FORÊT SECONDE


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 FORÊT SECONDE

S’il restait un fleuve à franchir, si la solitude du passeur n’était pas tout à fait la folie, si le brusque étranglement de ma voix ne trahissait que le vertige de ma force
à son midi, tu ne m’échapperais plus, sanglier, en te multipliant, beauté, en éclatant de rire, et la forêt qui suffoque à te détenir sans partage,
accueillerait le vent, s’ouvrirait à la rude et radieuse alchimie de la seconde nuit. Car la liente des rossignols ne jalonne encore qu’un layon où l’enfer peut surgir, mais c’est le
bon chemin. Et c’est le seul indice qui fortifie l’attente de nos lèvres. Scintillante invective et dôme de fraîcheur, le feu qui vient à vous n’est plus
désespéré.
Jacques Dupin
Illustration: Niala – Détail d’oeuvre en cours au 14 Février 2018

Que de l’amour au sel de gué rendre !


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Que de l’amour

au sel de gué rendre !

Est-ce d’être né des deux plus grands conflits que le monde ait jamais connu que je suis l’écorché d’une paix prétendue ?

La contribution me semble en tous points évidente, les blessures que j’en garde ne cicatrisent pas la mémoire. A mon amour inné, mon acquis n’a pu qu’élargir la tessiture du chant libre. Top de murs ça tient trop debout les poteaux de torture.

J’ai à peindre des colombes en bleu, l’aigle s’est fait trop blanc, les tomettes elles,  devant demeurées rouges de leur feu, j’ai aussi à trépaner l’idée de vengeance pour réduire sa tumeur à néant, ce en quoi je suis et serais  l’innocent d’y croire

ce qui ne pourra couper au rasoir le fil sur lequel je traverse

Un balancier pour l’équilibre d’un espace, pas de parapluie pour excuse de contorsions

Que de l’amour au sel de gué rende !

Niala-Loisobleu – 11 Février 2018

Au soir d’un beau matin par temps sale


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 Au soir d’un beau matin par temps sale

Ce qui a pu être ramassé pour salir au propre le ciel de ce jour , je l’ai laissé aux fâcheux

Tu sais je t’ai montré

peindre d’amour bleu

les deux mains au sang de ta chair donnée ouverte

à l’essuyé pileux roussi par ces braises de glace aux fruits rouges

et bien voilà dans le demi-jour qui avale les couleurs, un détail de ce qui se signera demain

Il n’y a pas un manque de marque du tiède de ton souffle, par la diagonale tu peux le sentir, je baigne en douceur.

Niala-Loisobleu – 09/02/18

Illustration : Détail d’ébauche – Niala- 2018

L’APPRENTI QUE JE RESTE


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L’APPRENTI QUE JE RESTE

 

Juste comme un brin

et fou comme un jeune chien

je marche sur la raideur de l’herbe gelée

quatre-feuilles au trèfle chauffées

Ô mon coeur je te crois

on a nulle part où aller que là où on naît

Ne te renies pas

demeures et bâtis fol

lucidement

le Bleu est l’île à dents…

 

Niala-Loisobleu – 7 Février 2018

Tes doigts en sont maculés conception


 

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Tes doigts en sont maculés conception

 

L’émotion trop forte

les yeux peuvent dirent dans une langue de bouche

touche

tu ne rêves pas, tu peins clair l’espoir des nuits à chercher

le jour dernier d’un tant manquant dépassé

tu rêves à croire c’est vrai ce que tu vois

Tes doigts en sont maculés conception

Les rizières de Bali, le lac Inlé et la plaine des Temples en Birmanie m’ont ancré cette identique impression d’atteinte, de présence, d’aboutissement, de concrétisation…cet instant de détachement absolu du misérablement laid par le néant..la quête nitzschéenne sans la retraite de montagne

en dehors du détail marchand du politiquement correct mis en appât dans l’objectif numérique

instant où l’élément en vigueur vient s’offrir, se donner à tenir, à embrasser, à vivre l’Acte

parler dans son attente, dire dans le présent j’y suis, je ne sers à rien et je m’y efforce utile, sans la technique de la couche

la peinture m’a privilégié ces moments intenses en me permettant de ne pas désespérer de l’Amour…je suis vivant je peux mourir…

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2018

 

