
AUX JARDINS DE MON AMOUR 5


Les frères
J’ai tant de frères,
Que je ne peux les compter,
Dans la vallée, la montagne,
Sur la plaine et sur les mers.
Chacun avec ses peines,
Avec ses rêves chacun,
Avec l’espoir devant,
Avec derrière les souvenirs.
J’ai tant de frères,
Que je ne peux les compter.
Des mains chaleureuses,
De leur amitié,
Avec une prière pour prier,
Et une complainte pour pleurer.
Avec un horizon ouvert,
Qui toujours est plus loin,
Et cette force pour le chercher
Avec obstination et volonté.
Quand il semble au plus près
C’est alors qu’il s’éloigne le plus.
J’ai tant de frères,
Que je ne peux les compter.
Et ainsi nous allons toujours
Marqués de solitude,
Nous nous perdons par le monde,
Nous nous retrouvons toujours.
Et ainsi nous nous reconnaissons
Le même regard lointain,
Et les refrains que nous mordons,
Semences d’immensité.
Et ainsi nous allons toujours,
Marqués de solitude,
Et en nous nous portons nos morts
Pour que personne ne reste en arrière.
J’ai tant de frères,
Que je ne peux les compter,
Et une fiancée très belle
Qui s’appelle liberté.


CHANT DE L’HEUR
Champ ton
OUI OUI OUI
comme repeindre l’espace
De si de la
sol et mi ô
Bruit d’aile
émoi
OUI OUI OUI
sans millions de chies noix
c’est l’uni vert
sel
Chant de l’heur
OUI OUI OUI
Niala-Loisobleu
2 Février 2016

Con fait scion de Foi
Couleur
de ce qui m’habite
Couleur
m’aime si ce n’est pas d’ici
Couleur
garde-moi qu’en tel
et aucun autre
Couleur
du con qui croit
en Bleu
Niala-Loisobleu
1er Février 2016


PETITE, TOUT
T’es une multitude d’aveux grain à grain
Un jour
serti dans ma grand-voile
Poussures à la branche
qui se prépare au bouton d’un éclair
L’informe ôté
La signature de la prairie au milieu de sa virginité
Ma main est sortie de Toi d’un bleu qu’elle ne savait pas
Un à un
Tu l’as appris à chacun de mes doigts
Puis tu m’as dit
Peins-moi
mains tenant
comme je suis
pas comme tu me vois
et en corps moins
comme les autres ont voulu que je sois l’objet
Niala-Loisobleu
27 Janvier 2016


Je suis un con, est-ce t’à taire ? 3
Un mardi qu’il faut déjà trouver. Le brouillard se fait tendance actuelle, il mélange tout en développant le flou. Plutôt que de m’accrocher comme un va gond au train des grands projets à la mords-le-moa, je ne me sens pas l’attirance de devenir frère d’une sempiternelle réforme de l’enseignement, d’un aéroport en études depuis des décennies et jugé alors inutile, démontré dommageable ô combien pour la nature et les hommes pour décider, au point le plus critique de notre économie de faire avancer l’ouverture du chantier en condamnant la résidence des derniers autochtones. i ll y a quelques mois, entre le devant et le derrière de chez moi, on a construit des ouvrages d’arts et bouleversé les sols naturels en divers aménagements exigés par la construction de la ligne TGV à Grande Vitesse pour le plaisir des nantis de la devenue Hyper Région Aquitaine. Les princes des Chartrons ont de grosses ambitions, un certain Juppé, devenu mégalomane avant l’heure, joue d’un grand stade, super mosquée, train à grande vitesse comme si il était déjà gagnant avant que 2014 soit franchie. Mais voilà, tout ce remue-ménage pour quoi ? Pour que la SNCF et l’Etat bloquent les travaux faute d’artiche pour mise en service…Pendant ce temps là il y en a combien qui se sont engraissés quand même, leur but étant de prendre du fric sans s’inquiéter de savoir si les travaux pharaoniques serviront, là n’est pas le problème.
Alors j’m’ai dit, depuis le temps que tu es sur ce tas de merde, tu dois trier le respirable de la pourriture. Tu dois faire davantage avec ta peinture, il faut que tu le repeignes davantage ce putain de ciel. Pas pour les indifférents, juste pour ceux qui ont compris que jamais le monde sera refait. L’homme a été loupé au départ, et on a suffisamment menti à ce sujet pour en remettre toujours une couche. L’homme est un ex-crémant dégazeifié, vouloir un faire un chant pagne, je dis stop, ça va bien comme ça.
Mon P’tit Loup as pas peur, j’vais m’accrocher pour que tu passes au propre, plus au figuré. La vie et cet amour qui nous ont fait se croiser c’est pas un songe qu’on s’est mis dans nos coeurs, c’est la pierre qui résonne de vrai.
Niala-Loisobleu
26 Janvier 2016

D’un cri d’écailles
amplifié
par des nageoires turbo
l’animal aquatique
défait de ses jambes
s’avale le soleil sans mâcher
Il est plus que possible
que la lune ait dit ouïe aussi
Voyez la radiance d’un exceptionnel cobalt
tenant le bleu sur ses hé pôles
Les granits dressés en cathédrales
de pierres levées
repoussent l’incurie au néant
son lieu de résidence
Ce qui saigne des yeux n’est point
à prendre pour écrit mal écoulement
c’est la sève d’âme
sortie du creux du bonheur
que le ventre a creusé de ses souffrances
A jamais vertical
d’un rouge charnel
Plus de sirènes
la voie des Gorgones
est pétrifiée
Du m’aime souffle dauphin
nous habiterons nulle part ailleurs
qu’en baleine
mettant notre ambre accouchée
sur le banc du Capitaine
membres en corps dais
Niala-Loisobleu
22 Janvier 2016
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REFLETS D’ESTRANS 23 & 24


