Je te vis, rien qu’ouvert


21225951871c85a3cb0c26b2bf8dfce9

Je te vis, rien qu’ouvert

En dehors de la route, à quelque pas ta présence va-et-vient. Circulation continue qui n’observe qu’une seule conduite, je pense à toi en permanence, d’une soif qui ne tarit pas. Tu peux t’être posée à distance, enfermée dans une combinaison de chasteté d’une préservation particulière, sans clef ni boutons. Tu m’es constamment nue à te montrer à mes yeux. D’autres fois, vêtue de pied en cape, tu me mets tes toilettes en promenade. J’aime ton choix vestimentaire simple quand c’est juste de tes cheveux sans même une barrette sur toute ta peau que tu te vêts. Choix autrement mieux qu’élégant, il colle à toi, sans faire autre chose que t’aller sans te dépasser, tu restes devant et lui t’accompagne comme un gant.

Il y a dans tous ces endroits où nous nous rejoignons, le moment où ta résistance actuelle va s’arrêter. Les ondes qui passent dans nos regards font entrer en toi l’envie de céder à ton enfermement. L’intime fait craquer les vieilles planches, l’âme de l’instrument à cordes parle. Ta bouche n’a plus la même expression, ton buste suit le mouvement de tes seins qui font un saut hors de l’eau. Ouïes déjà ouvertes comme deux poissons. Je te sens parfumée de campagne, ton herbe s’échappe, ta branche vibre. On entend venir le tempo de cette émotion qui donne aux jambes des battements de hanches et des mouvements fessiers que les mains scandent. Rauque n’rôle attitude.

Je ne crois pas avoir oublier de te peindre en général par le moindre détail, chacun de tes grains de beauté, tes poils au bout du pinceau, dans le ton couleur du temps qui passe sans que l’on oublie de le retenir. Le mal qui m’a cassé le dos hier au soir est sans hasard, il a fallut que je réagisse au viol de la cabane, pour que les vandales y reviennent sitôt mon départ. Ma résistance je ne l’a croit pas faite d’orgueil, je la sens plus proche de l’abnégation. D’où la saloperie de mes yeux qui coulent leur acide dans l’interrogation de poursuivre ou de jeter l’éponge. Acte qui m’est étranger mais qui s’insinue.. Si je mourrai ce soir je crois que je n’aurais pas le temps d’en souffrir. Ce dont j’ai seulement la connaissance c’est qu’en dépit du désordre de mon être, je suis clair de l’amour que je te porte. Ne plus rien se poser de question, c’est sûr soulage et quitte de toute forme de peurs dans lesquelles la vie nous jette sans demander la permission.

Nul dieu en roue de secours pour remettre un pneu de pression, je crains qu’un mauvais sort m’est ranci la foi d’un fiel amer. Je ne prierai pourtant rien pour rester ancré à Toi l’oreille collé à la moindre de tes apparitions. Elles restent seules capables de me remettre la vigueur à l’énergie que la scoumoune et l’absence m’érodent.

Niala-Loisobleu – 26 Février 2017

7b617de6d87982d59fa7c98155cb1447

Bleu ouvert en deux lèvres.


Bleu ouvert en deux lèvres.

L’Improbable (Extrait)

Quand nous avons à défier l’absence d’un être, le temps qui nous a dupé, le gouffre qui se creuse au cœur même de la présence, ou de l’entente, que sais-je, c’est à la parole que nous venons comme à un lieu préservé. Le mot est l’âme de ce qu’il nomme, nous semble-t-il, son âme toujours intacte. Et s’il dissipe dans son objet le temps, l’espace, ces catégories de notre dépossession, s’il l’allège de sa matière, c’est sans porter atteinte à son essence précieuse et pour le rendre à notre désir.

Yves Bonnefoy

L’Indélébile

Le mensonge de la petite culotte absente cogne à la fenêtre de l’incantation de ses seins gros, forçant le décolleté d’une robe aux boutons ne tenant plus qu’à un fil. Ce fil du rasoir sur lequel je dus traverser l’image que ses mains impudiques m’ouvraient en me forçant à voir les crevasses où je péris de manque aujourd’hui. Les camisoles depuis n’ont rien détachées de la piqûre des milliers d’aiguilles qui me labourent toujours de leurs éperons. Puissant est le coup de la cravache qui veut passer le poteau d’arrivée. Mes reins se jettent, l’âme à percer. Excitée la voie se dresse sur la pointe des geysers. De la canalisation crevée un marécage nous colle. Chansons de vase qui s’extirpe en chuintements de la botte quand elle soulève son pas. C’est un bateau aux voiles à l’envergure albatros grand écart qui m’avale. Toute sa colonne vertébrale me ricoche, une vertèbre à près l’autre. Les mots qui dépossèdent en se déclarant protecteurs sont-ils comme ces chiens d’un coït sauvage qui ne peuvent plus se décoller que sous le jet du seau d’eau glacée? La rue n’a pas gommée le caniveau de son trottoir. Restent les charrettes des quatre-saisons. Jardin potager d’une lubricité que ne connaissent que les amours totales de l’esprit dans le corps. Allègement des mauvaises graisses qui fondent en subtiles essences ciels et tiennent le désir allumé. L’éternité fauve des peaux résistant aux mégissiers

Je te suis le m’aime,  à la parole qui était déjà acte à la première syllabe. Bleu ouvert en deux lèvres.

