NÔTRE LIEU D’ASILE


NÔTRE LIEU D’ASILE

Merveilleux

éclats de pierre

rapprochés

Vibration

du fond de l’âme

Qui jaillit malgré

ses toits gris

ses rues fermées

ses orées invisibles

ses rivières à sec

ses herbes fanées

ses plages où dans le sillon

la musique fait station

l’aiguille au fond d’une vaine attente

C’est pas facile de se construire la façade au soleil

quand tout avale le malheur

Pourtant le choix est simple

ou tu vais jette en arrière

ou tu pousses en avant ton désir d’être

Ignorant que le deuil se porte de son vivant

parce que rire de son présent serait mettre des fleurs au tissu du suaire

donc inconvenant

On a choisi de vivre Bleu

Sans goût pour le rassis d’un peint quotidien

Quand on s’a croisé

ta venue ne m’a pas semblé contraire

à un choix de mise à part

fait au coeur de la débâcle

Alors si toi et moi

on va à l’an vert

c’est sans aucun doute

parce que c’est notre seul endroit d’être

Si le monde n’est pas ce que nous en faisons

désamarrée du lingot

la traversée sera ruine d’un bord à l’autre…

Niala-Loisobleu

4 Novembre 2016

 

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L’ÂME BLESSEE D’UN ELEPHANT NOIR (Extrait)


L’ÂME BLESSEE D’UN ELEPHANT NOIR (Extrait)

C’est de l’étoile que naissent toutes les légendes

la légende de la lumière dans le ciel noir

dans la clairière de l’ombre dans l’éclair des tempêtes

la légende de la nuit à l’heure des ténèbres
Ô mon fils !
tu apprendras à la forêt à être fière de l’arbre
Mamonomé ! eh Da !

l’âme blessée d’un éléphant noir reconnaît en toi son adresse

Si ton itinéraire te désavoue
accepte de tomber sans précaution. La chute
est humaine. Ne pleure pas. Elle est le témoin
de la traversée des sentiers. Ne pleure pas. L’expérience
est au prix
de la marche éternelle.

verse des larmes si
ton coeur mordu par la douleur
te le réclame
mais ne pleure pas

Avec ta main entière sur ton cœur, juste ta main comme repère
tu apprendras à être proche sans te confondre

tu apprendras à croire à ce que verront tes yeux d’homme
dans le désordre ardent de l’obscurité meurtrière

l’arbre qui se consume dans l’épreuve du feu n’ignore pas le recueillement

et n’oublie pas
ta parole est ta mémoire
le silence est ton enclos
aux âmes vulnérables
la patience garantit l’éternité du chemin

GABRIEL MWENE OKOUNDJI

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ET SI EN PLUS IL N’Y A PERSONNE…


ET SI EN PLUS IL N’Y A PERSONNE…

Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Tant de processions, tant de têtes inclinées
Tant de capuchons tant de peur souhaitées
Tant de démagogues de Temples de Synagogues
Tant de mains pressées, de prières empressées

Tant d’angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding
Il n’y a personne

Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Il y a tant de torpeurs
De musiques antalgiques
Tant d’ante-douleurs dans ces jolis cantiques
Il y a tant de questions et tant de mystères
Tant de compassions et tant de revolvers

Tant d’angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding
Il n’y a personne

Arour hachem, InchAllah
Are Krishhna, Alléluia

Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Si toutes les balles traçantes
Toutes les armes de poing
Toutes ces femmes ignorantes
Ces enfants orphelins
Si ces vies qui chavirent
Ces yeux mouillés
Ce n’était que le plaisir
De zigouiller

Et l’angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding

Il n’y a personne

Et l’angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding
Il n’y a personne

ALAIN SOUCHON

LAURENT VOULZY

 

Avant de revenir dans ma Naissance…


Avant de revenir dans ma Naissance…

 

J’ai la racine de mon arbre qui fruite

un drain que les caillots philtrent

Au loin rien ne s’écarte du proche, hein ?

 

Sur un ciel noir en serre, le plâtre de paris colle au lattis-lazuli. Jeux interdits. Nous sommes encore tenus au secret des mots mis à nu du sarcophage. Comment le Nil a-t-il accroché la pyramide à l’oeil du Soleil ? Le mystère a seul le pouvoir de garder le grain.Quand le petit gravier de Poucet remontera par le trou de la poche percée, les chemins du Paradis Perdu seront parallèles aux miens.

