Mouillures d’un ciel péri en mer


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Mouillures d’un ciel péri en mer

 

Amarrée basse elle a reculé

plus derrière que de vent

Seule émerge une tête d’étoc au dernier maillon rouillé d’une chaîne stéréo

Sur l’aplati de l’accordéon dont l’air a coulé avec le marin

la chanson met ses paroles en bouteille

Fol espoir à conte d’auteur

laissé au prochain estran de la lune nouvelle

qui sortira en fin de programme du lave-temps

 

Niala-Loisobleu – 18 Décembre 2017

 

FOIRE AU VAIN


FOIRE AU VAIN

Dégringolant de la colline, les côtes en sauts ternes baladent le bonimenteur dans les rues de nos boîtes aux lettres. Grand cirque dit le beau parleur, en nous saturant les oreilles au volant. Des silos à vinasse ce qui sort c’est du pinard qui monte en degrés, avec le rond (espèces sonnantes et trébuchantes) en bouche. Un point c’est tout. J’aimerai savoir combien y a de grammes de chimie pour un grain de raisin dans ces noms qui furent grands avant le développement de la frime des arts de la table. Les noeuneulogues vantent à grand bruit de casseroles un truc en or parmi l’abus du tout est à vendre à condition d’y mettre que le prix. Les gueules noires qui ont monté les terrils doivent gratter du squelette d’envie de trinquer du grisou. Pensant à la misère qui fut la leur, l’avènement prochain des bouilleurs de cru-ôté doit leur faire mal au cul. Le changement climatique prouve que ça peut rapporter plus en le renforçant plutôt que de raser ce qui l’alimente. Le profit c’est un réchauffement pour le coeur du fromage…

Niala-Loisobleu – 3 Octobre 2017

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HISTOIRE DE MOUSSE


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HISTOIRE DE MOUSSE

Entre les quatre murs du lit le cheval rue les doigts dans l’éther
de bâbord à tripes bord
poils pris dans la prise siccative d’un brouillard total

Nauséeux ça lifte du rez-de-chaussée aux étiages
le temps de se souvenir de qui on est peut demander un inutile sacrifice
avant de se réveiller des douleurs nées d’un fond vague mis en consigne par une grève illimitée des communications

Des couleurs passent clandestinement en touches clignotantes
est-ce Ô est-ce ?
Des formes grand A s’affichent, l’idée de peindre monte le degré de la teinte
Qui a dit que la vérité logeait au fond du puits
j’y suis
et malgré mon état taupe, je vois clairement que le lieu est squatté par le mensonge

Aurai-je contagié mon ailé fan rose et mon petit vélo ?
Vu comment je pédalais dans le vide de cette simili interruption de grossesse ça donne de quoi douter d’un doute, sans aucun doute

Une lueur me prend par la taille. Soulève la crise maladive que le lâcher-prise a initié, laissez les ambulances garées aux pompes funèbres,  l’énergie de ma fatigue arrache les courbatures et surmonte les aléas mécaniques d’une série noire à trois balles

J’suis pas complètement nase
l’espoir me demeure

Putain, oui, vivre ça fait mal, la pierre est lourde à monter mais c’est rien vu la proportion qu’elle prendrait à la laisser rouler sans karcher pour couper la mousse qui s’aurait amassée.

Niala-Loisobleu – 10 Avril 2017

 

Hâlons, la vie nous fait signe !


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Hâlons la vie nous fait signe !

Cession

Le vent,

  dans les terres sans eau de l’été, nous

  quitte sur une lame,

ce qui subsiste du ciel.

En plusieurs fractures, la terre se précise. La terre

demeure stable dans le souffle qui nous dénude.

Ici, dans le monde immobile et bleu, j’ai presque atteint

 ce mur.  Le fond du jour est encore devant nous.  Le

 fond embrasé de la terre. Le fond

et la surface du front,

  aplani par le même souffle,

ce froid.

je me recompose au pied de  la façade comme  l’air

bleu au pied des labours.

Rien ne désaltère mon pas.

Face de la chaleur Poésie /Gallimard page 106

Ce feu qui nous précède dans l’été, comme une route

déchirée. Et le froid brusque de l’orage.