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Ainsi soit-il – Série In Temporalibus –

1983 – Niala

Huile s/toile 195×130 – Musée Ville de Cognac

(Oeuvre causée par la crue de 1982 où Niala perdit sa maison et tout son contenu)

 

 

RITE DE PASSAGE


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RITE DE PASSAGE

Mon essence ciel résiste au sommeil d’un artifice qui se complaît à le tromper à pleines lèvres,

planté en taire stérile, sécheresse, comble de la crue simulée au-dessus des berges

Un cycle nocturne à l’estouffade n’empêche la ruade équine interne, refus de l’oiseleur qui glu l’oiseau de son piège, laisse

Entend sourdre le clair de roche dans l’éclair bleu de la truite sauvage filant entre les pierres

La m’aime heur natale ne se reconnaît pas dans l’identique date de naissance. L’état d’Être est l’osmose d’un creux à son noyau

là où le gène de l’Amour perdure les différences sont plus complémentaires qu’un copié-collé de groupe numéroté. Il y a le cru et le cuit dans le langage. Le mien est cru de tout son carré. Carniforme en plaine nudité tout au long de mes terres alluvionnaires, je suis

Il ne faut pas couvrir les toiles d’un buvard mais laisser la peau de lin se fondre à la peau de peinture de l’Autre

Je ne peins pas pour faire joli, j’écris pour dire et de plain-pied vers la manifestation de l’écho

je m’apprête à passer le nouveau seuil d’une autre année….

Niala-Loisobleu – 30/01/18

Mascaret


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Mascaret

Le carton bois étendu de toute ma démangeaison revenue m’appelle à peindre

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tu sais comme la ressemblance des paroles de la chanson de geste de tes seins me dit l’envol des oiseaux marins

J’en ai vu tirer à eux la désespérance terrestre à la délivrance des embruns

contre la craie, le granit des falaises où le corail de la barre se fait bruyère au bas de ton ventre

C’est le moment venu de lâcher tout le dire, dis-je en brettant ta langue à la botte de chez-nous. A l’instant où tu t’es dévoilée.

L’estuaire n’a pas eu d’autre mouvement que celui de vouloir remonter son sel à ta source…Dans cette esquisse, j’avancerais La Nature dans tous ses Etats, pour  signer l’oeuvre commune…

Niala-Loisobleu – 28/01/18

Illustration: Ebauche d’aujourd’hui, acrylique s/carton bois 60×80 – Niala 2018

 

 

CARNETS INTIMES DU PÊCHEUR A PIED


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CARNETS INTIMES DU PÊCHEUR A PIED

Je tourne autour d’ici à là-bas, pour au moins déjà dire, à quel point être avec Toi délivre du mal et me livre au bien – j’en voudrai être sûr –  par besoin. Inutile, je suis pincé, crustacé. Impossible à en déterminer l’à-part ça qu’est-ce qui reste, faute de pouvoir le trouver. J’espère que chaque instant de ce que l’humain traverse se passe bien. La campagne est froide, l’alcool ambre de l’automne ayant fait place à la vodka de l’hiver, il flotte dans l’air un bruit de luge imaginaire vu la température ayant pris le télé-siège tendance au bain de mer. Tes jambes se rapprochent quand je me déchausse. Ne bouge plus. Je te peins Nicolas de Staêl dans l’idée d’une correspondance….mais attention, pas de fenêtre ouverte sur le sot de la mort.

« Voilà. Je ne peux pas te raconter tout ce qui me passe par la tête, les yeux, les mains au sujet de ton livre. Il faudrait autant de temps que celui qui nous sépare sur le calendrier depuis ton départ et te barber de considérations esthétiques, du papier à la couleur, des rapports de la boîte à l’agate à la litho de tranche ; impossible. Je fais le plus simple possible et c’est cela qui est si difficile pour moi… »

(Correspondance René Char/Nicolas de Staël)

Au moins étant la seule à savoir quantifier la folie qui m’habite – seul remède ayant un peu d’effet pour m’aider à supporter mes souffrances physiques d’un monde qui s’effrite – tu me lis sans t’arrêter à la première diagonale.

