LA BOÎTE A L’ÊTRE 37 – BON JOUR ALORS


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 37

BON JOUR ALORS

Des chemins d’eau sortent aussi bien des crues que des tarissements

le caillou ne trempe pas toujours au sel

et l’humide peut se cacher derrière la ligne de flottaison

non embusqué

juste le temps qu’il lui faut de sourdre à nouveau

A l’étiage mes pinceaux et moi

on a planté notre atelier-jardin

des iris au liseré du palier

quelques canards plus amoureux que jamais

et des ondes en ronds excentriques

Au vent

quand le temps est au souffle

la toile de lin bande des quatre coins

quelque nouvelle histoire d’amour

d’un jour de vie ajouté à la suite des autres

Ne sommes-nous pas la suite de nous ?

Bien sûr que si

et m’aime sans savoir écrire

Certains ont avec la craie leur langage

d’autres trouvent à tremper leurs mots aux éclairs des orages

plus enclins à faire tonner le ton

beaucoup se taisent à l’abri d’un pied de mur

monté en pierres de suspension

C’est ainsi qu’aux almanachs des sentiers on voit des oiseaux de toutes les couleurs

ils font le jour la semaine et les mois

chacun tout seul ou tous ensemble comme un kaléidoscope.

qui tourne en toupie

au son d’un orgue de barbarie

que des enfants percent pour y accrocher leurs rondes

Je suis enfant père

je suis le buisson la forêt et le désert

je suis la femme mère de mes landes et chemins douaniers

senteurs bruyères de mauves parfums où vient le sébum des racines

je suis rien qui sert je suis tout ce qui serre

Mes doigts braillent l’alphabet de ton émotionnel partage

lisant pore après pore le chemin de tes attentes

sans idées tordues

sans dessein indécent

que de la folie d’aimer

naïvement

infiniment

parce mon air à moi c’est de te respirer uniquement

Bon Jour alors !

Niala-Loisobleu

24 Octobre 2014

 

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UN DIMANCHE


LE CHEMIN DE MON JOURNAL 003

UN DIMANCHE

 

Des lambeaux de brumes se tordent les bras , ici et là un barbelé, une branche morte, les derniers mots d’une épitaphe les retiennent au passage

pourquoi les jetteraient-on ?

Le cimetières marins où les charpentes navales gisent, vertèbrent d’une moelle épique plus qu’un ex-voto à l’abri d’un monte en chaire

C’est porteur de suivre la carte où l’on a noté l’emplacement des épaves, les bans de récifs, les sales de concerts des Gorgones et les barres à pute où les gogos viennent oublier leur fuite.

Je signerai ce que j’ai peint, pour entamer le passage à l’acte. La robe de ce jour se fout du temps variable. Ses petite bretelles glissent sans problème pour laisser le jardin prendre l’air.

Photo: La Soloire devant chez moi, un moment de printemps

Niala-Loisobleu – 15 Avril 2018

 

Jacques Higelin (La croisade des enfants)


Jacques Higelin (La croisade des enfants)

Les rues ont des Nouvelles-Orléans, des offrandes, petite flamme sur la fleur que l’on confie à l’eau, chandelle que le vent ascendant dans son ballon de toile conduit plein de soleil à l’astre des nuits

pleurent en chantant …

Chante la vie, aujourd’hui s’il y a un mort c’est sur taire

La planète bleue sanguine orange

montre la guerre pour se dire adulte au mauvais sens

les enfants naissent sans penser le devenir

 

Jacques à dit

Négro-spiritual

musique qui accompagne

Je peins, tu peins, mon Amour du soleil

au profond du nombril l’espoir est noué à la vie.

 

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2018

 

 

 

 

 

CANTONNIER, S’IL TE PLAÎT ROUVRE L’EAU DANS LE CANIVEAU


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CANTONNIER, S’IL TE PLAÎT ROUVRE L’EAU DANS LE CANIVEAU

 

L’esprit s’est trouvé dévié par de mauvais chemins. Dans un ensemble modeste, si simple, mais vrai, des plans inaptes ont tenté de laisser croire à des embellissements auxquels les moyens réels ne donnaient pas accès. Connue au départ la clarté qui les caractérise ne présentait rien qui pouvait s’opposer au vouloir mener à bien. Un escalier déroulant sa richesse en double-révolution, ça mène  à l’inverse du but accessible par l’échelle de meunier initiale.

