Quand Vous Mourrez De Nos Amours


530832_415535305139307_1021940723_n

Quand Vous Mourrez De Nos Amours

Quand vous mourrez de nos amours

j’irai planter dans le jardin
Fleur à fleurir de beau matin

Moitié métal moitié papier
Pour me blesser un peu le pied
Mourez de mort très douce
Qu’une fleur pousseQuand vous mourrez de nos amours
J’enverrai sur l’air de ce temps
Chanson chanteuse pour sept ans
Vous l’entendrez, vous l’apprendrez
Et vos lèvres m’en sauront gré
Mourez de mort très lasse
Que je la fasse

Quand vous mourrez de nos amours
J’écrirai deux livres très beaux
Qui nous serviront de tombeaux
Et m’y coucherai à mon tour
Car je mourrai le même jour
Mourez de mort très tendre
À les attendre

Quand vous mourrez de nos amours
J’irai me pendre avec la clef
Au crochet des bonheurs bâclés
Et les chemins par nous conquis
Nul ne saura jamais par qui
Mourez de mort exquise
Que je les dise

Quand vous mourrez de nos amours
Si trop peu vous reste de moi
Ne vous demandez pas pourquoi
Dans les mensonges qui suivraient
Nous ne serions ni beaux ni vrais
Mourez de mort très vive
Que je vous suive

Gilles Vigneault

OUVERTURE


909bbb6992d5096ac768750cd17875c5

OUVERTURE

L’eau coule, sous des ouates de brouillard, je suis entre ici et Toi en plein centre de Nous.

Bravant la paresse du soleil, le jour se monte à la courte-échelle. De la cuisine du fourré se devine un parfum de civet. La garenne joue avec les glands au pied des yeuses. La barque du nautonnier s’enfonce le nez dans les iris, tirant sans envie sur sa chaîne.

Quand le journal sortira ses fadaises habituelles, il y aura un moment que nous nous serons tenus au loin des maux du quotidien. Je t’emmène au chais où les vignes ont mis leur dernière vendange à mûrir au chêne. Dans l’obscurité l’arôme s’apprête, déboutonne ta pensée que je te peigne. Sans rien démêler des passages de mes doigts quand tu me disais de te mettre le jour à l’oreille. Goutte de baiser, derrière le lobe, jusqu’à la racine de l’épaule.

Il me reste assez d’ocre rouge pour entendre le premier cri se renouveler.

 

Niala-Loisobleu

12 Décembre 2015

Anne Bachelier 0_b50c3_5218582e_XL

 

JE RÊVE DONC JE SUIS LUCIDE


 

 

c09a422b1d1aacdd760dbedb7682db6e-d5i8cwi

JE RÊVE DONC JE SUIS LUCIDE

Ces jours où tel un crabe, les événements s’acharnent à bouffer les meilleurs morceaux de nos journées ont, passée la première mi-temps éprouvante, ont le don de me booster la tripe. J’entends Jung, comme s’il était  à mes côtés. De sa voix ferme, il sort le plan de bataille de l’ombre avec la lumière.

C’est gris acier acéré ? Vite trempe-le  au creuset pour que l’alliage le fasse bleu à ne trancher que les sanies.

Si la tendance était autre, déjà le monde se tapisserait de fleurs qui ne seraient pas du crhysanthème. La nature n’aime pas qu’on lui bouffe l’air avec des systèmes destructeurs.Elle répond, elle prévient, va te faire voir ailleurs, le Bouffi c’est du Bouffi. Non seulement ça comprend rien ou de travers, mais ça insiste. Y a qu’à voir comment des chefs se trompent jusqu’à insister alors qu’ils ont perdu pieds à force de s’être tirés dedans. Je n’ai d’autre tendance que vouloir gagner,puisque mon but n’a rien d’axé sur le profit de fric.Il faut laisser sa place à la sélection naturelle. Je rêve donc je suis lucide. Pauvres pleureuses qui suivez votre enterrement en vous voilant la face, allez rejoindre les ordures que vous produisez. Moi et beaucoup d’autres voulons la vivre avec le meilleur de ce que nous sommes en mesure de mettre au monde. Je ne baise pas, je fais l’amour et puti, plus d’une fois par jour, j’arrête m’aime pas pour pisser. Ben oui, parce que j’suis pas constipé.

Tu sais Toi, que l’humide de ta respiration m’arrose, me cultive, me développe, m’érectionne. C’est Toi qu’il faut préserver, pas l’inutile. On ne peut pas refaire le monde à soi tout seul, mais on est tout seul à pouvoir faire durant tout son passage en lui, ce qui sera au plus près de NÔTRE bonheur partagé.

