EFFACEMENT DU PEUPLIER


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Effacement du Peuplier

par René Char
 

L’ouragan dégarnit les bois.
J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.
Laissez le grand vent où je tremble
S’unir à la terre où je croîs.

Son souffle affile ma vigie.

Qu’il est trouble le creux du leurre

De la source aux couches salies !

Une clé sera ma demeure,

Feinte d’un feu que le cœur certifie ;

Et l’air qui la tint dans ses serres.

 

Toute la nuit le tableau et moi, nous avons remonté « Nous » un pas après l’autre.
D’un moindre gravier à l’immense pierre bâtie l’une contre l’autre pour aiguiser la flèche à crever les nuages.
Combat interne où l’unique conquête est de surmonter ce qui fait stase pour ne pas toucher au substratum.
L’un des rampants monolithes du fronton de la colonnade s’étant rompu au montage on en fit un en aggloméré, et cet aggloméré est toujours là; on ne le distingue pas du rampant qui est en pierre naturelle. Arts et litt., 1935, p.20-08.
Se maintenir tel. Pas une contrefaçon. Ne pas signer l’oeuvre avant de l’avoir épurée de ce qui serait sous influence. N’être pas parjure à son Esprit.
Apprendre à se parfaire soi m’aime pour déserter les homes de paille.Pavillon de complaisance des tentations sous.
L’oeuvre est miroir. La toile ne doit rien occulter de son autre côté. Savoir froisser l’image précédemment écrite, la mettre à la corbeille.L’écriture-peinte est en braille !
Nuit de mes vingt ans retrouvée, je suis rentré à nouveau en loge, seul avec mon Identité. Toujours revivre son testament philosophique. Il n’y a pas d’âge pour vivre. Juste le devoir d’être présent à chaque instant de son existence.
Niala-Loisobleu – 18 Juin 2016

QUESTION DE DIRE 1


QUESTION DE DIRE 1
Comment te dire sans te causer à la machine à écrire
ces mots-doigts aux coussinets de lèvres
rayant des ongles l’émail de l’absence de son et lumière
Comment déshabiller cette distance sans desserte
avec mes jambes colliers de fleurs sur un bateau à balancier
pendant que les palmiers remuent les hanches pareil à ce qui va inné

J’ai du sang dans mes veines à transe fuser par poignets

Ces odeurs de chiens qui mordent le chemin sont comme des cordes à linge  où les fleurs de ta robe prennent le vent pour taire ô

Collé à l’espoir de goûter le chant de ton coquillage

Est-ce que je suis pas un corps-mort où la vie s’amarre

et point barre ?

Niala-Loisobleu – 25/04/16

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