ET L’OISEAU


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ET L’OISEAU

A peine la branche posée au pivot de la forêt

à peine la feuille sortie du moulin à papier

à peine le tutoiement du bourgeon et du fruit

qu’un désir irrépressible crie de taire pour laisser l’alliance dire oui…

Niala- Loisobleu – 17/09/18

COMME LE BLEU SE FAIT INTENSE


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COMME LE BLEU SE FAIT INTENSE

 

Le pavé froid tend sa joue

à travers les barreaux de sa cage le quotidien va choisir de s’évader.

Dans les pages du jardin secret, l’insecte balade son encre sans relâche, est-il si petit qu’on arrive parfois à ne plus le voir ?

C’est vrai que sa vocation peu exhibitionniste l’oblige à cacher, pourtant croyez-moi, plus nu tu mourrais.

Je pense que l’âme est vaste au point d’avoir choisir d’habiter le corps afin de pouvoir rester dans l’étriqué visible. Modestie oblige.

Septembre est  bien dans sa peau, je veux dire la peau de l’âme car elle en a une et bien plus charnue qu’on l’imagine. Ce mois est humble, voilà pourquoi il lui sied. On voit les pampres sur le bord d’éclater, la treille déleste ses feuilles pour tenir le grain le plus longtemps possible afin que dans les jours à venir les pieds puissent le fouler. Jaillira le sang de la vigne, l’ivresse joyeuse venant à bout du vain.

Comme le bleu se fait intense

Ô ma Muse, je te trempe aux feuilles de mes toiles pour que tu peignes, seins offerts à ma soif de la troisième dimension du non-dit, ce mot qui crie retenu, lisible comme les gravures de pierre d’une obélisque jaillie du Nil, axe solaire s’il en est dans les bras du Sphinx, gardien imperturbable du fil des cataractes, grand maître de l’estuaire, pierre fendue de la Lumière…

Niala-Loisobleu – 07/09/18

ENTRE TIEN EMOI 22


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ENTRE TIEN EMOI 22

 

L’air remue

Au coeur d’une naissance je vois remonter une image. L’intime chuchote à voix basse, on ne croirait pas pouvoir fusionner à ce point et voila d’un coup c’est intestinal, tant ça tord. La toile n’a jamais été aussi grande de format et de thème de t’aime. Le bleu marque l’écho des poings.

Le train est en gare, la rentrée reprend sa vacance pour voyager au taire promis.

N-L 6 20:08:18

QU’A TARD TÔT VIENNE


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QU’A TARD TÔT VIENNE

 

 

L’embrun refuse l’incarcération

les longs couloirs sans crête et sans coques

ce rai du jour d’un cul de base fausse que la feuillée ignore

A croupis

un saumâtre de vapeurs de soufre brûlant la poche de poitrine

pas plus qu’à genoux

voulons aimer bouches râpées

Non-émasculés des ocres sans gains nés des mots et des peints

serment gravé à l’âme qui ricoche de pierre en pierre sans gerçures

au pentu de la maison d’Autan Occitan tenue d’un chêne libre de fugue

 

Niala-Loisobleu – 25 Juillet 2018

 

MA BELLE OUVERTE


 

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MA BELLE OUVERTE

Ma belle ouverte en majuscule
Je sens
La nuit courir sous mes doigts
Ils crient devant toi gesticulent
Et ciel
Je veux mourir dans tes bras

Toi ni jalouse ni méchante
Je peux
Presque tout dire sur toi
Je te fais l’amour je te vante
Oui mais
Je parle d’autres parfois

J’ai au creux des mains les images
Qui font
Que mes accords sont brisés
Merci pour chacun des orages
Que je
Fais sur ton dos de damnée

Je dis ce que je ne dis pas
Le jour
En toi se tue la censure
Je suis l’amour j’ai tous les droits
Ma vieille
Je l’aime oh oui je le jure

Ma belle ouverte aux amertumes
Comme aux
Sentiers de sang sentiers d’or
Je crache un peu sur ton écume
Enfin
Je vois ce que voient les morts

Je te trahis tu m’abandonnes
Et femme
Je me noie dans tes brouillards
C’est grâce à toi que je me donne
A tous
A la fin de toute histoire

Et tant qu’aux néons de tes anges
Tout seul
J’irai me crever les yeux
De toutes les morts qui dérangent
Je ne
Craindrai que la mort des feux

A ce feu qui met en lumière
Les cœurs
Les cris les vœux défendus
Je voudrais faire une prière
Et dire
Merci de m’avoir tenu

L.L.P


 

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J’ENTENDS UNE RIVIERE

 

Tout en haut de ce moment, alors qu’alentour se dispersent les bancs de brume, nous voici au pied de celui sur lequel dans la ouate du matin nous nous étreignîmes dans le rite du bon jour.