 

Niala-Loisobleu

11 Décembre 2015

euclid__s_feelings_by_shvayba

PROSE ET PROSES (Extraits)


MONIKA EKIERT JEZUSEK 444cNAJ

PROSE ET PROSES (Extraits)

Il vous naît un poisson qui se met à tourner

Tout de suite au plus noir d’une lame profonde,

Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,

Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux

Que ses sœurs de la nuit, les étoiles muettes.

Il vous naît un oiseau dans la force de l’âge

En plein vol, et cachant votre histoire en son cœur

Puisqu’il n’a que son cri d’oiseau pour la montrer,

Il vole sur les bois, se choisit une branche

Et s’y pose ; on dirait qu’elle est comme les autres.

Où courent-ils ainsi ces lièvres, ces belettes,

Il n’est pas de chasseur encore dans la contrée

Et quelle peur les hante et les fait se hâter,

L’écureuil qui devient feuille et bois dans sa fuite,

La biche et le chevreuil soudain déconcertés ?

Il vous naît un ami et voilà qu’il vous cherche,

Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux,

Mais il faudra qu’il soit touché comme les autres

Et loge dans son cœur d’étranges battements

Qui lui viennent des jours qu’il n’aura pas vécus.

Et vous que faites-vous, ô visage troublé,

Par ces brusques passants, ces bêtes, ces oiseaux,

Vous qui vous demandez, vous, toujours sans nouvelles :

Si je croise jamais un des amis lointains

Au mal que je lui fis, vais-je le reconnaître ?

Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence

Et les mots inconsidérés,

Pour les phrases venant de lèvres inconnues

Qui vous touchent de loin comme balles perdues,

Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.

Jules Supervielle

Les amis inconnus, 1934 – in Poètes d’Aujourd’hui, et Le Forçat innocent – Gallimard.

https://www.youtube.com/watch?v=OqnIXqriuOs

BLEU VILLAGE


BLEU VILLAGE

Quand les tuiles ont commencé à gémir

comme une oie sauvage, l’évent m’avait déjà averti

de penser que pour tout ce qui migre

la lecture des cartes ne doit pas être dévolue aux  imposteurs

Le sinistre hélas arrive dépassé

D’un ciel sombre les étoiles filent entre les doigts

si on ne repeint le ciel qu’en faussaire

Les maisons troglodytes forent la montagne

pour garer l’étalon du bleu

comme un Louvre ses petits le jour d’invasion

Pris d’une défense passive le soleil se fonce dedans

non je les entendrai pas chialer

L’enfant sauvera la ronde

l’enfant reviendra sur tout chat perché sur des contes in

en sortant de sous les jupes plissées

des terres stériles

l’à-plat d’un ciel sans nuages

Pourvu qu’à son tour il ne soit atteint

de cette démence

de vouloir être un grand…

Niala-Loisobleu

9 Décembre 2015

P1040805

BLEU VILLAGE
(Aspect des parenthèses)
2015
NIALA
Acrylique s/toile 46X38
 
Adresse de mon site officiel : http://www.niala-galeries.com

DONNER ET RIEN PRENDRE


15 - 1 (6)

DONNER ET RIEN PRENDRE

Mûri aux coupures hivernales , un fruit posé à la branche veuve d’un été n’a aucune parenté avec les noix, noisettes, dattes et figues sèches d’un mendiant. L’école des désillusions suçait déjà le pouce des trêves des confiseurs, quand je croisai ma première déception. J’ai manqué la classe, choisissant les sentes buissonnières.Je me suis écarté de la société de loisirs de la haine. La souffrance personnelle est intime, son origine loin d’être nourrie à la névrose, prend sa source aux garanties d’une foi profonde qui n’a pas à se trouver remise en cause. Autant par des querelles d’origines provocatrices, que par tromperies supposées.

Rêver aux fêlures du gel est incompatible avec la chaleur que le songe éveille en ses entrées internes.Mais garder ses enfants retenus revient à les avoir privés de naître. Ils ont besoin de parler de leurs yeux, pour dire le mouvement ascensionnel de leur toise.Sans aromates la richesse de la solitude perd ses senteurs garrigues et ses sauts de garennes.

Offrir la chaleur que l’on tient d’êtres que l’épreuve a rendu meilleurs, porte le sel que l’eau de mer a mis en flottaison dans un univers non navigable. Rien de ce que l’on est ne peut être séparé de la part de don provenant de l’Autre. Chaque différence étant le liant du matériau oeuvré sur le respect fondant la base constructive.

Je suis sorti de ce monde clos par l’apprentissage. Je resterais à continuer d’apprendre, surtout pas à reprendre.