Où je mène cette chaleur,

                   dehors, j’ai lié le vent.

La paille à laquelle nous restons adossés, la paille

après la faux.

Je départage l’air et les routes. Comme l’été, où le froid

de l’été passe. Tout a pris feu.

Le jour qui s’ouvre à cette déchirure, comme un feu

détonnant. Pour qui s’arrête auprès des lointains. Le

même lit, la même faux, le même vent.

 

André du Bouchet

(Face de la chaleur Poésie /Gallimard page 89)

Oubliant l’antan, des neiges d’apparence sont venues éteindre le feu de notre St-Jean. Dans les crues le courant en crise de démence peut casser les soudures et charrier le vide au coeur du trop-plein. Tout coula, des prés salés, branches et troncs, n’auraient dus restés que les pleurs des saules si l’osier n’avait tenu tressé le fond du pas nié dans le lit du chemin que nous avions percé. Qu’est-ce que la Beauté ricane l’atrocité du quotidien qui s’acharne à en découdre le bâti ? D’hier trop d’innocence gazée au sortir d’un wagon de marchandises, pour aujourd’hui d’asphyxie répétée en corps et en corps au tarin me demeurent pour ignorer le paradoxe humain qui tue au nom de la vie. La mort n’en demeure pas moins battue. Ce matin j’ai du souffle d’hier, la vraie couleur de mon encre aux creux de la veine. Aimer dans le clos d’une armoire demande la charge électrique de tes seins pour rebattre du coeur. Ouvre les cuisses j’ai les bras d’eau vive pleins de mains qui chantent.  Hâlons, la vie nous fait signe !

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2017

DE DEUX CHOSES LUNE


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DE DEUX CHOSES LUNE

Ne reste plus suspendu aux crochets d’étal des lieux,  que le poids accablant de l’odeur des eaux mortes que l’oeuvre  de démolition n’a pas réussi à tarir. Quelque chose qui ramène avec force à l’initiale grosse-incertitude. Avoir voulu remettre l’étoile sans user de clous, de l’horizontal enlisement à la verticale de la chanson de geste, ne dure que l’instant d’une simulation trompeuse de la part de cette petite lumière éteinte.  Appareille, nulle ressemblance avec avant ne restera en place après…ai-je moultes fois répété. Mains tenant détaché, ce ne sont plus des silences de cons plaisances qui auront pouvoir de tenir à l’encre aux  bassins de mouillage.On ne retient pas l’air de la musique qui veut s’écrire en paroles. Le bateau était debout bien avant que le sable ne mouille, il marchait sans regrets, bien décidé, ce n’est pas moi qui ai planté sa quille dans la vase. Un accordéon replié n’a qu’un souffle prêt à danser. Quand pris de scorbut par manque de vie ta mine, le marin se penche aux pores de sa Belle, il veut croquer à pulpe dans le charnu de sa pensée.  Dans tes cheveux-nid un village  m’avait fait accueil par la mue de ton visage, je joue désormais seul à l’entrée de chenal.

« Costesoulane attendait les perdreaux et c’est la mort qui vint. Et la mort qui était pour les perdreaux servit pour lui. Et les perdreaux qui devaient être froids et l’œil voilé à l’heure où le soleil se couche, ce soir étaient encore chauds et vifs, et leur sang qui devait rougir le gravier bleu de la forêt était encore tapi dans la ténèbre de leurs veines et courait sous la peau à chaque coup pressé de ces cœurs serrés comme des poings de colère. Mais les pierres eurent leur part de sang rouge, celui de Costesoulane, parce qu’il était dit et écrit qu’en ce jour le sacrifice du sang devait s’accomplir dans ce lieu désert de notre terre, sous un ciel mourant, et dans le souffle d’un vent qui a vu bien d’autres drames. Costesoulane vida sur les pierres toute la chaleur de ses veines, son sang venu de l’obscurité de son cœur et comme surpris de tant de lumière et de tant d’espace, coulait doucement sur la roche et serpentait comme un voyageur de hasard — il s’accrochait aux fils de l’herbe, aux brindilles du thym, il descendait dans les creux entre les pierres et il fumait doucement et l’air en était tremblant. Costesoulane attendait les perdreaux et il ne savait pas pourquoi il était là, couché sur le ventre, avec cette tendresse qui lui faisait regarder de si près et avec tant de patience les herbes, les pierres et un trou de fourmis. »

