CONFESSION D’UN FOU A SON PSY…Extrait


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CONFESSION D’UN FOU A SON PSY…Extrait

En hommage à Vincent Van Gogh

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Pour une fois, je vais prendre la parole sans considérer cette faculté naturelle comme une automutilation que je m’inflige pour rajouter du mordant à l’intensité des émotions générées par mon combat psychique quasiment quotidien. Laissez-moi parler, docteur, il y a un conflit ondulatoire qui s’éternise dans mon être sans cesse envahi par des ondes antagonistes qui cherchent à s’y évincer réciproquement. Je regorge d’impertinences et deviens hutin et pugnace devant celui qui se permettrait l’audace de me reprocher mon raffut.
Je ne suis pas qu’un être physique ou simplement un corps matérialisé sur un sol florissant d’énergies lourdes, mon âme est insondable. Vous tentez à chaque fois de numériser mes neurones alors que pour vous, depuis longtemps, amour et humanité ne sont qu’incompréhension ? Vous allez feutrer les poils de ma peau à vouloir cerner le côté délictueux de ma personnalité ; nous ne sommes pas frères d’une même lumière, télétransmis dans la même sphère cérébrale par une même affinité neurotrope. Quelquefois, vous opérez dans un commerce pitoyable pour répondre au mieux à mes hallucinations innombrables, amusées par mon ardeur de jouet épidermique. Quand j’aime, je ne dis pas que l’amour est à moi pour laisser à la haine l’instinct le plus élémentaire. Ma musculature affective ne relève pas de votre sensibilité, je suis un phénomène opératif capable d’agir et de produire une semblance de lui-même à l’état sobre et pur.

…/…

Vous me dites schizophrène, je vous le concède. Je suis un schizophrène conscient de sa schizophrénie et pour se plaire à l’avouer, il faut endurer des pluralités d’insomnies ; il faut tirer à bout portant sur l’érudition des pudeurs à la condition livresque et tant pis si elles en seront affectées. C’est vrai, je perds quelques fois toute notion d’espace et de temps et mes cheveux blanchissent prématurément à quelques endroits de ma palette mais rien de ce que vous pensez saisir de mes délires ne peut aboutir sans ma participation. Ma lucidité a le mérite d’être cyclique ; elle est élastique ; elle reprend à chaque fois sa souplesse d’origine après avoir été contractée. Laissez-moi parler, cela va vous éviter de procéder au téléchargement de mes pensées par effraction, sans crypter les codes de mon homéostasie subrepticement modérée dans un équilibre respiratoire devant lequel votre compréhension risque de déchanter. Nuages, froid, sexe, extase, cauchemar, craintes, surprise, joies, tristesse et sommeil ne sont pour moi que pétarade d’étincelles dans un douillet d’amour et de vin. Je me fustige inlassablement de rimes colorées comme une prime de ma propre colère où nichent mes plaisirs ailés et je m’enivre d’espoir alors que s’étrillent mes miroirs aux pastels de pluie dans le faubourg des indifférences qui m’ont déjà muté au nu vain et stérile.

…/…

À force d’avoir bu tant de douleurs, il y a des orages dans ma bouche et mes mots tempêtent comme de fortes précipitations de soupirs expectorés en signes persistants de délivrance

…/…

Patientez, docteur, ou alors, mettez-moi un oreiller sur la bouche et quand bien même, mon cri surgira de manière à m’extraire des absurdités paradoxales de la morale. Élu par mes nuits mandataire idéal de l’errance dont les chenaux m’ont ordonné label incontesté de la navigation entre les iles, transcendant les points de chutes, je porte mes jours comme un faix d’orgueil avec le vœu de rester libre dans ma raison jusqu’au trépas