La vie que j’ai commence’ s’est présentée sous forme d’un grand fleuve navigable….pourtant ce n’était que le simple caniveau de la rue de Verneuil que nous les gosses on a fait Mékong, sans rein savoir du symbole que nous constituions à partir d’un jeu d’enfants.

Comme quoi quand on a une Marguerite quelque part on en tirera un fantastique réel

La vie avec sa langue à l’accent de poussière elle me donnait des soifs de nuits entières. Quelques bois et des cordes, avec les chiens, quand les roulottes se tapissaient aux creux des cris, l’oeil noir, entre les cuisses des carrefours, clignait de feux jamais éteints en direction de la Lumière. Que des gosses dépenaillés, sales jusqu’au blanc des dents, tiraient au bord de la rivière. Fil d’une eau claire. Les trottoirs sont au milieu des chaussées, entre les ornières, caniveaux rigoles par où le défi s’écoule.

Le palier des âges garde derrière la porte de chaque chambre des soupirs de toutes sortes sous les couvertures. La sueur froide du cauchemar infantile est sous les tapis, avec l’incapacité de courir.

Viemort

Oh ! J’ai couché

dans des draps étrangers sur la terre sur la neige.

J’ai forniqué

C’était bien. Oui

C’était bien – c’est ce que je me dis

car il est écrit dans le Livre que chaque femme doit être aimée

trois fois en trois jours

C’est alors que j’ai couché en grande hâte

trois fois en un été

ou bien tous les trois et tous les dix ans

avec ces grands hommes sentant l’homme

j’ai léché le sel sur leurs lèvres j’ai léché le sel

dans leur sang

à la place de l’eau je leur ai donné des larmes

Oh ! Je les ai choisis. Je les ai aimés. Je les ai goûtés.

Je les ai goûtés comme seule la mort

deux ou trois fois dans la vie

nous traque nous teste nous lèche nous goûte

Oh ! La limite. Les éléments purs

Je les ai eus non pas à mes pieds mais en moi

Comme seule ton autre putain mon Dieu

nous a

hommes et femmes ensemble soudain

sur la langue entre les dents dans la bouche

Comme seule ton autre putain mon Dieu

nous a

dans son utérus

et nous jette pêle-mêle hommes et femmes

dans le pré dehors dans le monde

Maria Petreu

 

Les cris de l’amour qui les pousse en premier ? Nos géniteurs ou notre venue au monde ? C’est ainsi, rien à faire, l’indistinct se mêlera sans cesse du début jusqu’à la fin.

Il y a dans la langue française trop de confusion possible, le sens des mots variant sans que la phonétique mette en garde, pour échapper à l’erreur de l’oreille et de l’oeil au cours de ces rencontres habitant les étages du parcours.

Toi, à qui je m’adresse d’un regard planté dans le tien, je ne peux me renier du soleil attendu que tu m’as mis au matin d’un jour qui nous a depuis sortis du quotidien. Entre ci et là, bien des mains ont tripoté mes viscères, mais pour rien faire. Sans que le monde où nous étions nés de cette unicité particulière ce soit précipité la tête la première pour hâter la rencontre et lui donner un air de mirage. Mais en nous sortant du néant, aurions -nous du dire que nous n’avions quand même que toujours de la malchance ? Je ne crois pas. L’amour terrestre veut toujours qu’on lui donne le plus beau. Mais le plus beau c’est quoi d’autre que ce que nous sommes capables d’engendrer d’abord et de mener, de pétrir, de porter, de sublimer quand la pire souffrance nous atteint au physique au moment précis où l’Absolu dont ont l’a voulu est menacé par l’ordinaire ?

