SANS / MOT A MOT 4


SANS

De la boîte de cubes l’achoppement sans disparaître s’est mis en vacances. Mon vélo ceux qui me l’ont pris ont omis de néantiser son tracé. La flèche de la cathédrale est en tous points l’expression parlée de la cathédrale. Son âme, elle, tient toute entière dans le savoir du silence du tracé sur la planche au sol. Après le premier lit posé, sur les pierres les constructeurs ont ajouté des chants. On retient plus facilement l’aspect enluminant le sens d’un décor trompeur. Le Sans coule. Le joint demeure, visible de l’intérieur. Avec toujours.

Le paraître déplace plus souvent les panneaux indicateurs qu’il n’apporte le sûr chemin du Centre. Dès que les façades se cravatent de vitrines, l’étal bonimente. La cabane sur son sel navigue toutes ouïes ouvertes sur la crête de ma montagne.

Niala-Loisobleu – 13 Avril 2017

MOT A MOT 4

Les clés des voyants

Entre toutes les rêveries d’une certaine vie
un sophisme se devine qui toujours dure

Albert Ayguesparse

 A bouche perdue (1973)

Albert AyguesparseJe voudrais te parler à bouche perdue
Comme on parle sans fin dans les rêves
Te parler des derniers jours à vivre
Dans la vérité tremblante de l’amour
Te parler de toi, de moi, toujours de toi
De ceux qui vont demeurer après nous
Qui ne connaîtront pas l’odeur de notre monde
Le labyrinthe de nos idées mêlées
Qui ne comprendront rien à nos songes
A nos frayeurs d’enfants égarés dans les guerres
Je voudrais te parler, ma bouche contre ta bouche
Non de ce qui survit ni de ce qui va mourir
Avec la nuit qui déjà commence en nous
De nos vieilles blessures ni de nos défaites
Mais des étés qui fleuriront nos derniers jours
J’ai tant de choses à te dire encore
Que ce ne serait pas assez long ce qui reste de mon âge
Pour raconter de notre amour les sortilèges
Je voudrais retrouver les mots de l’espoir ivre
Pour te parler de toi, de tes yeux, de tes lèvres
Et je ne trouve plus que les mots amers de la déroute
Je voudrais te parler, te parler, te parler

Albert Ayguesparse (Bruxelles, Belgique 1900-1996) – Les armes de la guérison (1973)

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MOT A MOT 2

Durant des années, le coeur dans une seule pensée  fait, dès le réveil et jusqu’au coucher, le même chemin, en ne voyant que ce qui d’emblée lui a paru bon. Longue promenade un peu sportive, sans en avoir le moindre esprit. D’abord bénéfique, petit à petit le train en ralentit. Pour finir par être de plus en plus lent. La disparition de son leitmotiv lente mais constante en étant la cause. On a pas de raison de se méfier quand on donne, ça tombe sous le sens. Le doute c’est le crabe, quand on sent sa présence c’est déjà trop tard. On ne voyait que ce que l’on pensait être, mais…Les arbres n’étaient plus des arbres, ils étaient devenus une partie d’un décor d’ensemble, chaque chose en place n’ayant aucune réalité, juste des accessoires collant au thème que le coeur ne pouvait imaginer ne pas exister. Quand le mensonge devient le sordide produit d’une lâcheté qui le laisse se développer. L’oedème finit par imploser. La blancheur peut masquer la tare la plus sombre qui soit. Jeu de dupes, vertige d’une paranoïa machiavélique. Bonsoir.

Selon d’autres hiérarchies

A nier le don de soi
le charme des fictions s’exténue…

Albert Ayguesparse

(Mot à mot)

Adieu monstre d’une fanstamagorie pernicieuse, le mal qui t’anime t’appartenant en propre, je te l’abandonne. Il faudra remonter les vagues scélérates, c’est courant en matière de navigation. Chaque odyssée est un passage de soi. Le voyage est une initiation permanente.

