D’un soleil habillé en « parti sans laisser d’adresse », l’horizon n’est pas amoindri par la moindre coulure de rimmel.


D’un soleil habillé en « parti sans laisser d’adresse », l’horizon n’est pas amoindri par la moindre coulure de rimmel.

Il est insupportable de se sentir part solidaire et impuissante d’une beauté en train de mourir 
par la faute d’autrui. Solidaire dans sa poitrine et impuissant dans le mouvement de son esprit. 
Si ce que je te montre et ce que je te donne te semblent moindres que ce que je te cache,
 ma balance est pauvre, ma glane est sans vertu. Tu es reposoir d’obscurité sur ma face trop 
offerte, poème. Ma splendeur et ma souffrance se sont glissées entre les deux. 
Jeter bas l’existence laidement accumulée et retrouver le regard qui l’aima assez à son début 
pour en étaler le fondement. Ce qui me reste à vivre est dans cet assaut, dans ce frisson.

 René Char

Alors construire aujourd’hui reposerait sur tout casser à deux mains ? La bravoure du super anar qui du ku-klus-klan n’a retenu que la morale de la cagoule pour te casser la gueule en s’en faisant sa récré. Pauvre je.Rien de ce qui a été construit ne finit en suicide du futur.

Tu peux te faire moche, prendre la langue de travers, te tâcher derrière un condensé de tes restes de  vomis, être à faire peur, t’arriveras jamais à faire fuir ce que d’amour tu possèdes intrinsèquement. Je ne fais pas crédit à l’arnaque quelque soit son déguisement. Tu n’aurais pas été belle sur le fond que j’aurais jamais pleuré d’émotion à te vivre. C’est l’homme qui a inventé les dieux, pas le contraire. L’amour ça passe ni par une apparition ni par la voie de Jeanne d’Arc ! C’est incamouflable !

Niala-Loisobleu – 06/06/16

10t-Dariusz Klimczak

DO NOT DISTURB


DO NOT DISTURB

Traits d’un frisson

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les plus hautes herbes penchent la tête

que subsiste-t-il de l’inspiration des abeilles ?

Là-bas après l’attente

qui pourrait dire avoir franchi l’embargo

à moins que tout ne soit que pure hypothèse

Aux ardoises les craies prises aux falaises

ne serviraient alors à rien d’autre que vivre à crédit ?

Je tremble à l’idée cruelle que les marelles pourraient n’être qu’usurières

prêteuses de coeur fléchés d’initiales juste bons à faire souffrir les arbres

Ne dérangez pas ma chambre

du rêve qui jamais n’y dort

il lui reste du bleu à manger toute seule

 Quelques calcaires ondulant aux courbes des fûts

n’ont pas déshabillé les strates du goût des crûs

Dehors la rivière volage

Le chais tient l’effusion au frais prêt a embuer le coeur du vers à pieds

pour la tracée du nouveau chemin

Un bourgeon hiverne sous sa calotte

dans l’humus sphère australe

A la fourche le nid perle

Un peintre tout vêtu de bleu outremer

s’apprête à faire monter la mer

au-delà d’ailes

pinceau à l’encrier d’un autre continent prêt à s’écrire

en lettres vacantes

pour tirer les pieux émergents du ponton

avec l’archet du violon

Plus qu’un jour

la vie reste éternelle

Ô séant

Niala-Loisobleu – 05/06/16

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Je t’aime sans qu’une seule de mes cellules soit d’un avis contraire.


Je t’aime sans qu’une seule de mes cellules soit d’un avis contraire.

1

Nicodème mon nom, comme je dirais l’autre visage, qui vient pour témoigner, à toi.
Te voilà parole, face à moi. Nous allons ensemble.
Nous suivons les faucons dans l’air chaud, un battement large
dans la poitrine donne sa mesure : sang et poussière, notre passage.
Au-dessus des oiseaux de proie, le bain éternel des photons contredit l’existence de la nuit. C’est un discours de ciel ouvert.
Personne ne peut saisir
la lumière
qui nous traverse, ce serait poser sur la blancheur une main sale,
aussi tout le poids du jour et ce qu’il fut,
la première cause.