…/…

Je suis d’une douleur particulière, ma prose sur la paix n’est pas un âpre chant de désolation que la raison des autres m’impose avec la mystification de ses bruits au goût effréné du bavardage. Dans le souterrain de mes longs soliloques intimement rageurs, les autres pensent dénoter une altération pathologique de mes facultés mentale et je m’en fous. Etre incompris je l’admets, être confondu, je refuse. Il est inutile de me condamner aux partitions des autres pour mériter l’état normal. Je m’interdis obstinément la moindre joliesse acquise sans bouleversement des codes et sans habilité. Ma prose sur la paix est un chant rugueux et touchant d’où émerge la vitalité contagieuse des insoumis dans l’exaltation de mes émotions intenses poussées au paroxysme sans endommager mes urgences. Mais, hélas, on est fou dès qu’on s’écarte du convenable dans les normes sociales dominantes comme des herbes qui croissent en désordre, en abondance et au hasard.

Un homme qui s’exclut de la morale des autres se mutile et qu’importe si ses yeux se dépêchent de regarder ailleurs. Il tombe comme un vieux enclin à la peur de mourir brusquement sans pouvoir dire adieu. Je me crois en enfer, peut-être que j’y suis ? Parfois, je procède à une analyse méthodique de mon cerveau, comme pour la défaillance d’un logiciel mais ma raison persiste à disséquer les particularités de ma folie qui se succèdent avec envie de me déchirer. Devenir fou, c’est ne plus s’appartenir, c’est se désincarner psychiquement pour n’être plus rien ni personne, ou alors, juste un cri d’une libellule qui lentement s’étouffe dans le souvenir des autres…

…/…

Je ne suis ni tristesse ni ennui, docteur, ni l’arrière-gout des joies dans un monde supra sensible des aisances. Vous ne connaissez comme réponse que l’action périphérique pour agir sur l’esprit. Je suis fou parce que vous ignorez les vertus de la parole, Je suis le fou qui s’identifie volontairement au cheval mal traité de Nietzsche parce que je parle de la beauté dont la sensitivité sacrée s’insurge jusqu’à nous soustraire du relief contrefait des interdits. À moins que vous ne soyez chapardeur des expériences essentiellement sensorielles des autres, la beauté peut vous aider à évacuer vos ruminations sur la cohésion de l’être et de son esprit. La beauté déclenche l’offensive de la poésie. Oh, la poésie, voilà le corpuscule d’une extrême ténuité, docteur, qui restera de nous quand sonnera la fin des fins, n’en déplaise aux moralistes ringards qui s’effectuent d’un point aveugle sans le savoir.
On ne dégage pas de la poésie comme on éructe par effet de contre sens à son être. S’engager dans la poésie, c’est avoir l’exceptionnel privilège de réinventer à chaque fois les eaux de son bain, avec des ondes justifiant les effluves de son vin où le jasmin trouve intacte la tonalité de ses enchantements en fureur qui écorchent les inquiétudes et dépouillent le silence de ce qu’il a de féroce. Sinon, on se donne genoux à terre aux idoles qui fomentent des cendres dans nos volontés et de l’acide pulvérisé dans nos idées. Je ne collectionne pas les psys ni des idoles afin d’en faire des calmants ou des expédients à mes peurs soudaines, j’ai du gout pour l’audace. Par contre, je voudrai bien m’offrir les idoles des monarques et celles des psys mais il faudrait qu’elles m’appartiennent, qu’elles soient entièrement à moi et j’en disposerai à ma guise avant de leur cracher dessus pour conjurer mes craintes et réconforter ceux qui s’agitent dans la colère des incertitudes.

Vous vous voulez spectateur de ma vie que vous décortiquez dans une tentative désespérée de me reconstruire artificiellement dans l’illusion d’une réalité. C’est donc dans le sentiment chronique de ma dépersonnalisation que vous expérimentez vos propres doutes métaphysiques afin d’actionner vos mécanismes d’acquisition de connaissances qui servent de référentiel psychotropique à vos histoires sur le psychique alors qu’inversement, il n’est que le pendant intérieur de votre déréalisation. Oui, docteur, l’usure des lèvres étanchées me font encre rouge qui sèche sur une plume irritée contre les brises légères des dieux pénates aux revers déplaisants.

