EPREUVE


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EPREUVE

Bout de la ficelle défait de la patte, l’horizon est détaché

propre et figuré.

Les yeux roulement à billes vont y embarquer

pour s’y taire,

faut apprendre à regarder…

Niala-Loisobleu – 3 Mai 2018

 

LE MOULIN A MAREES


 LE MOULIN A MAREES

Ce qui marque

des pieds

autour de l’eau qui tourne

tient l’oiseau en vol

D’un grain

le chant se propage

sous la pierre qui meule

sans briser la parole donnée

Je me jette à la vie

comme un poisson ailé

saunier de son état

Niala-Loisobleu – 3 Novembre 2017

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PROMESSE 2


PROMESSE 2

La promesse pour moi est un acte en continu, chantier permanent de son chemin initiatique. Il est des jours les plus gris le bleu qu’il faut tenir sans ségarer dans le rose des bluettes pour midinettes en panne d’horloge. La peinture est mon épreuve depuis le premier jour. Âpre et dure, sans concession, elle tord la tripe jusqu’à ce qu’elle expulse le cri de sa volonté pugnace. L’Art n’est pas un loisir. On ne crée pas pour faire joli, on crée pour tirer la lumière de l’ombre. L’enfant est une promesse en soi. Dans tout son symbole, il sera le facteur majeur de son combat pour la tenir sa promesse. Car elle ne peut qu’être d’Amour à donner, à faire, sans vouloir toujours prendre.

Après quelque temps,

Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme.

Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.

Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…

Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.

Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.

Après un certain temps,

Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.

Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.

Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.

Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.

Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.

Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.

Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.

Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.

Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons…

Tu apprendras que les circonstances, et l’ambiance qui nous entoure, ont une influence sur nous, mais que nous sommes les uniques responsables de ce que nous faisons.

Tu commenceras à comprendre que nous ne devons pas nous comparer aux autres, sauf si nous désirons les imiter pour nous améliorer.

Tu découvriras qu’il te faut beaucoup de temps pour être enfin la personne que tu désires être, et que le temps est court…

Tu apprendras que si tu ne contrôles pas tes actes, eux te contrôleront.

Et qu’être souple ne signifie pas être mou ou ne pas avoir de personnalité : car peu importe à quel point une situation est délicate ou complexe, il y a toujours deux manières de l’aborder.

Tu apprendras que les héros sont des personnes qui ont fait ce qu’il était nécessaire de faire, en assumant les conséquences.

Tu apprendras que la patience requiert une longue pratique.

Tu découvriras que parfois, la personne dont tu crois qu’elle te piétinera si tu tombes, est l’une des rares qui t’aidera à te relever.

Mûrir dépend davantage de ce que t’apprennent tes expériences que des années que tu as vécues.

Tu apprendras que tu tiens beaucoup plus de tes parents que tu veux bien le croire.

Tu apprendras qu’il ne faut jamais dire à un enfant que ses rêves sont des bêtises, car peu de choses sont aussi humiliantes ; et ce serait une tragédie s’il te croyait, car cela lui enlèverait l’espérance!

Tu apprendras que, lorsque tu sens de la colère et de la rage en toi, tu en as le droit, mais cela ne te donne pas le droit d’être cruel.

Tu découvriras que, simplement parce que telle personne ne t’aime pas comme tu le désires, cela ne signifie pas qu’elle ne t’aime pas autant qu’elle en est capable : car il y a des personnes qui nous aiment, mais qui ne savent pas comment nous le prouver…

Il ne suffit pas toujours d’être pardonné par les autres, parfois tu auras à apprendre à te pardonner à toi-même…

Tu apprendras que, avec la même sévérité que tu juges les autres, toi aussi tu seras jugé et parfois condamné…

Tu apprendras que, peu importe que tu aies le cœur brisé, le monde ne s’arrête pas de tourner.

Tu apprendras que le temps ne peut revenir en arrière. Tu dois cultiver ton propre jardin et décorer ton âme, au lieu d’attendre que les  autres te portent des fleurs…

Alors, et alors seulement, tu sauras ce que tu peux réellement endurer ; que tu es fort, et que tu pourrais aller bien plus loin que tu le pensais quand tu t’imaginais ne plus pouvoir avancer

Jorge Luis Borgès

 

Ce poème n’est pas de William Shakespeare comme la rumeur du net tend à le faire croire, comme d’autres d’ailleurs. Il conforte l’autre plus connu « Tu seras un homme mon Fils », en abordant le chemin par l’autre face de la montagne.

Niala-Loisobleu – 20 Avril 2017

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DESCENTE D’UNE ÎLE


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DESCENTE  D’UNE ÎLE

Qui t’avait bâti des cils

l’imitation du bleu égyptien,

le concassé de verre du faîte des murs

où le pigment des romains du pousse en bas

qui mosaïque encore la fin de Carthage?

Ton regard réverbère

a flâné  dans mes rues en dépliements limonaires,

cachés sous le masque de carton percé de notes foraines,

une odeur de cheval chaud entre les jambes

pour solde d’émotion

au rabat des paupières

Je nous revois debout au claquement tendu des voiles,

débordant le reflet de l’avant-dernière pyramide, cherchant le caillou,

pour passer entre les colonnes d’une palmeraie

suant des dattes échues au cadran solaire,

un cuir de crocodile en façade des dunes accroupies

pissant les cataractes au lac Nasser

Quelque tu soies à nu de la vérité dissimulée

je t’ai aspé par les traboules

en cavalcade de pieds nus pour taire le bruit des bottes.