Niala-Loisobleu – 8 Avril 2017

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LA BOÎTE A L’ÊTRE 14


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 14

GRAINS DE VENT

SAGESSE

« Si tu veux construire un bateau,

ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres,

pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose…

Si tu veux construire un bateau,

fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes

le désir de la mer. »

.Antoine de Saint-Exupéry

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Au ber l’ossature navale s’appuie écoutilles fermées

Le tranchant de l’étrave s’est écarté des filets de pêche

Sur l’horizon les écluses attendent le retour du désir

Aucune invite

Aucun s.o.s

Seule une amarre à l’écoute

Ne quitte l’ancre des yeux

Marée de sans

Odeur de flux

Rien ne dort de l’attente

Les mouettes ont les ailes déployées sur le sillage

Grains de vent loin devant

Niala-Loisobleu

17 Février 2012

 

JE REVIENS DE CABANE « LA BAIE DU CIEL »


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JE REVIENS DE CABANE

« LA BAIE DU CIEL »

« Glissant », je dois  te dire, à toi Edouard et à sel qui se reconnaîtra ô combien par tous mes pores, je vous suis intégral nu d’amour. Nous sommes la m’aime chair de cet archipel qu’hier j’ai nommé d’Utopies. Tout simplement par la foi qui prête à croire que la fraternité humaine est l’unique moyen de vivre en complète harmonie avec la nature et les hommes. La Beauté est omniprésente dans l’arbre qui borde une ornière , dans le caillou où l’on trébuche, dans la couleur d’une ondée que le vent retourne en soleil, la couche mousseuse qui couve le champignon, la roche que les reins déplace pour accéder au feu qui brûle à l’intérieur de l’âtre, la main qui tend le verre à trinquer, la guitare qui se fait intestine au pincement du frisson, le coup d’gueule qui demande à l’oeil de ne point fuir, l’étreinte qui froisse les draps sous les soubresauts de deux corps en amour, puis dans l’eau qui détarit le ventre stérile pour jeter le premier cri du nouveau-né…

Et tant de choses encore, si simples, qui devraient annihiler la complexité des plans d’investissements douteux, des échafaudages branlants, chevaux de Troie louches, diarrhées verbales des marchands du temple en quête de pouvoir, fins prêts à abjurer la plus avérée des impossibilités pour être élus…

LA BAIE DU CIEL
Elle, miroir, et si gardée
Que les herbes atroces fuient
Où vont l’attente la torture.
Un arbre ne tient dans la main creuse du chemin
Qui de vieillesse devient route.

Elle a gemmé, femme sur l’eau
Immobile à la surface, goémon
Nue, aveu de l’air qui de plaisir devient orage.

(Édouard Glissant, La terre inquiète, 1954)

Je reviens de cabane, transfusé une fois encore, sang neuf pour dire aimez-vous c’est ce qu’il y a de plus chair au prix le moins élevé.

Niala-Loisobleu – 3 Avril 2017

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Un champ d’îles


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Un champ d’îles

Savoir ce qui dans vos yeux berce
Une baie de ciel un oiseau
La mer, une caresse dévolue
Le soleil ici revenu

Beauté de l’espace ou otage
De l’avenir tentaculaire
Toute parole s’y confond
Avec le silence des Eaux

Beauté des temps pour un mirage
Le temps qui demeure est d’attente
Le temps qui vole est un cyclone
Où c’est la route éparpillée

L’après-midi s’est voilé
De lianes d’emphase et fureur
Glacée, de volcans amenés
Par la main à côté des sables

Le soir à son tour germera
Dans le pays de la douleur
Une main qui fuse le Soir
À son tour doucement tombera

Beauté d’attente Beauté des vagues
L’attente est presque un beaupré
Enlacé d’ailes et de vents
Comme un fouillis sur la berge

Chaque mot vient sans qu’on fasse
À peine bouger l’horizon
Le paysage est un tamis soudain
De mots poussés sous la lune

Savoir ce qui sur vos cheveux
Hagard étrenne ses attelages
Et le sel vient-il de la mer
Ou de cette voix qui circule

Abandonnés les tournoiements
D’aventure sur les tambours
L’assaut du sang dans les plaines
Son écume sur les Hauts

Abandonné le puits de souffrance
La souffrance au large du ciel emporte
Dans la foule des fromagers
Sa meute de mots et sa proie

Abandonnée tarie la mesure
Démesure des coutelas
Cette musique est au coeur
Comme un hameau de lassitude

Beauté plus rare que dans l’île
Ton grand chemin des hébétudes
Va-t-il enfouir son regard
Dans la terre, humide douce

Les hommes sortent de la terre
Avec leurs visages trop forts
Et l’appétit de leurs regards
Sur la voilure des clairières

Les femmes marchent devant eux
L’île toute est bientôt femme
Apitoyée sur elle-même mais crispant
Son désespoir dans son coeur nu

Et parmi les chants de midi
Ravinés de sueurs triomphales
Sur un cheval vient à passer
La morte demain la Pitié

L’île entière est une pitié
Qui sur soi-même se suicide
Dans cet amas d’argiles ruées
Ô la terre avance ses vierges