Ne cherchez pas dans mon subconscient, docteur, l’estampille de l’irréalité. Dans la grisaille de vos notes à mon sujet se succèdent mes graffitis de sueurs dans lesquels vous percevrez l’écho renvoyé par mes désirs dans une symphonie de rupture où mes lutins intérieurs ont posé leur dernière pierre. J’ai des folies en réserve alors que mon esprit n’est point une idée préétablie en dehors du rationnel et mon âme n’est pas une esbroufe soumise à la psyché inclinable des carabins caressant les horribles sorts.

…/…

Vous cherchez toujours un accès à mon cerveau ? Faites gaffe, il vous sera plus difficile d’en sortir que d’en forcer l’entrée. La localisation physique de mes sentiments est une équation à plusieurs inconnues, elle sème le déséquilibre. Je ne suis pas un être soumis au calcul algébrique dans une méthode de géométrie variable. On n’entre pas dans la chambre de mon hypothalamus comme on va à l’offertoire des messes où les idoles sont rentables, où les dieux païens habillent Jésus d’un sentiment d’appartenance, développé pour actionner les revues destinées aux grands spectacles de la crédulité. Au risque de me dévoiler bigrement névrotique dans la blancheur crue des sunlights de la physique, je peux faire danser Bouddha à vos pieds dans une longue jupe de tartan sous le rythme aigu d’une chanson raï. Je suis ainsi, pire que moi-même. Je ne suis pas fou, docteur, je ne suis qu’un incrédule.

DJAFFAR BENMESBAH

Source Emmila Gitana

https://fr.wikipedia.org/wiki/Djaffar_Benmesbah

Quelle lumière pour les cellules grises ! Prodigieux, je n’aime pas, je partage, parce que je comprends votre malheur de vivre dans votre petit mouchoir qui pleure…

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2017

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Hommage à la Femme Kabyle – Djaffar Benmesbah

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LA BOÎTE A LETTRES 13


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LA BOÎTE A LETTRES 13

LEVEES D’ENCRES

Je me regarde assis, debout dans ma démarche et j’entends couler tes mots d’un bout à l’autre du fil du téléphone, le gel d’hiver demande au garçon de ressortir un parasol, pendant que je vois l’anis  qui dans un coin de porte suce son verre herbacé. Il fait soleil comme quand par simplicité le père Noël n’a pas recours aux illuminations d’esprit…les mots frappent à la porte de l’encrier, j’aime cette photo-montage merci

Levées d’Encres

les magasins sprintent

plus que quelques heures avant ripailles

Sur mon frein tu vas et viens en prenant tout ton tant

Un pont ronronne tout contre la rivière

il fait le gros dos

c’est bon de glisser sur l’ô

Entre des feuilles mortes l’herbe s’est éveillée, elle a dessiné une robe de vie pour aller danser, sans perdre aucune de ses chaussure, puis sans demander une citrouille sur internet, elle t’a rejointe ailleurs, sans faire la vaisselle, ni balayer les râclures des mauvais esprits, après tout, les contes ça se règle mieux à l’amiable qu’avec un huissier…

Niala-Loisobleu – 23 Décembre 2014

Quant c’est pu l’heure que l’homme en habit rouge me pompe avec ses mirages, l’enfant que je reste aime remonter dans son grenier ouvrir le coffre à jouets. L’enfant met tellement d’innocence dans sa croyance que je ne veux en voir que l’aura. Tiens c’est pareil que la première fois où tu m’as donné tes seins à voir. Les mots me sont clos dans la gorge, tellement la tienne  avait pris toute la place . L’émotion ça n’a pas vices, c’est pur comme la première neige avant le passage des voitures. Oh, c’est vrai, ils peuvent dire de moi que je suis con, et alors, ça me rassure. J’ai plus peur d’être sec comme un arbre en plastique qui fait imitation nature dans un jardin à jamais suspendu.

