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Lorsque s’en vient le soir


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Lorsque s’en vient le soir

Lorsque s’en vient le soir qui tourne par la porte
Vivre à la profondeur soudain d’un champ de blé
Je te retrouve amour avec mes mains tremblées
Qui m’es la terre tendre entre les feuilles mortes
Et nous nous défaisons de nos habits volés

Rien n’a calmé ces mains que j’ai de te connaître
Gardant du premier soir ce trouble à te toucher
Je te retrouve amour si longuement cherchée
Comme si tout à coup s’ouvrait une fenêtre
Et si tu renonçais à toujours te cacher

Je suis à tout jamais ta scène et ton théâtre
Où le rideau d’aimer s’envole n’importe où
L’étoile neige en moi son éternel mois d’août
Rien n’a calmé ce coeur en te voyant de battre
Il me fait mal à force et rien ne m’est si doux

Tu m’es pourtant toujours la furtive passante
Qu’on retient par miracle au détour d’un instant
Rien n’a calmé ma peur je doute et je t’attends
Dieu perd les pas qu’il fait lorsque tu m’es absente
Un regard te suffit à faire le beau temps

Louis Aragon

 

LA PÊCHE A L’HALEINE


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LA PÊCHE A L’HALEINE

 

Laisse tes doigts s’humecter à la salive de la vitre

du vent qui pousse au jardin les jalousies baissent leurs paupières

ne regarde pas le sens du clocher, qu’aurions-nous à faire d’une procession

juste un mouvement d’ailes

doit te dire que le nid ne se construit pas aux girouettes

Où est l’oeuf

se dresse la prochaine pierre qui nage de ses propres élans

Un fil

C’est le pont sur lequel nous traversons notre vie

Niala-Loisobleu – 19/04/16

 

Qu’on me laisse le peindre ce lieu d’absolu je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !


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Qu’on me laisse le peindre ce lieu d’absolu

je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !
D’un Bleu mal imité
refaire
l’entrée du vrai Soleil
Puis le poser sur l’appui de la fenêtre qui va de l’arbre
à la branche du labour en plaine odeur montée de la rosée
Ouvrir l’huis sans rideau
puisque les voisins ne sont que sentes menant à la clairière
trouées animales
fourrés allumés d’aromates
Terre-Femme
Quelques pierres suffiront pour bâtir les cris de Ta flèche
aux seins des cloches battant à la volée
s’aidant des reins pour gravir une à une chaque vertèbre
Qu’on me laisse le peindre
ce lieu d’absolu
je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !
Niala-Loisobleu – 05/04/16
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SUR FACE, UN REGARD AU FOND


SUR FACE, UN REGARD AU FOND
La nuit passe traînant ses pieds aux poubelles, un chat vient de glisser dans ma gorge. Suis en amour à la vitre froide près de la fenêtre. Le réverbère tâtonne, son halo balance quelque part un reste de lumière gardé contre toute attente. Quel goût avait le vent à la ramasse du son des pas clairs
Vers aime rôde
Sanguine gnôle en
Jaune prune
Fauve êtes
Noir de fumet
Bleu outre mère ?
A la pulpe de la soif interne, mes ongles cherchent la pluie attachée au flacon du soleil, regarde-toi côté lumière face à l’ombre.De l’herbe foulée l’écume au galop porte en flux le reflux au traitement des déchets. Et mes paumes à l’à-plat repeignent d’un rehaut l’appel invisible de l’embrun aux touffes des côtes par mouvements porteurs d’un écho système. Suis en amour au lit de l’insomnie couché sur la pointe des pieds au guet du jour.
Et si je restais un homme ?
Niala-Loisobleu – 03/04/16

Ma Figure de Proue


Ma Figure de Proue

 

De mon oeil qui brûle

tu perles  les zoos

Animal de ma cité lacustre

Noé on s’en fou

chargeons la barque

en jetant à la baille

les miradors

les barbelés

les renonciations d’incapable

Gardons cape et des pets

pile au t’y

Tu es fête et moi bon à reins

je me secousse au fond de ton bassin

radoubons, radoubons, radoubons !