Tu n’as pas connu Jean Moulin, pourquoi te dis-je ça?

Parce que je garde les purs

plus vivants que les momies d’une lettre d’amour papyrus,

que les hyéroglyphes d’une pierre muette on voulus encrer de soleil.

Copié-collé d’hier sur aujourd’hui

désordre

temps l’heur d’été en heurts divers

montre mol

un pied dans la mauvaise chaussure de l’horaire.

Je ne suis qu’un secret taire vénitien niellé de tiroirs pleins

qui cognent à la surface de l’ô pour prendre l’air

Une seconde, que j’m’y r’trouve, où tu m’as suis-je collé

dans ce mensonge prologue-épilogue,

dernière feuille tablant matière

à persister cette manière de débarquer

en main tenant une poire pour la soif

Mon sable crisse au rose des écailles que les ouïes ventilent au boulier

le caillou tient par le fil d’une semelle de vent en arrière-pensée

tes sarments de piquette d’amour

et mes pigments

ne sont que les plumes minérales accouchées sur la toile

que mes mots tissés au blanc de mes poils nus vêtent de leur corpus

Tout en un, répète mon pantalon blanc, en marchant dans la merde jusqu’au « je nous ».

Déjà dès quand j’avais été petit, j’ai goûté à l’abus de camarades profiteurs. Le petit enfant que je suis resté a continué à servir de casse-croûte aux barbares des deux sexes. Ils arrivent plein d’empathie, enfin reconnus te disent-ils, pour leurs vraies qualités, tu deviens leur homme, ils te le jurent, te voilà cet être merveilleux, pur et sans tâche qui a su reconnaître ce qu’ils se croient être. Le tricheur est tellement angélique que tu ne vois qu’après que c’est un parasite. Son habileté à se faire luire à partir de ce qu’il ne possède pas, fait l’admiration  d’une cour ténébreuse dans laquelle il satisfait un boulimique et chronique instinct de mentir. Ils ont tous les costumes dans la penderie, tous les accessoires pour aborder n’importe quel rôle sur la grand-scène fabuleuse d’internet.

Le recul des côtes rapprochant du large, le sel se trouve donc pêchable dès le bord. Alors si t’y trempe le carrelet, tu peux remonter du crabe qu’en apercevant le danger de ses pinces. Suffit de se foutre ,à poil, il meurt sur le coup. Bien sûr la nature est marquée par cette pollution humaine. Impossible de l’éradiquer, les verts qui s’en flattent avec leur bio sont juste intéressés par le profit monétaire. Alors comment faire ? il reste assez de propreté chez l’Homme pour la donner en partage à ses enfants. Mon Louis vient de quitter le nid parental, il vole tout seul ce petit-fils à qui j’appris le Nil. Tout à l’heure il va venir chercher des peintures pour ses murs blancs. A voir comme il allume de bonheur de se savoir libre, je suis tranquille, la graine lève encore. Rien n’est foutu au coeur.

Niala-Loisobleu – 15 Mars 2017

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L’Adolescent Souffleté


L’Adolescent Souffleté

Les mêmes coups qui l’envoyaient au sol le lançaient en même temps loin devant sa vie, vers les futures années où, quand il saignerait, ce ne serait plus à cause de l’iniquité d’un seul.
Tel l’arbuste que réconfortent ses racines et qui presse ses rameaux meurtris contre son fût résistant, il descendait ensuite à reculons dans le mutisme de ce savoir et dans son innocence.
Enfin il s’échappait, s’enfuyait et devenait souverainement heureux.
Il atteignait la prairie et la barrière des roseaux dont il cajolait la vase et percevait le sec frémissement.
Il semblait que ce que la terre avait produit de plus noble et de plus persévérant, l’avait, en compensation, adopté.

Il recommencerait ainsi jusqu’au moment où, la nécessité de rompre disparue, il se tiendrait droit et attentif parmi les hommes, à la fois plus vulnérable et plus fort.

René Char
Je fus d’abord anonyme. Lâché, ignorant tout du parachute. Mais pareil en tout cela que tous les autres marmots mis au monde.
Gardant la leçon première de natation in puris naturalibus.
Le premier aiguillage survient, c’est la règle imposée. Le bon comme le mauvais vont s’y trouver.
De toutes les naissances successives qui s’ensuivront, la plus importante se situe dès l’apparition de la règle imposée, elle s’appelle l’Equilibre. Auquel nous ne cesserons jamais de devoir faire appel. Ying et yang. Nôtre Porte Basse.
Je suis né d’une pierre brute
j’ai levé la tête
puis à genoux au sol ai tracé
Pierre
j’ai poli
j’ai monté rang après rang
pour atteindre la flèche
j’émane d’avant pour après
je construis ma cathédrale
mécréant sacré
Homme de Foi
Niala-Loisobleu – 18 Novembre 2016
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