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2017

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A LA GROTTE CHAUVET


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A LA GROTTE CHAUVET

La nuit à cheval sur le jour
pose sur la lune
ses sabots de clair-obscur

L’eau tisse un voile de rosée
que le front du voyage
ramasse en paysage aride

Les hippocampes mettent plus de silence
dans leurs fantasias
que les élans guerriers des fusils des bouchers

A l’orée des claires
les huîtres plongent hors des assiettes
pour célébrer la perle des côtes vides
que l’estran à la hâte
bâche pour se protéger des engins à moteur
Je suis de cette côte plus sauvage encore que la faune et la flore
que la horde colonise avec les ponts d’opération militaire
d’un mauvais génie sorti de la boîte à pans d’or
d’un égo dévastateur
que les seins-bernard tonnent laid

Les arbres tremblent en premier
la réception souterraine portant au plus intime de la racine
par la fissure des canyons
qu’au fond de la terre
bien à l’abri de la mauvaise lumière
gaz carboniques
et mauvaises alènes
je m’enfouis parmi les chevaux et les bisons
d’une fresque laissée par l’Homme
à 36.000 années de là
pour sentir la VIE me pénétrer

Terre aux ocres rouges
charbonne-moi de sanguine
et pose-moi en Amazone
sur le trait d’une sarbacane
chantant des couleurs de plumes libres…

Niala-Loisobleu – 21/03/17

RELEVE DU COURRIER

Au matin sur le devant de ma porte nettoyé des mots factices, l’ange-gardien avait mis dans ma boîte le récépissé d’accusé de réception signé de ton nom « ALWAYS ». Ce qui existe et demeure a la forme lumineuse du farfadet qui éclaire, la torche du cyprès, éternel gardien de la promesse qui survit dans toutes les apparences contraires.

Niala-Loisobleu – 22 Mars 2017

France Chauvet Cave Replica

CANSO


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CANSO

Calcaire penché sur l’ardoise d’un conte particulier

mon coeur-craie

saute-marelle

à la criée

qu’on efface pas son ciel

d’un baîllon

à terre

Quelque perle au ver de l’huître

demeurée au talon

des bouts riches

Je troubade

jongleur de mots

montreur des toiles

en Char io

Puits

plongé

de bas en ô

lance mes quatre vérités

aux marres chants désamours

que taire n’absorbe plus

Noyé sous le flou de prévisions

coulant à pique

un espoir frelaté

dans les labos d’une alchimie

pro-dépressive

Au bourre l’arène

l’écho qu’hue

l’ola

dit sors de là

ton je

ne noue pas l’amble hématite vertu du faire

que les zoos rayent

bassent

Troubadons

ménestrélons

saltimbanquons

en fin’amor

courtois

pas en jouant la fille de l’erre

mal-aimée

snobant les commentaires

Niala-Loisobleu – 21 Mars 2017

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AVEC LES DOIGTS / C’EST LA VIE


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AVEC LES DOIGTS

Le temps des doigts est aux travaux de la nature, la terre est notre chair, nous en sommes sortis et en ressortons toujours, dans un cérémonial où tout c’est confondu, le laïc et le religieux sans qu’il y ait d’oppositions, bien au contraire grâce à la Nature, qui sait que rien ne fonctionne isolément.

Je suis venu au monde porteur de créativité.

J’oublie la part négative que cela, comme toute chose, sous-tend, pour ne retenir que la positive, qui ne cesse de générer, de créer, à partir d’un concept d’Amour. Le bonheur n’existerait pas sans sa part de malheur, c’est simplement le rite de la Vie et de la mort qui se perpétue au rythme des marées.

Il n’y a pas d’âge, bien au contraire je peux affirmer que plus on vieillit plus on a une approche jeune de ce qui est fondamental. La docte ignorance révèle la maturité de l’Esprit. Le tant se substitue au temps.