Apitoyée cette île et pitoyable
Elle vit de mots dérivés
Comme un halo de naufragés
À la rencontre des rochers

Elle a besoin de mots qui durent
Et font le ciel et l’horizon
Plus brouillés que les yeux de femmes
Plus nets que regards d’homme seul

Ce sont les mots de la Mesure
Et le tambour à peine tu
Au tréfonds désormais remue
Son attente d’autres rivages

L’après-midi le Soir les masures
Le poing calé dans le bois dur
La main qui fleurit la douleur
La main qui leva l’horizon

Sur vos chemins quelle chanson
A pu défendre la clarté
Sur vos yeux que l’amour brûla
Quelle terre s’est déposée

Outre mer est la chasteté
Des incendiaires dans les livres
Mais le feu dans le réel et le jour
C’est ce courage des vivants

Ils font l’oiseau ils font l’écume
Et la maison des laves parfois
Ils font la richesse des douves
Et la récolte du passé

Ils obéissent à leurs mains
Fabriquant des échos sans nombre
Et le ciel et sa pureté fuient
Cette pureté de rocailles

Ils font les terres qui les font
Les avenirs qui les épargnent
Ô les filaos les grandissent
Sur les crêtes du souvenir

Mulets serpents et mangoustes
Font ces hommes violents et doux
Et la lumière les aveugle
La nuit au bord des routes coloniales

Toute parole est une terre
Il est de fouiller son sous-sol
Où un espace meuble est gardé
Brûlant, pour ce que l’arbre dit

C’est là que dorment les tam-tams
Dormant ils rêvent de flambeaux
Leur rêve bruit en marée
Dans le sous-sol des mots mesurés

Leur rêve berce dans vos yeux
Des paniques des maelströms
Plus agités que la brousse profonde
Lorsque passe le clair disant

Beauté sanguine des golfes
Ô c’est une plaie une plaie
Où danse le ciel, grave et lent
De voir des hommes nus et tels

Et l’île toute enfin repose
Dans le chaud des maturités
Mûr est le silence sur la ville
Mûre l’étoile dans la faim

Ce qui berce dans vos yeux son chant
Est la parure des troupeaux
L’herbe à taureaux pour les misaines
Le dur reflet des sels au sud

Rien ne distrait d’ordre les vies
Les hommes marchent les enfants rient
Voici la terre bâtée, consentante
De courants d’eau, de voilures

Quelle pensée raide parcourt
Les fibres les sèves les muscles
De la douleur a-t-on fait un mot
Un mot nouveau qui multiplie

Celui qui parmi les neiges enfante
Un paysage une ville des soifs
Celui qui range ses tambours ses étoffes
Dans la sablure des paroles

Guettant le saut des Eaux immenses
Le grand éclat des vagues Midi
Plus ardent que la morsure des givres
Plus retenu que votre impatience d’épine

Celui que prolonge l’attente
Et toutes les mains dans sa tête
Et toutes splendeurs dans sa nuit
Pour que la terre s’émerveille

Il accepte le bruit des mots
Plus égal que l’effroi des sources
Plus uni que la chair des plaines
Déchirée ensemencée

Sa clarté est dans l’océan
Dans la patience que traîne
Vers où nul oeil ne se distend
La flore d’îles du Levant

Ce qui berce en vos yeux son chant
Pour atteindre le matin ô connue
Inconnue c’est la chaleur fauve
Du Chaos où l’oeil enfin touche

Île ces requins vos fumures
Le charroi de votre sang l’homme
Et sa colline la femme et les cases
L’avenue dans ces miroirs les Mains

Est-ce oiseau, une racine qui gicle
Est-ce moisson, l’amitié grandie de la terre
La même couleur éclabousse, caresse
La souffrance est de ne pas voir

Beauté de ce peuple d’aimants
Dans la limaille végétale et vous
Je vous cerne comme la mer
Avec ses fumures d’épaves

Beauté des routes multicolores
Dans la savane que rumine
L’autan plein de mots à éclore
Je vous mène à votre seuil

Écoutant ruisseler mes tambours
Attendant l’éclat brusque des lames
L’éveil sur l’eau des danseurs
Et des chiens qui entre les jambes regardent

Dans ce bruit de fraternité
La pierre et son lichen ma parole
Juste mais vive demain pour vous
Telle fureur dans la douceur marine,

Je me fais mer où l’enfant va rêver.

