
COULEES DE LAVE
L’heure étant à glacer, dans ses sueurs froides, voici demain retenu sans défense aux draps froissés. Par le rayon du phare lunaire, les formes en s’agitant du dos sur le ventre, donnent à cette campagne un visage de remous du passé. Ces ombres, en même temps qu’elles remettent leurs images d’angoisse dans l’âge du présent, font entendre clairement leur origine. Sans qu’on parle du coupable, quand un socialiste au pouvoir à remis l’extrême droite en passe de prendre le pouvoir, agiter un guignol pour parer à cette éventualité insulte l’honnêteté foncière.
Le coeur saigne à ne rien trouver, seules les spectres de l’idée qui s’impose occupent tout le terrain de la pensée. En même temps que le sentiment fort crie au menteur le loup carnassier mord dans le charnu de la confiance.
L’Amour tombé des nues
Un samedi du moyen âge
Une sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balai
Tomba par terre
Du haut des nuages
Ho ho ho madame la sorcière
Vous voilà tombée par terre
Ho ho ho sur votre derrière
Et les quatre fers en l’air
Vous tombez des nues
Toute nue
Par êtes vous venue
Sur le trottoir de l’avenue
Vous tombez des nues
Sorcière saugrenue
Vous tombez des nues
Vous tombez des nues
Sur la partie la plus charnue
De votre individu
Vous tombez des nues
On voulait la livrer aux flammes
Cette sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balais
Pour l’ascension
Quel beau programme
Ho ho ho voilà qu’la sorcière
A fait un grand rond par terre
Ho ho ho quel coup de tonnerre
Il tomba d’l’eau à flots
Et l’eau tombe des nues
Toute nue
Éteint les flammes tenues
Et rafraîchi la détenue
L’eau tombe des nues
Averse bienvenue
L’eau tombe des nues
L’eau tombe des nues
Et la sorcière se lave nue
Oui mais dans l’avenue
L’eau tombe des nues
Qu’elle était belle la sorcière
Les présidents du châtelet
Les gendarmes et leurs valets
La regardaient
Dans la lumière
… et un éclair qui brille
Et c’est vos yeux qui scintillent
… et votre cœur pétille
Nous sommes sourds d’amour
Et nous tombons des nues
Elle est nue
Oui mais notre âme est chenue
Nous avons de la retenue
Nous tombons des nues
Sorcière saugrenue
Nous tombons des nues
Nous tombons des nues
Qu’on relaxe la prévenue
Elle nous exténue
Nous tombons des nues
Et je…
Mais tombe des nues
Tu tombes des nues
Le monde entier tombe des nues
L’amour tombe des nues
Et vive les femmes nues !
Robert DESNOS (Recueil : « Les Voix intérieures »)
Le jour en entrant par mon oeil droit, mit de l’ordre dans le flou – Incroyable pour le plus malade des deux – voir c’est voir chante un rock air. Posant les pieds hors de la tranchée du front où s’était déroulé mon combat intérieur, je fis chauffer l’ô. Entre la mie du peint et les fruits encore pendus à ta poitrine, je sentis en premier, s’approcher la vue du bleu, bien avant que me parviennent l’odeur des autres couleurs qui font l’harmonie. Que s’est-il donc passé ? Qu’importe; cette diversion du chemin tracé, le soleil en se levant, ne montre aucune blessure. Le désordre ne fait que suivre son chemin décadent. C’est normal, rien n’a changé sur le fond.
Je suis cassé du dos, mou des jambes, saigneux du nez mais, entends bien, sans que ce qui raidit pour la bonne cause ait été enseveli. Tu es là mon coeur avec la m’aime rage de vivre, en dehors de ce qui demeure l’errance collective perpétuelle. Nous, nous n’habiterons pas à Pompéi.
Niala-Loisobleu – 5 Avril 2017












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