Que peindrai-je tout à l’heure, que peindrai-je demain ? Jamais la question ne m’est venue, je peins aujourd’hui mains tenant dans une éternelle pensée visionnaire.

Hier n’est que de la matière ce n’est pas le fluide.

Je t’aime ai-je toujours dit depuis que j’existe, à présent je AIME au Centre d’une réalité abominable qui attise cet amour, mon Amour de Vivre, donc d’être, donc de faire l’Amour au sens littéral du terme m’anime en tout. La Vie est un matin.

Niala-Loisobleu – 20 Août 2014

C’EST LA VIE

En remettant ce billet de 2014 à la Une (mon autre guerre) ma victoire pacifique se confirme, toujours

Bien réelle. L’Amor toujours vainqueur pour donner la Vie, malgré les signes contraires qui s’affichent du matin jusqu’au soir.

L’épreuve est douloureuse, de toutes celles par lesquelles je suis passé, c’est l’initiation suprême que je vis. Chaque voyage est de larmes de sang, chaque pas en avant est physiquement éprouvant.

Je ne dis pas « Je t’Aime dans la béatitude, je dois faire « Je t’Aime » dans la blessure de mon orgueil. Apprendre à me dépouiller des strass pour sortir le diamant de sa gangue.

C’est la vie, c’est la vie !

comme la garde Chuck Berry

Immortelle !

Niala-Loisobleu – 19 Mars 2017

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MISE AUX POINGS


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 MISE AUX POINGS

Je n’ai jamais accordé asile au hasard, pensant que rien n’arrive sans raison. Si cet endroit m’interpelle, c’est donc par ce qui s’y passe, s’y fait et ne s’y fait pas. Je ne reviendrai pas sur les turpitudes qui s’y déroulent. Je n’ai jamais dissimulé ma pensée à cet égard, particulièrement sur la censure qui règne en bien des domaines, Etablissant de façon certaine un climat de servitude, par un système de cour.

Créer est ma raison d’être,

Il me faut façonner, peindre, dire, habiller, chanter, parcourir, rire, décrire, l’instant présent, ses mouvements de marée, ses changements de lune, son cap, avec trois grains de philosophie, de regard par delà le bout de mon nez, par tous mes sens. Le toucher et l’odorat, sans doute plus affutés que les trois autres. Me remplir jusqu’aux neurones, pour atteindre l’intérieur des choses, loin de leur apparence. Sans laisser la mode mettre ses influences au monde. Non penser tout seul, penser tout court, sans aide de bonimenteurs, de gurus, de marchands de promesses. Et ne pas laisser les flatteurs répandre leur sirop de fourberie sur ce qui n’est pas moi, sur ce que je n’ai pas voulu être, L’humilité ne se déclame pas, elle se vit à l’écart des paons, je ne suis pas un chapeau de messe dominicale qui s’agenouille, pas un coureur de couloirs à médailles, pas un hochet de salon, je ne réponds pas aux invitations me voulant indépendant de listes et de couvert à poisson. Laissez-moi manger avec mes doigts, Dire mon bonheur de vivre comme un sauvage. Lucide et utopiste.J’ai vu, j’ai vécu, je peux dire, sans racoler, sans envie de brosse à reluire. Le plaisir de donner est grand mais de grâce ne me prenez pas pour un jobard.

Ah que la vie est belle, que l’amour est riche, mais comme la tristesse récurrente est affligeante.

Niala-Loisobleu – 18 Mars 2017

Etienne de la Boétie (1530-1563), écrivain français. Il a écrit Le Discours de la servitude volontaire ou le Contr’un son principal ouvrage alors qu’il n’avait qu’à peine 18 ans. Il fut conseiller au Parlement de Bordeaux dés 1553, c’est-à-dire à 23 ans. Il reste cependant connu pour son amitié avec Michel de Montaigne.