2
Il y eut. La fraicheur d’un parfum, une invitation. Il y eut
la saleté sur nous où les paumes s’étaient posées, nous appelâmes la langue, pour lécher.
C’est ainsi, le début. Je maintiens : je ne me suis jamais lassé, je n’ai jamais laissé mon amour qui est encore. Sur le corps entier
un mot, compagnon, s’écrit de lui-même. Je rassemble pour témoignage entre les pages des livres une histoire une autre, la moindre différence, tout, ongles brisures cheveux noirs qui sont la ramification du Noir, je dis : ils rempliront ma bouche.
Pour une autre naissance.
C’est peut-être là. Nous serons remis en cause.
J’écouterai les avis contraires comme une ombre à midi.
Je pèserai le jugement juste dans le silence du ventre.

3
Il y aura. Dans la matière. Quelque chose qu’on ne peut toucher,
il y aura un prolongement.
Tu vois la chair passant, encore chaude, la possibilité d’étreindre.
Tu vois, il y aura entre nous plus. Une certitude ou une idée. Me crois-tu ?
Nous deviendrons d’autres nous-mêmes, ne doute pas de cela.
Nous apprenons l’absolu en fréquentant la mort sans savoir ce qui nous permettrait de dire. Sommes-nous comme des enfants ?
Nous croyons d’avoir vu, le ciel pour le ciel, ou ce qu’il est, un drap tiré sur cette lumière sans fin qui nous traverse, ainsi
de part en part. Nous voilà
baignés par la nuit.
À l’aube renouvelés…

Stefanu Cesari (Une fenêtre sur la mer- Une anthologie de la poésie corse actuelle)

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Polyphonies déliquescentes ? Le chant des vagues tape aux Gouffres du Diable en version désintégrée. Le sauvage qui en émane n’a plus les senteurs du maquis.Un fusil se braque derrière chaque minute d’un jour qui ne se lève. Rien dans la composition de mon bleu n’a fait tourner la sincérité. Au bord du précipice il garde la lancée des cordes de son pont de singe à tue-tête. Où donc est coincé l’écho ? J’hurle comme le vent de la douceur profonde du refus de me coucher. L’amour je te le porte de cette force qui s’adresse à chaque tous les autres, cailloux d’une longue croisière.

Je t’aime sans qu’une seule de mes cellules soit d’un avis contraire.

Niala-Loisobleu

4 Juin 2016

Mon Soleil j’en ai toujours rêvé lucide


25.04.16 - 1

Mon Soleil j’en ai toujours rêvé lucide

Tous ces crayons debout sur leur couleur ourlent à tue-tête la voie sacrée de mon rêve. Pas une pierre qui soit muette. La plume à l’empan s’est fête paume du jeu de mots. Tu seras ma Princesse advienne que pourra.Il n’est de roi qu’en tempête quand les sujets ne sont que récifs à franchir. Les beaux atours  eux ne sont que des cache-misère, reste nue telle qu’au sortir de ta mère, forte de la joie d’être belle sans colifichets.

Batterie

Soleil, je t’adore comme les sauvages,

à plat ventre sur le rivage.

Soleil, tu vernis tes chromos,
tes paniers de fruits, tes animaux.

Fais-moi le corps tanné, salé ;
fais ma grande douleur s’en aller.

Le nègre, dont brillent les dents,
est noir dehors, rose dedans.

Moi je suis noir dedans et rose
dehors, fais la métamorphose.

Change-moi d’odeur, de couleur,
comme tu as changé Hyacinthe en fleur.

Fais braire la cigale en haut du pin,
fais-moi sentir le four à pain.

L’arbre à midi rempli de nuit
la répand le soir à côté de lui.

Fais-moi répandre mes mauvais rêves,
soleil, boa d’Adam et d’Eve.

Fais-moi un peu m’habituer,
à ce que mon pauvre ami Jean soit tué.

Loterie, étage tes lots
de vases, de boules, de couteaux.

Tu déballes ta pacotille
sur les fauves, sur les Antilles.

Chez nous, sors ce que tu as de mieux,
pour ne pas abîmer nos yeux.

Baraque de la Goulue, manège
en velours, en miroirs, en arpèges.

Arrache mon mal, tire fort,
charlatan au carrosse d’or.

Ce que j’ai chaud ! C’est qu’il est midi.
Je ne sais plus bien ce que je dis.

Je n’ai plus mon ombre autour de moi
soleil ! ménagerie des mois.

