivre

d’un levé du jour

Frémissant du refus d’abandon

ton ventre

où cerclent des rondes enfantines

varappe au-dessus des abîmes

D’une vertèbre à l’autre

j’embouche tes hanches

du haut-bois de ta fourche

aux percussions de tes cris

Redressant nos chants en berne

tu pousses de l’arbre d’amour

ton pulpeux corps bel de fruits

hors de l’automne retroussé

Niala-Loisobleu

19 Novembre 2015

 

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DE L’EGO AU GRAND SOI


De l’ego au grand soi .

Selon Jung, le but d’une vie est de passer de l’ego, notre petite personne, au grand soi grâce au « processus d’individuation ». Il s’agit d’un cheminement intérieur par lequel nous allons tenter de devenir le plus conscient possible, afin de nous «auto-engendrer » en tant qu’individu particulier, homme parmi les hommes, mais unique. Une seconde naissance, en quelque sorte. Pour Jung, l’enjeu est d’importance. Car « devenir conscient de son soi, c’est permettre à l’univers de devenir conscient de lui-même »

En 1946, à un vieil ami qui lui demandait quelle attitude adopter pour achever son existence dignement, Jung répondit : « Vivre sa vie. »
Vivre, c’est tout.

Psychanalyse Jungienne

A Distant Future by Raluca Deca

PARIS MA BLEUE


Dino Valls THE WOUND 1997

PARIS MA BLEUE

Elle tourne au coin de mon enfance, ronde comme un jardin d’enfants qui conte in. Si tant que je suis d’venu un homme entre ses cuisses sans m’en plaindre. Et ça compte en tant que souvenir. Souvenir. Je pourrais haïr, c’est tellement facile. Vieillir ça aide à détester parait-il, ben j’ai loupé quelque chose au film. J’garde la peinture fraîche, le ban j’reste à distance. Paris ma Bleue. Tant de fracas, de bruits de bottes, de peur des trains qui aux chevaux de marchandises choisissaient l’étoile de David. La faim de vivre, la faim des tickets, la faim d’y être libre. Les attentats coloniaux, mur de Berlin, chars de Budapest, peine de mort, ivg, ô ma Femme…Personne ne me l’a fait comprendre aussi bien que tu me l’as expliqué mon Paname.

T’as changé, oui, mais pas pour moi, c’est normal de donner aux autres de quoi se construire leur image. Seulement faut pas décrocher la Lumière, ça c’est Paris. Pas besoin qu’une miss tain guette l’occase d’y dévisser la Bastoche. Le tant ça doit pas passer. C’est en dehors des pendules, c’est perpétuel. Un parisien c’est d’abord le mélange des provinces y compris les celles d’Outremer. C’est aussi la gare centrale de tous les exils. Mais c’est pas le terminus d’un rêve de vie dans un homme-pétard défoncé à l’intox religieuse. Paris faut savoir que ça barricade, que ça terrasse pour remettre les chaises aux marbres des tables rondes à trinquer la fraternité.

Paris ma Bleue, vois rouge que dans un vert. Mets-toi debout pour relever le conteur sur ta Seine, ne tombe pas dans le piège de la haine.

 

Niala-Loisobleu

18 Novembre 2015

 

 

 

 

COÏN SI DENSE


COÏN SI DENSE
Au virage d’une main coupée
restée par taire
ne passant pas là par hasard
mes oreillettes tendirent les leurs
Comme elle battait en corps
la mettant en visière
se la greffèrent loin devant
bouche à bouche
Par l’apporte cochère
une horde de chevaux bleus
ruant
s’attela à tirer l’amer du croissant
Niala-Loisobleu
17 Novembre 2015

PARTOUT, ENTENDS- TU PAR TOUT MON AMOUR


PARTOUT, ENTENDS- TU PAR TOUT MON AMOUR

De cette nuit franchie tes bras me sont restés pleins des odeurs fortes qu’à ton corps quand il se met à ne vouloir qu’aimer et rien d’autre, puisque aimer est le Tout, qui ne s’encombre pas d’inutile.

Un cerne est un matin bleu des étoiles peints au nocturne de nos jardins sous la lune.
Ceux qui clament être des changeurs de monde ne sont que des allumeurs d’artifices mouillés, de marées sèches, de lunaisons sans fesses où asseoir la pensée positive, de prothèses sociales, de mauvais numéros de transformistes, de dogmes à bannir, qui ne savent absolument rien de la vertu première du sel .