Pour mémoire: Discours de la servitude volontaire (extraits) Etienne de La Boétie

Il y a trois sortes de tyrans.

Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race.

Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre s’y comportent — on le sait et le dit fort justement comme en pays conquis.

Ceux qui naissent rois, en général, ne sont guère meilleurs. Nés et nourris au sein de la tyrannie, ils sucent avec le lait le naturel du tyran et ils regardent les peuples qui leur sont soumis comme leurs serfs héréditaires. Selon leur penchant dominant—avares ou prodigues —, ils usent du royaume comme de leur héritage.

Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu’il devrait être plus supportable ; il le serait, je
crois, si dès qu’il se voit élevé au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi qu’on appelle grandeur, il décidait de n’en plus bouger. Il considère presque toujours la puissance que le peuple lui a léguée comme devant être transmise à ses enfants. Or dès que ceux-ci ont adapté cette opinion, il est étrange de voir combien ils surpassent en toutes sortes de vices, et même en cruautés, tous les autres tyrans. Ils ne trouvent pas meilleur moyen pour assurer leur nouvelle tyrannie que de renforcer la servitude et d’écarter si bien les idées de liberté de l’esprit de leurs sujets que, pour récent qu’en soit le souvenir, il s’efface bientôt de leur mémoire. Pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelques différences, mais de choix, je n’en vois pas : car s’ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de règne est toujours à peu près la même.

Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d’esclaves qui leur appartient par nature.

Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres !
Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous
allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes.

Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ?

Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ?

Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats
dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte.

Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres.
________________

Texte complet :
http://www.forget-me.net/LaBoetie/servitude.pdf

DESCENTE D’UNE ÎLE


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DESCENTE  D’UNE ÎLE

Qui t’avait bâti des cils

l’imitation du bleu égyptien,

le concassé de verre du faîte des murs

où le pigment des romains du pousse en bas

qui mosaïque encore la fin de Carthage?

Ton regard réverbère

a flâné  dans mes rues en dépliements limonaires,

cachés sous le masque de carton percé de notes foraines,

une odeur de cheval chaud entre les jambes

pour solde d’émotion

au rabat des paupières

Je nous revois debout au claquement tendu des voiles,

débordant le reflet de l’avant-dernière pyramide, cherchant le caillou,

pour passer entre les colonnes d’une palmeraie

suant des dattes échues au cadran solaire,

un cuir de crocodile en façade des dunes accroupies

pissant les cataractes au lac Nasser

Quelque tu soies à nu de la vérité dissimulée

je t’ai aspé par les traboules

en cavalcade de pieds nus pour taire le bruit des bottes.

Tu n’as pas connu Jean Moulin, pourquoi te dis-je ça?

Parce que je garde les purs

plus vivants que les momies d’une lettre d’amour papyrus,

que les hyéroglyphes d’une pierre muette on voulus encrer de soleil.

Copié-collé d’hier sur aujourd’hui

désordre

temps l’heur d’été en heurts divers

montre mol

un pied dans la mauvaise chaussure de l’horaire.

Je ne suis qu’un secret taire vénitien niellé de tiroirs pleins

qui cognent à la surface de l’ô pour prendre l’air

Une seconde, que j’m’y r’trouve, où tu m’as suis-je collé

dans ce mensonge prologue-épilogue,

dernière feuille tablant matière

à persister cette manière de débarquer

en main tenant une poire pour la soif

Mon sable crisse au rose des écailles que les ouïes ventilent au boulier

le caillou tient par le fil d’une semelle de vent en arrière-pensée

tes sarments de piquette d’amour

et mes pigments

ne sont que les plumes minérales accouchées sur la toile

que mes mots tissés au blanc de mes poils nus vêtent de leur corpus

Tout en un, répète mon pantalon blanc, en marchant dans la merde jusqu’au « je nous ».