André Schmitz
est mort
en silence comme il a vécu
le 15 Janvier 2016
de paix mes yeux larment
Niala-Loisobleu
19 Janvier 2016
Elle vint
Il ôta le vent de ses épaules
fit glisser de ses hanches
la neige du voyage
Il lui demanda d’oser dire
Elle parla avec audace
d’un jardin déserté
de trois ou quatre bouleaux trahis
Il lui offrit la première lampe
du soir.
In Oiseaux, éclairs et autres instants
En quelques mots simples, dignes du dépouillement d’un haïku, un couple apparaît dans l’authenticité silencieuse d’une profonde et tendre complicité Et la beauté plastique du tableau dévoilé est saisissante.
André Schmitz naît à Erneuville en Ardenne belge le 17 août 1929. Poète discret, il ne dévoile la richesse et la profondeur de sa personnalité qu’à travers sa poésie. À peine sait-on qu’il a été enseignant à Arlon, qu’il a voyagé en Afrique, au Moyen-Orient, au Québec, en Inde.
Son amitié avec la poétesse belge, Anne-Marie Kegels, va le conduire sur la voie de la poésie.
Poésie rigoureuse, à l’écart de tout romantisme, prudente à l’égard d’une écriture trop complaisante envers les mots, telle sera celle de tous les recueils d’André Schmitz. Son inspiration se nourrit des thèmes essentiels, à portée métaphysique, l’amour, la mort. L’oiseau dans cette poésie a valeur de symbole.
Le multiple, le tout, le trop.
Le verbe en milliards de paroles
et la vie en milliards d’insectes.
Le silence est mangé de cris.
Et le gémissement vers l’Un
In Soleils rauques
****
Épines sur la vigne. Sel dans le raisin.
Résines tordues dans les forêts en feu.
Ronce par-dessus la fontaine des visages.
Grappe de lait sombre dans la gorge des femmes.
C’est l’implacable saison des soifs insultées.
Ibid
****
Oiseau tué,
Mot de peu tombé du livre de l’Exil.
Tendresse et dureté d’une parole
à jamais ôtée,
oiseau,
que nous portons processionnellement.
Pour qu’à la fin du jour
dédicace en soit faite
au silence d’une vaste page de neige.
Ibid «Oiseaux, éclairs et autres instants »
****
L’éclair désigne celle qui dort
les seins nus
près d’une fenêtre éclatée.
Monte en son honneur
une ovation d’insectes écrasés,
de feuillages écartés,
d’herbes piétinées.
Les vents amants
soufflent sur le buisson ardent
d’un très vieux testament.
Ibid, page 267
****
Je fends ta robe d’un lent toucher
et je dis à l’éclair de la recoudre.
Là où se cicatrise la laine
bute la lumière oblique de l’aube.
Déjà le cours du jour en est changé.
Ibid
****
Venue du chaud
l’hirondelle l’indienne
flèche ouverte dans l’azur
descend
droit sur le soleil pâle
le fend
(un enfant prétend
que l’orange qu’il tenait en main
a été coupée en deux
par un couteau noir
dont les deux ailes chantaient)
Ibid «Une poignée de jours », page 268
****
Le vent est de passage
(l’inconnu, celui qui surgit
d’une brèche dans l’horizon).
Nous l’invitons à table.
Sa langue de feu fascine les enfants
son habit trouble les robes.
On voit le vin s’agiter dans ses veines.
On sent une folie nouvelle
circuler dans les sangs.
On se parle dans toutes sortes de langues.
On ne comprend rien
mais on va peut-être tout savoir.
Ibid
Dans La poésie contemporaine de langue française, publiée par France loisirs sous la direction de Jean Orizet, on peut lire au sujet de André Schmitz :
« Ses poèmes sont des fragments très aiguisés, comme des flèches : brefs, effilés, mais clairs, comme l’éclair du tonnerre, celui de l’instant ou celui de l’oiseau…entre la paix et l’inquiétude ».
Les poètes Charles le Quintrec, Luc Bérimont, Philippe Jacottet, Yves Bonnefoy reconnaîtront l’importance de l’œuvre de André Schmitz.
Bibliographie
En 2010, un numéro spécial André Schmitz, Pour ainsi dire, lui est consacré par la revue l’Arbre à paroles 2010.
(Source La Pierre et le Sel)

Le soleil de fin d’après-midi n’est plus que la caresse d’un regard
un regard libéré des chevaux de ronces
étirant son ombre au sein de la
Chambre des Noces
Les poils aux moiteurs sauvages
se font un autre luisant contre les senteurs de champignon
en déployant leur calotte humide que la nuit va coiffer de rosée
Passant la porte de l’écluse
le filet d’eau
va au devant du frisson blanc
de la robe de mariée
que le vent
remplit d’une charnelle existence
Les elfes ont tirés les instruments
hors de l’étui des kiosques à musique métropolitains
D’un coup de baguette magique
le Chef
a gommé la Cité
mains tenant
La Chambre des Noces
donne sur l’espace illimité
des cris
des soupirs
des râles
des frémissements
du claquement des draps
où les corps nus
n’en faisant plus qu’un
se déclament intérieurement
en une
M’AIME POESIE
sans rimes ni raisons
libre
de son unique désir de création
Loin du terme le chemin forestier conduit aux écuries
pour un parcours poétique à plusieurs voix…
Niala- Loisobleu
(Parcours Poétique 1 – Mosnac – 13 Septembre 2014)
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