Arguer d’amour en usant des extrêmes de l’illumination obscurantiste, relève uniquement de la démence à l’état pur.

Quelques fils de lin tissés aux poils du bois de mes pinceaux te serviront de cerfs-volants, je t’aime d’une écriture sans maux, je t’aime, d’un regain de vie trouvé au souffle de chaque baiser que tu s’aimes à la volée. je t’aime au nom de la Vie contre la mort qui crût pouvoir frapper dans la plus barbare tragédie.

Au matin du prochain autre jour,

à Elle, à Lui,

innocentes victimes des tyrans, je dis ô en couleurs:

« Partout où ils arracheront je replanterais »

Niala-Loisobleu

16 Novembre 2015

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LA BRICOLE


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LA BRICOLE
Ce matin le tri porteur tousse comme s’il allait foutre le camp de la caisse. Pourvu qu’il ait pas pris une pointe de drapeau dans les rayons; le regard un pneu sorti du sectaire l’empêcherait de fébriler au bon sens du coeur. Mauvais ange in de poitrine ? Attention brouillard en retour des tas d’urgence – ça mue hélas plus souvent mauvais sens – René, que la fréquentation des tranchées et autres poteaux d’exécution et une bonne lecture de Fallet, avaient formatés, me prit par ma petite main d’enfant. Son regard de grand-père dépassant le premier abord.
-Aies pas peur, viens on va s’atteler la bricole, me dit-il de cette voix amortie par les poils de la moustache.
Il ouvrit alors la remise, celle-là où, un jour il m’avait dit qu’avec elle, on ne faisait jamais de marchandage, de tricherie promotionnelle. Du net. Publicité éteinte.
Une voiture à bras se montra. Deux ridelles un hayon, et une paire de brancards prêts à partir me tendant leur longue bricole de cuir à se ceindre la poitrine mieux qu’une écharpe toute neuve d’une quelconque confrérie, fusse-t-elle de toute tolérance prétendue, d’appartenance à la Veuve, la Fraternité genre enseigne au néon club-privé…trois points c’est tout.Celle-là on voyait que le cuir avait une connaissance totale de la sueur.
– T’avais quel âge Loiso ?
– Celui qu’on garde toute sa vie quand ça va mal et qu’au lieu de foutre les harangues dans l’huile sur le feu, on se branche à l’harnois de la bricole pour tirer en fermant sa gueule avant que ça enlise définitif.
Tout en désertant le retour aux négriers et leurs guerres coloniales.
Niala-Loisobleu
15 Novembre 2015
Die andere Seite
 https://www.youtube.com/watch?v=fh-xEitFaWI

IL Y EN A QUI PRIENT, IL Y EN A QUI FUIENT


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« Il y en a qui prient, il y en a qui fuient »

Il y en a qui prient, il y en a qui fuient,
Il y en a qui maudissent et d’autres réfléchissent,
Courbés sur leur silence, pour entendre le vide,
Il y en a qui confient leur panique à l’espoir,
Il y en a qui s’en foutent et s’endorment le soir
Le sourire aux lèvres.

Et d’autres qui haïssent, d’autres qui font du mal
Pour venger leur propre dénuement.
Et s’abusant eux-mêmes se figurent chanter.
Il y a tous ceux qui s’étourdissent…

Il y en a qui souffrent, silence sur leur silence,
Il en est trop qui vivent de cette souffrance.
Pardonnez-nous, mon Dieu, leur absence.
Il y en a qui tuent, il y en a tant qui meurent.

Et moi, devant cette table tranquille,
Écoutant la mort de la ville,
Écoutant le monde mourir en moi
Et mourant cette agonie du monde.

René Tavernier, paru dans Positions, 1943

Les Poètes de la Résistance

Quitte-on un jour la résistance quand on a traversé sa vie durant la guerre, l’ignominie, la dérive politique, les méfaits du capital ? Non, j’y suis depuis mon enfance et y serais encore après ma mort. Mon regard humaniste a toujours veillé, sachant que pleurer avant que le malheur arrive, a plus de chance d’arroser la paix que de la noyer dans le sang.

Aujourd’hui ce qui arrive n’est que le début d’un drame qui va sévir bien au-delà de la France, faute d’avoir coupé à la racine quand on a regardé que l’intérêt du rapport en lieu et place du prix à payer.

Niala-Loisobleu

14 Novembre 2015

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