C’est que certaines réalités peuvent légitimement paraître notre droit, notre vouloir vivre avant tout.

Une certaine pensée me vient pour répondre à cela: Celles et ceux qui dans leurs courts instants de pensée accordée, allongés sur la planche des dortoirs, dans le froid glacial, le corps meurtri, ne sachant pas si dès que l’aube viendrait si le crématoire, la chambre à gaz, la corde d’une potence devant les musiciens, les coups de bâton, la morsure des chiens, la maladie, l’extrême faiblesse n’en feraient pas leur dernier jour…et ils choisissaient de croire encore à la vie.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2018

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PERTE BLANCHE


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PERTE BLANCHE

La langue en limaille de faire, je me surpris tôt matin, à côté des patins grattant le parquet à l’étoile aimerie. Mon pichpin, ocre rouge à la veine, se tordait les noeuds sous la caresse. Le bougre aime le beau dais. Des tiroirs fermés de la commode, le petit linge se balançait des oeillades à travers les trous-trous des dentelles. Erotique le manuel arrivé des Indes sans papiers, se consolait tout seul. Ah, quelle jour naît, il faut talé les poires du curé à la maternité. Un con c’est quand ? chantonnait l’hydrocéphale les lèvres collées au carreau du temple. On dit sans cesse que ça gaze pas, alors pourquoi ceux qui vendent le gaz se font des couilles en or ? Les roues pètent, on déjante. Tiens Mame Miches-Hue, vous allez en corps à con fesses ? Un vieux cheval rencontré aux abattoirs jouait du piano dans une boîte de jazz, je l’accompagnais en ce temps là au banjo, nous nous sommes perdus de vue par perte de dixièmes consécutive à nos lectures subversives, pleines de corrosion, jusqu’à ce qu’on se retrouve au Palais de la Découverte, dans une échoppe de bière avant crémation. Ah, ouais les prix flambent ! Puti, d’ici qu’on n’apprenne que des parisiens sont allés mordre des vaches au pré, pendant un week-end, ya pas loin ! Les z’haricots sont cuits.

Niala-Loisobleu – 10 Mars 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 34


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 34

BUEES

Traversée du frisson voilà qu’elle ondule

resserrant les épaules

autour du chenal blanc

Juste ce qu’il faut de bruit

dis-je

l’oreille à l’oeil ouvert

Et pas du n’importe lequel

bord d’elle

s’écrient-îles !

Tiens un aile rond

au beau milieu dune carrée ô val…

Long de dieu c’est quoi cette accro bath ?

Non non non

de rien

je ne regrette rien

gouaille le piaf seulement vêtu d’un marcel

Une réception dans la pièce d’à-côtés

c’est quoi ?

Un plat car à ballets

Ah bon excusez-moi

javelle cru des filets de chants élysées

ranimés d’un mors inconnu

Laisse ta fenêtre ouverte que j’voye l’estuaire du lit d’eau

pigeons lavés aux seins marre

qu’un lion de bel fort liche de la crinière

Mordiou quand tu traverses la chambre à air

t’es pas qu’un pneu belle comme l’amour

T’as le jardinet suspendu bien ouvert

qui fait crac boum hue

Dans l’allez les bleus

perdent

les deux mains

La victoire que l’amor trace

a r’trouvé ses deux bras

Pourquoi tu t’arrêtes ?

Chut

Sodade

Un Bleu-Blanc Matin

est devant la porte

aux carreaux en buée

mes doigts s’écrient

« Je t’aime comme la vie »

Niala-Loisobleu

17 Novembre 2013

Temps mène à sang


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Temps mène à sang

Que vois-je en corps qui ne la macabre dense ?

Tout fluo récent

Plus fluet globulaire

Bouffe moelle épinière

A en anémier

Le furet

Voilà ce qu’il lui faut

Donnez-lui le débouche heur à ratatiner le crabe

Boutant hors c’qui gang graine réellement

Epouvantable bête à poils

Larmes fatales

De menaces de mort

Niala-Loisobleu – 2 Mars 2018