Les méandres des vertèbres vont au-devant d’un retour à la case délivrance. En corps, en corps, répète cet oiseau de son cri joyeux, invisible caché dans le feuillu de son arbre qui porte un message en bruissant de nudité totale. Mettant son essence en clair.

Sont passés des cohortes sauvages, lanciers, sabres au clair dans une fantasia lâchant ses chevaux.

L’airain a fixé le balancement conjugué de la parade. Eclat d’un rai inondant la dalle. Quelque rite ancestral ramène le sacré au point de départ, quand aucun dogme n’avait pu s’en emparer. La nature de l’homme a tout l’instinct de l’animal, son intelligence vient d’être allumée par l’inné de l’amour.

Le rut fond la couleur du ciel dans les gaz que les cratères dispensent en lâchant leurs laves, la forme du cri est au plein du délié, le verbe s’exprimant par le tournoiement rythmé des seins fauve ses résonances ventrales, qui est l’autre ?

La question se répète en boucle….

Niala-Loisobleu – 21/05/18

CHUTE SUR LES BORDS DU TEMPS


CHUTE SUR LES BORDS DU TEMPS

L’oiseau du jour a dévoré les horizons, les horizons qu’on a cousus avec des fils d’azur et de beau temps, d’aveux et de prisons.

Sur le nez d’une ville,

la tête cachée sous un cercle d’aiguilles d’or

– est-ce pour clouer sous le charme de son plumage

le secret multicolore des paysages ! —

il gonfle son ventre de nostalgie.

Qu’il était doux de rire du sort

ainsi qu’un homme dont le vin a bu le crâne

en se baignant dans les seins voilés d’écume

Va-t-il rouler au pied du temps

l’oiseau du jour, l’oiseau tout velu de couleurs

l’oiseau prodigue comme le printemps !

Il glisse ses paupières

comme pour fermer à son regret toute sortie.

Quelques minutes ont coupé de l’arbre son cœur : il doit rouler le long des pentes.

Son sang d’aigle vaincu, son sang noir,

a coulé sur la terre

comme les bouches muettes de la mort sur les cimetières.

 

Lucien Becker

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 Quelques pas, oh à peine moins d’une botte, le frémissement était palpable, A la manière de se hâter on voyait que les fourmis étaient en grand nettoyage de printemps. La chambre, fenêtre ouverte, avait la ruelle palpitante contre un clos pour mûrir les baisers sur la claie des seins. Le tronc sur la console des cuisses s’étant débarrassé de la franc-comtoise, ce qui balançait était loin d’hésiter. Les draps en sentant le changement d’horaire avaient une odeur de fumée d’entrain. Longue histoire, l’oiseau descendit de sa branche, transpercé d’émotion. Titubant sous le coup, il posa son pinceau, sans lâcher la phrase qu’il peignait, allant même jusqu’à s’y mettre en parenthèse. L’air sans devenir étouffant perdant de son soutien, le feutré du billard laissa le bleu à boules venir à la rescousse. Juste un bruit de projecteur et le rayon de l’image, la vie en arrière se projetait sur le mur. Ronde de femmes, formes Braque, pensée Demoiselles d’Avignon, les hautes-pierres des carrières des Baux bougeaient sous les mouvements d’Orphée. Poésie en aigu, l’ombre en combat avec la lumière. Trier et mettre cartes sur tables. Remonter la hausse, le viseur cligne de l’oeil, regarde que la cible. L’aigreur est dans les inévitables erreurs du labyrinthe. Cette femme pourquoi est-elle disproportionnée de taille, celles-ci en deviennent naines, quoique arrivant à dépasser les hommes qui détonnent dans le parcours. Un pincement remonte de l’aine jusqu’à la saignée du cou. Quelle douleur. Une histoire inordinaire traverse le commun. Séisme dans la chambre des endormis ? Non cycle rénovateur, on remet le train fantôme dans le tunnel et on casse le tartre dans la rivière. Un cheval hennit, la croisade s’amuse avec un enregistrement d’une illumination de gardienne de moutons. La transparence en découvrant la partie intime écarte la faiseuse d’anges, il y aura naissance sans interruption du Mickey.
Niala-Loisobleu – 25 Mars 2018

Mîme de Rien


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Mîme de Rien

 

Sont-elles cousues de sève

rivées de lumière

batelées d’ambroisie

pulsées d’aube

molletées sans guêtres

dentelées tels un pouls ?

