VIGILANCE


7.08.2016 - 1

VIGILANCE

 

Je me lève. Rien. Lavant mes yeux à partir du premier instant pendant tout l’encours de ma pensée, je fais la toilette du sol sur lequel je marche.Mon intention : conserver l’espoir de vivre sur le toit des abysses. Entre les dents du bonheur.

VIGILANCE

A Paris la tour Saint-Jacques chancelante

Pareille à un tournesol

Du front vient quelquefois heurter la Seine et son ombre glisse imperceptiblement parmi les remorqueurs

A ce moment sur la pointe des pieds dans mon sommeil

Je me dirige vers la chambre où je suis étendu

Et j’y mets le feu

Pour que rien ne subsiste de ce consentement qu’on m’a arraché

Les meubles font alors place à des animaux de même taille qui me regardent fraternellement

Lions dans les crinières desquels achèvent de se consumer les chaises

Squales dont le ventre blanc s’incorpore le dernier frisson des draps

A l’heure de l’amour et des paupières bleues

Je me vois brûler à mon tour je vois cette cachette solennelle de riens

Qui fut mon corps

Fouillé par les becs patients des ibis du feu

Lorsque tout est fini j’entre invisible dans l’arche

Sans prendre garde aux passants de la vie qui font sonner très loin leurs pas traînants

Je vois les arêtes du soleil

A travers l’aubépine de la pluie

J’entends se déchirer le linge humain comme une grande feuille

Sous l’ongle de l’absence et de la présence qui sont de connivence

Tous les métiers se fanent il ne reste d’eux qu’une dentelle parfumée

Une coquille de dentelle qui a la forme parfaite d’un sein

Je ne touche plus que le coeur des choses je tiens le fil

André Breton (Le revolver à cheveux blancs)

L’intuitif extraverti que je suis vérifie la couleur des pavillons claquant au vent. Un doigt mouillé pour l’orientation. L’ordre affiché est le plus vieux piège que trouva l’homme pour ne pas annoncer la couleur de ses véritables intentions. La chasse primordiale était ouverte. Les moulins à prière aussi.

Foin de ces manèges, ne cherchant pas le trône, je ne vais pas me tourner vers sa foire. L’aspect politique du monde s’est rendu propriétaire de l’individualité. Piétinant toute conviction propre à chacune des cultures, il est devenu vain de penser renverser la tendance. En revanche le Sentiment intrinsèque doit demeurer sain. Tourner le dos en mettant son coeur de face derrière un grillage c’est travestir son battement. J’accorde toute ma vigilance.à ne rien dissimuler de l’honnêteté du mien.

Niala-Loisobleu – 08/08/16

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Son Voyage à Soi, l’Arbre des Forêts !


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Son Voyage à Soi, l’Arbre des Forêts !

Une pensée d’arbre quand ça me branche c’est un voyage qui se présente. Soit par une projection dans la cinémathèque de mon vécu ou bien parce que mon sac a des fourmis dans les pattes et s’apprête à partir en vol. Décoller c’est libérer son présent d’amarres négatives, hostiles au créatif permanent.Depuis un lointain passé, je sais que ne peut mourir que tout ce qui n’a jamais eu de réelle existence durant ce que les imbéciles appellent leur vivant. Durant sa propre traversée on garde lumineuse la présence vivante de feux brillants.

De l’enfance j’ai une telle mémoire qu’en fait, à mon âge, est toujours présente. Je crois qu’un enfant malheureux par et pour quelque motif que ce soit, ne peut faire un adulte épanoui. Il lui manquera toujours la grandeur magique de ce passage où tout est du domaine du possible.Le monde est totalement disproportionné pour l’enfant. Rien de ce qu’il est n’est fait à sa taille. Il va devoir le convertir à lui. Dur dur. La famille, les bons éducateurs, les « grands » vont lui bloquer tous les passages pour lui indiquer les leurs – faits d’un mélange de leurs regrets du passé et de la mode du moment –  comme pour projeter sa réussite par leurs ratages. Devant se défaire de ses idées propres. Ne retenir que celles des autres. Ah la joie qu’ils éprouvent à le mouler…

Je suis un gosse qui vois passer des quantités d’années en étant devenu lucide grâce à mon évolution personnelle. Combien de fois on tilt à se faire propulser d’un con à l’autre. Oh comme elle brille, comme elle est grande la tentation des plots avec leurs gros numéros à gagner. Non je dirai plutôt à perdre. Prendre la vie comme une machine à sous, un billard électrique….grrrr…ça  me pétrifie. Comment pourrait-on savoir ce que c’est que le Vrai en ayant été formé par l’artifice ?