 

Surtout, surtout, mon Coeur

ne me délie pas de la corde des guitares…

 

Niala-Loisobleu – 31 Octobre 2016

 

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Pieds en l’air la chaise renversée chaloupe l’évasion, absence seins phoniques


Pieds en l’air la chaise renversée chaloupe l’évasion,

absence seins phoniques

Des parasites bafouillent sur la modulation de fréquence
La méga herse s’est couchée en travers de la chaussée
Au milieu du canal le pont-levis est relevé
Les notes s’engloutissent
Le sabre de la nouvelle lune coupe le crêpe de la nuit
Pas un geste de la parole ne rompt les barreaux

 

Aux mains griffant les décombres d’un bonheur arraché
Sur la langue de la plage sèchent des mots échoués

Salive enregistrée
Raides d’un sel qui les a conservé intacts
Mots de tout que le silence n’a pas étouffé
Juste mis en attente
Ma mémoire d’amour guette
Du plus haut de la hune
Le signe
Le souffle
L’onde

Qui va recercler les hanches des canards

Le lien patient a cassé la glace de son étrave

Elle se dresse
Jour en corps au centre de la nuit
Demandant pardon aux hommes de n’avoir su trouver l’emplacement du bonheur
Présence à portée de coeur
Debout dans ses yeux
Sur le sable qui moule ses chevilles
Au seau appâté par la pelle de son désir
Trois cormorans crient d’elle et de lui
L’île n’est plus lointaine
Il y est pour ailes mais où est-elle
La marée s’est retirée pour laisser passage aux pieds
A contre-courant la nage est vaine
Les coquilles crissent leur vide au marché nus pieds
L’eau douce sale les larmes et bleuit les joues
Le jour n’est plus loin
Occis gênes et pièges menant droit aux naufrages
Une lueur tend son cordeau mauve sur l’horizon
Qui dévoile le chenal
Sur le môle nimbé de blanc un home attend seul
L’ouverture des portes de l’écluse pour changer d’étiage

Niala-Loisobleu

31 Octobre 2016

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CONTRE-VERITE


CONTRE-VERITE

Malmené, je cherche des mains a planter le sentiment dans sa graine, pas dans sa récolte marchande..

Je n’ai de moi rien à vendre

JE SUIS QU’UN BATEAU ESPAGNOL

plaire m’est étranger

Je déplais sans le chercher

JE SUIS QU’UN BATEAU ESPAGNOL

Ceci n’est, parmi d’autres, que l’erreur dont m’affuble la vie salope

Eh vous n’en savez rien quand j’ai mal

tant pis servez-vous ailleurs

JE SUIS QU’UN BATEAU ESPAGNOL

Niala-Loisobleu – 24 Octobre 2016

LES P’TITS CAILLOUX & C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS


LES P’TITS CAILLOUX & C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS

LES P’TITS CAILLOUX

L’escalator charrie ses usagers, le monde humain monte et descend sans trop savoir qui, de lui ou de la machine, choisit la couleur de ses pas. Une forme d’obstination conduit les uns à vouloir ne voir qu’une seule direction, en dépit de la moindre observation, il y a pourtant assez de signes clairs pour éviter de se tromper d’itinéraire.Moi ça me fait mal de le voir s’engouffrer dans une illusion alors que le paysage dévoile sa véritable figure. C’est insupportable de penser qu’il faut avoir la méchanceté de faire mal pour éclairer.Les mauvaises intentions quand elles ne sont pas innées, ça devient mission impossible. Il faut pas croire que ce qui fait plaisir.

Les autres sont entrés dans les ordres du courant. Les voilou, les voilà entrés au monastère du va comme j’te pouce, il sucent leurs doigts depuis qu’ils sont au monde. La gougoutte qui gave, rassure, et surtout dispense de tout engagement en faisant office d’aimant.

Ceci dit rien qu’en passant plus vite que la vitesse de la lumière, pour sortir des ombres chient noises.

Je viens d’apercevoir un parfum nouveau. Trois gouttes derrière l’oreille m’ont soulevé et mains tenues en suspension, exactement de la même façon que de sur la palette surgit un nouveau ton. A la base du mélange, les ingrédients étaient semblables, puis sous le charme d’un fait d’exception, le volume a atteint la troisième dimension.

Peindre c’est chercher à exprimer ce que les mots n’ont pas le pouvoir de dire, ce qu’ils ne trouvent qu’à écrire sur des papiers qui vont à la corbeille, tous froissés.