Je ne sais

à part que dans la coulée du grain

mes pensées se saisissant de mes mains, vont du sablier  au large sans découdre la chair autour de l’os

tirant les soufflets de l’accordéon dans les branchies de l’arbre à prières

sur le volet de ton existence unique parmi les zombies

Le bruit a quitté le son de conduite au premier méandre sortant de la ligne médiane de ton humidité

pendant que s’installe un amortissement qui bouche l’instrument réactif au profit de ce glissement de slow que ta poitrine guide en pas de deux métronome

tes ô vers

de leur haleine hormonale, restent seuls à s’adresser à mes gonades

dans ce désert mis en vitrine, qu’un soleil devenu fruit d’un rapt, glacifie

te voilà en corps pleinement oasis.

 

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2018

 

TOUJOURS POUR LA PREMIERE FOIS


TOUJOURS POUR LA PREMIERE FOIS

Toujours pour la première fois

C’est à peine si je te connais de vue

Tu rentres à telle heure de la nuit dans une maison

oblique à ma fenêtre

Maison tout imaginaire

C’est là que d’une seconde à l’autre

Dans le noir intact

Je m’attends à ce que se produise une fois de plus la

déchirure fascinante

La déchirure unique

De la façade et de mon cœur

Plus je m’approche de toi

En réalité

Plus la clé chante à la porte de la chambre inconnue

Où tu m’apparais seule

Tu es d’abord tout entière fondue dans le brillant

L’angle fugitif d’un rideau

C’est un champ de jasmin que j’ai contemplé à l’aube

sur une route des environs de Grasse

Avec ses cueilleuses en diagonale

Derrière elles l’aile sombre tombante des plants dégarnis

Devant elles l’équerre de l’éblouissant

Le rideau invisiblement soulevé

Rentrent en tumulte toutes les fleurs

C’est toi aux prises avec cette heure trop longue jamais

assez trouble jusqu’au sommeil

Toi comme si tu pouvais être

La même à cela près que je ne te rencontrerai peut-être

jamais

Tu fais semblant de ne pas savoir que je t’observe

Merveilleusement je ne suis plus sûr que tu le sais

Ton désœuvrement m’emplit les yeux de larmes

Une nuée d’interprétations entoure chacun de tes gestes

C’est une chasse à la miellée

Il y a des rocking-chairs sur un pont il y a des branchages

qui risquent de t’égratigner dans la forêt

Il y a dans une vitrine rue Notre-Dame-de-Lorette

Deux belles jambes croisées prises dans de hauts bas

Qui s’évasent au centre d’un grand trèfle blanc

Il y a une échelle de soie déroulée sur le lierre

Il y a

Qu’à me pencher sur le précipice et de ton absence

J’ai trouvé le secret

De t’aimer

Toujours pour la première fois

André Breton « L’air de l’eau »

Tes yeux devenus sans heures marquent le tant des aiguilles de tes cils, Tic-tac, mon coeur fait coucou tendu, La transe apparence se concentre d’une simple apposition des paumes pour te faire venir au clos de mes paupières, Les contrées par où défilent les mots tus sont plaines de semences, N’as-t-on pas vu les terriers organiser des journées portes-ouvertes ? Dans l’invisible lumière des hésitations réitérées au bord des jours, les trèfles à quatre-feuilles n’ont qu’une suspension tributaire de la solidité de la tige, trois points c’est tout, Sur les corniches de mes vertiges je varappe à tes parois avec tes seins tenus à demain en balancier,Toi au bout du long couloir sombre des nuits approche des rose matins, Nos lèvres ont soif, les longues traversées sèchent la langue de leur sel au centre du silence que le vent porte au centre de nos pensées, Voic l’herbe folle de la comète, Nous nous y accrochons de nos dos renversés, Allongés sur le m’aime drap, nus, au fil de notre odyssée la rivière méandre sans ahaner,

Je te laisse ma main

A tremper dans ton encrier

Niala- Loisobleu

2 Avril 2017