Déjà dès quand j’avais été petit, j’ai goûté à l’abus de camarades profiteurs. Le petit enfant que je suis resté a continué à servir de casse-croûte aux barbares des deux sexes. Ils arrivent plein d’empathie, enfin reconnus te disent-ils, pour leurs vraies qualités, tu deviens leur homme, ils te le jurent, te voilà cet être merveilleux, pur et sans tâche qui a su reconnaître ce qu’ils se croient être. Le tricheur est tellement angélique que tu ne vois qu’après que c’est un parasite. Son habileté à se faire luire à partir de ce qu’il ne possède pas, fait l’admiration  d’une cour ténébreuse dans laquelle il satisfait un boulimique et chronique instinct de mentir. Ils ont tous les costumes dans la penderie, tous les accessoires pour aborder n’importe quel rôle sur la grand-scène fabuleuse d’internet.

Le recul des côtes rapprochant du large, le sel se trouve donc pêchable dès le bord. Alors si t’y trempe le carrelet, tu peux remonter du crabe qu’en apercevant le danger de ses pinces. Suffit de se foutre ,à poil, il meurt sur le coup. Bien sûr la nature est marquée par cette pollution humaine. Impossible de l’éradiquer, les verts qui s’en flattent avec leur bio sont juste intéressés par le profit monétaire. Alors comment faire ? il reste assez de propreté chez l’Homme pour la donner en partage à ses enfants. Mon Louis vient de quitter le nid parental, il vole tout seul ce petit-fils à qui j’appris le Nil. Tout à l’heure il va venir chercher des peintures pour ses murs blancs. A voir comme il allume de bonheur de se savoir libre, je suis tranquille, la graine lève encore. Rien n’est foutu au coeur.

Niala-Loisobleu – 15 Mars 2017

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CELUI QUI N’A RIEN DIT, NI FAIT, PARLERAIT DE PARTIR


CELUI QUI N’A RIEN DIT, NI FAIT, PARLERAIT DE PARTIR

Il parlerait de partir de l’autre côté de la mer

pour l’autre trottoir des rivières

les rues des nuages

les caniveaux des plages

Partir sans bagages

juste une chemise de vent

et derrière un reste d’orée en plein centre d’une clairière

Il parlerait de partir

pour ne plus devoir traverser le trou des paroles

désapprendre à lire interdit d’espérer en marchant sur les pelouses affichées

Il parlerait de partir

avec juste un dernier poil de bleu dans la barbe

un reste d’acné au front d’une guerre des boutons

du sel marin dans les carreaux du tablier

plein de mauvaises herbes cachant le bon chemin

une flèche au tracé d’un arc-boutant

trois cailloux c’est tout

et les quatre éléments

du rauquement de la première

Femme

aux ouïes de Lascaux

Il parlerait de partir sans des routes

à la nage

en cerf-volant

en ultra-son

en baleine

en oie sauvage

en dessein tombé de l’aisselle des valeurs

Il parlerait de partir ailleurs tiré par les aboiements des chiens

rifant les six cordes d’un flamenco accroché de blanc au noir toro

Loin

Dispersé à l’éternité de la grande illusion

Il partira

à contrecoeur c’est sûr

de son sentiment fort

justifiant de se parler tout seul

Cette nuit j’ai rêvé que j’étais mort au moment où hier m’a mis debout..