Max Rouquette, extrait de La mòrt de Còstesolana (Vert Paradis I)[/i]

Le tilleul déployé sur la Chaume ignorera ta visite. Il nage sur place à remonter le courant ans, endormi dans une incontinence maritime. Chaume sans éteules hérissée de bois mort au regain perdu. Les eaux sales emportent en exode les files de jardins blessés aux tombes des déchetteries. J’ai tuilé ma chaumière, la fumée donne le nom de l’absente. Après les trois coups, le rideau bloqué par extinction de voie – impasse l’autre perd – oeuvrez pour le retour de migration du champ marin des oiseaux blancs au bleu du matin retrouvé. Je m’enfourche en s’Elle – d’un ultime sursaut d’espoir – la vague retournée entre terre et ciel avalera la matière du sablier. De deux choses lune. Je cours ou bien coule

Niala-Loisobleu –  8 Mars 2017

 

PROMESSE A LA VIE


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PROMESSE A LA VIE

Me voici plus tel, le médoc à rebooster la descente des chaussettes. Voici venu le désir de me tenir une promesse qui s’impose d’elle même. Les bois se sont faits les branches à grand force  d’attentes, combien d’hivers par où crois-tu me canaliser le printemps pour arriver ventre contre ventre ou tête-bêche à se sentir heureux de n’avoir plus de mots dans la bouche pour tenir un discours à l’absence ? Qu’importe, je n’ai rien à cirer d’une réponse d’aucuns qui ne ferait qu’allonger la question sans y répondre. Il s’agit là d’une question hautement intime ne pouvant se déshabiller devant tout le monde. Elle a l’odeur de longs sentiers menant pas toujours quelque part, mais ne s’étant jamais égarés du point de départ. Ainsi il peut faire le temps du lieu différent de l’autre, l’heure aura le m’aime rendez-vous permanent si le fond du paysage n’est fondé sur du sable. Pouvant séparés être mieux, que des tas de gens s’emmerdant ensemble . Le touché tiens, sais-tu qu’il peut être d’une empreinte phénoménale sans que la partie concernée te soit au bout des doigts ? On entre là dans la métaphysique de l’Absolu. Tu grattes des ongles les espaces qui se mettraient normalement de travers si tu restais coincé dans un quotidien bienséant, une manière de mourir en vivant. La générale, avant levé du rideau en quelque sorte. C’est vrai qu’il faut être fou pour vivre son rêve sans devoir s’attacher à ce que personne ne vous voit. Mais si je suis pas exhibitionniste j’en demeure pas moins nudiste sans devoir me parquer dans un lieu fait pour t’isoler. La nudité de l’âme, quelle entité ! Les manières et autres simagrées, genre feuille de vigne, laissées sur le palier faut voir comme ça vous grimpe aux étages de la transcendance.. Tu te mets pas à poil en te rasant le derme autour des parties vitales, non mon P’tit-Gars, tu laisses tout pendre de soi. L’élégance du mouvement c’est le rythme de l’expression corporelle qui s’exprime. J’en reviens inévitablement au concept esthétique, la Beauté fait canon sans se la jouer Navarone, modèle gros-calibre dans une baie de faux-anges. Et l’esthétique c’est une entité. On ne peut pas la couper comme un sale ami, ton individu est racé où vulgaire point barre. Ton langage ira avec la forme de ton esprit, lui-même ne souffrant pas de voir une partie de Toi s’aliéner par un tatouage, corporel ou mental, te rangeant dans une perte d’indépendance pour te formater au troupeau.