Et l’amour est là. Il ne s’est jamais écarté de nous. ni caché derrière un doute quelconque, non plus dans la pochette-surprise d’un implacable destin qu’on aurait chopé comme une vérole. Présent m’aime au fond du plus tricheur des septiques. Ces matamores se vantant de faux exploits qu’ils iront en dehors de la foule, penseront-ils, noyer dans le premier expédient à portée, alcool, drogue, dérision, extrémisme…

L’Amour avec son grand A qui pourra seul nourrir l’âme. Faire de sa vie un voyage réussi. Réussi sans programme organisé. Son voyage à soi, l’arbre des forêts !

Niala-Loisobleu – 4 Août 2016

 

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QU’IL VIVE !


QU’IL VIVE !

Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.

La vérité attend l’aurore à côté d’une bougie.
Le verre de fenêtre est négligé.
Qu’importe à l’attentif.

Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.

Il n’y a pas d’ombre maligne sur la barque chavirée.

Bonjour à peine, est inconnu dans mon pays.

On n’emprunte que ce qui peut se rendre augmenté.

Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays.
Les branches sont libres de n’avoir pas de fruits.

On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.
Dans mon pays, on remercie.

.René Char
Dans mon pays rien n’est montré du doigt comme devant  être retenu par coeur sans surtout rien y comprendre. Savoir pour être éclairé compte en sachant changer, sans intention de tromper. Oh n’allez pas vous imaginer que mon pays serait sans être de cet Univers. Pas d’ici bien sûr, mais du Cosmos pour sûr. La Terre ne souffre que par l’homme, ses défauts sont venus avec lui. La première herbe tenait en sa sève l’humidité porteuse de l’amour, sa fertilité,  son pouvoir d’embellissements magiques, allant à gonfler les seins du lait des croisements naturels.
Corps suspendu au cheveu d’une comète en constellation lune après l’autre.
Aimer comme si hier ne contait que pour faire du matin un autre jour.
Me voilà peintre de nouveau. Sur la m’aime toile revenir pour faire du grain premier, une suite de récoltes à nourrir le prochain labour.
Hier à chercher la nageoire dans l’envol d’un héron cendré, je n’apercevais plus clairement la mer au bord du marais. Je suis revenu à l’atelier pour jouir de la pleine lune, en allant me battre  pour dire tout ô mon ressenti.. Fécondante. Pleine jusqu’aux yeux du sel jailli de l’érection du phare. te voici mon Amour, ma Muse, au large ouvert.
Laisse aux épaves les maux mauvais, cette douleur qui broie les poumons, privant le navire de son erre. Cette peinture est souffle, respiration sans recours de bouteille de plongée. Respire les seins tombants, cet élan généreux qui fait monter et descendre la marée de Lune à un soleil de l’Autre levé. Qu’il vive l’Amour !
Niala- Loisobleu – 3 Août 2016
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La Mémoire des Muses 6 – 2016 – Niala – Acrylique s/toile 80×80

 

Con Damné ?


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Con Damné ?

J’m’a rage

Eclabousse

Urine

Défèques

Tripes en sot

Ailes astiquent

A hurler

Que j’t’aime

Ah mon à vie

J’suis qu’un con damné

Qu’éjacule ras

A l’amour

Jusqu’ô dernier jour

Dans c’monde de sourds

sachant faire que guère

!!!

Niala-Loisobleu – 2 Août 2016

 

SE VIVRE POUR VIVRE.


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SE VIVRE POUR VIVRE.

Par delà les dunes et leurs palisses, ce qu’il faut  de courage pour ne pas retenir à soi ce qui glisse comme fausses-promesses dans la jointure des doigts. Aux petits tas des châteaux qu’une Espagne à séduit, la vague déborde de la douve et glou et glou et glou. Dans la tribune de l’arène la trompette a sonné la mise amor. Perchée sur la poussière d’un chemin effacé, la roulotte ne tient plus qu’aux six cordes d’un air séfardique dépassé. Dégoulinant par la gueule des lions de la fontaine du palais des rois maures à Grenade en se la jouant Alhambra.

Les trémières grappent leurs torses frêles de seins roses, carmins, rivalisant avec les épanchements de hanches de géraniums faufilés par l’entrejambe des terrasses jusqu’au pied d’un orgasme que la lune plonge au lit clôt des jarres du patio.

Les moulins sont coiffés de vents chauds. L’amer va-et-vient, enfonçant son couteau dans l’utérus d’une jalousie.Ma pensée coureuse dévale les venelles des villages blancs où je poursuis l’Absolu.

Périlleux élan

chutant au bas de tes reins

Sables mouvants

mes doigts se sont agrippés aux oyats

Graminées qui retiennent les parfums

ma langue va  au bon vent marin

poussant au loin des amours éteintes

vers la renaissance perpétuelle donnée par le mouvement

La vie n’est qu’au large des eaux stagnantes

J’ai rattrapé mes couleurs d’un naufrage quand les oiseaux m’ont averti du changement de temps. Bien avant que le courage de dire ait trouvé la force de surmonter la lâcheté d’une comédie de présence simulée.