Exprimer son propre mystère c’est pas facile, et on peut pas dire qu’à partir du rajout d’un autre mystère, l’équation se simplifie.

Mais on peut pas nier, que c’est grâce à cette addition, que bien des choses arrivent à se soustraire au bénéfice de plein d’autres qui ont multiplié les possibilités. Voilà, dans le fond c’est simple, j’écarte la division.

Niala-Loisobleu – 17 Juin 2013

 

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C’EST TOUS JOURS DEUX MAINS

Demain ça pourrait pleuvoir que ça changerait rien au soleil que je vais monter au fil de mes chaussettes, histoire de ne pas douter que j’ai le pied sol-air.

Depuis que ce monde a poussé son premier cri, que l’évolution a fait un inénarrable bond, rien a changé. L’HOMME SE VEUT BON , SE VEUT MEILLEUR…Tu parles, il a gardé tout de l’animal, plus féroce parce que capable de réfléchir…

A côté d’un bombardé y a toujours un tireur de ficelle à l’abri. Là où le pain n’est plus quotidien depuis plus longtemps que c’était avant, il y a une villa milliardaire qui lotit où on jette la bouffe. Dans le gros cul d’une nulle people qui gagne des fortunes à le faire photographier du soir au matin, un sphincter opère le même transit qu’un autre, sauf que sa merde à ailes la fait vivre. Et le chanteur qui n’a pas plus de voix qu’un candidat à la primaire passe en boucle, mistral gagnant, sur la prochaine faillite de son pays. Oh, mille excuses Messire, paraît que tu accuses la justice de lâcheté, mais dis-moi minable petite ombre, où as-tu sorti tes couilles, toi, autrement qu’en chambre close de ta vie lupanar d’une maîtresse à l’autre ? Si j’étais-toi, je m’aurai défenestré avant de me laisser piétiner par les troupeaux de migrants lâchés EN DEPIT DU BON SENS, d’une catastrophe humaine sur l’autre. Vois-tu malgré tout ça , j’ai l’Espoir collé aux basques.

Pourquoi ?

Ben c’est aussi con que simple parce que j’aime la vie et que ça exige de rester propre.

On empêchera qu’une seule misère sur cette terre : la sienne au sens moral.

Je peins pas pour me me faire mettre sur un piédestal, je peins pour mettre un baume sur c’te putain d’blessure qu’est la vie. Parce sans amour mieux vaut jamais être sorti du néant.

Je vais passer à l’acte mains tenant, en chargeant dans mon auto le mobile de ma joie de vivre. Demain j’accroche en corps !!!

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2016

EXTRAIT


EXTRAIT

Lorsque la mort pourra mourir,
les galaxies ramèneront leur bétail de lumière,
les longues heures voyageuses n’auront plus de passé dans le ventre et laisseront tomber longtemps leurs souvenirs éteints.
Plus de vivants pour les tombes, de livres pour dorer les rois.
Les légendes resteront vraies.
On ne pourra plus rien contre elles.
L’atome défera ses épousailles.
Les comètes traîneront leur queue morte en se mangeant le cœur…
Andrée Sodenkamp
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TOI EMOI PIEDS A VIF


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TOI EMOI PIEDS A VIF

 

Sans que rien ne me désenlise du marécage que j’ai déchiré au bas de ton ventre, te voilà émoi avec à me remonter en plein des dents

Oeil au centre de ton bûcher

sur les bouts durcis de tes seins

poils de ton carré d’aromates dressés

yeux en orbite du délire des rétines

une focale ne pouvant plus restée en chasteté

 

je te s’aime à mains plaines

au sillon de ton isobarique isocèle

comme on laboure au cheval pour en fer porte bonheur

Autre Vie

peinte sur le seuil de ma folie que ton échine asile

par refus d’accompagner d’un champ en jachère

ce que nous avons ouvert  aux ô séants

Ton âtre qui ronfle telle un go d’un à l’autre

ne peut se coudre d’un terni de bleu à paupière

Que nenni

d’un lit mis en cendres froides

fausse-note qu’un mal habite en con tr’eux

Nageons en corps

plongés au fond du dernier sceau

l’encre au diapason des feuilles de la partition

où nous nous perdrons

mordus dans l’aqueux charnel

du seul duo musical

 au vibrant  orgasme

Niala-Loisobleu – 10 Octobre 2016