Edouard Glissant

Et sur ce caillou isolé où j’île, tout de délicatesse et sans vernis, où le moindre souffle est intention, non de plaire mais d’apporter plaisir, gage de tendresse, amoureuse affection qui arme les plates complaisances en béton de preuves en différence intangible et fondamentale entre l’acte et les belles paroles, je me fais relation à l’Autre en pudique nudité, ainsi conscient de m’exposer à la méchanceté. Je n’étais que poussière, avant d’y retourner je me suis fait pierre.

Niala-Loisobleu – 2 Avril 2017

JUSTE BEAUTE


Jean-Paul Avisse - Tutt'Art@

JUSTE BEAUTE

Appuyée à la falaise de son rivage, ma pensée se tire les cartes, j’irais où tu seras, dit-elle en posant son doigt à la place où ce qui ressemble le plus à son amour est visible. On s’entend alors tourner les yeux dans la direction que le père du Petit-Prince a symbolisé pour décrire l‘amour. Partout les idées vont et viennent au détriment des bornes, l’air du numérique met des dents aux gencives de la photo du jour. Tout ça pour ça, a dit le metteur en scène, observateur sans complaisance du système. Pendant que le bleu ne cesse de se métamorphoser en papillon, une division blindée dopinions diverses colle ses affiches sur celles de l’autre. Au point qu’on voit la mélancolie s’essayer à se prendre pour une marque d’aspirateur qui se retrouve par la fenêtre après que l’apporte l’ait foutue dehors. Pourtant le méandre est bien moins tordu que l’entêtement abruti d’une buse dans le rôle de l’affluent . Nous n’allons pas assez sous le couvert pour trouver le nécessaire. Un verre à eau et un verre à vin séparent nettement sans diviser les résultats attendus, alors que la petite écuyère dans le moka est absolument déplacée. La nature initiale garde la mémoire de la fonction primitive, la transe graisser ne la fait pas du tout jouir, bien au con traire. L’évolution des mœurs ne changera jamais la manière de faire les bébés. Tant de mystère est dans le bien-être que de tout vouloir expliquer n’a d’autre effet que tout bousiller. Ta petite rivière où flottent les plus grands transports ne s’assèche que dans les remontées mécaniques du hors-piste, Comme mon arc ne se tend que par l’attraction de ton corps où tu l’as plongé, Un vol d’oies sauvages me remonte les vertèbres quand t’ouvre la vanne de transmission de ton amour par la fenêtre grande ouverte de ton âme. Qu’est-ce que la Beauté, si ce n’est la m’aime chose en vrai ?

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2017

DEBLAIEMENTS


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DEBLAIEMENTS

Premier matin sous l’eau qui lave. J’ai dormi dans la cabane, dormi comme je ne savais plus par où poser la joue. Les cailloux vous reconnaissent toujours au premier pas et avant que le pied se soit posé. Nul besoin de laisser-passer, d’instinct l’ordre recase tout en bonne et due place. L’essence de seul ce qui compte prend effet, la voie qui parle dit ce qui est.

                                À Juliette

Un jour, je sus peu à peu qu’elle venait à moi.
J’eus la bouche pleine de son amour.

Mes yeux n’ont qu’un chemin, ils te parcourent entière Gchaliand_feu_nomade
et mes rêves vacillent au creux de ta rivière.
Tes bras rives de douceur, à tes yeux, en cortège, des rêves de velours
toute l’eau des neiges fond aux perles de tes doigts
et tu offres ta grâce sans désir de retour.
Chacun de tes sourires déchire un peu de roche.

La fraîcheur des rivières au bord des yeux du jour
coule par tes reins fragiles oasis de faiblesse
la rose de ton cœur réclame sa chair de lune
l’amour perle au collier de ta gorge légère.

Je t’aime, la gorge nouée aux fibres de l’été
chaque aube m’éveille tes yeux au fond de mon regard
ma femme heureuse jusqu’au bord des paupières.

Nos rires feront trembler des miroirs d’eau légère

Ton corps offrit un été plus pur à mon corps privé
de sa saison.

Ta cuisse où perle le long filet de ta vie intérieure.
Et le merveilleux éclatement de ton ventre,
séjour nocturne d’obscures espérances
dans le jaillissement de la redoutable fleur
à jamais offerte
fruit de la seule apocalypse.
Toi
enfin nue.