Mais je m’arrête, tes seins passant un poil louche dans le tombé qui donne un aspect mécanique au déroulé de tes hanches, ça m’alerte. Ce que ton âme me cause après l’apnée du Grand Bleu, tend soudain à virer à la tasse. J’suis pas causeux, tu le sais, je ne braille qu’en manuel. Cependant l’erreur fatale serait d’abonder à la bêtise de croire que je peux être manié comme un bigleux, pinceau, incapable de résister aux couleurs du tant. J’en suis ramené à la promesse qui me titille à présent. La vie dehors est déformée à loisir par des tireurs de ficelles embusqués comme des snipers. C’est que magouilles et embrouilles à tous les coins de la vie. On accuse, on maltraite, comme si la dignité humaine était l’ennemi public à abattre, à un point tel que dans l’intime, se priver de cette m’aime façon de se conduire, semblerait inconvenante et déplacée.

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2017

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NIDIFICATION


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NIDIFICATION

 

Dans une petite cité minière perdue au faim fond d’un estomac que les brûlures consumaient, un pauvre air, avait bien du mal à soulever sa poitrine. Son regard éperdu, malgré l’assistance d’un GPS à bison futé, ne parvenant pas à rejoindre cette putain de ligne droite que son horoscope lui prescrivait.Son regard à gare cherchait cette foutue  station, où, il devrait reprendre souffle. Et l’équilibre instable qui en découlait prouvait au moins une vérité, si la terre étant ronde, les terriens étaient bien des poivrots. Son haleine de cow-boy avait recouvert le sol d’un épais tapis d’insectes de tous poils, que sa respiration atone avait estourbi et torbi, comme il se rappelait avoir entendu dire.Depuis c’était le trou noir, le néant, le jardin dans lequel il était couché au milieu d’un tas de poubelles renversées, était en friche, pas un brin d’herbe, ni le moindre arbre fruitier, juste un tas de pépins et un boa qui avait quitté le tour de chant.Grelottant, nu comme une tresse scalpée, ayant croisé l’Apache, sioux la Montagne Pelée. Mais qu’ai-je bien pu faire pour être dans cet état, pleurnichait-il à la cantonade, effondré au bord d’une plage qu’un peintre officiel de la Marine Suisse avait troqué contre un compte en banque.Il entendit un bruit dans le ciel et vit une mouette tourner au-dessus de sa tête. Je ne sais ce qu’elle lui murmura à l’oreille, je me souviens juste l’avoir vu baisser la tête en s’ouvrant les jambes. Un jouet cylindrique, d’une couleur adaptable, avec une protubérance à un bout et une paire de boules à l’autre gisait sur le sol. Il se souvint tout à coup, de la lettre qu’il avait envoyé au Père Noël.

« J’étais un homme, et n’ai plus de couilles à rien. Redonne-moi la foi et les moyens de croire ! »

Attachée au cadeau une carte, disait: « De la part du Plan Hors Sec, voici une prothèse de joyeuses. Debout et arnache-toi mon Fils, tu ne seras pas vraiment un homme, mais dans le bal costumé de la vie, personne n’y verra la moindre goutte séminale, toute création étant désormais artificielle. Bonne et Heureuse Nidification »

Mais c’est toujours la même chanson, n’est-ce pas ? Cela dit, certains natifs du Sagittaire se sont pris des coups et ont compris la leçon : aujourd’hui, les natifs du 1er décan sont plus conscients de leurs besoins personnels et font en sorte que leurs proches les respectent.

Niala-Loisobleu – 17 Janvier 2017

 

 

D’une pompe à Ô


D’une pompe à Ô

Relevant le plissé de la jupe du nuage, que je conduis, j’avisais un banc-étape.

Et tape dans tes mains, entonna le volant en rétrogradant, volets sortis, entrain pareil pour négocier une pose café dans un jour de merde ordinaire.