Soleil, Buffalo Bill, Barnum,
tu grises mieux que l’opium.

Tu es un clown, un toréador,
tu as des chaînes de montre en or.

Tu es un nègre bleu qui boxe
les équateurs, les équinoxes.

Soleil, je supporte tes coups ;
tes gros coups de poing sur mon cou.

C’est encore toi que je préfère,
soleil, délicieux enfer.

Jean Cocteau (1889-1963)
Poèmes (1920)

Je tends la main sans penser aumône et quête par l’épreuve initiatique du voyage. Assez de bleu au regard pour crever l’épais nuage qui se voudrait brouillard à tous égards.

Niala-Loisobleu – 1er Juin 2016

Chanson pour une Amoureuse Secrète


Chanson pour une Amoureuse Secrète

II y avait dans les feuilles
une femme qui riait
si petite qu’on pouvait en faire
une ardoise pour les toits.

Une femme pour chaque rire
si rose
pour couvrir tous les toits.

Je pouvais dans la douleur
la clouer comme un ciel
au sang, au vent
ou à l’ombre de l’arbre
ou encore à ses ailes.

Mais l’amour me surprit
dans ma haute nuit de haine
avec un oiseau mort dans les bras.
Jusqu’où chercherais-je à m’oublier ?

Il y avait une femme
au milieu de la terre,
si rongée de mystère
qu’on la prenait pour un fruit pourri.

Et les hommes la piétinaient
pour lui arracher ses rêves;
tiède jus échappé aux lèvres
que le sol à pleine bouche buvait.

Laisserai-je voguer un fruit pourri
dans sa saison de grande peine
avec ses cris de mort-né?

Il y avait une femme
aux contours de musique,
marguerite au halo d’or
confondue avec la lune.

Au réveil – en aurai-je le cœur net? –
effeuillée pour se distraire
au contact de mille doigts.
Et j’attendais son message
comme aux plus beaux jours de la vie.

Rien ne vint. Nul ne sut que j’étais ivre
de me mirer dans le lac
où l’oiseau abattu reposait.

Comment la nuit fait-elle à suivre
le mal que je nourris au secret?
Elle me livre comme un prisonnier
poings liés au désespoir.

Tant de larmes ont coulé depuis.
La nuit dévore ceux-là seuls qui tombent.

Il y avait une femme
sur le chemin pierreux du soir
qui ne voulut jamais dire son nom
mais qui s’appuyait à mon épaule et parlait d’avenir.

J’ignorais son visage.
Je ne me souviens que de ses lèvres
tant il y avait dans l’air d’étranges insectes lents
qui ressemblaient à des grains légers de riz.

Il y avait une femme qui riait sur mon épaule
et j’étais comme un arbre
emporté par un oiseau.
Je ne sais plus où je vais.
Le temps des fleurs est consommé

 EDMOND JABES

Julia Popova

Je ne compte pas, la peruve je t’aime


Je ne compte pas, la preuve je t’aime

Des jours qu’il fait un tant sans calories, les semaines ont du mal à se tenir debout. L’anémie d’un mois en détresse ne renforce que le mauvais globule. Au point que les blancs voient rouge. Preuve que ça tourne à contresens. Hier pris de violentes douleurs mon ventre s’est sorti l’intestin comme un tuyau d’arrosage pour nettoyer le fard qui en masquant la peau, cache son satin sous une aimerie lapidaire. J’ai les marques du cri personnel pour repousser les chants des sirènes. Je pousse un coup de gueule pour que les imitations qui soulèvent des désirs à côté ne se croient pas chez elles. Les calendes ont leur mémoire. Ce qu’elle a dans ses tiroirs est la vraie image de toi. Les déguisements posent de grotesques masques sur l’attitude. Bien sûr que le malheur est là. Pas la peine d’être grand-clerc pour s’en apercevoir. Mais entrer dans la perversité de ce jeu de scoumoune ça ne peut rien faire d’autre que ne plus rien voir du vrai qui a sa part d’espoir. J’ai condamné le placard de Barbe-Bleue. Aucune femme ne s’y trouve enfermée en quoi que ce soit.

UN JOUR PARMI TANT

Déluge de soleil
nous ne voyons rien mais voyons tout
Corps sans poids sol sans épaisseur
montons-nous ou descendons-nous ?