Je n’aime pas la neige, cette année au moins c’est ça de pris, y en pas ici, je peux donc me faire bronzer l’évasion, mon imaginaire en ayant un besoin permanent. L’hiver ici, c’est la bonne période pour me rendre en Asie de l’Est. Bien que là, j’ai le couchant qui brille sur les ors de la Vallée des Temples. Mais j’ai une nouvelle à t’apprendre, Madame lit un jour, m’a parlé d’Emile Nelligan. Je suis allé lui rendre visite. En découvrant son appartenance lointaine avec les maudits, j’ai retenu une chambre pour deviser avec lui. Sais-tu qu’il est névrosé jusqu’à la moelle, un don d’ubiquité sans pareil, rends-toi compte, mourir à 20 ans et avoir en si peu de temps compris la vraie nature de  ce monde. Las par dégoût de ses moeurs.Nous devions nous rencontrer, c’était écrit.


Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j’ai, que j’ai!

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai!…

Émile Nelligan

Schizophrène jusqu’au bout de l’ongle, il s’en ait émasculé l’à venir. Au moins voici deux choses qui nous différencient, j’aime  la vie et pas la neige.Voilà un sacré temps que je m’efforce de le faire savoir.

Il avait certainement une cabane, au Canada, c’est incontournable, dixit Line. Moi la mienne a flotte, bord de Cayenne, l’huître parlant claire. Point commun, elle est à vol d’oiso à toucher Brouage, là d’où Jacques Cartier, s’en alla pour le Saint-Laurent et n’en plus revenir.

Je t’embrasse l’oeil en feu de soleil maritime, un vol de rieuses dans le sel de mes larmes, nous irons deux mains leur porter le bon vent de ce qu’il ne faut surtout pas supprimer, à cause d’une connerie de com mal aiguillé.

Niala-Loisobleu – 28/01/18

 

Dans l’Un certitude de l’Autre


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Dans l’Un certitude de l’Autre

 

Les recherches de la lune avaient cessé depuis bien avant la saison des pluies. La hauteur de l’espoir ne se calculant pas à la grosseur des bourses, se plaisait à dire un incroyant plus foi-yeux qu’un abonné de la grand-messe du dimanche. On peut être dans l’ombre sans rien perdre de sa lumière. L’image plus elle est hôte, plus l’altitude du sentiment se tient profondément dans la racine au sol.

LES BALUSTRADES DES PALIERS SONT UNE ALTERNATIVE AUX ESCALIERS, AFIN QUE LE SOUFFLE DEMEURE DANS SON APPARTENANT. VOUS ÊTES PRIES D’ALLER VOUS FOUTRE EN L’AIR LE PLUS LOIN POSSIBLE D’ICI

balançait la pancarte accrochée à la béquille de la loge de la concierge, absente par éthique pour  la profession.

Elle se penchait sur sa partie pétrifiée, en pose Belle au Bois-Dormant, les seins pointés genre clavier pour les veillées, « Alors, racontes… » quelques notes du Petit-Gilbert laissées vierges avec le crayon sur le bloc. Genre si vous passez, laissez-moi un bécot.

On pourrait dire que cette veille tenait de la recherche d’éternité. Ce monde vide stigmatisant plus facilement qu’il porte à croire. Hélas. L’innocent est pris en charge dès la naissance par l’Education (Nationale et Privée). Qui le moule si bien, qu’à la fin de ce qui s’appelait autrefois ses humanités est aujourd’hui une usine à clones. Certainement la plus prospère d’une économie si rapia, que l’Avare est autodafé.

La poussière docte-crasse étendue de tout son long, l’armada plumitive prit le bouillon quand son encre passa par le net. Des ténèbres on vit clairement l’imposture du sentiment. Alors l’Ailleurs sortit l’arche de l’amer.. Un Noé pour les poètes, une île pour les naufragés, ces Mutants que personne ne peut atteindre, malgré tous les moyens de destruction connus et avenir que l’Homme est seul à connaître de toute la race animale la plus cruelle.  Revoyant Cocteau – merci Barbara – parler de l’écriture paradoxale qu’il eut dans un coma profond, j’ai trouvé qu’il y avait plus d’amour que de religion dans cette poésie musicale. L’Art c’est le Sacré. L’Artiste n’a jamais été d’ici. Ceci, mon Coeur, m’explique la pugnacité de vivre en aimant. Merci.

Niala-Loisobleu – 25 Janvier 2018