Niala-Loisobleu – 7 Mars 2017

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PROMESSE A LA VIE


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PROMESSE A LA VIE

Me voici plus tel, le médoc à rebooster la descente des chaussettes. Voici venu le désir de me tenir une promesse qui s’impose d’elle même. Les bois se sont faits les branches à grand force  d’attentes, combien d’hivers par où crois-tu me canaliser le printemps pour arriver ventre contre ventre ou tête-bêche à se sentir heureux de n’avoir plus de mots dans la bouche pour tenir un discours à l’absence ? Qu’importe, je n’ai rien à cirer d’une réponse d’aucuns qui ne ferait qu’allonger la question sans y répondre. Il s’agit là d’une question hautement intime ne pouvant se déshabiller devant tout le monde. Elle a l’odeur de longs sentiers menant pas toujours quelque part, mais ne s’étant jamais égarés du point de départ. Ainsi il peut faire le temps du lieu différent de l’autre, l’heure aura le m’aime rendez-vous permanent si le fond du paysage n’est fondé sur du sable. Pouvant séparés être mieux, que des tas de gens s’emmerdant ensemble . Le touché tiens, sais-tu qu’il peut être d’une empreinte phénoménale sans que la partie concernée te soit au bout des doigts ? On entre là dans la métaphysique de l’Absolu. Tu grattes des ongles les espaces qui se mettraient normalement de travers si tu restais coincé dans un quotidien bienséant, une manière de mourir en vivant. La générale, avant levé du rideau en quelque sorte. C’est vrai qu’il faut être fou pour vivre son rêve sans devoir s’attacher à ce que personne ne vous voit. Mais si je suis pas exhibitionniste j’en demeure pas moins nudiste sans devoir me parquer dans un lieu fait pour t’isoler. La nudité de l’âme, quelle entité ! Les manières et autres simagrées, genre feuille de vigne, laissées sur le palier faut voir comme ça vous grimpe aux étages de la transcendance.. Tu te mets pas à poil en te rasant le derme autour des parties vitales, non mon P’tit-Gars, tu laisses tout pendre de soi. L’élégance du mouvement c’est le rythme de l’expression corporelle qui s’exprime. J’en reviens inévitablement au concept esthétique, la Beauté fait canon sans se la jouer Navarone, modèle gros-calibre dans une baie de faux-anges. Et l’esthétique c’est une entité. On ne peut pas la couper comme un sale ami, ton individu est racé où vulgaire point barre. Ton langage ira avec la forme de ton esprit, lui-même ne souffrant pas de voir une partie de Toi s’aliéner par un tatouage, corporel ou mental, te rangeant dans une perte d’indépendance pour te formater au troupeau.

Mais je m’arrête, tes seins passant un poil louche dans le tombé qui donne un aspect mécanique au déroulé de tes hanches, ça m’alerte. Ce que ton âme me cause après l’apnée du Grand Bleu, tend soudain à virer à la tasse. J’suis pas causeux, tu le sais, je ne braille qu’en manuel. Cependant l’erreur fatale serait d’abonder à la bêtise de croire que je peux être manié comme un bigleux, pinceau, incapable de résister aux couleurs du tant. J’en suis ramené à la promesse qui me titille à présent. La vie dehors est déformée à loisir par des tireurs de ficelles embusqués comme des snipers. C’est que magouilles et embrouilles à tous les coins de la vie. On accuse, on maltraite, comme si la dignité humaine était l’ennemi public à abattre, à un point tel que dans l’intime, se priver de cette m’aime façon de se conduire, semblerait inconvenante et déplacée.

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2017

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L’Infect Scion/Je suis clean et pu sot


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L’Infect Scion/Je suis clean et pu sot

J’adresse ce billet à mes Amis nombreux qui se sont manifestés ce matin, dès réception d’un message qui n’était pas de moi, mais d’un ver nuisible qui avait piraté ma messagerie.

Je suis en bonne santé et n’ai pas besoin d’un apport d’argent de secours.

J’ai fait le nécessaire auprès de mon fournisseur internet, je suis clean et pu sot, rassurez-vous.

Mais quel formidable témoignage d’amour vous m’avez fourni par votre marque spontanée de solidarité !

Merci, j’y suis sensible au-delà de ce que j’aurais pu imaginé. Au moment où l’Homme me pose question sur l’idée que j’ai toujours eu à son égard, vous m’aidez à mener ma réflexion sans que le doute soit dominant. Le calme est indispensable au coeur d’une agitation orchestrée. Il y a dans les coups du sort parfois plus de manifestation d’espoir que dans les sourires hypocrites des malfaisants.

Tout avec VOUS Mes Amis, merci et Bon Jour !

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2017