Ton corps est un diamant
où es-tu ?
Tu t’es perdu dans ton corps
Cette heure est un éclair immobile sans griffes
enfin nous sommes tous frères
nous pourrions nous dire bonsoir
même nous les Mexicains nous sommes heureux
et les étrangers aussi

Les automobiles ont la nostalgie de l’herbe
Marchent les tours

…………………le temps s’est arrêté
Deux yeux ne me quittent pas
c’est la mer sur les rochers couleur de colère
c’est la furie de juin et son manteau d’abeilles

Soleil lion du ciel
toi qui la regardes

…………. regarde-moi
Idole qui ne regarde personne
……………………………………regarde-nous
le ciel tourne et change et reste identique
où es-tu ?
Je suis seul face au soleil et aux gens
tu étais corps tu fus lumière tu n’es rien
Un jour je te rencontrerai dans un autre soleil

Tombe le soir
…………………………….grandissent les montagnes
nul ne lit les journaux
dans les bureaux jambes entrouvertes
les jeunes filles prennent le café en bavardant
J’ouvre mon bureau
………………………………..il est plein d’ailes vertes
il est rempli d’élytres jaunes
Les machines marchent toutes seules
tapent sans relâche la même ardente syllabe
La nuit guette derrière les gratte-ciel
c’est l’heure des étreintes cannibales
Nuit aux longs ongles
que de rage dans des regards remémorés !
Avant de s’en aller
le soleil embrase les présences

Octavio Paz (Salamandre)

Quelque part dans la pulpe des mangues, je me laisse porter par les épices de ta pensée-positive. L’ombre bien derrière ta lumière qui fait piste. Pugnace comme l’ailé fan que je suis, j’ai mis un autre paysage sur le dos de mon équipage.Ces pierres ne sont pas tombées d’un mets tes hors. On les a fondées et montées une à une. Ceci est ma mémoire vive.Et je ne compte pas, la preuve je t’aime.

Niala-Loisobleu – 28 Mai 2016

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Mon Char donnerait 2


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Mon Char donnerait 2

L’intelligence avec l’ange, notre primordial souci. (Ange, ce qui, à l’intérieur de l’homme, tient à l’écart du compromis religieux, la parole du plus haut silence, la signification qui ne s’évalue pas.

Accordeur de poumons qui dore les grappes vitaminées de l’impossible.
Connaît le sang, ignore le céleste.
Ange : la bougie qui se penche au nord du cœur.)

Vous serez une part de la saveur du fruit.

Amis, la neige attend la neige pour un travail simple et pur, à la limite de l’air et de la terre.

L’acte est vierge même répété.

Le poème est ascension furieuse ; la poésie, le jeu des berges arides.

Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé.

Notre héritage n’est précédé d’aucun testament.

On ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant.

Agir en primitif et prévoir en stratège.

Nous sommes des malades sidéraux incurables auxquels la vie sataniquement donne l’illusion de la santé.
Pourquoi •>
Pour dépenser la vie et railler la santé ?

(Je dois combattre mon penchant pour ce genre de pessimisme atonique, héritage intellectuel…)

René Char (Feuillets d’Hypnos – Fragments)

 

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Où donc pouvait bien être passée l’eau ? Rien n’en sortant du tas mis. Escompter sur le filtrage rénal naguère de chance de revenir en arrière. Pas de doute, l’être c’est pas l’avant c’est l’en avant.Moralité on ne rajeunit qu’avec le temps. Bien qu’on ne puisse avancer qu’à partir de son passé.
A partir de quand tout commence ? Voilà ça c’est l’énigme de l’ange. Ce qu’on nous apprend à l’école s’efforce avant toute chose de nous bander les yeux. Moins l’individu en sait plus c’est un plaisir de le manipuler. Un régal pour les marchands de tapis. Avec le même un coup on le transporte et un coup on le trébuche le cher homme.
« Agir en primitif et prévoir en stratège »
Délectable philosophie. Je garderai cependant ma préférence à la première partie. Il est tellement démontré que la ruine fondamentale de notre société est le résultat criant de stratèges qui se sont successivement passés la main durant des décennies…
Nous nous sommes connus des millions d’années avant de ne plus le dire qu’à d’autres de passages. Pour te regarder aujourd’hui dans l’âme.
Le cosmos n’a pas les paramètres de cette planète qui se prend pour sa patronne. Le chef d’entreprise c’est l’Univers.
Le sentir comme on se sert du téléphone sans savoir comment ça marche je trouve que ça induit le respect essentiel. On sait tout seul qu’il faut pas sectionner le fil. C’est un grand pas dan la compréhension humaine puisque ça reconnait d’emblée l’existence du mystère. D’un grand oiseau blanc, dont tu es née, il se produit un échange fabuleux. Il fait bleu sur l’ensemble de ce qui penche au noir. Il produit une énergie que bien des sources industrielles ne peuvent atteindre. A commencer par le rêve.
S’il n’y avait pas de rêve, chaque jour serait sans amour, que le cauchemar du quotidien.
Niala-Loisobleu – 26/05/16