La lumière de l’Amour n’ayant d’autre passion que celle de l’éclairer sans soumissions ni contraintes

Niala-Loisobleu

6 Décembre 2015

7c1dcafa-0352-42e7-b3d1-3dba50317811

A LA SANTE DU SERPENT


weirdo_by Pierre Fudaryli-d7s4se8

A LA SANTE DU SERPENT

I

Je chante la chaleur à visage de nouveau-né, la chaleur désespéré.

II
Au tour du pain de rompre l’homme, d’être la beauté du point du jour.

III
Celui qui se fie au tournesol ne méditera pas dans la maison.
Toutes les pensées de l’amour deviendront ses pensées.

IV
Dans la boucle de l’hirondelle un orage s’informe, un jardin se construit.

V
Il y aura toujours une goutte d’eau pour durer plus que le soleil sans que l’ascendant du soleil soit ébranlé.

VI
Produis ce que la connaissance veut garder secret, la connaissance aux cent passages.

VII
Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.

VIII
Combien durera ce manque de l’homme mourant au centre de la création parce que la création l’a congédié ?

IX
Chaque maison était une saison.
La ville ainsi se répétait.
Tous les habitants ensemble ne connaissaient que l’hiver, malgré leur chair réchauffée, malgré le jour qui ne s’en allait pas.

X

Tu es dans ton essence constamment poète, constamment au zénith de ton amour, constamment avide de vérité et de justice.
C’est sans doute un mal nécessaire que tu ne puisses l’être assidûment dans ta conscience.

XI
Tu feras de l’âme qui n’existe pas un homme meilleur qu’elle.

XH

Regarde l’image téméraire où se baigne ton pays, ce plaisir qui t’a longtemps foi.

Xlll
Nombreux sont ceux qui attendent que l’écueil les soulève, que le but les franchisse, pour se définir.

XTV
Remercie celui qui ne prend pas souci de ton remords.
Tu es son égal.

XV
Les larmes méprisent leur confident.

XVI
Il reste une profondeur mesurable là où le sable subjugue la destinée.

XVII
Mon amour, peu importe que je sois né : tu deviens visible à la place où je disparais.

xvIII

Pouvoir marcher, sans tromper l’oiseau, du cœur de l’arbre à l’extase du fruit

XIX
Ce qui t’accueille à travers le plaisir n’est que la gratitude mercenaire du souvenir.
La présence que tu as choisie ne délivre pas d’adieu.

XX

Ne te courbe que pour aimer.
Si tu meurs, tu aimes encore.

XXI

Les ténèbres que tu t’infuseras sont régies par la luxure de ton ascendant solaire.

xxn

Néglige ceux aux yeux de qui l’homme passe pour n’être qu’une étape de la couleur sur le dos tourmenté de la terre.
Qu’ils dévident leur longue remontrance.
L’encre du tisonnier et la rougeur du nuage ne font qu’un.

XXIII

Il n’est pas digne du poète de mystifier l’agneau, d’investir sa laine.

XXIV
Si nous habitons un éclair, il est le cœur de l’étemel.

XXV
Yeux qui, croyant inventer le jour, avez éveillé le vent, que puis-je pour vous ?
Je suis l’oubli.

XXVT

La poésie est de toutes les eaux claires celle qui s’attarde le moins au reflet de ses ponts.

Poésie, vie future à l’intérieur de l’homme requalifié.

XXVII

Une rose pour qu’il pleuve.
Au terme d’innombrables années, c’est ton souhait.

RENÉ CHAR

Et quand l’oeuf reviendra te solliciter  ne le couve plus,

on fait trop d’enfants à partir d’un mensonge dissimulé dans la graine.

L’amour dès qu’il se fait fouisseur a des crocs sous son sourire

Je ne me déteste pas encore

il faut que je colmate les trous de mon innocence avant qu’il soit trop tard.

Niala-Loisobleu

28 Novembre 2015

534145235

REGARD RADIOSCOPIQUE


 

anxiety

REGARD RADIOSCOPIQUE

« Aujourd’hui, déconnectez et détendez-vous Alain. Vous n’avez pas arrêté de courir ces derniers temps et il est temps de ralentir le rythme. Essayez de pratiquer l’art de la paresse ! Retapez les coussins du fauteuil, asseyez-vous et prenez un bon livre ou faites une petite sieste. Au besoin, réfléchissez sur votre vie, méditez sur votre existence… Mais pas trop quand même ! Soyez fainéant, une fois n’est pas coutume ! »

C’est mon horoscope du jour…

Il ne fait pas encore jour, voilà pourtant des heures, qu’à la fenêtre, je regarde le devenir invisible de ce qui m’entoure. Je n’aime pas tapoter les fauteuils de l’indifférence. Jamais je n’ai réussi à peindre assis. Il faut que je puisse être debout, peindre exige de savoir prendre du recul.