 

Niala-Loisobleu – 31/03/16

 

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Noir-Racine


Noir-Racine

 

Cela commence toujours par un mélange de noir et d’odeur.

On ne baisse pas la tête pour franchir le seuil. On appartient au monde de l’enfance. Les adultes, eux, courbent leurs épaules au passage.

*

D’abord, on est aveugle.
Le soleil tape trop fort dehors, les ouvertures sont minuscules dedans. On tâte du pied les grandes dalles du sol, irrégulières, toujours un peu humides malgré juillet. Ici, tout est mouillé. Les murs suintent, des fleurs d’écume y naissent qui s’effritent entre les doigts. L’odeur elle-même charrie du moite. Choux en fermentation, prunes pourries, pommes blettes. Les vaches, de l’autre côté de la cloison, piétinent la paille souillée d’urine. L’odeur est un couffin , un giron. On peut s’y abandonner, c’est chaud et suffoquant. Peut-être que cela empêche la peur d’entrer ? le temps de fuir ?

*

Lorsque les yeux s’habituent à la pénombre, on la voit. Proche du fourneau. Ses mains vont et viennent, comme toujours. La laine, entre ses doigts, est noire. La robe, noire. Le tablier, noir. On ne sait pas encore qu’on lui appartient. Que le noir-racine qui la tient debout a lancé des germes au-delà d’elle-même, sautant d’une génération à l’autre. Ceux qui se sont arrachés à l’ici n’y pourront rien. Dès l’origine, on a les pieds soudés à la terre, terre battue et rebattue, comme ceux qui n’ont pas de nom et pas d’histoire.

*

Avec la première chasse au cétoine, la première pêche au vairon, on est ferré. Le trident s’est planté là où ce n’était pas prévu, dans la chair fraîche, à même la gorge.

Les poissons ne crient pas, juste quelques sursauts sur la berge, quelques torsions dans la poêle. Les insectes, les papillons meurent en silence, leurs ailes déchirées sous les coups maladroits du filet.

*

La langue du monde n’a pas de bouche.
Les lèvres de celle qui cache ses larmes sont cousues. Son savoir est muré, enfoui sous un amas de « chemises de peau » et jupons superposés.

Dans l’ombre stagnante de la maison, se glissent parfois d’étroites lueurs, des lézardes bleues.

*

Il faut courir.
Droit vers ce qui brille, écaille ou élytre.
Traverser le silence exorbitant de ce qui ne cesse de bruire, sans énoncer une parole.
Obéir à la voix sans contour, s’éloigner de, s’avancer vers, reculer, approcher, clairière ou grotte, on ne sait.

Courir chaque été, dans la dévorante battue, sans savoir où mène cette errance, sans la moindre assurance de recevoir la manne — quelques secondes d’apesanteur, quelques grains d’extase fissurant la nuit.

Mais l’on revient, chaque soir, vers elle et ses genoux usés. On réintègre le cœur du sombre, le vieux berceau noir qu’une vie entière ne suffira pas à déchiffrer.

*

Jusqu’au jour où, sans qu’on l’ait vu venir, c’est l’heure. La chute dans le temps. Non pas le temps qui suspendait le souffle dans la course vive, dans l’éperdu vagabondage, mais celui qui fait eau de toutes parts, emportant les choses, les instants, les êtres.

Loin.
Loin de soi, loin de la silencieuse aux mains agiles. Loin des seuils séparant l’ombre de la lumière. Loin de la paix qui peut-être est l’autre nom de la mort.

*

L’exil a la couleur de l’encre, l’odeur du papier. Bâtons répétés obstinément, lignes de lettres et bientôt de mots, jetés d’une rive à l’autre, par-dessus l’absence .

Tandis que la main s’enhardit, la toute-de-noire-vêtue décline.