Une vision de cage s’interpose à mon regard libertaire


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Une vision de cage s’interpose à mon regard libertaire

Scotché par un doute dans cette traverse journalière où j’aère mes neurones en ouvrant la  fenêtre sur la baie de mon âme, je pause , revoit, analyse, ausculte.Nous avons une nature qui a sa tendance perso – dont la principale intention est de régler la lorgnette sans toujours recadrer selon – la mollette bloquée au cran définit.. Les vues courtes n’étant pas de mes focales, ceci concerne donc l’idée plus  élaborée qui pourrait malgré tout s’être prise une escarbille en tunnel. C’est quand le bateau file son erre que la vigie prend sa pause.

Au mouvement du grand arbre bordant la maison je fus mis en arrêt. Vieux chien qui reçoit les stimuli avant l’image. Il a sa tête à lui, rien dans la mise qui pourrait surprendre, non c’est son souffle sa respiration qui télépathisent. Je m’approche. A peu de distance le ciel a brusquement noirci. Les moineaux sont en planque, pas de crissements dans le gravier, seule l’herbe a un port différent. Il se prépare quelque chose.

Une vision de cage s’interpose à mon regard libertaire.

Pas de doute ça étouffe dans mon atmosphère. Il y a un oreiller qui est appuyé sur le visage de mon quotidien. Quelqu’un fait pression de tout son poids sur la lévitation pour la clouer au sol. Un amarrage tortionnaire destiné à bloquer l’envol entre les barreaux d’une cage. Prison de l’âme. Insupportable, j’ai déjà les couteaux qui me viennent aux cordes

Largue et appareille ! me crie mon instinct

J’étouffe du corset serré sur la nudité.

Derrière le paysage d’un inhabité pèlerinage des chevaux attelés ont des nervosités dans les antérieures. On a mis des fleurs dans les traînes des robes gitanes, une pivoine en papier sur le dessus de leur tête sert de point de rencontre avec le cavalier au chapeau à larges bords. Ces calèches rassemblent une vieille dévotion que la première peur de l’homme traditionne de siècle en siècle. Pourquoi depuis le jour où tout débuta rien de ce qui avait été mis sous surveillance n’a jamais été éradiqué., état de siège ou pas. Ii y a eu des Lumières aux jours les plus sombres. Des moments de surhumanité tels qu’on voyait déjà les femmes libérés du joug des hommes, les enfants plus jamais torturés, les animaux n’ayant plus de terreur de l’homme…Le rêve devenu réalité. L’Amour ne s’écrivant plus qu’en grand A.

Il se trouve, je l’ai vécu hier à ces orages d’une violence terrifiante qui ont suivis l’instant d’après que le grand arbre avait pressenti le danger.

Les dieux sont des êtres-de-paille que l’homme a inventé de toutes pièces. Machiavel abouti, pour faire passer ses tares, son ignominie, ses perversions, ses aliénations sadiques, ses mégalomanies en tous genres. Sa seule erreur aura été d’avoir ressenti l’Amour. Il ne pourra jamais changer sa méchanceté, ses propensions à la haine tellement l’Amour le cloue à terre.

Toujours rebelle au captif.

On peut le tenir enfermé selon tous les procédés de domination possibles. Jamais on pourra retenir l’Amour en cage, il s’évadera pour vivre tel qu’il se sera révélé en prenant le mimétisme qui lui permet d’échapper au prédateur.