Gérard Chaliand (In Feu nomade et autres poèmes, © Poésie/Gallimard, 2016, p.54-55)

Je vois du garenne se frotter les poils aux premières violettes sauvages. Le soleil en pleure, il a eu si peur. Aujourd’hui mon corps va pouvoir s’épuiser à remettre la cabane à flot. Le mât est à relever, toute ma pensée à hisser, la verticale attend que la plume dise le cri du lion. Le chenal tend la direction du large. Partons mon Coeur l’un vers l’Autre, nos mains sur  la m’aime rame.

Niala-Loisobleu – 31 Mars 2017

LENTEUR IDOINE


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LENTEUR IDOINE

Il faut des jours de rien pour remplir une journée sans courir les échoppes en guise de matière de remplissage . L’embarras saisonnier de mèche avec un trop-plein de boîte à l’être, plus une pincée d’incompréhension ça peut vous gâcher l’Adam plus vite qu’un truc à l’origine reptilienne d’une histoire de paume. On va pas se laisser avaler n’arrêtait pas de me dire le soleil, prends lentement ce que la nouvelle-lune peut changer et  en voiture Simone. Alors partant au devant, je pensais qu’ aller ouvrir la cabane serait de bonne augure.

On dirait que je pense à toi Manache, chaque fois pareil, quand à cette époque printanière, j’accomplis ce rite de passage, pour laver le linge de la haine. Aragon pris à contrecarre, c’est faire comme vouloir faire l’éloge d’un BHL et de sa Barbie. T’inquiètes mon Jean, toi tu Ferrat la vérité, rien que la vérité, j’te l’jure. Le reste on s’en bat l’oeil. Lentement mais sûrement. Sur les mues des mois passés, une virginité s’étend lentement. Personne, on entend le sol respirer et sous les aisselles des troncs on peut voir des nids perler un duvet neuf. L’animal est maître du territoire, qu’il soit à poil ou à plume, la peur du colon envahisseur ne vient pas lui troubler la chanson. Autour on voit les mots devenir charnels. C’est vivant ce calme qui encourage la nature à se se montrer nue.

Cette fois le départ a un manque d’outils rituéliques, mais il ne restera pas dans l’amertume du vélo volé. J’ai vu cet après-midi venir le début d’un attendu demeuré en hypnose.Il y a du semblable à un certain parcours poétique où le loup ne mangeait que les ronces et tissait une jolie robe à la jeune fille sans tomber dans le mélo de la grand-mère. Les glands des chênes ont une pointe verte au nombril. La voix off Nous est connue. Cette lenteur comme elle part, promet bien des satisfactions d’attente.

Niala-Loisobleu – 28 Mars 2017

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Le terme épars – Poéme


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Le terme épars – Poéme

Si tu cries, le monde se tait : il s’éloigne avec ton propre monde.

Donne toujours plus que tu ne peux reprendre.
Et oublie.
Telle est la voie sacrée.

Qui convertit l’aiguillon en fleur arrondit l’éclair.

La foudre n’a qu’une maison, elle a plusieurs sentiers.
Maison qui s’exhausse, sentiers sans miettes.

Petite pluie réjouit le feuillage et passe sans se nommer.

Nous pourrions être des chiens commandés par des serpents, ou taire ce que nous sommes.

Le soir se libère du marteau, l’homme reste enchaîné à son cœur.

L’oiseau sous terre chante le deuil sur la terre.

Vous seules, folles feuilles, remplissez votre vie.

Un brin d’allumette suflit à enflammer la plage

où vient mourir un livre.

L’arbre de plein vent est solitaire.
L’étreinte du vent l’est plus encore.

Comme l’incurieuse vérité serait exsangue s’il n’y avait pas ce brisant de rougeur au loin où ne sont point gravés le doute et le dit du présent !
Nous avançons, abandonnant toute parole en nous le promettant.

René Char

Telles les couleurs que l’enfant roule dans ses billes à l’abri de la règle du professeur, les tubes de peinture ont des cris qui poussent le bouchon à les dévisser. Qui atteindront-ils ? Le lin peut tendre sa toile au châssis, sans que l’effet mouchoir qui peut semer la peur ne puisse être écartée. Ainsi on voit disparaître le nord en plein ciel. Alors le sens initial part en vrille, claudique, l’interprétation passe la ligne jaune, doublant dangereusement la ligne droite. Comment ? En passant à contre-sens tout simplement. J’ai vu la foudre fendre en deux ma volonté de ne rien changer de ma foi. La bonne et la mauvaise. Comme si j’avais pu imaginer tromper l’image encrée en émoi. Oui un brin d’allumette suffit à enflammer la plage. Notre livre reste prologue, jamais ses pages ne se feront épilogue de ma propre volonté. Ma Vie, moa constructor, je me love à ton arbre. Ce dernier Dimanche a comblé son vœu : plus qu’un printemps il n’a été que Nous par la Beauté qui en émane. C’est dur pour vivre, dit le négro spiritual en chantant que le bonheur ça passe chaque jour par blanc et noir.