 Niala-Loisobleu – 15 Février 2017

95438538

.

 

PLUS QU’HIER A LA M’AIME HEURE


 

PLUS QU’HIER A LA M’AIME HEURE

Je n’ai volontairement ouvert que mes volets intérieurs, choisissant de laisser ceux de l’extérieur en dehors. Pourquoi me demandes-tu de cette Voix-Toi, de jet mots,   qui me chamboule à chaque fois ? Oh pour plusieurs raisons, qui dans le fond sont la même, te réponds-je.Tu sais les traces des dessous que tu ne portes jamais, se mettent par tout comme un territoire que tu m’as mis en partage. Je suis en brossage dedans, mijotant, à la nage, ta peinture aux doigts où que je sois. Le jour où je, qu’on s’est Nous, l’un des émois qui m’a intensément traversé c’est ton côté animal. Tu sens par les vertus phénoménales du poil laissé librement occuper ses jardins ouvriers. Tes seins ne supportent pas plus que moi d’être tenus en cage comme des serins. C’est d’ailleurs ce que je vois sur la jetée du bout des pores en venant voir les marées. T’es une criée retour petit-bateau. T’as l’écaille rose en corps ruisselante. Les voix qui accompagnent tes diverses apparitions  ne galèrent pas sous le fouet.Elles sont chansons de marin tirant sur les écoutes en carguant la toile. J’tire un bord, tu viens à la gîte, rase-motte le dessalage. Toute façon comme tu dis t’as déjà vu ma quille, question safran t’épices et tiens bon la barre. J’attends pas les printemps pour t’avoir au nid de ma façade mon Hirondelle. Quand me sachant mécréant tu viens m’évangéliser,  en communiant  dans ma bouche ton hostie, c’est qui qui part le premier en encens voluptueux ? Au  bastingage de tes hanches j’crains rien du coup de tabac. Un coup d’sein en pleine tronche ça vous île grand-large. L’étagère du dessus du lit, où tes cris tiennent dans le serre-livre de tes cuisses, reste ma préférence de chevet. Mon cheval aime l’harnais de tes aisselles, ça le balance à paris mutuel. Je ne sortirai de Toi que pour les commissions nécessaires à te manger. Je te bois vert orée mon Amour.

Niala-Loisobleu – 6 Janvier 2017

156726

 

 

PROXIMITE


16

PROXIMITE

L’inclinaison de la tige ne renseigne pas sur la couleur de la feuille à venir

il reste entre l’attente et la longueur

l’assise du vide sur laquelle le pont s’appuie de toutes ses jambes

Le vent porte d’Est bien plus loin que le coin de la rue du couché

au moment où le feu passe du rouge à l’avance du vers la sortie de stationnement

les deux trottoirs de nos rues n’ont pas la même exposition;  ça offre à la chaussée le choix d’avancer au milieu

Au bord de la rivière tournent les moulins

celluloïd des grands pavois ou sureau de chants flûtiaux

quoi qu’il en soit

le nombre de tours n’influencera pas le fil de l’eau

Il y aura toujours un grain ente les pierres et les balises

comme de l’air sous le kiosque scaphandrier du grand bassin de la chanson des sources

pour maintenir haut l’aile de l’oiseau

Ne me demandez pas as-tu mal de l’attendre puisqu’elle est là, la présence c’est plus que la démonstration bonimenteuse à l’étal

Les basses-eaux laissent au bateau la vision libre du large au repos des vagues. Pendant que les bulles prouvent la présence effective des poumons du sable, la plage suce les ciels sans nuages, confiserie d’iode piquée sur un mât

Te savoir à mon souffle liée

me tient bien plus en l’haleine chaude

qui préserve mieux du froid de la séparation

que la chaleur artificielle d’une présence simulée

Ton âme en mon bois

ventricule la sève de mon arbre d’un pouls régulier

Les maisons blanches accrochées aux sierras de mes voyages se serrent  aux cordes des guitares en battements de pieds. La fraîcheur de ta fontaine pleure d’amour pour faufiler chaque tableau par les venelles de nos coups de chaleur.

L’expérience de la relativité remet à jour les paramètres de la proximité, cette odeur particulière que la terre chaude exhale après l’ondée solaire de l’encre humaine.

Seule l’enfance n’est pas à séparer de la traversée.

Niala-Loisobleu – 16/05/16

99765234ef4d8f288ed977c7c3a89086