Niala-Loisobleu – 22/05/16

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LA MEMOIRE DES MUSES 4


LA MEMOIRE DES MUSES 4

L’Amoureuse en Secret

Elle a mis le couvert et mené à la perfection ce à quoi son amour assis en face d’elle parlera bas tout à l’heure, en la dévisageant.
Cette nourriture semblable à l’anche d’un hautbois.

Sous la table, ses chevilles nues caressent à présent la chaleur du bien-aimé, tandis que des voix qu’elle n’entend pas, la complimentent.
Le rayon de la lampe emmêle, tisse sa distraction sensuelle.

Un lit, très loin, sait-elle, patiente et tremble dans l’exil des draps odorants, comme un lac de montagne qui ne sera jamais abandonné.

René Char

La lune sur le coup de minuit sortit ses pieds nus, un besoin de bain de soleil l’ayant parcouru d’un bout à l’autre du corps. Tandis que les étoiles filantes acheminaient le courrier céleste, elle avait ouvert sa pensée à la page à musique. L’épitre ornée de riches heurs donnait sur un vieil instrument baroque, sorte de viole à plusieurs cordes du kama-sutra. Au-dehors la forêt se balançait au bout de ses lianes. Les fleurs qui avaient travaillé tout le jour sous la conduite du parfumeur le plus habile à assembler les fragrances, dormaient, tandis que celles des équipes de nuit agitaient les draps pour en extraire les épices.

Et toujours les mêmes petites maisons enlacées.

Debout sur le pont, un oiseau dépêché d’un archipel lointain se proposa pour donner plume à l’écriture des ébats. Son innocence ne prêtant pas à ragots, on l’accepta sans mots déplacés. Il fut déclaré Secret Taire par l’assemblée des initiés et on le plaça devant un pupitre rescapé d’une communale de Jules Ferry. Dans le casier à couvercle, des vieilles cartes de nos régions racontaient le nom des ancêtres, un vieux bouquin d’Histoire donnait la liste des rues d’une ancienne humanité. Puis des bouts de craie, un chiffon, des bouts de ficelle et un compas sans règle étaient là pêle-mêle un éclat d’oeil aux lèvres. En haut de l’écritoire, l’encrier blanc en porcelaine riait malicieusement en se souvenant des zizis qui y avaient trempés dans les écoles de garçons. Pour montrer à la sortie de celle des filles combien l’encre peut conter.

La peinture ne te sèchera jamais ma Muse. Elle t’enveloppe. Robe aux transparences de soi qui devance le désir et phantasme par la transcendance un pouvoir magique. Tremble de ces frissons qui portent à la folie la plus extrême sans que l’impuissance puritaine puisse en interdire l’exercice.

Bien sûr que je t’aime !

Niala-Loisobleu – 20/05/16

 

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LA MEMOIRE DES MUSES 4
2016
NIALA
Acrylique s/toile 41×33
Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com
20 Mai 2016

Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.


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Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.

 

Nous avançons de la main, des marques d’yeux au fond des poches de notre perception.

Ni le bruit racoleur d’une chanson dissimulant son lucre derrière du sirop, pas plus que la sortie de chez le coiffeur de la nouvelle tête du présentateur, ne pourront faire du fond de nôtre âme un étal de foire.

Tu n’as pas changé l’intérieur de tes seins en regardant la vitrine d’un soutif au balconnet provocateur. Il peut sentir la frite, le marchand de moules ne nous a pas formaté. Ta peau est bien dans la mienne pas besoin de me pincer.

Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.

Tu dors au milieu de nôtre chemin quand la nuit se fait jour. J’ai ôté les fers de mes chaussures pour ne pas rendre les étoiles filantes hésitantes. Le ciel contient dans l’armoire de ses gros nuages tant de rêves bleus. Chacun est écrit sur ton do. Musique lancinante que tes reins fredonnent au rythme de la vague des miens. Reste contre moi. Mon ventre gouvernaille au centre de ton chenal. Les arbres morts n’iront pas prétendre redonner poumon à l’Amazonie, nous en plantons de vivants tous les jours de souffrance, sans pépins,  contre les mauvais serpents du verger.

J’ai vu saigner ma nudité quand tes lèvres l’embrassant, ont fait couler la couleur en paroles de silence de tes aisselles au bastingage de ton étreinte mon Amour. Ne m’attends pas je suis là mon Poisson-Chat, dore en corps.

Niala-Loisobleu – 20/05/16

 

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