Niala-Loisobleu – 27 Mars 2017

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BRIS DE GLACE


IRELAND. 1962. Dublin.

BRIS DE GLACE

Dans une étouffante lourdeur la soirée de ce Samedi soir, buttait aux cadenas du manque d’humanité. Soudain une énorme poussée d’air fit sauter la mauvaise foi, d’un tonitruant: « Marre, j’en ai marre, d’être traité comme une bête ».

Les sept vieillards

A Victor Hugo

Fourmillante cité, cité pleine de rêves,
Où le spectre en plein jour raccroche le passant !
Les mystères partout coulent comme des sèves
Dans les canaux étroits du colosse puissant.

Un matin, cependant que dans la triste rue
Les maisons, dont la brume allongeait la hauteur,
Simulaient les deux quais d’une rivière accrue,
Et que, décor semblable à l’âme de l’acteur,

Un brouillard sale et jaune inondait tout l’espace,
Je suivais, roidissant mes nerfs comme un héros
Et discutant avec mon âme déjà lasse,
Le faubourg secoué par les lourds tombereaux.

Tout à coup, un vieillard dont les guenilles jaunes,
Imitaient la couleur de ce ciel pluvieux,
Et dont l’aspect aurait fait pleuvoir les aumônes,
Sans la méchanceté qui luisait dans ses yeux,

M’apparut. On eût dit sa prunelle trempée
Dans le fiel ; son regard aiguisait les frimas,
Et sa barbe à longs poils, roide comme une épée,
Se projetait, pareille à celle de Judas.

Il n’était pas voûté, mais cassé, son échine
Faisant avec sa jambe un parfait angle droit,
Si bien que son bâton, parachevant sa mine,
Lui donnait la tournure et le pas maladroit

D’un quadrupède infirme ou d’un juif à trois pattes.
Dans la neige et la boue il allait s’empêtrant,
Comme s’il écrasait des morts sous ses savates,
Hostile à l’univers plutôt qu’indifférent.

Son pareil le suivait : barbe, oeil, dos, bâton, loques,
Nul trait ne distinguait, du même enfer venu,
Ce jumeau centenaire, et ces spectres baroques
Marchaient du même pas vers un but inconnu.

A quel complot infâme étais-je donc en butte,
Ou quel méchant hasard ainsi m’humiliait ?
Car je comptai sept fois, de minute en minute,
Ce sinistre vieillard qui se multipliait !

Que celui-là qui rit de mon inquiétude,
Et qui n’est pas saisi d’un frisson fraternel,
Songe bien que malgré tant de décrépitude
Ces sept monstres hideux avaient l’air éternel !

Aurais-je, sans mourir, contemplé le huitième.
Sosie inexorable, ironique et fatal,
Dégoûtant Phénix, fils et père de lui-même ?
– Mais je tournai le dos au cortège infernal.

Exaspéré comme un ivrogne qui voit double,
Je rentrai, je fermai ma porte, épouvanté,
Malade et morfondu, l’esprit fiévreux et trouble,
Blessé par le mystère et par l’absurdité !

Vainement ma raison voulait prendre la barre ;
La tempête en jouant déroutait ses efforts,
Et mon âme dansait, dansait, vieille gabarre
Sans mâts, sur une mer monstrueuse et sans bords !

Charles Baudelaire

Où était donc passé le bon côté de la mer, celui qui transporte l’écume et sa baleine sous la main sûre de Jonas ? J’étouffais la gorge pleine, les yeux noyés, les deux mains avalées par le requin borgne. Le pot-au-feu de l’amer n’était plus qu’un tourbillon dans lequel se débattait les hauts-le-coeur. Non l’injuste vision ne peut donner seule son itinéraire pour le mépris. Debout sur le plat-bord, j’attrapais le filet pour lui mordre les mailles. Libération.Le maudit Dick capitaine doit se démordre lui-même de sa vision paranoïaque. On ne poursuit pas une fausse idée constructive à bord d’une grue de démolition. Marie, mon ange, en ce moment en Espagne, sentant le mauvais coup, m’envoya de Cadix, sa belle figure. de proue: « Papou je t’aime tiens le coup, me dit-elle. »

Nialka-Loisobleu – 26 Mars 2017

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