 

Niala – Loisobleu – 31 Juillet 2016

 

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GLORIEUSE NUDITE


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GLORIEUSE NUDITE

Quelques cris plus loin

Les arbres du parc gardent aux troncs

Les coeurs gravés dans la pierre

Des rires les ont martelés au burin

A grands coups de je t’aime

Les pleurs les ont transfusés

Aux déchirures de la raison

Du socle de la rue de Varenne

Je t’entends hurler

Camille

Hurler dans l’écoute du silence

qui, largement, dépasse les limites du cloisonné d’un musée de cire cacheté sous le sceau des lâchetés coutumières. Pathétique opéra-soap. Grand bain pour la Diva. Paroxisme de la comédie humaine. Un rat tatouille d’un couloir à l’autre. A la louche, remontent d’écoeurantes odeurs de cuisine des latrines-évêchés, au premier croissant du pétrin qui mue et z’in son obscure menace.

Retourne au bord de ta marée Loiso. Tant qu’il y aura de l’eau ton coeur fera surface. Tire de la coquille de quoi remettre assez de pigment au mortier. Tu n’as pas tout consommé de ta faculté créative. Nous n’avons d’autre besoin que celui de la simplicité de l’authentique. Rien à espérer du clinquant. Plus nus dans le champ de ruines, nous ferons encore cet Autre enfant constructeur de l’Amour. Sans rougir d’être naïfs pour croire qu’en vertu de la force de vivre l’Univers éteindra le barbare entre ses doigts.

Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2016

 

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LEVEES D’ENCRES A 2 ANS


LEVEES D’ENCRES  A 2 ANS

Elle Emoi
sous notre chiffon aux craies lancées
plus loin qu’un tableau saurait en essaimer
quelques doigts laissés aux velours des niches de silence
entre le côtelé de soie mêlée d’autres
et le hors d’épingles à papillons
nous n’avons pas chassé le dahu
derrière l’annonce de notre page

Nous sommes restés aux bords d’une brise sans trop de chaleur
mais si bien serrés qu’étanches au découragement
nous avons continués de nous nourrir en ce jardin de fraies
où l’amour ignore le surgelé
le fruit de chaque légume ayant une origine de forge
un creuset pour alliages
et deux corps nus pour l’alchimie

A l’aqueux de notre piano à quatre mains
des cordes, des bois et des percussions attendent
rien d’autres que des faunes
aux poils de tous plumages
trolls
marmousets
elfes
rien qu’issus d’ailleurs
venez


Il reste alentours de quoi vivre à plusieurs la folie de l’Ailleurs, m’aime si tous les signes extérieurs nous disent le contraire. Du haut de quelque chaire que ce soit, gardez vos appels à la prière. La haine est la pire des endémies migratoires. Lui faire frontière c’est véritablement faire asile au véritable acte d’Amour sans se tromper par fausse probité.

Le murmure d’une caresse passe la main sur ton lit d’hôpital, longues lignes de vie en commun. Sous le travers seins où passe l’étouffe, les parfums n’ont pas le né bouché. Tu renais.

Niala-Loisobleu

3 Décembre 2014 25 Juillet 2016

« Le Ponton » (Chaude la Pierre d’Âtre 8) 2014 – Niala – Acrylique s/toile 65X54

Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te rehausse de présence, ma Beauté


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Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te relève en présence, ma Beauté

J’étais en train de porter le verre à mes lèvres lorsque je me rappelais la lueur dans le chant que j’avais capté. Je souris intérieurement. Pourquoi cette lumière m’obsédait-elle autant ? Ce n’était probablement rien.

Je reposai le verre, sortis de la cabane, les lattes de la terrasse m’envoyant la chaleur du bois à la plante des pieds nus. Un lien en monta. Je regardai en direction de l’endroit où j’avais vu la lueur du chant.

Je n’avais aucune raison de me sentir troublé, encore moins mal à l’aise. Les signes qui entouraient cette lueur ne m’étaient pas hostiles. J’eus même la nette impression que l’air était plus frais dans la chaleur matinale qui montait. Une dure journée avait marqué cette semaine qui venait de s’achever, laissant ses traces de douleur. Une journée qui place face à un avenir privé de son espoir ordinaire. Que je ne comprenais pas tout en en ressentant clairement les motifs lourds de ses sombres nuages. Une journée où tout dirigeait vers l’intention de détourner la compréhension.

Je continuai de regarder, de plus en plus conscient que quelque chose- même si je n’aurai su dire quoi – était là. Surnaturelle sensation intime. Ce qui est surréaliste passe le plus souvent au travers des gens sans que ça les alerte. Pas moi. Je vis en permanence dans un fantastique jardin où rien de ce qui est taxé de folie ne m’est anormal.

Arrivé aux premières marches descendant à l’humide touché de l’herbe, je vis clairement ton visage au travers de la végétation. Tu es là, non comme ces choses parties qui vont et viennent au gré d’humeurs soudaines. Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te rehausse en présence, ma Beauté.

Niala-Loisobleu – 17 Juillet 2016