Les cafards autour de nos ruches bectent le remorqueur Abeille au point que le sauvetage dans l’amer c’est miction impossible. Tu te retrouves l’entre-jambes en auréole pis pis, avant d’avoir eu le temps d’engager la conversation avec une dame-toilettes. Ah oui ça craint grave. Difficile pour les ténors de la carambouille d’arriver, malgré leurs talents dans le métier d’imposteurs, à contrecarrer les embuscades journalières. Le théâtre de boulevard, basé sur le malheur conjugal et la gloire du cocu, a largement dépassé l’interdiction au moins de 10 ans. Les mômes largués dans une éducation nationale décadente, commandent leur kalatchnikof directement au Père Nono avant la sortie des catalogues de la rentrée des classes. Ils se cherchent et se trouvent dans la violence sur console…Pas besoin de l’allocation pour fournitures. Le mino se fait sa grand-mère après stage formation tuyau d’poils avec sa mère et ses soeurs (quelque soit l’ordre chronologique). Que baiser, c’est ce qu’il doit connaître,au propre, enfin c’est une façon de parler, comme au figuré, le savoir faire pour entrer au chômage. ..

Une farce l’école, bientôt bac +illimité et plus con tu meurs.

Pour peu que ton père foute son camp, que tes dépenses dépassent ton revenu d’espérance d’envie, où tu vas ?

Le suicide est mis à la mode. Le flic muni si pâle vient d’être nanti de l’âme fatale.

Merde avant que la salope de Marthe Richard ait fermé les boxons, on avait une moralité qui marchait à l’amble de la chasteté. T’envoyais ton lardon à Jésus sans t’inquiéter pour sa rondelle. A moins d’aller dans la marine, il partait plus bleu qu’une novice. Maintenant ça ravage, ils sucent plus leur pouce avant sevrage, mais sont champions de la turlute au Jardin d’Acclimatation, en lieu d’un lavage de pare-brise au feu rouge…

Et la blanche leur bouffe le nez dans les salles de jeux où y jouent aux fléchettes à la seringue. A côté d’ça la guerre se cache derrière des slogans pour l’ONU. On te rase gratis une ville pour l’accoler au désert. Mais les migrants sont une sorte de promesse mal définie pour l’à venir. Les villes ont des rues de boutiques fermées, vive la prolifération des zones. Au moins le SDF peut rêver qu’il est proprio de son trottoir.

Tout çà pour ça quoi ?

Parce que le mot râle en a marre…

Et qu’il se pourrait bien que ça change en faim.

J’ai envie de voir du soleil, du soleil, du soleil et vite avant qu’on doive couper l’Ô…

J’veux pas être que triste…j’ai pas fini de vouloir aimer !

Niala-Loisobleu – 23 Novembre 2014

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N’oublies jamais que je t’aime…


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N’oublies jamais que je t’aime…

Le couloir se la joue à rideaux baissés. M’aime en surface la mine s’enfonce au hasard des tunnels. Mets trop polis teints, le temps de la malbouffe est au menu quotidien. Si les enfants d’Edouard ont un jour fait planer l’espoir, il faut croire  qu’en Landerneau ils avaient le clair tourné vers les abysses.

N’oublies jamais que je t’aime…

Une classe de maternelle a qui on apprend à chanter dans l’appeau de moutarde ça pique les cordes vocales dans la vérité du mensonge pratiqué

A travers le temps et l’espace

Attendre sous le vent et la neige des astres

la venue d’une fleur indécente sur mon front décoloré

comme un paysage déserté par les oiseaux appelés soupirs du sage

et qui volent dans le sens de l’amour

voilà mon sort

voilà ma vie

Vie que la nature a fait pleine de plumes

et de poisons d’enfants

je suis ton humble serviteur

 

Je suis ton humble serviteur et je mords les herbes des nuages

que tu me tends sur un coussin qui

comme une cuisse immortelle

conserve sa chaleur première et provoque le désir

que n’apaiseront jamais

ni la flamme issue d’un monstre inconsistant

ni le sang de la déesse

voluptueuse malgré la stérilité d’oiseau des marécages intérieurs »

Rémi BOYER (in incoherism.wordpress. com, 1er mai 2016).

Source: http://www.leshommessansepaules.com

Île m’est ce matin à l’écarté. Loin des feux naufrageurs de la côte de mocheté. L’ormeau garde sa perle au fond de sa mâchoire serrée. Beau bleu ardoise à couvrir les chaumes d’un Toi sûr. Passé plusieurs Moi en mer sale la goule à vouloir hâler l’Ô Douce. Nous ne serons jamais galériens à la rame. Les coups de fouet de la déchéance humaine n’embarquent que les névrosés de l’auto-flagellation.