On ne saura rien du sang répandu qui a noyé son âme, de la boue des tranchées pétrifiée dans son corps, ensevelissant l’aimé, puis le frère trop jeune, puis les rêves.

*

Les mots ont des dorures de cétoine, des pigments de truite arc-en–ciel. Sous leurs masses immobiles vibre la vie, il suffit de les soulever, un à un, avec précaution, comme on lève les pierres au fond de la rivière pour voir apparaître ce qu’on ignorait.

Les mots gonflent dans la gorge, là où d’anciennes morsures ont laissé leurs cicatrices.
Les mots roulent comme des larmes sur la page.
Les mots déferlent et courent sur le moindre brin d’herbe.
Le monde est rempli de signes.

Lire, écrire. Même emportement.
Lire, écrire. Contre l’obscur.

*

Avec l’âpre espoir de passer le seuil sans baisser la tête.

.

FRANCOISE ASCAL

http://remue.net/spip.php?article2517

 

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« Ce n’est pas la lumière qui m’a inspiré, c’est ce qu’elle éclaire » W.R.


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« Ce n’est pas la lumière qui m’a inspiré, c’est ce qu’elle éclaire » W.R.

Je tousse d’étouffements nés d’appendices contaminés

Depuis  que – j’étais encore enfant par la taille – regardant la hauteur de l’arbre de vie m’apparut le danger de se couper la branche d’assise. Je me mouchais entre mes dois faire par réflexe d’auto-défense naturel

Agir, agir, agir au lieu du laissé-faire

Les rues pieuvres du chemin de profit rapprochèrent tant leurs façades qu’il devenait impossible de ne pas toucher l’embrouille du doigt. L’histoire dirigée par des dieux- prête-noms-divers se répétait comme une implacable prédestinée dramatique. Evidemment c’est bien sûr…quand le vrai patron reste toujours en retrait parce qu’il s’appelle Machiavel. Et que le troupeau des terriens passe toujours par le chemin que les plus mauvais ont tracé. Et nous y voilà plus que jamais, au bord du précipice. Tapi dans le moindre cagibi de la terre entière le monstre mafieux veut conquérir le monde par la terreur. Sommes-nous au 21° ou à l’époque des huns et des autres tartares en hordes sauvages ? Qu’allons-nous enfin pouvoir trouver pour stopper  la course à la destruction humaine ?

Une seule solution couper l’hydre de nos épaules responsables.

Ne plus se vouer au dépôt de larmes sur le trottoir du crime, ne plus se tourner vers un espoir de pacotille dès lors qu’il n’est fondé sur aucun acte, ne plus commémorer, ne plus s’en remettre aux dangereux tartuffes qui nous gouvernent, mettent en berne tout en honorant l’émir de la plus haute distinction honorifique nationale..il faut sortir nôtre existence des mains de joueurs vicieux et viciés. La vie n’est pas un jeu et l’amour n’est pas un sort de lumière noire.

Dédicace à Willy Ronis

Niala-Loisobleu – 23/03/16

Source: http://www.espritsnomades.com/artsplastiques/ronis/ronis.html

 

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Quand ça était… avant Paris- Bruxelles…


Quand ça était…avant Paris- Bruxelles…

Jadis les arbres étaient des gens
comme nous.
Mais plus solides, plus heureux,
plus amoureux peut être.
Plus sages c’est tout. ~

Jacques Prévert

Photo de L'échappée Belle.
Photo L’Echappée Belle
Il nous reste les feuilles du printemps avenir
neuves du m’aime espoir
replanté
Unis comme un saule vouloir
qui pleure plus
la paix bleue de vie
Niala-Loisobleu
22/03/16

BLUES 2


BLUES 2

A me casser le do

j’ai l’échine

en

la ré mi

Homme blanc

ton hydre ô file

un mauvais coton

A part moi

le nègre

que tu mets prise

pour qui te crois-tu

nâitre ?

T’as franchi

que la limite

homophage

de l’humain

qui se croit tout blanc

Niala-Loisobleu

16/03/16

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