Tous ces visages que le flou cerne, ont la perspective marquée de ses points de fuite. Pas pour moi ce choix. Il est lâche. Jamais la distance ne m’a coupé du détail des traits. Quelle qu’elle fusse, j’ai le précis de la tête. De la forme des parties du corps. Quelque soit  son lieu, sa destination.Le moindre détail reste présent, parce mon oeil ne s’intéresse pas au cliché, il ne regarde que l’âme.Mon Paname ne défraîchit pas de ses odeurs de rues. Jamais il n’a été lavé de ses bruits par les blanchisseuses. La rondeur des marchandes de quat’-saisons a toujours ses verdeurs, tout comme le bougnat ne se départit pas de sa chaleur. Marthe et René sont là, frais comme une petite moustache fleurie et des épaules porteuses d’écoute et de compréhension. Tout simplement parce qu’aucune interruption n’a clos le dialogue. Maintenant la transcendance à jour. L’âme n’est pas morte.

Couper les ponts c’est la stratégie élémentaire de toute formation militaire. On suicide le tant. Sans le dire. Avec la bonne conscience d’avoir rien coupé du fil de l’eau. Seulement voilà toute rivière, tout fleuve à deux rives. Elles ont besoin de pouvoir se joindre. Une union naturelle que la gauche et la droite du quotidien ignorent totalement. On peut juger des dégâts…

Quand la rive monte au delta, que je sens le sel avant de plonger le pied au marais, j’entend le mouvement des iris d’eau, le déploiement des hérons cendrés, qu’un cygne dégage des lentilles pour que le couple de canard ébroue la roseur des nénuphars.Voilà ce qui me débute chaque jour ma journée, « le chemin de mon journal », comme je l’appelle depuis bien longtemps.

Le jour arrive. Que va-t-il en rester ?

Que va-t-il générer ?

 

Niala-Loisobleu

27 Novembre 2015

ETAT DES LIEUX 9


12279219_10153647267226011_2318744288718771959_n
ETAT DES LIEUX 9
Au bord d’un nouveau tour il me semble que la pendule a les aiguilles plus lourdes que l’année dernière. Seuls les azulejos ne pâlissent pas aux intempéries de la vie. Le bleu quoi qu’on en dise c’est plus chaud que frigide, et quelle verdeur à rougir les braises des feux qui couvent. Je l’ai vu enflammer des orangeraies toutes entières, des confins d’Andalousie aux vignes de Porto, sans que les cordes des guitares n’éteignent le fado du flamenco. A la découverte de la nudité terrestre, mes océans gardent un visage d’enfant. Un sourire, où qu’il nage, c’est toujours une île. Un bruit de chantier résonne dans ma tête. Sur leur ber les vertèbres de mon prochain navire tendent l’échine aux herminettes des charpentiers.
L’endroit où mon Capitaine a piqué balise est à la table des cartes d’un parcours à l’an vert
Arbre Bleu des arbres bleus qui commandera l’armada. Droit sur la dunette, l’écorce à poil et le sans-culotte au phrygien bonnet font le pont du protège l’autre. J’ai trouvé la pierre philosophale sans quitter mon chemin des toiles. Sans le sou l’amour est riche d’infinis parcours. Chaotique juste ce qu’il faut pour éviter l’endormissement du chauffeur. Tiens donne-moi tes yeux ma Muse que je refasse la monture du regard d’aimer, des chevaux sauvages aux nez de nos caps.
Le ciel s’est pris dans le tapis d’un chahut de faux-escholiers, une bataille d’ô rayé est mise au programme par une engeance de prédicateurs de malheur. On a pas d’pétrole mais on manque jamais de mauvaises idées. Que va-t-il sortir de cette dangereuse partie de poker-menteur où on se balance des motifs de se reprocher toute union au nom du moi je. S’installe un risque plus grand que d’y perdre que sa chemise ça c’est sûr. La mauvaise foi mise en avant du fanatisme pour le justifier, est aussi bluffarde que le cinéma diffusé par ceux qui disent vouloir l’éradiquer.  On montre à quel point on touche le fond. François l’exprime très bien dans son homme et lie ‘Le monde feint ». Que ça remonte Hollande au  score c’est stratégique, mais que ça lui donne la réelection gagnante est à repisser au lit comme unique recours. Bordel c’est pas vrai je refuse de vivre sur l’unique modèle de starisation, la vie ne doit pas être copiée sur le modèle Star Académie. Assez de mauvais chanteurs. Marre de l’homme invisible qui faire faire chut en tous domaines.Y m’faut du fond pas du vernis !
Niala-Loisobleu
25 Novembre 2015