Oeil pour oeil, je choisis celui de vers

dans pour dans,

pour tenir ferme

ce que je n’ai rien oublié.

Niala-Loisobleu – 2 Octobre 2016

Le Bras Peau Blanc


PORTRAITS DU 9 JUIN 2013 050

Le Bras Peau Blanc

L’heure était à me glacer, dans ses sueurs froides, retenu sans défense aux draps froissés. Par le rayon du phare lunaire, les formes en s’agitant du dos sur le ventre, donnaient à la campagne un visage de remous du passé. Ces ombres, en même temps qu’elles me remettaient leurs images d’angoisse dans l’âge du présent,me faisaient entendre les hurlements de leurs instruments de torture. La nuit on perd plus facilement la victoire contre les assauts de ses mauvais souvenirs.

Quand le grincement des roues fige ses rayons dans l’ornière, tout semble s’enliser

le coeur saigne à ne rien trouver

seules les spectres de l’idée qui s’impose

occupent tout le terrain de la pensée

En même temps que le sentiment fort crie au menteur

le loup carnassier mord dans le charnu de la confiance

Quel jour était-il donc du malheur, qu’hier se conjuguait au  présent, arborant sa fenêtre aux accents d’une musique militaire en état de guère ? Où suis-je, de quel cauchemar il me faut espérer pouvoir sortir  me psalmodiaient ces années noires?

L’Amour tombé des nues

Un samedi du moyen âge

Une sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balai

Tomba par terre

Du haut des nuages

Ho ho ho madame la sorcière

Vous voilà tombée par terre

Ho ho ho sur votre derrière

Et les quatre fers en l’air

Vous tombez des nues

Toute nue

Par êtes vous venue

Sur le trottoir de l’avenue

Vous tombez des nues

Sorcière saugrenue

Vous tombez des nues

Vous tombez des nues

Sur la partie la plus charnue

De votre individu

Vous tombez des nues

On voulait la livrer aux flammes

Cette sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balais

Pour l’ascension

Quel beau programme

Ho ho ho voilà qu’la sorcière

A fait un grand rond par terre

Ho ho ho quel coup de tonnerre

Il tomba d’l’eau à flots

Et l’eau tombe des nues

Toute nue

Éteint les flammes tenues

Et rafraîchi la détenue

L’eau tombe des nues

Averse bienvenue

L’eau tombe des nues

L’eau tombe des nues

Et la sorcière se lave nue

Oui mais dans l’avenue

L’eau tombe des nues

Qu’elle était belle la sorcière

Les présidents du châtelet

Les gendarmes et leurs valets

La regardaient

Dans la lumière

… et un éclair qui brille

Et c’est vos yeux qui scintillent

… et votre cœur pétille

Nous sommes sourds d’amour

Et nous tombons des nues

Elle est nue

Oui mais notre âme est chenue

Nous avons de la retenue

Nous tombons des nues

Sorcière saugrenue

Nous tombons des nues

Nous tombons des nues

Qu’on relaxe la prévenue

Elle nous exténue

Nous tombons des nues

Et je…

Mais tombe des nues

Tu tombes des nues

Le monde entier tombe des nues

L’amour tombe des nues

Et vive les femmes nues !

Robert DESNOS (Recueil : « Les Voix intérieures »)

 

Voilà un Autre Jour entrant par mon oeil droit, il se promet de l’ordre dans le flou. Posant les pieds hors de la tranchée du front où s’était déroulé mon combat intérieur, je vois chauffer l’ô hors de la boue noire.

Entre la mie du peint et les fruits encore pendus à ta poitrine, je sentis en premier la vue du bleu avant que me parvienne concrètement l’odeur des autres couleurs qui font l’harmonie.

Que s’est-il donc passé ?

Simplement la vie avec son amour à côté du coeur.

De ce retour d’exil du chemin tracé, le soleil en se levant mains tenant, ne veut pas retenir la blessure pour seule enseigne.

Niala- Loisobleu – 4 Septembre 2016

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